{"id":7563,"date":"2013-04-02T09:03:33","date_gmt":"2013-04-02T07:03:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atorgael.com\/?p=7563"},"modified":"2013-05-02T13:28:36","modified_gmt":"2013-05-02T11:28:36","slug":"challenge-decriture-n46-texte-n3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=7563","title":{"rendered":"Challenge d\u2019\u00e9criture n\u00b046 \u2013 M\u00e9tatron"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<blockquote><p>Metatron<br \/>\n10.4\/20 <span class=\"rating\"><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><\/span><br \/>\n3\u00e8me<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"?p=7563&amp;page=2\"><strong>-&gt; <\/strong>Vos commentaires<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h1>Louis XI<\/h1>\n<p>Ebloui par l\u2019immense bloc de Cristal, Louis fit un pas en arri\u00e8re, la main sur les yeux. L\u2019\u00e9clat \u00e9tait si puissant qu\u2019il \u00e9tait impossible de distinguer autre chose que cette lumi\u00e8re incandescente.<\/p>\n<p>Manifestation divine ? Artefact d\u00e9moniaque\u00a0? Tr\u00e9sor oubli\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Le sang lui battait aux tempes, alors qu\u2019il plissait les yeux. Il n\u2019avait jamais rien vu de pareil.<\/p>\n<p>A la surface, on pouvait distinguer les traces des d\u00e9licats burins utilis\u00e9s par les moines pour extraire le pr\u00e9cieux mat\u00e9riau.<\/p>\n<p>Et sous les saillis, on devinait comme une ombre.<\/p>\n<p>Oui\u00a0!<\/p>\n<p>Il y avait bien quelque chose.<\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0***<\/p>\n<p><i>10 h plus tot.<\/i><\/p>\n<p>Fesse droite.<\/p>\n<p>Fesse gauche.<\/p>\n<p>Non, \u00e7a n\u2019allait toujours pas.<\/p>\n<p>Le vieux chevalier se leva sur les \u00e9trill\u00e9s en grommelant\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Etait-on oblig\u00e9 de chevaucher aujourd\u2019hui\u00a0? Le seigneur de Fesigny semblait fort courtois et pr\u00eat \u00e0 nous offrir le gite pour une semaine enti\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Jeans de Lescun, Batard d\u2019Armagnac ne put retenir une exclamation amus\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Messire Amaury d\u2019Estissac pr\u00e9f\u00e8rerait-il le confort d\u2019un ch\u00e2telet \u00e0 celui d\u2019une bonne selle de cuir\u00a0?<\/p>\n<p>__ Profitez de vos vertes ann\u00e9es pour rire. Vous verrez quand vous aurez le fondement us\u00e9 par les ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019homme qui voyageait en t\u00eate se tourna \u00e0 demi. Son visage sec \u00e9tait encadr\u00e9 de cheveux bruns coup\u00e9s au carr\u00e9. Un chapeau de feutre sans fioritures allongeait ce visage illumin\u00e9 d\u2019un sourire\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En voil\u00e0 des mani\u00e8res. Se disputer ainsi par une si belle apr\u00e8s-midi. Contemplez ces montagnes\u00a0! Au sommet, la neige et la bise. Autour de nous, le gazouillis du printemps\u00a0! Et ces bois\u00a0! Par ma foi, ils doivent regorger de gibier\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Amaury jeta un regard torve vers les cimes montagneuses des Alpes. Ils se trouvaient au fin fond de la Savoie. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des cols, c\u2019\u00e9taient la Suisse et ses cantons. Derri\u00e8re eux, le lac de Gen\u00e8ve leur \u00e9tait masqu\u00e9 depuis une bonne heure par les arbres et le relief.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous servir est un honneur, sire. Mais \u00e0 voir ces rocailles ainsi empil\u00e9es, je me languis de ma Saintonge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A peine avait-il prononc\u00e9 ces mots que son cheval tr\u00e9bucha sur un mauvais caillou du chemin et il s\u2019en fallut d\u2019un cheveu qu\u2019homme et cavalier finissent par terre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026D\u2019autant que les routes y sont autrement plus praticables \u00bb, railla le Batard en d\u00e9passant le vieux chevalier.