Armes de soutien : un affût d’artillerie légère pour la garde

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Je ne sais pas si c’est un hasard, mais la conversion de mes armes de soutien d’infanterie est un peu devenu le symbole de mon deuxième sélénia sur TethVI. La fabrication a été le premier très gros chantier de scratch sur cette armée, et les choix faits à l’époque ont durablement influencé l’esthétique très « Campagne d’Afrique du Nord » de mes troupes. D’autre hypothèses avaient été envisagées et amorcées dont une option plus « France 40 », mais voilà, les choses prennent parfois un tour inattendu!

A l’origine, il s’agissait de chercher une alternative au modèle d’arme de soutien proposé dans la boite Cadiens/Catachans, avec un objectif à la fois économique et esthétique. Economique parce que si Games Workshop offre trois exemplaires de chaque type d’arme, il n’est théoriquement possible de n’assembler que trois modèles… Dommage!
Esthétique parce que je ne trouve pas que les pieds fournis, agréables avec le Bolter lourd, soient très adaptés pour les autocanons et les canons laser bien plus imposants.

J’ai donc cherché d’autres possibilités et je me suis inspiré finalement des pièces antiaériennes légères allemandes de la seconde guerre mondiale pour obtenir un modèle qui soit polyvalent, joli (si possible) et assez petit pour tenir sur un grand socle rond. Il existe bien sûr quantité d’autres types de matériel pouvant servir d’inspiration, celui-ci permet au moins d’esquiver la question toujours épineuse des roues!

La difficulté majeure dans ce type de projet reste que l’on va être obligé de fabriquer des pièces en série vu le nombre de canons utilisé par la la Garde impériale. Ce genre de chose est vite ennuyeux si bien que j’ai essayé de standardiser les choses au maximum en utilisant des formes simples, disques, rectangles, triangles, faciles à reproduire en grande quantité à l’identique. Dans un autre ordre d’idée, j’ai aussi essayé de garder un coût assez bas en utilisant dans la mesure du possible des matériaux de récupération à bon marché!

Tel qu’il est présenté ici, un canon de base demande environ deux heures de travail, peinture et figurines non comprises, et l’on gagne beaucoup de temps en produisant les pièces en série. La mienne compte quinze affûts… A toutes fins utiles! Il permet aussi une approche des techniques de base de la construction en carte plastique appelée « Scratch built » en bon Français!

chapitre premier : le matériel

La construction des modèles nécessite d’abord un certain nombre de pièces et de figurines disponibles :

– Une boite d’armes lourdes de la garde.
– Un sachet de grands socles ronds (j’ai acheté des socles de type « sentinelle », moins chers mais trop plats hélas et donc à modifier).
– Quelques socles ronds classiques pour figurines.
– Des soldats à choisir dans votre armée de prédilection pour représenter les servants.

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Le matériel et l’outillage nécessaires sont assez limités, si vous pratiquez un peu de conversion vous devez déjà avoir l’essentiel :

– La matière première est constitué de plastique tiré de barquettes alimentaires achetées en paquet de 50 en supermarché pour une somme modique. Ce plastique fait environ 0,5mm d’épaisseur, on peut le contre coller pour arriver à 1mm ou se procurer une feuille de carte plastique de cette épaisseur.
– Une boite de cure dents en bois ou de coton-tige pour réaliser les axes.
– Quelques longueurs de fil de cuivre : j’utilise habituellement du fil téléphonique dénudé.

L’outillage est constitué des outils habituels de maquettiste (cutter, limes, forets, papier abrasif. j’y ajoute deux chose : d’abord un ballustre (compas à molette équipé de deux pointes qui permet de couper très vite des disques parfaits dans le plastique fin et un petit emporte pièces « Punch and Die » pour les différents rivets. L’objet est cher à l’achat hélas, mais que j’utilise depuis bientôt trente ans si bien que les 50 Euros sont largement amortis depuis.

Je réalise depuis longtemps tous mes collages à la superglue parce que cette colle à l’avantage de ne pas fondre le plastique, mais il est vrai qu’elle ne permet pas l’erreur et on peut se rabattre sur des produits plus souples, surtout pour les plus jeunes ou les moins expérimentés.

