{"id":7440,"date":"2013-01-05T09:02:35","date_gmt":"2013-01-05T08:02:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atorgael.com\/?p=7440"},"modified":"2013-01-21T12:12:04","modified_gmt":"2013-01-21T11:12:04","slug":"challenge-decriture-n45-texte-n2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=7440","title":{"rendered":"Challenge d\u2019\u00e9criture n\u00b045 \u2013 Tuesqui"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<blockquote><p>Tuesqui<br \/>\n12.3\/20 <span class=\"rating\"><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><span class=\"empty\">?<\/span><\/span><br \/>\n4\u00e8me<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"?p=7440&amp;page=2\"><strong>? <\/strong>Vos commentaires<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"left\">\u00ab\u00a0Chaque civilisation a les ordures qu\u2019elle m\u00e9rite.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; Georges Delerue, Bernard Herrmann &amp; Antoine Duhamel<\/p>\n<h1>1.<\/h1>\n<p>Les murs et le sol blanc de la salle sont enti\u00e8rement couverts d\u2019un carrelage \u00e0 petit carreaux sans joints. Les angles ont \u00e9t\u00e9 arrondis pour r\u00e9duire au maximum les zones difficiles \u00e0 nettoyer. La pi\u00e8ce est st\u00e9rilis\u00e9e plusieurs fois par \u00a0jour et y p\u00e9n\u00e9trer n\u00e9cessite de suivre un parcours\u00a0: lavage des mains et habillage. La lumi\u00e8re d\u2019ambiance est douce mais froide. Deux \u00e9clairages op\u00e9ratoires sont perch\u00e9s au-dessus d\u2019une table m\u00e9tallique sur laquelle est \u00e9tendu un homme d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9e. Un tuyau double est accroch\u00e9 \u00e0 ses narines, une perfusion est install\u00e9e sur son bras gauche et une chemise recouvre tout son corps, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un champ st\u00e9rile au niveau du thorax.<\/p>\n<p>Plusieurs appareils en aluminium sont fix\u00e9s au plafond, l\u2019un d\u2019entre eux est utilis\u00e9 par un homme en blouse verte. Il le plonge dans le corps endormi. Le regard du chirurgien trahi son extr\u00eame concentration, alors que ses doigts pratiquent les gestes pr\u00e9cis qu\u2019il a appris et auxquels il s\u2019est entrain\u00e9. Mais il les mets aujourd\u2019hui en application pour la premi\u00e8re fois. Pendant qu\u2019une infirmi\u00e8re lui \u00e9ponge le front, une autre lui tend une paire de ciseaux tr\u00e8s fins et tranchants. L\u2019\u00e9quipe form\u00e9e par l\u2019anesth\u00e9siste et son assistant surveillent les constantes du patient, dans une s\u00e9rie de bips aigus r\u00e9guliers et m\u00e9tronomiques semblant vainement s\u2019accorder avec <i>Someone Like You de N-Finity<\/i> diffus\u00e9 par les hauts parleurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Thomas, tournez un peu plus \u00e0 gauche et poussez le tissu avec votre index\u00a0\u00bb, conseille Manon, l\u2019une des infirmi\u00e8res qui observe avec attention le travail en cours. La plupart des chirurgiens n&rsquo;aurait pas compris pourquoi une infirmi\u00e8re se permettait ce type de remarque, compl\u00e8tement en dehors de son domaine de comp\u00e9tence. \u00ab\u00a0Voil\u00e0, c\u2019est parfait comme \u00e7a\u00a0\u00bb ajoute Manon, avant d\u2019ench\u00e9rir\u00a0avec un sourire, plus perceptible dans le ton de la voix et le plissement des yeux que dans les plis \u00a0de la bouche dissimul\u00e9 par le masque chirurgical : \u00ab\u00a0Je vous avais bien dit que c\u2019\u00e9tait pas sorcier\u00a0\u00bb. La seconde infirmi\u00e8re, rest\u00e9e silencieuse, lui tend un fil et une pince, afin qu\u2019il r\u00e9alise la suture de la minuscule zone d\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Lorsque Manon pousse la porte battante du bloc et sort, Thomas la suit de pr\u00e8s. \u00ab\u00a0Merci\u00a0\u00bb, lui dit-il. Alors qu\u2019elle retire son masque, elle prend une bouff\u00e9e d\u2019air frais\u00a0: \u00ab\u00a0Comme vous le savez tous, c\u2019est ma mission Thomas, la connaissance, la pratique et la transmission du savoir\u00a0\u00bb. Elle retire ses gants, lib\u00e9rant ainsi un anneau d\u2019argent en forme de ruban de M\u00f6bius qui se refl\u00e8te dans la lumi\u00e8re de la pi\u00e8ce, comme pour souligner ce qu\u2019elle venait d\u2019\u00e9voquer. Elle le fait tourner distraitement autour de son doigt, le regard perdu dans une pens\u00e9e. Elle revient \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et adresse un sourire chaleureux \u00e0 Thomas. Les deux confr\u00e8res ne doivent pas avoir beaucoup plus de 30 ans. \u00ab\u00a0On se fait un petit caf\u00e9 pour clore\u00a0?\u00a0\u00bb, propose Manon. Thomas accepte.<\/p>\n<p>Ils arrivent dans une salle aux tons pastels, parsem\u00e9e de tables rondes, pour moiti\u00e9 \u00e0 hauteur de bar et \u00e9quip\u00e9es des chaises adapt\u00e9es. Manon et Thomas se servent et s\u2019assied \u00e0 une table haute pour souffler un peu. A c\u00f4t\u00e9, deux aides-soignantes font \u00e9galement une pause\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; Cette nuit, on a admis un type dans un sale \u00e9tat. Plusieurs coups de couteaux au thorax et \u00e0 l\u2019abdomen. Une vraie boucherie\u00a0!<\/p>\n<p>&#8211; La vache\u00a0!<\/p>\n<p>&#8211; Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 30mn apr\u00e8s son arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; On a retrouv\u00e9 le tar\u00e9 qui a fait \u00e7a\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Le pompier dit que c\u2019est l\u2019agresseur qui a appel\u00e9. A leur arriv\u00e9, le type \u00e9tait en \u00e9tat de choc, une main crisp\u00e9e sur le combin\u00e9 du t\u00e9l\u00e9phone et l\u2019autre pleine de sang. Le couteau \u00e9tait au sol.<\/p>\n<p>&#8211; L\u00e9gitime d\u00e9fense\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Non. Les agents de police sur place n\u2019en revenaient pas. Le type, le regard dans le vide, leur a tout expliqu\u00e9, sur un ton monocorde, comme une machine. Son pote avait voulu vendre une \u00e9p\u00e9e l\u00e9gendaire sur Le Bon Coin. Un truc rarissime qu\u2019il avait en plus pris le risque d\u2019am\u00e9liorer. Il n\u2019avait aucune chance de retrouver une pi\u00e8ce pareille.<\/p>\n<p>&#8211; Attend, tu parles d\u2019un jeu vid\u00e9o\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, une \u00e9p\u00e9e virtuelle d\u2019un jeu en ligne.<\/p>\n<p>&#8211; Punaise ! C&rsquo;est pas possible ! \u00c7a me rappelle un truc du m\u00eame ordre que j\u2019ai lu dans les faits divers. On a retrouv\u00e9 un type mort chez lui d\u2019un arr\u00eat cardiaque. Les indices portaient \u00e0 croire qu\u2019il avait jou\u00e9 \u00e0 un jeu en ligne, dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom, pendant 50 heures sans interruption.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est dingue\u2026<\/p>\n<p>&#8211; L\u2019autopsie a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une fragilit\u00e9 cardiaque qui n\u2019a pas d\u00fb l\u2019aider.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une infirmi\u00e8re entre dans la salle de repos. Il s\u2019agit de celle laiss\u00e9e plus t\u00f4t au bloc et qui s\u2019occupait de fournir le mat\u00e9riel. Elle s\u2019approche de Manon\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; Il y a un costard cravate qui te cherche, avec des agents de police.<\/p>\n<p>&#8211; Une id\u00e9e de ce qu\u2019ils veulent ?<\/p>\n<p>&#8211; Je pense, oui. Je les ai envoy\u00e9s en g\u00e9riatrie.<\/p>\n<p>&#8211; Merci Charline.