<\/p>\n<p>Le Batard rejoignit le cavalier de t\u00eate. En cette ann\u00e9e de 1446, le dauphin Louis avait abandonn\u00e9 Paris et la cours de Charles VII pour gagner sa principaut\u00e9 du Dauphin\u00e9. Qui eut cru que sous ce pourpoint court et ces chausses de laine allait Louis, h\u00e9ritier de la couronne de France\u00a0?<\/p>\n<p>De bonne taille, il paraissait presque fluet au c\u00f4t\u00e9 de l\u2019imposante corpulence du Batard, dont les larges \u00e9paules semblaient taill\u00e9es pour la guerre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Reconnaissons cela au sire Amaury\u00a0: ce p\u00e9riple me parait bien long, avoua le Batard. Et puis nous nous rapprochons de la Suisse. Rappelez-vous, nous y combattions ensemble il y a trois ans. Ils pourraient en avoir con\u00e7u une certaine ranc\u0153ur.<\/p>\n<p>__ Parbleu, je m\u2019en souviens comme si c\u2019\u00e9tait hier. Mais rassurez-vous, nous restons sur les terres du Duc de Savoie, avec qui nous sommes en bon terme. Et puis, il nous fallait aller en p\u00e8lerinage pour rendre gr\u00e2ce de notre bonne mise\u00a0: nous voici libre en Dauphin\u00e9, loin de ce roi \u00e9puisant qui me tient lieu de p\u00e8re.<\/p>\n<p>__ J\u2019esp\u00e8re que l\u2019abbaye d\u2019Abondance valait ces jours de chevauch\u00e9e.<\/p>\n<p>__ Je vous laisse juge, trancha Louis en contournant un \u00e9paulement rocheux.<\/p>\n<p>Le Batard resta bouche b\u00e9e.<\/p>\n<p>Devant la for\u00eat c\u00e9dait la place aux premiers alpages. L\u2019herbe disputait le terrain aux rochers affleurant de l\u2019humus. Incongrue au milieu de cette nature apais\u00e9e, une abbaye ventrue s\u2019accrochait au versant. Cloch\u00e9 ouvrag\u00e9, rosace tourn\u00e9e vers le soleil, voutes crois\u00e9es enlumin\u00e9es d\u2019une foule d\u2019anges et de saints\u2026 L\u2019architecture d\u00e9ployait sa splendeur gothique \u00e0 la face de la montagne.<\/p>\n<p>Autour de ce vaisseau, les dortoirs des moines se pressaient comme si la finesse de l\u2019ouvrage allait rejaillir sur leurs murs nus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019abbaye d\u2019Abondance, annon\u00e7a Louis. Nous y serons pour le d\u00e9jeuner.<\/p>\n<p>__ Il y a quelque chose, grommela Amaury. Mais rien ne vaut les \u00e9glises romanes de Saintonge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les trois hommes parcoururent le dernier kilom\u00e8tre au galop, trop heureux d\u2019atteindre le but de leur voyage.<\/p>\n<p>Ils mirent pied \u00e0 terre devant l\u2019imposant \u00e9difice. Imm\u00e9diatement, un groupe d\u2019oblats se pr\u00e9cipita pour mener les chevaux \u00e0 l\u2019\u00e9curie.<\/p>\n<p>Poudreux et rompus, les voyageurs firent craquer leurs articulations et d\u00e9frip\u00e8rent leurs casaques.<\/p>\n<p>Un homme s\u2019approcha avec d\u00e9f\u00e9rence. A la mani\u00e8re des moines b\u00e9n\u00e9dictins, il \u00e9tait v\u00eatu d\u2019une ample robe blanche par-dessus laquelle \u00e9tait pass\u00e9e une large veste de cuir qui lui descendait aux chevilles. A son \u00e9paisse ceinture pendait un chapelet.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Messires, soyez les bienvenus \u00e0 l\u2019abbaye d\u2019Abondance. Je suis le p\u00e8re Philippe, prieur de notre communaut\u00e9.<\/p>\n<p>__ Nous avons longuement chevauch\u00e9 depuis notre terre du Dauphin\u00e9, annon\u00e7a Louis. \u00a0Aussi souhaiterions-nous rendre gr\u00e2ce au beau sire Dieu pour si bonne route.<\/p>\n<p>__ Quoi, m\u00eame pas un bain avant de passer \u00e0 table\u00a0?\u00a0\u00bb souffla le batard \u00e0 mi-voix.