Chapitre deux : la base

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Le canon est donc placé sur une plateforme circulaire légère lui autorisant une rotation totale.


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Cette plateforme est réalisée à partir d’un socle rond classique (souvent un socle fendu que j’utilise peu) qui donne de la hauteur tout en assurant une base de collage solide sur le socle par la suite. Sur la partie creuse de ce socle on colle deux disques de carte plastique de 0,5mm : un premier de 27mm de diamètre puis, par dessus, un second de 25mm qui donne un peu de volume à l’ensemble. L’axe central est percé avec une mèche fine pour permettre la fixation du berceau du canon par la suite.

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Les bras sont formés de petits trapèzes de carte plastique de 1mm d’épaisseur (ou deux couches de 0,5). J’ai choisi les dimensions en fonction de la taille du grand socle rond :
– Les deux petits font 12mm de long pour 2mm et 4mm de large.
– Le grand fait 200mm de long pour 6mm et 12mm de large.

Les pièces une fois coupées, on peut arrondir les angles à la lime pour améliorer l’esthétique et rappeler la tôle emboutie…


Je finis ces bras en deux étapes : la première pièce plus épaisse est collée ensuite sur une plus fine qui vient donner du volume à l’ensemble. Pour gagner du temps ici, je colle directement les pièces sur mes chutes de carte plastique puis je trace ensuite une ligne avec la pointe sèche en me servant d’une règle en pvc ou un équivalent comme guide d’épaisseur, cela se fait en cinq minutes!

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A ce stade, il est très facile de couper ces pièces en série en les traçant avec le ballustre et un réglet sur votre carte plastique. On marque les lignes, puis on passe deux ou trois fois le cutter dans la marque sans trop appuyer, enfin on plie le plastique qui se casse bien nettement : c’est ce genre de chose qui fait gagner du temps!

Petit conseil général : n’essayez jamais jamais de couper directement la carte plastique de 1mm et plus au cutter : cela déforme les pièces et on risque accidents et dérapages, Marquer puis plier est beaucoup plus efficace!

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Les bras sont ensuite collés tout autour de la base ronde selon la disposition qui paraît la plus logique en plaçant la partie large contre le rebord supérieur en carte plastique pour donner un peu d’inclinaison à l’ensemble et l’impression que votre embase repose sur ses pieds. L’épaisseur du socle warhammer garantit la solidité de l’ensemble. Notez que l’installation nécessite d’ajuster la base des bras en arc de cercle pour un meilleur contact.

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C’est là qu’il convient de penser à la série : autant faire les bases par groupes de trois ou quatre!

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Tout le reste est une affaire de décoration, donc de goût et de temps!
Je place quatre petites poignées en fil téléphoniques sur les bras pour permettre la manutention de mes pièces. Il est plus simple de percer deux trous avec une mèche très fines puis d’enfiler le fil dedans, l’ensemble assuré par une microgoutte de superglue est quasi indestructible! Je prévois aussi des pieds dont l’axe passe par un trou plus important à l’extrêmité de chaque bras. Ces pieds sont faits, là aussi, à partir de deux disques de carte plastique de 0,5mm (un de 10mm et un de 8mm par dessus). Des pieds rectangulaires aux angles pliés auraient peut-être été plus jolis mais aussi beaucoup plus longs à réaliser.

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Les bases sont achevées par l’ajout de petits rivets sur le pourtour de la ciculaire et l’installation des pieds. Je m’en tiens là mais on pourrait imaginer des tas d’autres choses : chaise de route, crochet de remorquage ou roues éclipsables… C’est uniquement une question de temps!
La taille est calculée pour s’adapter au grand socle de Games Workshop, un des avantage de ce type d’affût est d’être relativement équilibré et donc plus facile à disposer qu’un affût à roues et à flèches par exemple.

chapitre trois : le berceau

Le berceau de la pièce est calculé pour s’adapter aussi bien au canon laser qu’à l’autocanon et pour suivre les mêmes principes de simplicité de réalisation.