<\/p>\n<p>Manon donne son gobelet \u00e0 Thomas et se dirige imm\u00e9diatement vers la porte. Avant de pousser le battant, elle jette un \u0153il par le hublot. Puis elle se dirige vers l\u2019accueil du rez-de-chauss\u00e9e. Au milieu du hall, un type roux tr\u00e8s charismatique, habill\u00e9 en costume, est accompagn\u00e9 de deux agents de police. Il parle au directeur de l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Manon se fige un instant et pousse la porte d\u2019escalier qui se trouve juste sur sa droite. Elle grimpe les marches, alors que l\u2019adr\u00e9naline monte d\u2019un niveau. Elle a besoin de r\u00e9fl\u00e9chir et vite\u00a0!<\/p>\n<p>Elle pousse une porte et se retrouve \u00e0 l\u2019\u00e9tage maternit\u00e9. En tournant \u00e0 l\u2019angle d\u2019un couloir, elle se fait bousculer sans m\u00e9nagement. Elle sursaute, et se met sur la d\u00e9fensive. Lorsqu\u2019elle reprend ses esprits, elle voit une femme s\u2019\u00e9loignant rapidement dans le couloir, le nez dans son smartphone a twitter en faisant voler ses doigts au-dessus du clavier. \u00ab\u00a0Ok, tout va bien Manon, garde ton calme\u00a0\u00bb se chuchote-t-elle.<\/p>\n<p>Elle poursuit son chemin avant d\u2019apercevoir deux agents de police sortir d\u2019un couloir transversal. Elle pousse \u00e0 nouveau la premi\u00e8re porte qui lui tombe sous la main\u00a0: \u00abPr\u00e9matur\u00e9s\u00a0\u00bb. Quand elle entre, elle d\u00e9couvre plusieurs rang\u00e9s de couveuses. L\u2019infirmi\u00e8re pr\u00e9sente dans la pi\u00e8ce l\u00e8ve la t\u00eate\u00a0: \u00ab\u00a0Tu cherches quelques chose\u00a0?\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Non merci, je fais seulement une pose\u00a0avec ces petits bouts de choux\u00bb, r\u00e9ponds Manon de la voix la plus calme possible. Mais en r\u00e9alit\u00e9, \u00e7a t\u00eate est un volcan pr\u00eat \u00e0 exploser\u00a0<i>\u2013\u00a0R\u00e9fl\u00e9chit Manon. R\u00e9fl\u00e9chit Plus vite\u00a0! <\/i><i>\u2013<\/i> Elle se fige un instant, comme frapp\u00e9 par la foudre. Elle jette un regard \u00e0 sa coll\u00e8gue qui sort. Elle se pr\u00e9cipite alors sur le dossier de chaque nourrisson pour en parcourir fr\u00e9n\u00e9tiquement les pages. \u00ab\u00a0A+, B-, O+, A- \u2026\u00a0\u00bb raisonne dans sa t\u00eate alors qu\u2019elle slalome entre les petites boites. \u00ab\u00a0Merde\u00a0! C&rsquo;est pas possible\u00a0! Je vais pas en trouver un\u00a0!\u00a0\u00bb, dit-elle \u00e0 voix basse les dents serr\u00e9es, alors qu\u2019elle continue ses recherches. Arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019avant derni\u00e8re couveuse, Manon laisse \u00e9chapper un soupir de soulagement. \u00ab\u00a0Bonjour mon petit Tao\u00a0\u00bb, dit-elle dans un sourire en touchant le verre de la paroi. Elle ouvre un tiroir pour sortir une seringue et r\u00e9cup\u00e8re un garrot et du mat\u00e9riel de st\u00e9rilisation dans un autre. Elle jette quelques regards autour d\u2019elle puis sert le garrot avec les dents et sa main libre. Elle sort la seringue de son plastique et d\u00e9sinfecte rapidement son poignet. Puis, elle plante la seringue et la remplit de son sang. Elle stoppe alors la microh\u00e9morragie avec un coton et le fixe avec du sparadrap. Elle d\u00e9tache l\u2019aiguille de la seringue et regarde une derni\u00e8re fois autour d\u2019elle. \u00ab\u00a0Allez bonhomme, j\u2019esp\u00e8re que tu me pardonneras pour ce bien lourd fardeau\u00a0\u00bb, dit-elle en injectant son sang dans la poche \u00e0 transfusion du tr\u00e8s jeune Tao. Puis, elle retire l\u2019anneau \u00e0 son doigt et le dissimule vers la couveuse.<\/p>\n<p>Elle rassemble tout le mat\u00e9riel utilis\u00e9 et le jette \u00e0 la poubelle pour effacer toute trace de son passage.\u00a0 \u00ab\u00a0Une bonne chose de faite, reste la seconde\u00a0\u00bb dit-elle la gorge serr\u00e9e. Sur ces mots, elle r\u00e9cup\u00e8re une seringue qu\u2019elle glisse dans sa poche. A travers la vitre de la porte, le couloir semble s\u00fbr. Elle sort en marchant le plus normalement possible, pour atteindre la porte de la buanderie qu\u2019elle pousse. Seule la lumi\u00e8re verd\u00e2tre du panneau de sortie de secours \u00e9claire la pi\u00e8ce. Elle se dirige au fond et s\u2019assied sur une pile de linge. Elle sort la seringue, ainsi qu\u2019un tube rempli d\u2019un liquide vert. Ses yeux commencent \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la p\u00e9nombre alors qu\u2019elle remplit la seringue avec le contenu du tube. Elle s\u2019assied plus confortablement, au fond des draps et s\u2019injecte le fluide apr\u00e8s une longue inspiration. Quelques larmes coulent de ses yeux plein de rage et de regret, mais pas un mot ne sort de ses l\u00e8vres. Son visage s\u2019apaise, son corps s\u2019abandonne et s\u2019affaisse. Ses yeux se ferment doucement.<\/p>\n<p>Quelques heures plus tard, l&rsquo;homme roux \u00e0 cravate se trouve un peu \u00e0 l\u2019\u00e9cart, devant la porte de la buanderie o\u00f9 se presse agents hospitaliers et agents de police. L\u2019homme s\u2019adresse \u00e0 quelqu\u2019un au t\u00e9l\u00e9phone : \u00ab\u00a0Pour moi, il est trop tard. Elle pisse le sang\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s un silence\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, on peut toujours r\u00e9cup\u00e9rer le corps pour une autopsie. Mais pour moi, elle a tout effac\u00e9\u00a0\u00bb. Il raccroche le t\u00e9l\u00e9phone, et soupir comme s\u2019il allait devoir s&rsquo;atteler \u00e0 une t\u00e2che fastidieuse et inutile. Il sort une plaque de sa veste et se dirige vers la buanderie.<\/p>\n<h1>2.<\/h1>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s, sur fond <i>de Rolling In The Deep<\/i> d\u2019Ad\u00e8le, un jeune m\u00e9tisse sino-p\u00e9ruvien au teint l\u00e9g\u00e8rement h\u00e2l\u00e9, aux cheveux boucl\u00e9s et en bataille, lance un couteau \u00e0 bout rond en l\u2019air et le fait tourner avant de le r\u00e9cup\u00e9rer et de le d\u00e9poser sur la table de son petit d\u00e9jeuner. Toujours en suivant le rythme de la musique, il r\u00e9cup\u00e8re chaque \u00e9l\u00e9ment manquant de son repas dans une jonglerie : brioche industrielle bio, bol grav\u00e9 <i>Tao<\/i> qu\u2019il remplit de chocolat en poudre, casserole de lait chaud et sa passoire m\u00e9tallique caboss\u00e9e, confiture de fraise au sirop d\u2019agave, biscottes six c\u00e9r\u00e9ales et beurre bio. Il s\u2019assied alors et commence son repas. Contrairement \u00e0 la musique, le mobilier de la maison est parfaitement en accord avec son temps.<\/p>\n<p>Il passe ensuite sous la douche, se lave les dents, laissant appara\u00eetre \u00e0 son doigt un anneau en forme de ruban de M\u00f6bius. Il accomplit ensuite, devant son miroir toute, une s\u00e9rie de grimaces hilarantes. Il s\u2019habille avec go\u00fbt selon la mode techno-zen. Puis il se jette sur son lit et d\u00e9roule sa tablette tactile 20 pouces. Il fait un tour sur ses mails, sur son r\u00e9seau social pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, suit la livraison d\u2019une commande et v\u00e9rifie l\u2019\u00e9tat de ses comptes. Il regarde l\u2019heure et saute dans ses chaussures. Il attrape un petit sac \u00e0 dos duquel pend un casque. Il r\u00e9cup\u00e8re un trousseau de cl\u00e9s qu\u2019il utilise pour fermer sa porte d\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n<p><i>C\u2019est parti pour une nouvelle journ\u00e9e de boulot<\/i><\/p>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019hiver, Tao d\u00e9ambule dans les rues pav\u00e9es du centre-ville en tentant de se r\u00e9chauffer dans son grand manteau et son \u00e9charpe. Il passe devant plusieurs magasins et restaurants avant d\u2019atteindre l\u2019arr\u00eat \u00abGodran\u00a0\u00bb du Tram. Au moment de son inauguration, il devait avoir belle gueule, mais le temps avait fait son \u0153uvre et une r\u00e9novation devrait bient\u00f4t \u00eatre vot\u00e9e pour remettre un coup de frais \u00e0 tout \u00e7a. Il monte dans une rame propre mais aux si\u00e8ges us\u00e9s et aux barres lustr\u00e9es par l\u2019usage intensif. Il sort sa carte d\u2019abonnement et la passe devant l\u2019automate.