Challenge d’écriture n°44 – Estée R.

Résultats

  • Originalité : 6.5/10
  • Écriture : 6.2/10

Les Commentaires des votants

On est d’entrée dans la peau du perso.
La mécanique est bien ficelée : quand on repasse sur le texte, les infos tiennent la route, et en effet on réalise qu’on s’est fait duper en beauté par les impressions glacées du perso. On réalise aussi pourquoi  on avait tiqué face à la description d’un paysage désertique.
Si l’immersion dans le perso complètement à la masse est réussie, par contre, j’ai le sentiment que le narrateur a abusé par la suite du flou artistique pour livrer pêle-mêle des indices censés aider à la compréhension du dénouement, mais de manière obscure, brouillonne, pour ne pas dire paresseuse, qui aurait gagné à être plus construite.  Genre : « flo flo flo… je vous livre les pièces du puzzle, z’avez qu’à piger… »
Dommage parce que l’idée de base et une série d’éléments judicieusement mis en place permettent malgré tout de surprendre agréablement le lecteur avec un dénouement fracassant.
Par contre, le ton vire un peu trop guimauve, moralisateur et manichéen quand le narrateur expose que la seule raison pour laquelle ILS (les Méchants du grand complot?) condamnent l’humanité est le refus d’une couleur de peau. Amené autrement, ce serait peut-être l’occasion d’une puissante allégorie, mais avec une phrase comme «  Le cœur de ses ennemis l’était bien plus encore,
sans espoir de réchauffement, jamais… », ça reste trop candide.
Point de vue style, j’ai trouvé le style du texte très inégal. J’ai relevé ci-dessous quelques exemples de mes griefs, alors je voudrais rappeler en préambule que le texte est par ailleurs truffé d’excellentes images amenant émotion, et plus souvent encore, sensation précises et justes.
« Il savait son nom » : Matt G. (construction bizarre : il n’a donc qu’une lettre pour tout nom de famille?)
« Cela lui fit un choc » : j’ai beau relire, je ne trouve pas à quoi « ce choc » se rapporte.
« Ses doigts engourdis ne répondaient pas de gaieté de cœur et il perçut cruellement les
milliers de petites aiguilles qui le lacérèrent lorsqu’il se mit en devoir de les faire obéir et
pianoter la mélodie de la lettre à Elise sur ce qui était sûrement sa cuisse droite . » : Trop d’images et six propositions d’affilée qui forment une phrase pesante.
«  se bouger le popotin » trop familier et infantile dans la bouche du narrateur.
« [la glace s’insinuant entre]  les plus petits poils de son cou » : Heuuuu, bof…
A côté de ça, des tas de tournures bien senties comme ce « râle guttural et rocailleux, » ou la description de ses lâches camarades qui au lieu de lui porter assistance « reprirent leur observation de l’horizon comme si leur vie en dépendait ».
« Le blanc recouvrait tout. Ce n’était pas très original, certes » : tournure un peu plate.
« avaient dans la bouche une espèce d’oursin  à la place de la langue » métaphore certes comique mais vécue de l’intérieur par les cobayes, contrairement aux yeux exorbités qu’on peut percevoir de l’extérieur -> utilisation par le narrateur un peu bancale.
Quelque fautes d’ortho émaillent le texte (goût, embûche, connaître, vert canard, aiguë, transi…)