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On part donc de deux triangles de 15mm sur 25mm pour les flancs et d’un rectangle de 8mm sur 25mm pour la base, ce qui vous donnera un autocanon plus haut que le laser, mais c’est préférable pour donner une élevation supérieure à l’AC dans l’hypothèse d’un pointage antiaérien. D’accord, l’hypothèse est parfaitement inutile en terme de jeu, mais elle est vraiment jolie, donc incontournable!

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Comme pour les pièces précédentes, le travail en série s’impose au moment de tracer les contours. Je conseille également de faire tous les percages AVANT la découpe pour être plus à l’aise et limiter les erreurs. Un gabarit peut aussi se révéler assez utile ici pour gagner du temps.

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Une fois les pièces coupées, le mieux est de les solidariser sur leur axe en les collant avec une micogoutte de superglue à la pointe. Cela permet de les poncer ensemble pour avoir des ensembles rigoureusement identiques et parfaitement alignées sur l’axe du canon. Cette technique du ponçage par bloc peut se faire avec une dizaine de pièces collées les unes contre les autres, mais ici je n’avais pas de photo et je n’en ai refait que deux pour illustrer cette étape!
Une fois le ponçage fini, si vous n’avez pas pressé toute le tube de colle, un petit coup de cutter suffit à séparer les pièces sans problème puisque la superglue n’attaque pas le plastique.

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Le berceau est ensuite monté : j’utilise un bout de cure-dents en bois pour les axes, mais un tube de coton tige fonctionne tout aussi bien. Cela permet de laisser les canons démontables en cas de besoin.

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La pièce Games Workshop doit être débarassée de sa base puis percée au niveau de l’axe gravé dessus. Je ne suis pas loin de penser que c’est l’étape la plus difficile du travail, car on part très vite de travers. Le mieux est sans doute d’attaquer le plastique des deux côtés à la fois plutôt que d’espérer faire le perçage d’un seul coup!

Petit conseil général encore : pour percer le plastique très tendre de nos figurines, il faut éviter les miniperceuses électriques qui fondent tout parce que leur rotation est trop rapide : on peut se contenter de monter le foret sur un manche, voire même de le faire tourner entre les doigts, ce que je fais en général, ce qui évite de casser les plus petits forets. De même il vaut mieux commencer par un trou de plus petit diamètre que souhaité pour agrandir ensuite progressivement avec des forets plus gros

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Le berceau peut se suffire à lui-même ainsi si vous êtes pressés, mais on peut le détailler un peu. Pour cela j’ajoute deux flasques arrondies tirées de disques de carte plastique de 22mm de diamètre, coupés à une hauteur de 13mm et collés de chaque côté du berceau. C’est sur ces pièces que viendront se coller les détails par la suite!

chapitre quatre : les détails

Tout le détaillage est naturellement une affaire de goût personnel et de motivation : mes choix ici sont une proposition parmi d’autres, proposition basée, pour ceux que cela intéresse, sur l’allure générale du canon AA allemand de la seconde guerre mondiale Flak38…

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L’étape essentielle dans l’aspect futur est le bouclier : il est fait ici à partir de deux rectangles de carte plastique marqués à la pointe sèche puis pliés. J’ai préféré éviter la symétrie pour des raisons esthétiques, la partie large (protégeant le tireur) fait 13mm de large pour 7mm et 11mm en hauteur, la partie étroite 10mm de large. Les pièces sont entaillées pour ne pas heurter les poignées de la base, et j’ai doublé l’épaisseur d’une pièce supplémentaire un peu plus petite (environ 1mm) pour consolider l’ensemble et rappeler le bouclier du bolter lourd.

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La décoration se fait avec de petits rivets découpés à l’emporte-pièces et avec un motif impérial pris sur le bolter lourd. Il est assez facile de récupérer des motifs sur des pièces non utilisées de votre boite à rabio : chargeurs de fulgurants de véhicules, boites de munitions etc etc…

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Tel quel, le canon laisse un vilain jour sous le tube. On peut boucher cela avec des boitiers, ou tout autre sustème, pour ma part, et j’ai meublé l’espace en représentant des vérins hydrauliques faits avec deux longueurs de coton-tige et des rondelles. C’est amplement suffisant pour le laser, mais dans le cas de l’autocanon, plus haut, un petit bouclier achève de compléter cet espace.