<\/p>\n<p>Perdu dans ses pens\u00e9es, il ne r\u00e9agit pas tout de suite lorsqu\u2019une jeune fille s\u2019adresse \u00e0 lui. C\u2019est au moment de lui parler qu\u2019elle l\u2019interrompt en engageant la conversation sur un sujet auquel il n\u2019entend rien. Elle lui d\u00e9coche un regard agac\u00e9e avant de lui tourner de dos et de poursuivre. Il cherche encore une seconde l\u2019interlocuteur avant de comprendre\u00a0: l\u2019un de ces nouveaux kits main libre venait encore de le pi\u00e9ger. \u00ab\u00a0A force de miniaturisation, \u00e7a devient compl\u00e8tement invisible\u00a0\u00bb, dit Tao pour lui. \u00ab\u00a0De quoi compl\u00e8tement bouleverser tous les codes de communication en soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Je ne vous le fait pas dire\u00a0\u00bb, dit un homme chauve bien v\u00eatu qui se tient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. \u00ab\u00a0Moi, \u00e7a me rappelle un type que j\u2019avais pris pour un \u00e9chapp\u00e9 de l&rsquo;asile. Il gesticulait dans tous les sens et son visage \u00e9tait d\u00e9form\u00e9 de tics nerveux. C\u2019est seulement lorsque j\u2019ai vu d\u2019\u00e9tranges reflets dans ses lunettes que j\u2019ai compris qu\u2019il utilisait une interface en r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9e\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0J\u2019ai parfois l\u2019impression d\u2019\u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9cal\u00e9\u00a0\u00bb, ajoute Tao. \u00ab\u00a0Bernard Grasset disait\u00a0: <i>La civilisation cr\u00e9\u00e9 plus de besoin qu\u2019elle n\u2019en comble<\/i>.\u00a0\u00bb, conclu son interlocuteur avant de le saluer et de descendre \u00e0 l\u2019arr\u00eat \u00ab\u00a0Auditorium\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><i>Encore deux arr\u00eats, et j\u2019arrive \u00e0 destination<\/i><\/p>\n<p>Ces yeux balayent distraitement les voyageurs et d\u00e9couvre la m\u00eame foule cosmopolite chaque jour. Des \u00e9tudiants d\u2019origines aussi bien anglo-saxonnes que chinoises, soucieux de profiter de l\u2019enseignement parfois mondialement reconnu de certains secteurs universitaire de la ville. Des travailleurs de tous les secteurs, de l\u2019ouvrier aux trois-huit au cadre du milieu bancaire, se rendent sur leur lieu de travail.<\/p>\n<p><i>Arr\u00eat \u00ab\u00a0CHU \u2013 H\u00f4pitaux\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Tao descend \u00e0 son tour de la rame, avec quelques autres voyageurs. Alors qu\u2019il traverse le parking, une berline gar\u00e9e recule droit sur lui. Il saute sur le c\u00f4t\u00e9 en prenant appui sur la carrosserie du v\u00e9hicule. Il voit que le conducteur a le nez dans son smartphone \u2013 il n\u2019a rien remarqu\u00e9 de ce qui vient de se passer. Sid\u00e9r\u00e9 par ce comportement, il a juste le temps de crier apr\u00e8s le chauffard qui est d\u00e9j\u00e0 loin. C\u2019est passablement \u00e9nerv\u00e9 qu\u2019il traverse plusieurs portes du CHU avant d\u2019arriver au vestiaire. L\u00e0, il quitte son sac et ses v\u00eatements pour son uniforme de brancardier et ses chaussures de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019assied un instant sur un banc, ferme les yeux, et respire calmement par le ventre avant de prendre une grande inspiration et expirer profond\u00e9ment en rejetant toutes ses petites contrari\u00e9t\u00e9s du matin. Un large sourire se dessine alors sur son visage. Il aime son travail, transporter toute cette diversit\u00e9 de population \u00e0 travers les services de l\u2019immense CHU. Il le fait avec un humour toujours bien dos\u00e9, adapt\u00e9 \u00e0 son passager. Tao est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>Il r\u00e9cup\u00e8re une jeune femme dans son lit et il est maintenant responsable d\u2019elle jusqu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e. Le sourire aux l\u00e8vres, dans le dos de sa cliente, Tao lance quelques sujets anodins. Il \u00e9value les r\u00e9ponses, leurs tons, jauge l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de la patiente et son envie d\u2019\u00e9changer avec lui. Tao a un don d\u2019empathie qui ne cesse de lui servir. La jeune femme est stress\u00e9e, elle a peur. Tao la rassure sur la comp\u00e9tence sur corps m\u00e9dical. Elle se tourne vers lui et il affiche un sourire apaisant. Ils s\u2019\u00e9loignent tous deux et disparaissent dans l\u2019activit\u00e9 du couloir.<\/p>\n<p>Et la journ\u00e9e d\u00e9file comme en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, le soleil montant \u00e0 son z\u00e9nith pour aller rapidement se coucher, traversant de ses traits orang\u00e9s la fourmili\u00e8re hyper active peupl\u00e9e de visiteurs, patients, soignants, techniciens s\u2019affairant chacun \u00e0 son r\u00f4le.<\/p>\n<p>Tao est efficace, mais humain. A la fin de sa journ\u00e9e, il s\u2019assied un instant sur un banc du vestiaire et reproduit son rituel du matin. Il ferme les yeux, et respire calmement par le ventre avant de prendre une grande inspiration et expirer profond\u00e9ment pour rejeter toute la fatigue de la journ\u00e9e. Il rejoint le tram et s\u2019affaisse sur un si\u00e8ge. Il se colle les \u00e9couteurs sur les oreilles avant de lancer <i>Blade Runner Blues de Vangelis<\/i>. Une fois dans sa bulle, il regarde un instant les lumi\u00e8res de la ville, avant de s\u2019amuser \u00e0 mettre son reflet en ab\u00eeme dans les vitres du tram transform\u00e9s en couloir de miroir par l\u2019obscurit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Il arrive chez lui, pose ses chaussures, pousse un punching-bag et s\u2019affale dans son canap\u00e9. Il allume son mur multim\u00e9dia qui affiche ses quatre programmes par d\u00e9faut. Il d\u00e9cide ensuite de celui qui b\u00e9n\u00e9ficiera du son par un mouvement de la main. Il s\u2019extirpe de son confort, le temps de se pr\u00e9parer un plateau avec\u00a0une salade verte, un petit gratin de p\u00e2tes, du fromage et une petite tartelette. Puis, retour c\u00f4t\u00e9 salon avec sa collation, pour regarder distraitement le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. Puis, diffusion d\u2019un petit film r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 sur internet.<\/p>\n<p>A moiti\u00e9 endormi, Tao se l\u00e8ve p\u00e9niblement pour se laver les dents et abandonner paresseusement ses v\u00eatements sur le sol. Il s\u2019effondre sur son lit en prenant soin de ne pas \u00e9craser ni r\u00e9veiller sa douce HuaLi. Il rejoint rapidement les bras de Morph\u00e9e.<\/p>\n<h1>3.<\/h1>\n<p>Le soleil n&rsquo;est pas encore lev\u00e9 qu&rsquo;une voiture ralentie en bas de l&rsquo;immeuble de Tao. Trois hommes en sortent et regardent au niveau de la fen\u00eatre du jeune homme. L&rsquo;un d&rsquo;eux appuie sur un bo\u00eetier et leur v\u00e9hicule part se garer seul quelques m\u00e8tres plus loin.<\/p>\n<p>Ils montent les deux marches pour atteindre la porte verte d\u00e9fraichie de l&rsquo;immeuble. Le digicode ne semble leur poser aucun probl\u00e8me. Une fois dans le couloir \u00e0 la peinture blanche \u00e9caill\u00e9e, l&rsquo;un des hommes s&rsquo;adosse au mur, faisant face aux bo\u00eetes aux lettres. Les deux autres montent les escaliers larges et m\u00e9talliques. Arriv\u00e9s sur le bon palli\u00e9, ils se tournent vers l&rsquo;appartement de Tao. Pendant que l&rsquo;homme aux larges lunettes fait le guet, l&rsquo;homme \u00e0 la houppette pose un genou sur le paillasson \u00ab\u00a0Bienvenue\u00a0\u00bb. Il esquisse un sourire en le remarquant et chuchote \u00ab\u00a0merci\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Active !