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Philippe fit celui qui n\u2019avait pas entendu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En ce cas, permettez que je vous m\u00e8ne \u00e0 la chapelle Saint Christophe, saint patron des voyageurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre invita les visiteurs \u00e0 entrer dans le b\u00e2timent. Une \u00e9trange agitation r\u00e9gnait dans les trav\u00e9es, o\u00f9 de petits groupes de moines et d\u2019oblats discutaient \u00e0 voix basse. D\u00e9ambulant sous les voutes qui se perdaient dans les t\u00e9n\u00e8bres, les voyageurs appr\u00e9ci\u00e8rent la fraicheur des lieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Notre abb\u00e9 s\u2019excuse de ne pouvoir vous accueillir, annon\u00e7a le p\u00e8re Philippe. Plusieurs de nos fr\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s dans l\u2019affaissement d\u2019un plafond et l\u2019abb\u00e9 prie \u00e0 leur chevet. \u00a0Vous aurez l\u2019occasion de le croiser lors de l\u2019office de Sixte.<\/p>\n<p>__ Cela nous laisse tout le temps de d\u00e9couvrir votre splendide abbaye, fit Louis, les yeux tourn\u00e9s vers les vitraux chamarr\u00e9s. Vous avez des moines forts habiles. Je vous en emprunterais bien quelques-uns.<\/p>\n<p>__Ne serait-ce leur v\u0153u de stabilit\u00e9 qui les attache \u00e0 ce lieu, ils seraient ravis de cet honneur.<\/p>\n<p>__ Souhaitons qu\u2019ils n\u2019aient rien perdu de leur talent lorsque notre bon roi daignera quitter ce monde, persiffla le batard. Il ne semble en tout cas pas press\u00e9 de rejoindre le p\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Amaury roula des yeux choqu\u00e9s vers son compagnon, ce qui lui valut un sourire moqueur en retour.<\/p>\n<p>Les hommes d\u00e9bouch\u00e8rent dans une chapelle en demi-cercle plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9. Le p\u00e8re Philippe fit un signe, et les moines qui s\u2019y trouvaient abandonn\u00e8rent les lieux. Louis nota les mines inqui\u00e8tes et les regards soucieux. Le claquement des sandales s\u2019\u00e9teignit finalement et ils se retrouv\u00e8rent seuls. Les vitraux coloraient la p\u00e9nombre apaisante et laissaient deviner une statue de Saint Christophe en pied, portant l\u2019enfant J\u00e9sus sur ses \u00e9paules.<\/p>\n<p>Louis s\u2019approcha d\u2019un prie-Dieu et s\u2019agenouilla, mains jointes. M\u00e9nageant ses articulations, Amaury l\u2019imita avec moult pr\u00e9cautions. Le Batard allait faire de m\u00eame lorsqu\u2019un chatoiement inattendu lui arracha une exclamation\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le saint a clign\u00e9 de l\u2019\u0153il\u00a0! Par Dieu, quel est ce prodige\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Amaury leva les yeux au ciel. Et dire que c\u2019\u00e9tait \u00e7a la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chevaliers. C\u2019est alors qu\u2019\u00e0 son tour, il vit une lueur dans l\u2019\u0153il de la statue. Interdit, il se tourna vers Louis, qui avait lui aussi aper\u00e7u le reflet dans la prunelle.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Philippe s\u2019approcha pour calmer les esprits\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Messires, il n\u2019y a point de diableries ici. Vous contemplez ce qui fait la fiert\u00e9 de notre abbaye. Les prunelles de la statue sont incrust\u00e9es d\u2019\u00e9clat de cristal d\u2019Abondance. Cette pr\u00e9cieuse roche a la particularit\u00e9 de fortement r\u00e9agir \u00e0 la lumi\u00e8re. C\u2019est le cadeau de notre Seigneur \u00e0 notre communaut\u00e9.<\/p>\n<p>__ Les cristaux d\u2019Abondance font de magnifiques bijoux, confirma Amaury, revenu de ses \u00e9motions. Agn\u00e8s Sorel en poss\u00e9dait un tr\u00e8s joli pendentif.