{"id":6909,"date":"2011-04-20T20:45:41","date_gmt":"2011-04-20T18:45:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atorgael.com\/?p=6909"},"modified":"2011-06-20T10:21:41","modified_gmt":"2011-06-20T08:21:41","slug":"chec37-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=6909","title":{"rendered":"Challenge d\u2019\u00e9criture n\u00b037 \u2013 Atorgael"},"content":{"rendered":"<h1>Monsieur Albert<\/h1>\n<p>Monsieur Albert est un homme ordinaire, tr\u00e8s ordinaire.<\/p>\n<p>Tous les matins monsieur Albert se l\u00e8ve t\u00f4t pour se rendre \u00e0 son travail. Comme des milliers de personnes il travaille dans ce grand centre des affaires de la banlieue ouest parisienne, \u00e0 la D\u00e9fense. Il est heureux dans la vie, son travail ne le passionne pas mais il le fait avec application, de mani\u00e8re tr\u00e8s professionnelle. Ce qui lui plait le plus dans le fait d&rsquo;aller gagner son salaire tous les jours, ce sont les trajets.<\/p>\n<p>Il habite un petit appartement en banlieue nord et tous les matins il utilise le r\u00e9seau express r\u00e9gional pour arriver juste au pied de la grande tour de verre sur le Parvis. Son appartement est \u00e0 deux pas de la station RER, une aubaine quand il pleut, il s&rsquo;y engouffre tous les matins \u00e0 six heures trente -sept tr\u00e8s exactement pour ressortir sur l&rsquo;Esplanade cinquante sept minutes plus tard. Dix minutes de plus et il est assit \u00e0 son bureau.<\/p>\n<p>Son trajet est long, mais monsieur Albert aime les transports, l\u00e0 il peut y assouvir son dada, son hobby, sa passion. Monsieur Albert aime regarder les autres voyageurs, non par voyeurisme, rien de sale ni de pervers, mais pour se constituer toute une collection d&rsquo;images en t\u00eate. Car monsieur Albert dessine des gens, leurs visages. Depuis tout petit monsieur Albert, m\u00eame si le monsieur est venu plus tard, se plaisait \u00e0 croquer les visages de ses camarades de classe, de sa famille partout, tout le temps. Sur un bout de papier, sur un mur ou sur une nappe (ce qui lui a d&rsquo;ailleurs valu quelques punitions bien cuisantes).<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, monsieur Albert s&rsquo;est ensuite mis \u00e0 dessiner dans des petits carnets \u00e0 spirales aux feuilles blanches de papier recycl\u00e9. Derni\u00e8rement il a commenc\u00e9 \u00e0 se payer de v\u00e9ritables carnets de dessinateur, ceux dont chaque feuille est aussi \u00e9paisse que la couverture d&rsquo;un livre de poche. Des carnets de dessins, monsieur Albert en a des dizaines, rang\u00e9s et class\u00e9s par ann\u00e9es sur des \u00e9tag\u00e8res un peu partout dans son appartement. C&rsquo;est une passion qui le d\u00e9vore litt\u00e9ralement. D\u00e8s qu&rsquo;il rentre chez lui le soir \u00e0 dix-neuf heures douze, il se penche sur ses carnets et reproduit tous les visages qu&rsquo;il a m\u00e9moris\u00e9s dans la journ\u00e9e. Cela l&rsquo;occupe jusque tard dans la nuit. Monsieur Albert vit seul maintenant, il ne d\u00e9range plus personne.<\/p>\n<p>Mais monsieur Albert a un probl\u00e8me, depuis qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0mont\u00e9 \u00e0 la capitale\u00a0\u00bb pour travailler, il n&rsquo;ose pas trop regarder les gens en face, un complexe idiot de provincial se dit-il ; au bureau on le trouve d&rsquo;ailleurs un peu bizarre car il est presque impossible de croiser son regard. Mais ses coll\u00e8gues ont fini par s&rsquo;y habituer et il n&rsquo;y a que les petits nouveaux pour \u00e9voquer le sujet de temps en temps. Il n&#8217;emp\u00eache qu&rsquo;avec son probl\u00e8me, monsieur Albert a bien failli ne jamais pouvoir faire ses dessins. Incapable de regarder les gens en face, comment en faire leurs portraits ?<\/p>\n<p>Alors monsieur Albert a trouv\u00e9 une technique toute simple et bigrement efficace, une technique qu&rsquo;il utilise depuis bient\u00f4t trente cinq ans : il regarde le reflet des gens dans les vitres du m\u00e9tro ou du RER. C&rsquo;est infaillible, en sous-sol dans le noir des tunnels, les vitres sont de v\u00e9ritables miroirs, parfaits pour observer les gens sans qu&rsquo;ils s&rsquo;en aper\u00e7oivent. Bien s\u00fbr il arrive parfois que la personne observ\u00e9e regarde elle aussi par la fen\u00eatre et que les regards se croisent, mais monsieur Albert fait mine de rien et se concentre sur les petites lumi\u00e8res de signalisation des tunnels, il revient \u00e0 l&rsquo;observation de son sujet une fois que ce dernier a tourn\u00e9 la t\u00eate ou qu&rsquo;il a chang\u00e9 d&rsquo;angle. Avec cette technique et sa prodigieuse m\u00e9moire visuelle, monsieur Albert peut remplir ses carnets chez lui.