\u00a0\u00bb ordonne s\u00e8chement Lunettes. Houppette glisse un cylindre de 5 centim\u00e8tres de long sur la serrure et appuie sur un petit interrupteur. Sans bruit, de petits carr\u00e9s bleus \u00e0 peine visibles s&#8217;empilent et marquent une progression. D&rsquo;un coup, la porte s&rsquo;entreb\u00e2ille dans un l\u00e9ger grincement. Houppette range son cylindre. Lunettes met un coup de spray sur les gonds et pousse doucement la porte qui s&rsquo;ouvre sans un bruit.<\/p>\n<p>Ils entrent tous les deux, referment la porte et se dirigent vers la chambre. Lorsqu&rsquo;ils la d\u00e9couvrent, Tao est sur ses coudes, les yeux \u00e9carquill\u00e9s. \u00ab\u00a0Mais c&rsquo;est quoi ce bordel !\u00a0\u00bb, vocif\u00e8re-t-il. \u00ab\u00a0Calmez-vous Tao, nous sommes l\u00e0 pour vous parler\u00a0\u00bb, plaide Lunettes. HuaLi ouvre un \u0153il et \u00e9value la situation. Son esprit est d\u00e9j\u00e0 vif et r\u00e9actif. \u00ab\u00a0J&rsquo;en ai rien \u00e0 foutre, vous sortez de chez moi ! Demain, vous passez un coup de fil et on en reparle !\u00a0\u00bb, Ordonne Tao. Les muscles de HuaLi se pr\u00e9parent \u00e0 agir tandis que son esprit passe en revue les sc\u00e9narios de combat. Ce sont des r\u00e9flexes acquis lors des comp\u00e9titions de boxe fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Lunettes se penche sur Tao et Houppette se dirige vers HuaLi. En un instant, il la retrouve debout face \u00e0 lui, l&rsquo;\u0153il vif et le corps en position de combat, le prenant compl\u00e8tement par surprise. \u2013 <i>le premier qui attaque gagne l&rsquo;avantage <\/i><i>\u2013 <\/i>HuaLi frappe une fois au visage avec son poing gauche, une fois au plexus avec le droit avant d&rsquo;ass\u00e9ner un coup de pied entre le cou et l&rsquo;oreille mettant Houppette hors d&rsquo;\u00e9tat.<\/p>\n<p>Lunettes prend du recul et Tao sort du lit du c\u00f4t\u00e9 de HuaLi. \u00ab\u00a0Vous fa\u00eetes erreur. C&rsquo;est vraiment regrettable\u00a0\u00bb affirme Lunettes, la voix pleine de conviction. \u00ab\u00a0On va prendre sur nous\u00a0\u00bb, le rassure Tao. \u00ab\u00a0On d\u00e9gage\u00a0\u00bb, dit HuaLi concentr\u00e9e. Alors qu\u2019ils s\u2019appr\u00eatent \u00e0 filer, Tao a tout juste le temps de se retourner pour voir Lunettes braquer sur lui un engin, avec une main portant un anneau semblable au sien. Il re\u00e7oit alors une \u00e9norme d\u00e9charge \u00e9lectrique qui le cloue au sol. HuaLi ass\u00e8ne \u00e0 Lunettes deux coups de pied rageur qui le mettent \u00e0 terre KO. Elle r\u00e9cup\u00e8re la tablette flexible et leurs deux sacoches dans un sac \u00e0 dos, puis retire les crochets de taser avant d\u2019aider Tao \u00e0 se relever.<\/p>\n<p>HuaLi rep\u00e8re le type rest\u00e9 \u00e0 faire le guet \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e et d\u00e9cide de ne pas abuser de leur chance. Ils utilisent la sortie de secours. Elle \u00e9paule Tao assez longtemps pour trouver une brasserie suffisamment \u00e9loign\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 souffler un peu. La salle de briques rouges est d\u00e9coup\u00e9e en plus petits espaces occup\u00e9s de fauteuils, tables rondes et plantes \u00e0 grandes et larges feuilles. Dans la p\u00e9nombre ambiante, les clients se retrouvent le visage \u00e9clair\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cran de leur tablette ou de leur mobile. Tao et HuaLi prennent une place \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de l&rsquo;entr\u00e9e et commandent un caf\u00e9. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils me veulent ces types ?\u00a0\u00bb, chuchote Tao, \u00e0 peine remis du choc. \u00ab\u00a0J&rsquo;en sais rien, mais c&rsquo;est direct chez les flics apr\u00e8s le caf\u00e9.\u00a0\u00bb, d\u00e9clare HuaLi sans appel.<\/p>\n<p>Une demi-heure apr\u00e8s, ils sont assis devant un agent de police en train de faire leur d\u00e9position. Ils donnent tous les d\u00e9tails dont ils sont capables de se souvenir, en particulier l&rsquo;anneau en forme de ruban de M\u00f6bius port\u00e9 par l&rsquo;un des agresseurs puisqu&rsquo;il se trouve \u00eatre identique \u00e0 celui que porte Tao. L&rsquo;agent en prend une photo, l&rsquo;imprime et la joint au dossier. Ils signalent \u00e9galement qu&rsquo;ils vont changer de pied \u00e0 terre le temps de l&rsquo;enqu\u00eate et qu&rsquo;ils pourront donc \u00eatre joint \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel 2 \u00e9toiles Beijing situ\u00e9 \u00e0 Saint Apollinaire. Avant de partir, et par mesure de s\u00e9curit\u00e9, un m\u00e9decin r\u00e9alise un bilan complet.<\/p>\n<p>Tao et HuaLi arrivent devant un h\u00f4tel d&rsquo;inspiration chinoise, comme le laissait pr\u00e9sager son nom\u00a0<i>Beijing<\/i> signifiant <i>P\u00e9kin<\/i> en chinois. L&rsquo;architecture typiquement asiatique est mise en valeur par des peintures majoritairement rouges et dor\u00e9es. Li\u00e9 \u00e0 la b\u00e2tisse principal, un b\u00e2timent plus modeste d\u00e9cor\u00e9 d&rsquo;un dragon se l\u00e9chant les babines, indique le restaurant <i>Le Dragon Gourmand<\/i>, proposant des plats traditionnels chinois aussi bien cuits que crus.<\/p>\n<p>HuaLi ouvre la porte de l&rsquo;h\u00f4tel, suivi par Tao, et elle s&rsquo;approche du desk. \u00ab\u00a0Je souhaite parler \u00e0 Mademoiselle Chen Chang, responsable de l\u2019h\u00f4tel, pour raison personnelle \u00bb, dit HuaLi \u00e0 la personne qui se trouve face \u00e0 elle.<\/p>\n<p>Une jeune chinoise svelte et athl\u00e9tique arrive, le visage s\u00e9rieux et ferm\u00e9. HuaLi sourit. A cette vue, le visage de Chen s&rsquo;ouvre et se d\u00e9tend \u00e0 cette vue. \u00ab\u00a0Que fais-tu l\u00e0 ?\u00a0\u00bb, demande Chen dans un grand sourire. \u00ab\u00a0Squatter un peu ton mis\u00e9rable h\u00f4tel avec mon copain Tao. \u00bb, plaisante HuaLi. \u00ab\u00a0Tu auras le d\u00e9tail un peu plus tard si tu veux bien.\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Aucun soucis\u00a0\u00bb, la rassure Chen. \u00ab\u00a0Je vais m\u00eame vous surclasser pour que mon humble \u00e9tablissement vous semble acceptable \u00bb, ajoute-t-elle avec un clin d\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 peine 20h00 lorsque Tao, \u00e9puis\u00e9, monte dormir apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre excus\u00e9 aupr\u00e8s de HuaLi et Chen. Elles d\u00e9cident de discuter autour d&rsquo;un ap\u00e9ritif des al\u00e9as de la vie. La discussion se poursuit autour d&rsquo;un repas et sur le sujet pr\u00e9cis des faits de la journ\u00e9e : trois agresseurs \u00ab\u00a0venus en paix\u00a0\u00bb, la d\u00e9charge de taser et la d\u00e9position \u00e0 la police. A la fin de ces explications, il est presque minuit. Chen est sid\u00e9r\u00e9e : \u00ab\u00a0C&rsquo;est dingue, c&rsquo;est le genre de sc\u00e9nario r\u00e9serv\u00e9 aux films \u00e7a non ?\u00a0\u00bb. Puis elle ajoute pour d\u00e9tendre l&rsquo;atmosph\u00e8re : \u00ab\u00a0finalement, le Beijing est votre refuge du bout du monde.\u00a0\u00bb. HuaLi esquisse un sourire fatigu\u00e9 mais apais\u00e9. \u00ab\u00a0Files te coucher avant de tomber en morceau\u00a0\u00bb sugg\u00e8re Chen.<\/p>\n<p>1h00 du matin, HuaLi \u00e9teint la lumi\u00e8re de la table de chevet. 2 minutes plus tard, elle s&rsquo;endort. Puis, quelque chose l&rsquo;extirpe d&rsquo;un sommeil bien m\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;esprit compl\u00e8tement embrum\u00e9, elle cherche le radio r\u00e9veil : 4h04. \u00c9nerv\u00e9e et avec un bon mal de cr\u00e2ne, elle cherche ce qui l&rsquo;a train\u00e9 de force hors de ses r\u00eaves. Elle devine Tao sur le sol, se tournant et se retournant dans le dessus de lit qu&rsquo;il a sans doute entrain\u00e9 dans sa chute. Elle allume le tube-led au prix d&rsquo;un \u00e9blouissement et finie par voir clairement Tao auto-saucissonn\u00e9, tremp\u00e9 de sueur et d\u00e9lirant. \u2013\u00a0<i>Qu&rsquo;est-ce que tu nous fais mon c\u0153ur ?