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le dauphin Louis se signa et se releva, m\u00e9content\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 Vraiment messire d\u2019Estissac, quel plaisir de vous avoir parmi nous. Non content de jouer les chaperons pour mon p\u00e8re, voil\u00e0 que vous \u00e9voquez le nom des f\u00e2cheux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Agn\u00e8s Sorel, maitresse de Charles VII, avait pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019exil de Louis, lorsque ce dernier l\u2019avait accus\u00e9e l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e0 la main de vouloir lui ravir son h\u00e9ritage. Stupide incident de jeunesse. Apr\u00e8s ce peu glorieux fait d\u2019arme, le dauphin n\u2019avait plus qu\u2019\u00e0 attendre le pardon royal loin de Paris.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mes excuses, sire, fit Amaury en s\u2019inclinant.<\/p>\n<p>__ Nous montrerez-vous d\u2019o\u00f9 est extrait ce cristal\u00a0? demanda Louis au P\u00e8re Philippe, passant du coq \u00e0 l\u2019\u00e2ne.<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre cligna plusieurs fois des yeux, comme si la demande lui paraissait parfaitement incongrue.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crains que ce ne soit pas possible. La mine est accessible par d\u00e9troits boyaux forts instables. Que dirait le roi si le dauphin finissait enseveli sous notre abbaye\u00a0?<\/p>\n<p>__ M\u2019est avis qu\u2019il vous accorderait une pension\u00a0\u00bb estima Louis d\u2019un air distrait.<\/p>\n<p>A cet instant, les cloches sonn\u00e8rent.\u00a0 Le p\u00e8re Philippe leva un doigt.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sixte moins cinq\u00a0! L\u2019office va commencer\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Surgissant de toute part, une foule silencieuse d\u2019oblats et de convers prit place dans la nef. Un groupe guid\u00e9 par un moine manqua de percuter Amaury, toujours agenouill\u00e9. Le Batard eut un geste d\u2019humeur.<\/p>\n<p>\u00ab Quelle glorieuse \u00e9pitaphe si vous aviez fini pi\u00e9tin\u00e9 par ces novices. Le service de Dieu leur aurait il hott\u00e9 la vue\u00a0?<\/p>\n<p>Louis grima\u00e7a\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, disait Salomon. Observez cette assembl\u00e9e\u00a0: pour un valide, il y a bien quatre aveugles\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Amaury et le Batard contempl\u00e8rent l\u2019assembl\u00e9e. La fluidit\u00e9 des mouvements venait de l\u2019intime connaissance des lieux. Mais les regards laiteux fixant le vide ne laissaient aucun doute sur l\u2019infirmit\u00e9 des religieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nombreux sont les invalides \u00e0 venir chercher la paix de nos murs\u00a0\u00bb, expliqua le p\u00e8re Philippe.\u00a0 Ce disant, il releva les amples manches de son habit, r\u00e9v\u00e9lant des mains mutil\u00e9es o\u00f9 il ne restait que quelques doigts. \u00ab\u00a0A pr\u00e9sent, permettez-moi de vous laisser\u00a0: le service m\u2019appelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0***<\/p>\n<p>\u00a0L\u2019abbaye d\u2019Abondance suivait les r\u00e8gles de Saint Augustin.<\/p>\n<p>Pr\u00eatres, moines, convers et oblats, install\u00e9s selon leur rang, d\u00e9jeunaient dans une vaste salle dont les crois\u00e9es donnaient sur la vall\u00e9e. Un spectacle \u00e0 apaiser l\u2019\u00e2me pour ceux qui avaient la chance de le voir. Le ventre n\u2019\u00e9tait pas en reste. Pains de viande au miel et pois passaient de main en main aux sons des couverts. Louis ne put s\u2019emp\u00eacher de remarquer que l\u2019infirmit\u00e9 du p\u00e8re Philippe \u00e9tait bien commune en ces murs. L\u00e0 c\u2019\u00e9tait un index qui manquait \u00e0 l\u2019appel, ici un majeur\u2026 Curieux couvent d\u2019infirmes. Et toujours ces mines soucieuses, ces regards fuyants\u2026<\/p>\n<p>La r\u00e8gle stipulait qu\u2019on ne parlait pas \u00e0 table. Dans le silence, l\u2019un des moines lisait un imposant volume, juch\u00e9 sur une estrade face aux places d\u2019honneur.