« en PAS, position latérale de sécurité »
Hmmm, en PLS, ce serait mieux, j’ai passé mon PSC1 il y a moins d’un mois 😉
Par couverture d’aluminium, tu entends couverture de survie ? Nan parce qu’on crève de chaud sous ces trucs-là.
 » Elle paraissait la plus jeune du groupe, mais aussi la plus déterminée, la plus farouche. Ses compagnons tournèrent vaguement la tête vers eux comme elle entreprenait de l’aider à passer en position assise, mais aucun ne se bougea le popotin pour lui prêter main forte. Ils reprirent leur observation de l’horizon comme si leur vie en dépendait. Et ne se soucièrent plus d’eux.  »
Je trouve que les « eux » sont trop proches, et popotin est sans doute trop familier…
 » ses mains de sous la couverture et entendait vérifier qu’ils n’allaient pas tomber, tout simplement gelés sur place.  »
qu’ELLES n’allaient pas tomber ?  » geléES  » sur place du coup après.
La lettre à Elise entre guillemets ou en italique ? (A moins que ce ne soit dû au format blog )
 » Prit de tremblements  »
PriS
 » non d’un chien  »
Nom d’un chien
 » Et en en lieux  »
Un  » en  » en trop.
 » Noire comme le deviendraient tous les hommes pour le peu que l’humanité réussisse, grâce à lui, sa transition.  »
pour peu, le  » le  » est en trop.
 » Tout ça parce qu’ils se supportaient pas l’idée que l’évolution humaine les conduisent à tous devenir noirs !?   »
Tout ça parce qu’ils NE supportaient pas
La dernière phrase est vachement bien foutue mais ce qui y mène est plutôt banal. Pas l’histoire en elle-même (bien que je trouve préoccupant que tu crois que les  Entités Supérieures préfèrent mourir que de devenir noires) mais la manière décrire. Tout passe trop vite, trop simplement. Comme si tu avais pris le texte et que tu t’étais dit, alors là il se passe ça, là il se passe ça.
Du coup, on a pas vraiment d’avancer psychologique ou de suspens mais lus une suite de scénettes qui nous amène à cette fin.

Une bonne idée mais mal mise en scène à mes yeux. La ‘morale’ est bien trouvée mais peu mise en avant.
Il y a quelques tournures de phrases maladroite mais le text est fluide dans son ensemble. Bonne idée que celle de l’adaptation de l’homme.
Une mention spéciale pour la meilleure phrase du challenge : ‘La carrosserie lui avait fait des avances, la vitre en plexiglas  lui avait tapé dans l’œil’, c’est excellent 🙂

Une idée très originale et un sujet parfaitement traité.
La fin aurait pu être meilleure cependant. Là on ne sait pas trop quoi en penser.
Gros problème d’écriture. Les transitions sont à revoir, des répétitions et des « et » qui hachent le rythme.
Les descriptions du début sont trop longues même si on voit bien la volonté de montrer l’état de l’homme. On perd en force et en efficacité.

Même si le coup de l’amnésie est souvent utilisé, il reste toujours très efficace, notamment concernant ce texte qui nous conte parfaitement l’atmosphère d’un monde à l’agonie.

Texte sympa, avec quelques longueurs. Belle dénonciation de la folie humaine.

Un bon texte bien écrit  tout à fait dans l’air du temps.
Les flashes back sont bien fichus, mettent dans l’ambiance tout en titillant la curiosité du lecteur. Par contre, je n’ai pas compris les incessants Flo, Flo, flo ?
Cette montée en puissance, de l’amnésie complète aux souvenirs qui remontent est très bien dosée.
Deux points d’amélioration :
–       le fait de parler de désert blanc est trompeur car on pense immédiatement à la neige. On ne perçoit pas assez que le héro est gelé dans un univers caniculaire. La notion de désert n’est pas forcément rattachée à la chaleur.
–       L’idée que le problème vient du fait que le sérum rend les gens noirs n’est pas bien amenée. Ca tombe un peu comme un cheveux sur la soupe. Il aurait peut être fallu distiller quelques éléments en ce sens avant. Et je trouve peu crédible le fait que cet effet secondaire soit la cause de l’enlèvement et de la mort de plusieurs personnes, commandité par ce qui semble être une puissante agence gouvernementale.
Quelques tournures à revoir selon moi : il prit le temps d’analyser ses sensations ;  telle ou telle poignée de metal ; seul dépassait sa tête mais il ne l’avait pas remarqué ; rationalisait la situation




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