<\/i>\u00a0\u2013 HuaLi descend \u00e0 l&rsquo;accueil en d\u00e9valant les escaliers et sonne \u00e0 la conciergerie. Chen met une demi-douzaine de minutes \u00e0 pester contre le client, \u00e0 s&rsquo;habiller, \u00e0 se pseudo coiffer et \u00e0 boire une gorg\u00e9e d&rsquo;eau au robinet. Elle pose la main sur la poign\u00e9e de porte et fixe un sourire commercial avant d&rsquo;ouvrir. Lorsqu&rsquo;elle d\u00e9couvre HuaLi, sa mine reprend un air inquiet. Avant qu&rsquo;elle ait pu dire quoique ce soit, HuaLi l&rsquo;interpelle : \u00ab\u00a0Pourrais-tu faire appeler un m\u00e9decin ? Tao m&rsquo;inqui\u00e8te beaucoup\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Pas de probl\u00e8me. On va dans votre chambre pour pouvoir donner le d\u00e9tail dont ils pourraient avoir besoin.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au t\u00e9l\u00e9phone, HuaLi d\u00e9crit l&rsquo;\u00e9tat de Tao. Ne pas pouvoir le r\u00e9veiller et l&rsquo;attaque au taser de la veille entraine l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une ambulance 15 minutes apr\u00e8s, direction les urgences. HuaLi s&rsquo;excuse rapidement pour le d\u00e9rangement et remercie Chen alors qu&rsquo;elle d\u00e9marre d\u00e9j\u00e0 sa voiture. Chen lui fait signe de s&rsquo;occuper d&rsquo;elle et lui envoi des encouragements.<\/p>\n<p>Une fois aux urgences, HuaLi patiente 3h avant d&rsquo;apprendre que Tao est transf\u00e9r\u00e9 au service r\u00e9animation. Un interne lui apprend que Tao est plong\u00e9 dans une sorte de sommeil bloqu\u00e9 au stade paradoxal. En tout cas, la mesure de ses fonctions vitales et son comportement d\u00e9signent cette hypoth\u00e8se comme la plus probable pour le moment. Des examens suppl\u00e9mentaires seront r\u00e9alis\u00e9s ult\u00e9rieurement. Il est environ 8h00, et HuaLi renverse un peu de caf\u00e9 sur ses chaussures alors qu&rsquo;elle s&rsquo;endort.<\/p>\n<h1>4.<\/h1>\n<p>Tao se trouve \u00e0 la poupe d&rsquo;une petite embarcation \u00e0 rames o\u00f9 l&rsquo;\u00e9quipage souque ferme. Il ne remarque pas qu\u2019il porte une robe de femme de haut rang. Le temps est \u00e0 la temp\u00eate et les deux petites voiles sont cargu\u00e9es au m\u00e2t. Lorsqu&rsquo;il se retourne, il voit l&rsquo;\u00eele qu&rsquo;il a quitt\u00e9e une heure plus t\u00f4t. A cette distance, il ne fait que deviner la panique qui s&rsquo;est empar\u00e9e des habitants de Santorin, pris au pi\u00e8ge sur la plage. Le volcan lance ses bombes \u00e0 plusieurs kilom\u00e8tres, certaines manquant de peu son embarcation. Le ciel d&rsquo;un noir profond est embras\u00e9 par des flammes d&rsquo;apocalypse. L&rsquo;eau semble trembler jusque dans des profondeurs insondables alors que les collines de l&rsquo;\u00eele semblent s&rsquo;enfoncer sous les eaux. Ses yeux s&#8217;emplissent de larmes.<\/p>\n<p>S\u2019essuyant d\u2019un revers de manche, il s\u2019aper\u00e7oit de sa tenue de femme. Ebahit, il insiste pour y voir plus clair et constate alors qu\u2019il l\u2019a troqu\u00e9e pour un gilet homme d\u2019une toute autre \u00e9poque. Il est assis \u00e0 une table avec deux convives qui lui sourient : \u00ab\u00a0Alors Anaximandre, besoin d&rsquo;une rallonge de sommeil apr\u00e8s la f\u00eate de la veille ?\u00a0\u00bb, apr\u00e8s quoi ils rient \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e. Tao sait que ses compagnons de tabl\u00e9 sont Thales et Anaxim\u00e8ne. Ce dernier le f\u00e9licite d&rsquo;ailleurs une nouvelle fois pour sa th\u00e9orie de l&rsquo;Apeiron, m\u00eame si lui-m\u00eame pr\u00e9f\u00e8re ne pas ajouter un nouvel axiome et expliquer l&rsquo;Arkh\u00e9 par l&rsquo;existence de l&rsquo;air. Tao est pris d&rsquo;un vertige soudain et son visage s&rsquo;\u00e9crase sur la table.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il ouvre les yeux, il se trouve dans une chambre d&rsquo;h\u00f4pital. HuaLi est \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, somnolente. Il ne lui faut que quelques instants pour reconna\u00eetre son lieu de travail. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que je fais l\u00e0 ?\u00a0\u00bb, s&rsquo;interroge-t-il. Lorsqu&rsquo;il tente de bouger, il sent une perfusion tirer sur son bras. Quand il fait l&rsquo;\u00e9tat des lieux, il voit que ses membres sont attach\u00e9s, un tuyau au niveau du nez l&rsquo;oxyg\u00e8ne et quelques \u00e9lectrodes fix\u00e9es sur son torse pour mesurer le rythme cardiaque.<\/p>\n<p>Il interpelle HuaLi et d\u00e9couvre que sa bouche est s\u00e8che. Elle lui apporte de l&rsquo;eau et l&rsquo;aide \u00e0 boire une gorg\u00e9e. Elle lui explique que \u00e7a fait 3 jours qu&rsquo;il se trouve dans une sorte de coma. \u00ab\u00a0Tu m&rsquo;as fait peur p&rsquo;tit con ! \u00bb. \u00ab\u00a0J&rsquo;imagine, je suis d\u00e9sol\u00e9\u00a0\u00bb dit Tao un peu g\u00ean\u00e9. En m\u00eame temps, il est obnubil\u00e9 et excit\u00e9 par les r\u00eaves qu&rsquo;il a fait et dont le r\u00e9alisme le sid\u00e8re encore maintenant qu&rsquo;il est r\u00e9veill\u00e9. Il a presque du mal \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9. \u00ab\u00a0Excuse-moi mon c\u0153ur, je suis encore un peu dans la brume\u00a0\u00bb. En faisant tourner distraitement le ruban de M\u00f6bius, il ajoute d\u00e9termin\u00e9 \u00ab\u00a0Mais je sens que \u00e7a s&rsquo;\u00e9claircit tr\u00e8s vite\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;interne passe \u00e0 cet instant : \u00ab\u00a0Alors, on me signale que vous \u00e9mergez, c&rsquo;est une excellente nouvelle\u00a0\u00bb dit-elle \u00e0 Tao. \u00ab\u00a0Oui, merci\u00a0\u00bb, lui r\u00e9pond-il. \u00ab\u00a0Pensez-vous que je pourrais sortir bient\u00f4t ?\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0D&rsquo;ici un ou deux jours certainement, le temps de faire un bilan complet\u00a0\u00bb. Et effectivement, le jour suivant et quelques formulaires pass\u00e9s, les voil\u00e0 partis en direction de l&rsquo;h\u00f4tel. Ils saluent Chen et reprennent place dans leur appartement. Tao prend la tablette et l&rsquo;incline sur la table de fa\u00e7on \u00e0 augmenter le confort de consultation.<\/p>\n<p>&#8211; Mon c\u0153ur, tu peux venir ?, demande Tao<\/p>\n<p>&#8211; Oui<\/p>\n<p>&#8211; Je voudrai tenter de te d\u00e9crire ce qui m\u2019est arriv\u00e9 durant ce coma. Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait comme des millions d\u2019informations pass\u00e9es en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, une sorte de flux irr\u00e9gulier d\u2019images, de son et de textes impossible \u00e0 d\u00e9crypter. Et tout \u00e0 coup, l\u2019information est devenue beaucoup plus digeste, sous forme de petits courts m\u00e9trages que je peux me repasser \u00e0 l&rsquo;infini.<\/p>\n<p>&#8211; Hein ? Comme des vid\u00e9os sur un ordinateur ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, c&rsquo;est exactement \u00e7a !<\/p>\n<p>&#8211; Comment est-ce possible ?<\/p>\n<p>&#8211; Je n&rsquo;en sais rien encore, mais je compte bien le d\u00e9couvrir. Tao tape un mot dans le moteur de recherche.<\/p>\n<p>&#8211; Santorin ? lit HuaLi<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est une \u00eele que j&rsquo;ai vu dispara\u00eetre sous les eaux, alors que je me trouvais moi-m\u00eame plus ou moins \u00e0 l&rsquo;abri sur l&rsquo;une des rares embarcations parties avant la catastrophe.