<\/p>\n<p>Le dauphin \u00e9tait install\u00e9 \u00e0 la droite de l\u2019abb\u00e9, La barbe faisait \u00e9cho \u00e0 son cr\u00e2ne compl\u00e8tement chauve. Lui, tout au moins, n\u2019\u00e9tait pas aveugle.<\/p>\n<p>Une fois sixte c\u00e9l\u00e9br\u00e9, cet homme d\u2019une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es avait limit\u00e9 ses \u00e9changes avec le dauphin \u00e0 une courtoisie tr\u00e8s protocolaire. A pr\u00e9sent, tout absorb\u00e9 par la lecture du livre de l\u2019Eccl\u00e9siaste, il semblait se d\u00e9sint\u00e9resser de son royal voisin.<\/p>\n<p>Le dauphin en restait comme deux ronds de flanc. Il se pencha vers Amaury.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Jamais r\u00e9ception de dauphin ne fut plus rogue, souffla-t-il \u00e0 son voisin. Notre venue \u00e9tait pourtant annonc\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>__ Et qui sont ces hommes aux pourpoints de soieries\u00a0?<\/p>\n<p>__ Douze boules de gueule sur fond d\u2019or. Par Dieu, mais ils sont de la maison des Medici\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Troubl\u00e9 dans sa lecture, le lecteur releva la t\u00eate.<\/p>\n<p>Les regards se tourn\u00e8rent vers le dauphin, qui leva son verre en souriant, comme pour saluer l\u2019assembl\u00e9e. Ceux qui pouvaient voir son geste lui rendirent son salut.<\/p>\n<p>La lecture reprit, accompagn\u00e9e du tintement des couverts.<\/p>\n<p>Louis reprit le fil de ses discussions. Les Medici n\u2019\u00e9taient pas les premiers venus. La renomm\u00e9e de ces banquiers avait amplement d\u00e9pass\u00e9e Florence et sonnait \u00e0 pr\u00e9sent dans toute l\u2019Europe comme celle d\u2019une bourse bien remplie. Ils comptaient des souverains parmi leurs d\u00e9biteurs. La pr\u00e9sence de leurs envoy\u00e9s laissait pr\u00e9sager quelques affaires juteuses. Pourrait-il s\u2019agir du cristal\u00a0? En tout cas, ces hommes arboraient une mine d\u00e9confite. Ce repas en silence ne leur procurait de tout \u00e9vidence aucun plaisir, et ils n\u2019attendaient qu\u2019une chose\u00a0: revenir aux affaires sit\u00f4t le dessert aval\u00e9.<\/p>\n<p>Balayant l\u2019assembl\u00e9e des moines du regard, Louis s\u2019arr\u00eata sur la silhouette chenue d\u2019un vieil homme, courb\u00e9 sur sa tranche de pain. Sa peau frip\u00e9e et ses mains rachitiques trahissaient son grand \u00e2ge. En voil\u00e0 un pour qui l\u2019abbaye n\u2019aurait aucun secret.<\/p>\n<p>Louis attendit patiemment la fin du repas. Il esquiva les politesses superficielles de l\u2019abb\u00e9 et se dirigea droit vers le vieil homme qui quittait d\u00e9j\u00e0 la salle, aid\u00e9 par un novice.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon p\u00e8re, annon\u00e7a le dauphin sans ambages, je souhaiterai \u00eatre entendu en confession.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le vieil homme tourna vers lui ses yeux d\u2019un blanc laiteux\u00a0: encore un aveugle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Jeune homme, vous choisissez bien mal vos confesseurs.\u00a0\u00bb r\u00e9pondit le pr\u00eatre d\u2019une voix douce.<\/p>\n<p>Louis allait r\u00e9pondre, lorsque le p\u00e8re Philippe surgit comme par enchantement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le p\u00e8re Am\u00e9d\u00e9e est bien fatigu\u00e9 pour \u00e9couter la confession d\u2019un dauphin de France. En outre, ce serait se substituer \u00e0 votre confesseur attitr\u00e9\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9v\u00eaque Boucard s\u2019est quelque peu lass\u00e9 de mes p\u00e9ch\u00e9s r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Il n\u2019y pr\u00eate plus qu\u2019une oreille distraite.<\/p>\n<p>__ En ce cas, permettez-moi de vous entendre, proposa le p\u00e8re Philippe avec emphase.