Baneblade sur TethVI

Les chars de type Baneblade ne sont plus aussi nombreux qu’ils l’étaient jadis, hélas : les forces de l’Impérium s’amenuisent quand le flot de ses ennemis semble plus que jamais intarissable. De ce fait, les rumeurs concernant l’existence d’un de ces blindés mythiques dans le déploiement du IIème Sélénia ont longtemps été considérées comme fantaisistes. Aujourd’hui, des informations concordantes font qu’il n’est plus permis de douter de l’existence de ce char que les hommes du régiment appellent « Fierté de Sélénia » et qu’ils vénèrent à l’égal d’un martyr.

Pour autant, les requêtes répétées des techno-prêtres attachés au commandement de la Flotte dans le secteur pour que le véhicules leur soit livré pour investigation, ont toujours reçu des réponses dilatoires et il s’est révélé particulièrement difficile d’accéder au char lui-même, les Séléniens étant passés maîtres depuis longtemps dans l’art du camouflage et de la dissimulation. Faute d’un document plus précis, nous ne pouvons nous appuyer ici que sur les informations fournies par un technicien de rang inférieur nommé Ochilius Septa, qui fut pris comme passager clandestin à bord d’un transport et livré au chapitre des Sons of Vulcain.

Que ce soit sincèrement ou pour éviter d’être considéré pour ce qu’il était, c’est à dire un vulgaire déserteur, le Tech Ochilius a affirmé lors de son interrogatoire préliminaire qu’il avait abandonné son poste parce qu’il ne pouvait plus supporter les altérations sacrilèges que les Séléniens faisaient subir aux rituels sacrés de l’Adeptus Mars. Pour tenter de justifier ces affirmations, il a laissé une longue liste de dénonciations qui a été immédiatement transmise aux autorités compétentes par le capitaine du navire, mais il a aussi livré des informations concernant le « Fierté de Sélénia », informations que le même capitaine, sans doute plus au fait des techniques du vol spatial qu’à celles du combat terrestre, a considéré comme des élucubrations sans intérêt et ne les a donc fait parvenir au autorités du chapitre Space Marine alors en charge de la coordination tactique du secteur – avec l’ensemble des objets appartenant au condamné – que bien après l’exécution du Tech Ochilius pour désertion.

La transcription qui suit est donc parvenue tardivement au Techno-Prêtres de l’Adeptus Mars. Elle reste à ce jour la seule description un tant soit peu précise du « Fierté de Sélénia ». Le lecteur s’apercevra toutefois rapidement qu’elle comporte des incohérences de ton et d’informations qui laissent à penser que le texte d’origine a été, soit complété par des éléments extérieurs, soit subtilement modifié avant sa transmission. Faute d’en savoir plus sur ce point, on se prendra tout de même à regretter que la grande orthodoxie manifestée par l’auteur au moment de son interrogatoire, n’ait pas eu pour pendant une meilleure précision technique…

Rapport sur l’armement du IIème Sélénia sur TethVI.
Eléments de corpus 56/AZ/11

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« L’origine du char lourd de type Baneblade « Fierté de Sélénia » engagé sur TethVI reste  un mystère (pour moi) et il faut bien reconnaître que les officiers comme les hommes du 2ème Sélénia qui l’ont emmenés au combat ne font rien pour le dissiper, bien au contraire!

Si l’on s’en tient aux indices directement observables, il est possible de relever un certain nombre de points, mais bien peu hélas paraissent susceptibles de lever le voile.

 Tout d’abord (il ne faut pas croire)  l’hypothèse suggérée par le nom donné usuellement au char, qui voudrait qu’il ait été débarqué sur Teth en même temps que le régiment. En dehors du fait qu’aucun manifeste de transport ne mentionne son transport, la planète Sélénia n’a jamais connu, durant toute son histoire, d’engagement suffisamment important pour que l’Impérium y ait déployé des blindés de ce type. De colonisation relativement récente, ce monde est resté sans grand intérêt stratégique jusqu’à aujourd’hui, et sans force armée importante avant que les Cadiens ne viennent y former, d’abord, la milice locale avant d’intégrer des contingents indigènes dans leur propre déploiement.

Il est tout aussi évident (pour moi) que, contrairement à certaines allégations fantaisistes, Cadia n’a jamais « offert » ce genre de matériel à Sélénia. Les Baneblades de la Cadia sont bien identifiés et trop nécessaires à la défense de ce monde vital pour l’Humanité, pour qu’un seul puisse être ainsi gaspillé.