<\/p>\n<p>&#8211; Tu te rends comptes que tu en parles comme si tu l\u2019avais v\u00e9cu\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, c&rsquo;est un peu comme si j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 la place de quelqu&rsquo;un qui avait vraiment v\u00e9cu cette sc\u00e8ne, \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>&#8211; Tu as pas mal de r\u00e9sultats pour Santorin, dit HuaLi<\/p>\n<p>Tao parcours rapidement la description des premiers liens et tape sur celui qui lui semble le plus pertinent. Il parcours le texte avec l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;internaute aguerrit et commence \u00e0 lire \u00e0 voix haute : <i>Santorin, \u00eele grecque d\u00e9vast\u00e9e par l&rsquo;explosion d&rsquo;un volcan ayant entrain\u00e9 l&rsquo;affaissement sous les eaux de la partie centrale, il y a environ 1600 ans avant JC [&#8230;] Trop petite pour entrer dans les crit\u00e8res de puissance \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;un continent de l&rsquo;Atlantide selon Platon, Santorin reste pour beaucoup une candidate de choix. En effet, plusieurs objets aurait \u00e9t\u00e9 h\u00e9rit\u00e9 de cette \u00eele, au fil du temps et des kilom\u00e8tres, sous des noms souvent venu du lieu de leur d\u00e9couverte et non de celui de leurs origines : les lampes perp\u00e9tuelles de Denderak et les piles de Bagdad, L&rsquo;Anticyth\u00e8re, la carte des sept mers de Pini Reis.<\/i><\/p>\n<p>&#8211; Comment je sais tout \u00e7a ?, se demande Tao \u00e0 haute voix, un peu effray\u00e9<\/p>\n<p>&#8211; Tu connais toutes ces choses ?, lui demande HuaLi<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est fou, mais on dirait que oui. Avec le temps, \u00e7a devient de plus en plus \u00e9vident. Regarde ! dit-il en d\u00e9signant une ligne \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran avant de lire : <i>Une cat\u00e9gorie d&rsquo;atlantes se transmettait le savoir sans jamais rien \u00e9crire. Certains \u00e9voquent la chanson comme m\u00e9thode de transmission du savoir, mais l&rsquo;avance consid\u00e9rable de ce peuple \u00e0 tous les niveaux rend cette th\u00e9orie tr\u00e8s peu cr\u00e9dible.<\/i> Comment faisaient-ils ?, demande Tao avec passion.<\/p>\n<p>&#8211; H\u00e9 Tao ? On parle de l&rsquo;Atlantide l\u00e0. Tu serais pas sortie un peu t\u00f4t l&rsquo;h\u00f4pital l\u00e0 ?, demande HuaLi un peu inqui\u00e8te en \u00e9coutant son compagnon parler.<\/p>\n<p>&#8211; Tao sourit : C&rsquo;est vrai que de l&rsquo;ext\u00e9rieur, \u00e7a doit faire un peu peur. En faisant un clin d&rsquo;\u0153il \u00e0 HuaLi, il ajoute : On passe au court m\u00e9trage num\u00e9ro deux. Il tape une nouvelle recherche.<\/p>\n<p>&#8211; Apeiron ? Encore un terme obscure, remarque HuaLi<\/p>\n<p>&#8211; Tao fait un nouveau tri dans les r\u00e9sultats, s\u00e9lectionne un lien et lit les extraits qui lui semblent pertinents : <i>L&rsquo;Apeiron est le nom donn\u00e9 au symbole math\u00e9matique de l&rsquo;infini [\u2026] Pour le philosophe Anaximandre (les philosophes sont les scientifiques de l&rsquo;\u00e9poque, Thal\u00e8s en est un autre par exemple), il est surtout le maillon lui permettant d&rsquo;expliquer un pan important de la\u00a0 cosmogonie : l&rsquo;Arkh\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;origine \/ le commencement.<\/i> Tao d\u00e9roule la page et tombe sur un ruban de M\u00f6bius, une repr\u00e9sentation de l&rsquo;Apeiron.<\/p>\n<p>Le temps semble soudain ralentir alors que sa main d\u00e9colle de la tablette, l&rsquo;anneau en forme de ruban de M\u00f6bius qu&rsquo;il porte refl\u00e9tant la lumi\u00e8re artificielle de l&rsquo;\u00e9cran. Il le retire et parcourt l&rsquo;int\u00e9rieur lentement, sachant ce qu&rsquo;il allait y trouver. Chaque lettre sembla comme se graver sur la r\u00e9tine de Tao : l&rsquo;Arkh\u00e9.<\/p>\n<h1>5.<\/h1>\n<p>Un homme roux grisonnant et tr\u00e8s charismatique circule dans un commissariat avant de s&rsquo;immobiliser au bureau d&rsquo;un inspecteur. Ce qui l&rsquo;arr\u00eate, c&rsquo;est une photo qui est entrain de glisser d&rsquo;un dossier. Il s&rsquo;agit de la main de Tao, au doigt duquel se trouve le ruban de M\u00f6bius. Il se saisit imm\u00e9diatement du document et le consulte en marchant. Il fait un signe \u00e9trange du doigt puis semble se parler \u00e0 lui-m\u00eame :<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai une piste r\u00e9cente Monsieur.<\/p>\n<p>&#8211; \u2026<\/p>\n<p>&#8211; Tr\u00e8s bien, je mets en place quelque chose pour demain apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>&#8211; \u2026<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est risqu\u00e9 pour demain matin.<\/p>\n<p>&#8211; \u2026<\/p>\n<p>&#8211; Comme vous voudrez Monsieur.<\/p>\n<p>Roux ferme s\u00e8chement son poing, puis se dirige d&rsquo;un pas d\u00e9termin\u00e9 vers la porte vitr\u00e9 d&rsquo;un bureau o\u00f9 se tient un homme manifestement important. Roux entre et semble donner des ordres \u00e0 cet homme.<\/p>\n<p>Le lendemain, il est 7h00 quand Roux et deux agents de police se dirigent vers l&rsquo;entr\u00e9e du Beijing. Tao et HuaLi dorment \u00e0 poing ferm\u00e9. Roux ouvre la porte et montre sa plaque de police \u00e0 Chen et lui explique qu&rsquo;ils viennent pour la plainte d\u00e9pos\u00e9 plusieurs jours plus t\u00f4t. Chen sourit et indique le num\u00e9ro de chambre de Tao et HuaLi. Elle propose de les accompagner, mais Roux sugg\u00e8re plut\u00f4t \u00e0 Chen de s&rsquo;occuper de ses clients. Ils arrivent devant la porte et frappe. HuaLi \u00e9merge la premi\u00e8re :<\/p>\n<p>&#8211; Oui ?<\/p>\n<p>&#8211; Police mademoiselle, c&rsquo;est au sujet de votre plainte.<\/p>\n<p>&#8211; Pourriez-vous me glisser votre plaque sous la porte ? Roux s&rsquo;ex\u00e9cute, HuaLi l&rsquo;\u00e9tudie puis ouvre la porte en v\u00e9rifiant le visage pr\u00e9sent\u00e9 sur la carte. \u00ab\u00a0Excusez-moi, mais je suis devenue m\u00e9fiante avec ce qui nous est arriv\u00e9s.\u00a0\u00bb dit HuaLi. Tao s&rsquo;assied p\u00e9niblement dans le lit<\/p>\n<p>&#8211; Je comprends parfaitement mademoiselle, dit Roux. Nous avons du nouveau. Pour plus de s\u00e9curit\u00e9, nous nous proposons de vous escorter jusqu&rsquo;au poste de police.<\/p>\n<p>&#8211; Non merci, dit Tao encore endormit.<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi ? lui demande HuaLi.<\/p>\n<p>&#8211; Parce que nous sommes capables d&rsquo;y aller par nos propres moyens mon c\u0153ur, dit Tao en se frottant un \u0153il et en sortant du lit.<\/p>\n<p>Roux voit imm\u00e9diatement sur la cuisse de Tao un tatouage. Il s&rsquo;adresse maintenant \u00e0 lui sur un ton de connivence l\u00e9g\u00e8rement mena\u00e7ant :<\/p>\n<p>&#8211; Savez-vous ce qu\u2019ILS comptent faire de toute cette connaissance ?<\/p>\n<p>&#8211; Non, r\u00e9pond Tao.<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9truire le monde. L&rsquo;\u00eatre humain est, au fond, un animal sauvage et effroyable. Nous le connaissons seulement dompt\u00e9 et apprivois\u00e9s par ce que nous appelons la civilisation. La masse a besoin d&rsquo;un cadre. Il faut&#8230;<\/p>\n<p>Roux est interrompu par un spasme et s&rsquo;effondre dans des tremblements, tout comme les agents de police \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Tao et HuaLi voient alors deux hommes et une femme arm\u00e9s de taser. La femme l\u00e8ve la main gauche o\u00f9 se trouve un ruban de M\u00f6bius : \u00ab\u00a0Nous sommes Anaximandr\u00e9ens et vous \u00eates l&rsquo;un des notre par un concours de circonstance. Suivez-nous pour en savoir plus, leurs agents se trouvent \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur pour vous intercepter. Notre chance, c&rsquo;est qu&rsquo;ils vous veulent vivant.