<\/p>\n<p>__ Que nenni\u00a0! Je soumets \u00e0 votre esprit sagace une \u00e2me qui a bien besoin de salut.\u00a0 Vous entendrez en confession mon ami Jean de Lescun, Batard d\u2019Armagnac.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9ress\u00e9, qui grappillait un morceau de pain dans une corbeille port\u00e9e par un aveugle se retourna d\u2019un coup.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Moi, me confesser\u00a0? Il ferait beau voir\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Louis lui retourna un regard glac\u00e9 qui \u00e9touffa la gouaille du Batard comme une chape de plomb.<\/p>\n<p>\u00abMon p\u00e8re, reprit\u00a0 le Batard d\u2019un ton morne. Pardonnez-moi car j\u2019ai p\u00e9ch\u00e9. \u00a0Il y a cette fille \u00e0 l\u2019auberge avec qui\u2026<\/p>\n<p>__ Bon, bon, bon, coupa pr\u00e9cipitamment le p\u00e8re Philippe. Allons nous isoler quelque part.<\/p>\n<p>Comme frapp\u00e9 par la foudre, il entraina \u00e0 sa suie le Batard et disparu dans une trav\u00e9e.<\/p>\n<p>Louis resta seul avec le vieux pr\u00eatre.<\/p>\n<p>Sans un mot, celui-ci l\u2019invita \u00e0 le suivre jusqu\u2019au confessionnal. C\u2019\u00e9tait un meuble de bois ouvrag\u00e9 tout en hauteur, avec ogives et colonnes miniatures. Le p\u00e8re Am\u00e9d\u00e9e prit place dans le caisson central, tandis que Louis s\u2019agenouillait face \u00e0 la grille.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au nom du P\u00e8re et du Fils et du Saint-Esprit.\u00a0 Amen, commen\u00e7a-t-il d\u2019un ton p\u00e9n\u00e9tr\u00e9. Je me suis confess\u00e9 la semaine derni\u00e8re, mais mon \u00e2me n\u2019est pas en paix et je ne cesse d\u2019offenser Dieu.<\/p>\n<p>__ Parlez sans crainte, gentil dauphin. Dieu dans sa mis\u00e9ricorde pardonne tout.<\/p>\n<p>__ Je cherche \u00e0 percer le secret d\u2019une abbaye qui a prosp\u00e9r\u00e9 au-del\u00e0 de toutes ses esp\u00e9rances. Une abbaye dont d\u00e9pendent une vingtaine de prieur\u00e9 et deux autres abbayes, qui \u00e9tend son influence sur la Suisse et la Franche Comt\u00e9, et qui accueille \u00e0 sa table les Medici. C\u2019est le p\u00e9ch\u00e9 de convoitise qui me m\u00e8ne jusqu\u2019en ces murs. Le myst\u00e9rieux cristal qui fait la fortune d\u2019Abondance me hante la nuit.<\/p>\n<p>Dans son box, le p\u00e8re Am\u00e9d\u00e9e resta un instant silencieux.<\/p>\n<p>__ J\u2019imagine que quelques Pater Noster ne r\u00e9pondront pas \u00e0 votre attente.<\/p>\n<p>__ Vous \u00eates un homme d\u2019exp\u00e9rience, sourit le dauphin. Je veux voir la mine de cristal. Et pourquoi cette agitation\u00a0? Ces mines inqui\u00e8tes\u00a0? Cet abb\u00e9 si peu accueillant et ces Medici\u00a0?<\/p>\n<p>__ Votre \u00e2me se trouble de questions, coupa le pr\u00eatre. Vous n\u2019avez pas la souverainet\u00e9 sur ces terres. Acceptez qu\u2019elles conservent leur myst\u00e8re.<\/p>\n<p>__ Elles pourraient le devenir. Je songe \u00e0 \u00e9pouser Charlotte de Savoie, fille du duc Louis. Je veux savoir ce qui se passe ici et quelle conspiration est ourdie entre ces murs.<\/p>\n<p>__ Une conspiration\u2026 Personne n\u2019a jamais pens\u00e9 \u00e0 mal. Mais il fallait bien que la fortune tomb\u00e9e du ciel trouve quelques contreparties\u2026<\/p>\n<p>__ Vous parlez du cristal\u00a0?<\/p>\n<p>__ Nous avons \u00e9t\u00e9 fou. Il y de cela un si\u00e8cle, nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs d\u00e9couvraient la pierre en creusant la crypte. Cela aurait pu devenir l\u2019objet d\u2019un fameux p\u00e8lerinage. Au lieu de cela, nous avons c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la tentation du d\u00e9mon. Oblats et moines d\u00e9bit\u00e8rent le cristal en \u00e9clats qui furent vendus fort chers en Italie. Les banquiers devinrent de fervents visiteurs. Les caisses ne d\u00e9semplissaient pas. Et sous terre, nous perdions nos doigts sur les arr\u00eates de cristal, alors que nos yeux \u00e9taient brul\u00e9s par son \u00e9clat.