Reste l’hypothèse d’une épave retrouvée directement sur TethVI et reconstruite soit directement sur ce monde, soit dans les arsenaux de Torn ou de Bennett, sur Sélénia elle-même. L’idée paraît folle, nous le reconnaissons, mais elle nous paraît, dans l’état actuel de nos connaissances, la plus plausible. Les techniciens de Sélénia ont prouvé à maintes reprises une étonnante capacité à bricoler de la manière la plus extrême des SCS consacrés quand la nécessité s’en faisait sentir. L’exemple de la fabrication des LR1bis à partir de carcasses de Léman Russ, ou des TRC sur base de Chimère le prouve assez. Si les ateliers régimentaires du 2ème Sélénia ne paraissent pas avoir été en mesure d’entreprendre ce genre de travail sans soutien, l’opacité des liaisons entre Teth et Sélénia durant la première partie de la campagne de Teth, ne permet pas d’exclure tout à fait un transport clandestin de pièces détachées. Plus aisé encore serait d’imaginer l’envoi depuis le monde d’origine d’une équipe de techniciens qualifiés, et il faudrait peut-être lancer des investigations dans cette direction.

Une chose est certaine toutefois, si le châssis du « Fierté de Sélénia » paraît tout à fait orthodoxe, le char n’en comporte pas moins d’étrange altérations qui plaident pour une reconstruction réalisée sans le contrôle des prêtres de Mars. Ainsi le canon qui l’équipe est-il sensiblement plus long que le modèle consacré, mais plus étonnamment encore, la tourelle principale paraît-elle placé en position plus centrale sur le châssis, ce qui démontre une refonte plus profonde qu’on pourrait le penser au premier coup d’oeil.

De même, la géométrie de l’avant du char semble indiquer une modification fondamentale  du système de transmission, puisque les différentiels qui apparaissent  en temps normal sont ici absents. Loin d’être un simple détail, cette absence implique ni plus ni moins qu’un déplacement complet de la chaîne cinématique et l’installation des barbotins à l’arrière du véhicule! On conviendra qui ne s’agit pas là d’un sacrilège de petite conséquence puisqu’il touche à l’architecture centrale de l’appareil. Nous ne pouvons nous empêcher de comparer cette transformation avec les altérations suspectes que les Soeurs du Suaire de Charité ont fait subir à leurs propres véhicules. D’ici à suggérer une connivence, il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir… (Cette dernière phrase plaide pour une refonte du texte par un scribe des Sons of Vulcains dont on connaît l’animosité pour l’Ordre du Suaire. ndlr)

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D’autres indices paraissent prouver la remise en état maladroite d’une épave retrouvée sur place par des techs dévoyés! Nul n’ignore que les plaques de blindages qui protègent un Baneblade comme son armure un chevalier, sont coulées avec un soin infini et entourées de rituels minutieux qui leur confère une résistance sans pareil. Or l’examen des clichés du « Fierté de Sélénia disponibles montrent qu’en plusieurs endroit, ces éléments (endommagés ou absents) ont été remplacés par des matériaux locaux, probablement de médiocre qualité. C’est le cas en particulier des panneaux protégeant les roues : si un examen superficiel peut laisser croire que rien ici n’a été dégradé, un examen plus attentif (nous a) fait immédiatement apparaître la supercherie! La peinture en ces endroits s’écaille en grands éclats pour découvrir une matière noirâtre et vile qui peut être une sorte de caoutchouc.

banepeint_15detDans le même ordre d’idée, un nouveau mantelet de canon grossièrement découpé au chalumeau vient remplacer l’admirable pièce d’origine. L’épaisseur énorme de la plaque de métal est probablement censée compenser la moindre qualité de l’alliage. Cela se retrouve dans l’emploi d’un sur blindage circulaire soudé à une certaine distance des plaques principales. Ce type de modification est d’autant plus révélateur qu’il se retrouve pratiquement sur tous les blindés déployés par le régiment sur Teth. Beaucoup d’auteurs estimant que son développement est contemporain de l’apparition des Taus sur la planète et censé constituer une réponse à la diabolique efficacité des missiles antichar de cette race, sa présence pourrait donner des indices sur la date de la découverte et de la reconstruction du « fierté de Sélénia ».

Parmi les aspects presque sacrilèges de cette altération d’un SCS sacro-saint, que dire de l’étrange manivelle qui apparaît à l’arrière du véhicule, comme si l’esprit de la machine pouvait être éveillé d’une manière aussi triviale! Que ce triste exemple nous dispense de la longue liste des altérations mineures que doit subir cette antique machine : trappes de chargement ou d’entretien remplacées, équipements de vision manquants…

Le Fierté de Sélénia » apparaîtra donc à tous pour ce qu’il est : un glorieux combattant mutilé qui doit endurer la souffrance de se voir maltraité au mépris de sa longue existence de gloire et de sacrifice. Tant qu’il n’est pas possible aux agents de l’Adeptus Mars de l’arracher à Teth VI pour lui rendre les honneurs auquels il a droit, la seul consolation du fidèle (et peut-être la seule circonstance atténuante pour les crimes des techo-prêtres dévoyés qui l’entretiennent si mal) est qu’il lui est au moins donné une place centrale dans l’ordre de bataille du régiment, et la possibilité de toujours combattre les ennemis de l’Imperium pour les écraser sous le feu de ses armes et le poids de ses chenilles. En cela nous décelons les effets de la Volonté sacro-sainte de l’Empereur qui, seule, a sauvé le vieux fidèle. »

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