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La partie droite de la pièce sert à stocker les munitions : dans le cas du canon laser ici, la pièce d’origine est simplement collée au berceau après récupération de sa sortie. une fois le modèle achevé et peint, il faudra prévoir un connecteur en fil électrique pour alimenter le canon. On obtient ainsi un ALP-22cl…

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Pour l’autocanon (ALP-22ac naturellement!) c’est le chargeur de rechange qui occupe l’espace, et je lui ajoute un petit berceau en carte plastique. l’idéal serait évidemment un rack de deux ou trois chargeurs, mais il faut disposer des pièces!

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Du côté du tireur je figure juste un petit siège taillé dans un rectangle de carte plastique de 11mm sur 6mm sur lequel sera assis le soldat. Tous les équipement de contrôle et le dossier étant fixés sur la figurine pour plus de facilté et de solidité…

chapitre quatre : le tireur

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Il n’y a naturellement pas d’arme sans équipage et donc sans tireur, et c’est un des problèmes de la conversion : à ma connaissance, il n’existe pas de figurine de Cadien assis! On peut naturellement utiliser les figurines prévues à l’origine, je l’ai fait pour les servants, mais j’avais envie de pousser un peu  le jeu de la conversion!

laser28Les seules pièces facilement utilisables sont celles du soldat qui marche puisque les deux jambes sont à peu près dans le même axe. On peut donc tricher en limant le devant de la vareuse pour fournir une assise pour le torse, la seul truc étant de bien réfléchir au collage pour rester dans une logique anatomique. Le plan déterminera aussi l’inclinaison du corps vers l’arrière.

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La base ainsi obtenue est ajustée par ponçage puis habillée selon le modèle des vétérans avec un peu de miliput destiné à représenter le manteau. Si l’on veut éviter les sur épaisseurs en particulier au niveau des genoux, il faut pas mal raboter le plastique au cutter, cela évite d’avoir une silhouette déséquilibrée.

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Les bras sont plutôt composites : ils viennent des Cadiens en plastique pour l’essentiel, j’y ajoute juste des mains prise sur des rabios de la première boite régimentaire en plastique de soldats de l’Empire pour Warhammer Battle. J’en ai encore des stocks même si la source s’épuise peu à peu!

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Les contrôles sont simplement des bouts d’épingles de couturière mis en forme à la pince (c’est le cas aussi de la barre d’appui des pieds), j’ai choisi de les ajuster sur les figurines et non sur le canon lui-même pour faciliter la mise en place du tireur.

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Dans la même logique, le dossier du siège est collé directement sur le dos, cela permet de bien le lier et d’éviter des pièces trop fragiles. Il y avait au départ aussi une idée de modularité, les pièces devant pouvoir être représentées abandonnées, mais comme en pratique cela ne servait pas à grand chose, j’ai collé les servants sur les modèles destinés à l’infanterie.

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One Comment
  1. Cher pousseur de fig’, je profite de cet article (excellent, tout comme le reste du blog d’ailleurs) pour te dire que je me suis permis de te faire un peu de pub par le biais de mon blog. Je suis tombé sur le tien en cliquant sur les blindé de notre chère garde impériale (mon armée de prédilection) et franchement, ben bravo, c’est vraiment du super boulot ! Tes conversions sont bluffantes, superbement pensée, il y a une maîtrise de la carte plastique et une conception sur le plan de l’ingénierie que j’admire sincèrement (j’arrête là car trop de compliment ne sont jamais bon pour l’égo parait-il). Donc un grand merci à toi pour nous permettre de partager ce que je devine comme une passion et continue d’alimenter ce blog pour l’empereur (et pour le plaisir de contempler de fig’s bien peinte et « pensées »)

    Bye

    Sergent Ironhead

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