<\/p>\n<p>__ La mine est donc sous la crypte\u2026 Mais qu\u2019est-ce que ce cristal\u00a0? D\u2019o\u00f9 vient-il\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Am\u00e9d\u00e9e laissa planer un silence. Au travers des grilles du confessionnal, Louis le vit se passer une main h\u00e9sitante sur le visage. La douce voix s\u2019\u00e9leva de nouveau\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A force de creuser, nous avons d\u00e9couvert ce qu\u2019il y avait sous cette gangue. Ce n\u2019\u00e9tait pas une pierre, c\u2019\u00e9tait\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A cet instant, des exclamations se firent entendre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Par Dieu, je n\u2019\u00e9couterai pas un mot de plus\u00a0! Il va me falloir jeuner pendant les quarante prochains jours pour hotter ces blasph\u00e8mes de mon esprit\u00a0!<\/p>\n<p>__ Mon p\u00e8re, donnez-moi l\u2019absolution, g\u00e9missait le Batard\u00a0! Il me faut encore \u00a0vous raconter comment le pucelage de Marie la\u2026<\/p>\n<p>__ Taisez-vous\u00a0! Ce n\u2019est pas un confesseur qu\u2019il vous faut, mais un inquisiteur et son bucher\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les \u00e9clats de voix s\u2019\u00e9loign\u00e8rent. Louis retourna son attention vers la grille qui le s\u00e9parait du P\u00e8re Am\u00e9d\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Reprenons. Vous disiez\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais Louis \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9sent seul. L\u2019autre avait profit\u00e9 de la diversion pour quitter le confessionnal. Louis le vit sortir de la nef aussi vite que son grand \u00e2ge le lui permettait.<\/p>\n<p>Qu\u2019importe, il en savait \u00e0 pr\u00e9sent assez.<\/p>\n<p>Il retrouva Amaury dehors, assis face au soleil de l\u2019apr\u00e8s-midi. Devant lui, la vall\u00e9e d\u00e9ployait ses m\u00e9andres. Le vieux chevalier paraissait fatigu\u00e9. Il avait parcouru le royaume de long en large, au gr\u00e9 des campagnes de la guerre de cent ans. Il avait combattu au c\u00f4t\u00e9 de Jehanne la pucelle \u00e0 Orl\u00e9ans, harcel\u00e9 l\u2019anglais en Guyenne\u2026 Et voil\u00e0 qu\u2019il se retrouvait mandater par Charles VII pour superviser son turbulent fils, loin de ses terres de Saintonge. Un instant, Louis eut piti\u00e9 de cet homme burin\u00e9 par la vie au grand air. Il se promit de lui trouver une retraite douillette, une fois le tr\u00f4ne de France acquis.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Messire Amaury. Nous avons une exp\u00e9dition \u00e0 monter.<\/p>\n<p>__ Quoi\u00a0? Maintenant\u00a0? Mais nous venons \u00e0 peine d\u2019arriver\u00a0?<\/p>\n<p>__ Rassurez-vous, aucun cheval ne sera n\u00e9cessaire. Il s\u2019agit de la crypte de l\u2019abbaye. Je vais m\u2019y rendre avec le Batard\u2026<\/p>\n<p>__ Voil\u00e0 une bien morbide initiative que votre p\u00e8re d\u00e9sapprouverait certainement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le dauphin passa outre la rebuffade\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous nous repr\u00e9senterez \u00e0 l\u2019office des complies et expliquerez que nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder le lit. Insistez sur la fatigue du voyage.<\/p>\n<p>__ Rassurez-vous, je n\u2019aurai aucun mal \u00e0 cela, fit le chevalier, en se massant le bas du dos.<\/p>\n<p>__ Alors c\u2019est parfait. Profitons \u00e0 pr\u00e9sent de cette belle apr\u00e8s-midi.\u00a0\u00bb conclut le dauphin en s\u2019asseyant sans fa\u00e7on au pied d\u2019un rocher.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>\u00a0L\u2019office des complies, le dernier de la journ\u00e9e, voyait l\u2019ensemble des moines, oblats et novices se retrouver dans la nef.