<\/p>\n<p>Les trois tireurs repartent d\u00e9j\u00e0 par le couloir. HuaLi h\u00e9sitante est tir\u00e9e par le poignet \u00e0 l&rsquo;initiative de Tao, maintenant tout \u00e0 fait r\u00e9veill\u00e9. Ils se dirigent vers la sortie o\u00f9 attend de mani\u00e8re tout \u00e0 fait surr\u00e9aliste un \u00e9norme 4&#215;4 noir. Tir\u00e9e par Tao, HuaLi adresse \u00e0 Chen un signe <i>On se rappelle<\/i> tr\u00e8s peu convaincant, avant de grimper dans l\u2019impressionnant v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>Celui-ci part tranquillement, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que deux v\u00e9hicules de police ne cherchent \u00e0 leur couper la route. C&rsquo;est \u00e0 cet instant qu&rsquo;une furieuse course poursuite s&rsquo;engage. Pour Tao et HuaLi, cette situation les d\u00e9passe compl\u00e8tement. M\u00eame attach\u00e9s, ils sont ballot\u00e9s de tous les c\u00f4t\u00e9s. Saoul\u00e9s par le rythme, ils sont comme hypnotis\u00e9s et perdent pied. Bient\u00f4t, ils ont l&rsquo;impression de sortir de leur corps et ne rendent plus compte de ce qui se d\u00e9roule. Les sons deviennent sourds et leurs membres s\u2019engourdissent. Lorsqu&rsquo;ils \u00e9mergent, il fait nuit et on juste le temps de voir passer le panneau de la ville d&rsquo;Alaise.<\/p>\n<p>Le 4&#215;4 se retrouve dans une sorte de terrain vague dans lequel il s&rsquo;approche d&rsquo;un vieux hangar d&rsquo;une dizaine de m\u00e8tres de haut. Deux lourdes portes sont ouvertes \u00e0 la main par deux types costauds. Le v\u00e9hicule s&rsquo;engage sur un monte-charge qui descend encore sur 10 m\u00e8tres. Les pupilles de Tao et HuaLi mettent quelques minutes \u00e0 s&rsquo;habituer \u00e0 la p\u00e9nombre que les phares du 4&#215;4 n&rsquo;arrivent \u00e0 repousser que sur la route face \u00e0 eux. D\u00e8s qu&rsquo;ils se remettent \u00e0 rouler, le monte-charge dispara\u00eet vers le plafond. 500 m\u00e8tres plus loin, ils arrivent \u00e0 une sorte de parking o\u00f9 les v\u00e9hicules sont transform\u00e9s avant chaque nouvelle sortie. Dans un mur se trouve une sorte d&rsquo;\u00e9coutille. L&rsquo;un des hommes s&#8217;empare de la manivelle d&rsquo;ouverture \u00e0 pleine main. Une voix d\u00e9clare : autorisation accord\u00e9e. L&rsquo;homme tourne alors la poign\u00e9e dans un jet de vapeur, tandis que l&rsquo;ouverture assist\u00e9e permet de d\u00e9placer l&rsquo;\u00e9paisse porte d&rsquo;acier de son mur non moins imposant. Le couloir hexagonal d&rsquo;1,60m de diam\u00e8tre ainsi lib\u00e9r\u00e9 contraste avec les volumes cyclop\u00e9ens de la salle pr\u00e9c\u00e9dente. Chacun est contraint de parcourir plus ou moins vout\u00e9s les 500 m\u00e8tres de b\u00e9ton \u00e9clair\u00e9s de tubes-leds. A l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9, une salle carr\u00e9e de 8 m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9 pour 3 de haut. A droite, une porte diaphragme, sur les autres murs et au plafond des cam\u00e9ras inspectent les visiteurs.<\/p>\n<p>Soudain, le diaphragme s&rsquo;ouvre sur un appartement au style industriel et aux notes steampunk. Un homme l\u00e9g\u00e8rement basan\u00e9, 35-40 ans, cheveux longs rasta et habill\u00e9 en style techno-zen de couleur orange et marron s&rsquo;avance vers eux. Il leur tend la main droite orn\u00e9e d&rsquo;un ruban de M\u00f6bius. \u00ab\u00a0Je vous souhaite la bienvenue dans le principal abri des Anaximandr\u00e9en. Je suis Nawood. Si vous le voulez bien, je vais commencer par un monologue pour vous expliquer ce qui vous arrive et notre point de vue\u00a0\u00bb &#8211; Tao et HuaLi accepte d&rsquo;un signe de la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Parfait\u00a0\u00bb, reprend Nawood \u00ab\u00a0Il y a quelques d\u00e9cennies seulement, l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9couvre que l&rsquo;un des moyens les plus extraordinaire de stocker un nombre hallucinant d&rsquo;informations dans un minimum de place n&rsquo;est autre que l&rsquo;ADN. Les chiffres \u00e9voquent 700 To par gramme, sans compression \u00e9videmment. Maintenant, imaginez que certains humains sp\u00e9ciaux soient capables de stocker parfaitement naturellement des informations directement dans leur ADN. On pourrait alors ajouter aux trois m\u00e9moires c\u00e9r\u00e9brales : sensoriel, \u00e0 court terme et \u00e0 long terme, une m\u00e9moire g\u00e9n\u00e9tique. Nos anciens poss\u00e9daient cette technique depuis longtemps. Leurs connaissances \u00e9tendues, transmises sans perte aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes, fit progresser leur peuple d&rsquo;une mani\u00e8re fulgurante ! Si certains surv\u00e9curent \u00e0 la catastrophe et si l&rsquo;ADN \u00e9tait bien transmis, le secret de son mode de lecture fut malheureusement rapidement perdu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nawood s\u2019interrompt un instant et reprend\u00a0: \u00ab\u00a0Plusieurs si\u00e8cles plus tard, le jeune Anaximandre est foudroy\u00e9. Ce fut une mani\u00e8re archa\u00efque d&rsquo;activer l&rsquo;ADN de cet h\u00e9ritier atlante. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 notre raisonnement lorsqu&rsquo;on vous a envoy\u00e9 un choc \u00e9lectrique au taser, en esp\u00e9rant que cela activerait l&rsquo;ADN dont vous \u00eates d\u00e9positaire depuis 20 ans, inject\u00e9 par une h\u00e9riti\u00e8re atlante dont les connaissances \u00e9taient sp\u00e9cialis\u00e9es dans la psychologie et la m\u00e9decine. Ces informations sont retranscrites dans le tatouage apparut sur votre cuisse par l&rsquo;expression locale de m\u00e9lanine. Pour Anaximandre, ses connaissances \u00e9taient sp\u00e9cialis\u00e9es dans la physique, les math\u00e9matiques et l&rsquo;astronomie. Cela lui permit d&rsquo;inventer le concept d&rsquo;infini pour expliquer l&rsquo;origine des choses. Cette antique id\u00e9e nous permet de mettre en \u0153uvre, des centaines d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s, une technologie qui demeure de la science-fiction pour le reste de l&rsquo;humanit\u00e9 : l&rsquo;ordinateur quantique. Son principe est tr\u00e8s complexe \u00e0 vulgariser, mais l&rsquo;une de ses capacit\u00e9s est d&rsquo;envoyer des donn\u00e9es \u00e0 traiter dans le pass\u00e9 de tel mani\u00e8re qu&rsquo;il nous semble que le r\u00e9sultat arrive instantan\u00e9ment apr\u00e8s la demande. Le gain de temps est ph\u00e9nom\u00e9nal ! Le ruban de M\u00f6bius sert d&rsquo;interface entre l&rsquo;ADN contenu dans notre corps et ces machines.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tao intervient : \u00ab\u00a0D&rsquo;accord, vous avez une connaissance omnisciente. Et tout \u00e7a dans quel but ? D\u00e9truire le monde ? \u00c7a me semble \u00e0 l\u2019encontre des conclusions que votre savoir aurait d\u00fb vous apporter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nawood approuve d&rsquo;un mouvement de t\u00eate : \u00ab\u00a0Les Illuminati, dont vous avez rencontr\u00e9s quelques \u00e9missaires, veulent \u00e9tablir un nouvel ordre mondial. Ils souhaitent la connaissance pour asservir le monde. Leur principal outil est la technologie, en particulier la communication avec internet pour fer de lance. Accessible via un nombre quasi-illimit\u00e9 de supports, la population civilis\u00e9e est connect\u00e9e en permanence. Cette omnipr\u00e9sence transforme la mani\u00e8re de penser de cette population. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une jeune femme de 20 ans vend sa virginit\u00e9 aux ench\u00e8res sur internet \u00e0 un japonais, devant 14 autres ench\u00e9risseurs, pour 600.000\u20ac. En interview, elle signale voir \u00e7a comme une entreprise : <i>Cela me permet de voyager, de tourner un film et de toucher de l&rsquo;argent en prime. Si vous fa\u00eetes cela une seule fois dans votre vie, vous n&rsquo;\u00eates pas une prostitu\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas parce que vous prenez une photo extraordinaire que cela fait de vous un photographe.