<\/p>\n<p>Le soleil avait disparu derri\u00e8re les montagnes depuis plusieurs heures, et peu \u00e0 peu les \u00e9toiles piquetaient le ciel comme sous l\u2019aiguille d\u2019une couturi\u00e8re.<\/p>\n<p>Alors que les harmonies s\u2019\u00e9levaient du ch\u0153ur, deux silhouettes furtives glissaient le long des murs.<\/p>\n<p>Les arches gothiques se d\u00e9coupaient dans le ciel nocturne comme autant d\u2019ombres des ombres inqui\u00e9tantes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0N\u2019aurait-on pas pu attendre demain soir\u00a0?<\/p>\n<p>Alors que nous avons l\u2019occasion d\u2019apprendre d\u00e8s maintenant le secret d\u2019Abondance\u00a0? Pas question.<\/p>\n<p>La porte \u00e0 double battant de la crypte se devinait dans l\u2019obscurit\u00e9. De sa dague, le dauphin for\u00e7a la serrure.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est \u00e0 pr\u00e9sent trop tard pour reculer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>A suivre&#8230;<\/em><br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Originalit\u00e9 :<\/span> 5.7\/10<\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00c9criture :<\/span> 4.8\/10<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Les Commentaires des votants<\/h2>\n<p>Une histoire longue \u00e0 d\u00e9marrer mais n\u00e9anmoins rythm\u00e9e par des dialogues efficaces.<\/p>\n<p>Sans r\u00e9els enjeux ni fin, je reste un peu sur la mienne (de faim) et n&rsquo;arrive pas a accrocher \u00e0 ce r\u00e9cit malgr\u00e9 une qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture tout \u00e0 fait correcte.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>Un texte agr\u00e9able \u00e0 lire, bien \u00e9crit et sympathique. J\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 historique dans lequel on sent poindre le fantastique. On a bien s\u00fbr envie de connaitre la suite. C\u2019est cependant le reproche que je ferais \u00e0 ce texte. Il finit trop abruptement. Le \u00ab \u00e0 suivre \u00bb en guise de chute me laisse sur ma faim. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que cette partie d\u2019une histoire \u00e0 \u00e9pisodes puisse se suffire \u00e0 elle-m\u00eame en tant que nouvelle \u00e0 part enti\u00e8re, tout en s\u2019inscrivant dans un r\u00e9cit plus long.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>Belle mise en place de l&rsquo;action, on sent que c&rsquo;est un peu document\u00e9. Parfois presque trop pour qui ne connait pas les personnages historique.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, le \u00ab\u00a0A suivre\u00a0\u00bb est hyper frustrant, et on esp\u00e8re, non, on veut la suite fin de cette histoire&#8230;<\/p>\n<p>Style maitris\u00e9, pas grand chose \u00e0 dire ) par qu&rsquo;il reste quelques coquilles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\n<p>Metatron\n10.4\/20\n3\u00e8me<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"?p=7563&amp;page=2\"><strong>-&gt; <\/strong>Vos commentaires<\/a><\/p>\n\nLouis XI\n<p>Ebloui par l\u2019immense bloc de Cristal, Louis fit un pas en arri\u00e8re, la main sur les yeux. L\u2019\u00e9clat \u00e9tait si puissant qu\u2019il \u00e9tait impossible de distinguer autre chose que cette lumi\u00e8re incandescente.<\/p>\n<p>Manifestation divine ? <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=7563\">... [Lire la suite]<\/a>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[352,126,76],"class_list":["post-7563","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-challenges","tag-challenge46","tag-les-challenges","tag-metatron"],"views":9303,"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7563"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7563\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}