<\/i><\/p>\n<p>Nawood termine\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, nous voulons r\u00e9unir la connaissance pour changer le monde, mais pas pour le d\u00e9truire comme l&rsquo;entendent les Illuminati. \u00cates-vous pr\u00eat \u00e0 nous suivre Tao ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors, Tao s&rsquo;assied sur un fauteuil de pr\u00e9l\u00e8vement. Son sang est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, trait\u00e9 puis inject\u00e9 \u00e0 un groupe de population h\u00e9t\u00e9roclite pr\u00e9alablement r\u00e9uni. Ils se dirigent ensuite dans une salle o\u00f9 des si\u00e8ges sont dispos\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 former un Apeiron. Ils joignent leurs mains et un halo bleu \u00e0 peine perceptible nimbe chaque lien qui les unit. Un son tr\u00e8s basse fr\u00e9quence semble enfler dans l&rsquo;air, avant de voir appara\u00eetre une formidable onde de choc qui traverse tout l\u2019espace, changeant profond\u00e9ment les lois de la nature et mettant hors d&rsquo;\u00e9tat tous les moyens de communication, dont le tentaculaire internet. Une seconde onde de choc s&rsquo;\u00e9tend sur l&rsquo;humanit\u00e9 pour tenter de lui insuffler le respect des autres et de l\u2019environnement. Les Anaximandr\u00e9ens ouvrent alors les yeux et se regardent \u2013 <i>La graine est plant\u00e9e.<\/i><\/p>\n<p>Les deux vagues pass\u00e9es, le chaos se d\u00e9veloppe sur la terre ainsi qu&rsquo;une \u00e9trange lueur d&rsquo;espoir dans le regard d&rsquo;une tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<em> Paul Val\u00e9ry (1871-1945).<\/em><br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Originalit\u00e9 :<\/span> 6.8\/10<\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00c9criture :<\/span> 5.5\/10<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Les Commentaires des votants<\/h2>\n<p>De bonnes id\u00e9es, des personnages attachants, une intrigue qui peut tenir en haleine, mais l\u2019\u00e9criture manque peut-\u00eatre encore de maturit\u00e9. Pas mal de fautes d\u2019orthographe. Un style qui reste \u00e0 am\u00e9liorer (pour les descriptions de lieux par exemple, ou l\u2019\u00e9num\u00e9ration de petites actions qui n\u2019ont pas lieu d\u2019\u00eatre). J\u2019encourage cependant l\u2019auteur car son texte est plaisant.<br \/>\nEncore un truc : J\u2019ai tiqu\u00e9 quand j\u2019ai appris que Tao partageait sa vie avec HuaLi. Qu\u2019il rentre chez lui, mange seul et regarde la t\u00e9l\u00e9 alors qu\u2019elle dort \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sans qu\u2019il semble s\u2019en soucier et assez \u00e9trange\u2026 cela ne colle pas avec la relation qu\u2019ils semblent avoir dans le reste de l\u2019histoire. Au pire, il serait rentr\u00e9 chez lui et serait all\u00e9 l\u2019embrasser dans son lit, avant de passer la soir\u00e9e seul, non ?<\/p>\n<p>Une id\u00e9e tr\u00e8s int\u00e9ressante mais trait\u00e9e comme un gros synopsis.<br \/>\nDe longues descriptions sans action r\u00e9elle et beaucoup de choses \u00e0 revoir c\u00f4t\u00e9 orthographe et construction de l&rsquo;histoire.<br \/>\nPar contre, le sujet est presque hors sujet, en quoi internet met-il fin \u00e0 la civilisation ?<br \/>\nCet univers futuriste proche n&rsquo;est justement p-e pas assez marqu\u00e9 dans le futur, trop d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments contemporains g\u00e2chent un peu le plaisir de la lecture et du d\u00e9paysement.<\/p>\n<p>Int\u00e9ressante interpr\u00e9tation du mythe de l\u2019Atlantide. On y retrouve pas mal d\u2019ingr\u00e9dients \u2018clef\u2019 d\u2019une histoire r\u00e9ussie : Des m\u00e9chants, un gentil, du myst\u00e8re, du danger, de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme\/mystique.<br \/>\nJ\u2019ai eu un peu de mal \u00e0 me plonger dedans cependant. Beaucoup d\u2019informations \u00e0 retenir et un texte pas tr\u00e8s a\u00e9r\u00e9, n\u2019aident pas. Mais le style fluide et le vocabulaire pr\u00e9cis suffisent \u00e0 ne pas perdre l\u2019attention du lecteur.<br \/>\nEtoff\u00e9 de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences et citations bien choisies, j\u2019ai trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un texte agr\u00e9able m\u00eame si j\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre surpris par la fin que j\u2019ai trouv\u00e9 pr\u00e9visible. Merci \u00e0 l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Un bon d\u00e9marrage. L\u2019id\u00e9e de la transfusion est vraiment tr\u00e8s bonne. Bizarre par contre le r\u00f4le de Manon dans la salle d\u2019op\u00e9ration. J\u2019aurai imagin\u00e9 que les Atlantes, d\u00e9positaire d\u2019un savoir mill\u00e9naire, auraient \u00e9t\u00e9 plus discrets.<br \/>\nLes sc\u00e8nes d\u2019action sont tr\u00e8s bien men\u00e9es. Ca pulse, c\u2019est juste la bonne longueur, c\u2019est tr\u00e8s bien.<br \/>\nJ\u2019ai bien aim\u00e9 au d\u00e9but les diff\u00e9rentes sc\u00e8nes o\u00f9 on d\u00e9crit les abus d\u2019Internet (le conducteur inattentif\u2026)<br \/>\nLe personnage de Tao est bien bross\u00e9, mais je regrette sa vie tr\u00e8s \u00ab classique \u00bb finalement. La seule innovation, c\u2019est son \u00e9cran divis\u00e9 en 4. Pas bien r\u00e9volutionnaire.<br \/>\nPar contre, \u00e0 part Tao, les personnages sont \u00e0 peine esquiss\u00e9s.<br \/>\nQuand le personnage de Hua Li appara\u00eet, j\u2019ai repris ma lecture au d\u00e9but, en me disant que j\u2019avais du manquer un truc. Mais non, Tao regardait la t\u00e9l\u00e9, elle devait \u00eatre en cuisine \ud83d\ude09<br \/>\nLa trame du r\u00e9cit est bien ficel\u00e9e. Ca s\u2019encha\u00eene bien, c\u2019est moderne, je verrai presque un film se d\u00e9rouler. Justement, je pense que ton texte est par moment trop proche d\u2019un script. Le r\u00e9cit au pr\u00e9sent n\u2019aide pas. C\u2019est souvent tr\u00e8s impersonnel, avec des d\u00e9cors \u00e0 peine esquiss\u00e9s ou sans originalit\u00e9s. D\u2019ailleurs, on ne sait m\u00eame pas o\u00f9 se situe l\u2019action. P\u00e9rou, Paris, Londres, Bombay\u2026 C\u2019est tellement vague que tout est possible. Ce texte gagnerait beaucoup soit \u00e0 \u00eatre mis en sc\u00e8ne \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, soit \u00e0 \u00eatre compl\u00e9t\u00e9. La trame est faite, reste \u00e0 y mettre une \u00e2me (et \u00e0 corriger les nombreuses fautes, notamment dans la ponctuation des dialogues).<br \/>\nLa fin est un peu b\u00e2cl\u00e9e. Je pense que le dernier paragraphe est inutile. Tao a rejoint Nawood (trop caricatural d\u2019ailleurs, en passant) : la situation a suffisamment \u00e9volu\u00e9e pour s\u2019arr\u00eater l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\n<p>Tuesqui\n12.3\/20\n4\u00e8me<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"?p=7440&amp;page=2\"><strong>? <\/strong>Vos commentaires<\/a><\/p>\n\n<p align=\"left\">\u00ab\u00a0Chaque civilisation a les ordures qu\u2019elle m\u00e9rite.\u00a0\u00bb\n&#8211; Georges Delerue, Bernard Herrmann &amp; Antoine Duhamel<\/p>\n1.\n<p>Les murs et le sol blanc de la salle sont enti\u00e8rement couverts d\u2019un carrelage \u00e0 petit carreaux sans joints. Les angles <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=7440\">... [Lire la suite]<\/a>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[343,126,345],"class_list":["post-7440","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-challenges","tag-challenge45","tag-les-challenges","tag-tuesqui"],"views":7498,"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7440"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7440\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}