<\/p>\n<p>Il y a cependant une petite chose qui le g\u00eane : il sent que ses dessins ne sont pas enti\u00e8rement fid\u00e8les \u00e0 ses sujets, mais il ne sait pas en quoi, il n&rsquo;arrive pas \u00e0 pointer du doigt ce qui ne va pas. Et puis il y a les absents. Il les a appel\u00e9 comme \u00e7a une fois apr\u00e8s avoir essay\u00e9 de se souvenir du visage d&rsquo;une jeune femme qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00fbr d&rsquo;avoir vu mais dont il ne se souvenait plus des traits, impossible de la dessiner. Au fil des ans ils sont devenus de plus en plus nombreux d&rsquo;ailleurs. Alors monsieur Albert se dit que c&rsquo;est son \u00e2ge et sa m\u00e9moire qui lui jouent des tours.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res fois \u00e7a l&rsquo;a un peu agac\u00e9 de ne pas pouvoir dessiner ces visages, puis il a fini par s&rsquo;y habituer et quand \u00e7a lui arrive, il ne tente pas vainement de s&rsquo;en souvenir, il passe au suivant. Il y a tellement de visages \u00e0 reproduire que \u00e7a n&rsquo;a finalement pas beaucoup d&rsquo;importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>Un soir, monsieur Albert est rentr\u00e9 chez lui avec toute une s\u00e9rie de portraits \u00e0 coucher sur son carnet. Apr\u00e8s un rapide diner, il va s&rsquo;installer \u00e0 son atelier de dessin et commence \u00e0 sortir ses affaires, ce rituel pr\u00e9paratoire le rassure, il le fait depuis des ann\u00e9es sans y penser. Il ouvre le carnet \u00e0 la premi\u00e8re page blanche et commence \u00e0 repenser \u00e0 ce premier visage. Mais ce faisant, l&rsquo;image qu&rsquo;il pensait avoir \u00e0 l&rsquo;esprit quelques secondes auparavant disparait de sa m\u00e9moire. Encore un absent. Le suivant subit \u00e9galement le m\u00eame sort, puis le suivant&#8230; En tout il ne peut coucher sur le papier que trois portraits. Tous les autres sont des absents.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que \u00e7a lui arrive et \u00e7a le trouble\u00a0 et monsieur Albert en est incapable de trouver le sommeil. La situation est tout de m\u00eame pr\u00e9occupante et elle doit avoir une explication. Sa m\u00e9moire aurait-elle des probl\u00e8mes ? Son \u00e2ge est-il en cause ? Va-t-il devoir arr\u00eater de dessiner ?<\/p>\n<p>Alors il arpente son appartement de long en large passant et repassant devant les rayonnages de carnets qu&rsquo;il ouvre parfois au hasard pour se rassurer sur sa facult\u00e9 \u00e0 dessiner avant de les bien les remettre en place. Puis il passe \u00e0 un autre&#8230; Ce man\u00e8ge se poursuit une bonne partie de la nuit et monsieur Albert finit par se rendre compte de quelque chose d&rsquo;extraordinaire.<\/p>\n<p>Monsieur Albert ne croit pas au surnaturel, il est convaincu que toute chose a une explication rationnelle, il est trop cart\u00e9sien pour se laisser embarquer dans des divagations mystiques ou fantastiques. Mais force est de constater que ce qu&rsquo;il vient de remarquer est tout de m\u00eame troublant. Alors il reprend tout depuis le d\u00e9but.<\/p>\n<p>Il regarde consciencieusement ses carnets, un ou deux par an puis deux ou trois sur une p\u00e9riode de cinq ans. Finalement il doit se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, les preuves sont l\u00e0 et ses premiers soup\u00e7ons s&rsquo;en trouvent confirm\u00e9s : tous les visages des premiers carnets sont ceux de personnes jeunes d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9e alors que ceux des derni\u00e8res ann\u00e9es sont des personnes de plus de cinquante ans.<\/p>\n<p>Monsieur Albert comprend alors les subtiles variations, les diff\u00e9rences et les contradictions qu&rsquo;il ressent parfois quand il dessine, il ne dessine pas les visages tels qu&rsquo;ils sont, mais tels qu&rsquo;ils seront au m\u00eame \u00e2ge que monsieur Albert au moment o\u00f9 il couche ses dessins sur le papier.<\/p>\n<p>Monsieur Albert ne peut nier ce constat, il a les carnets en mains, preuves de ses d\u00e9ductions. Il est atterr\u00e9, comment une telle chose peut-elle \u00eatre possible ? Comment son inconscient peut-il fonctionner pour aboutir \u00e0 un tel r\u00e9sultat ? Est-il capable de voir l&rsquo;avenir des gens ? \u00c9puis\u00e9 par sa nuit blanche, monsieur Albert s&rsquo;endort dans un coin de son salon, entour\u00e9 de dizaines de carnets ouverts dont les visages semblent tous tourn\u00e9s vers lui.<\/p>\n<p>Quand il se r\u00e9veille le matin il est d\u00e9j\u00e0 tard, c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que \u00e7a lui arrive, il va louper son train et arriver en retard au bureau. Tout occuper \u00e0 se pr\u00e9parer le plus vite possible, il ne repense pas trop \u00e0 la soir\u00e9e de la veille, il remettra de l&rsquo;ordre dans tout \u00e7a en rentrant ce soir. Enfin pr\u00eat, il arrive sur le quai \u00e0 huit heures vingt trois, mais c&rsquo;est pour y constater que tous les trains sont annul\u00e9s et qu&rsquo;une grande agitation r\u00e8gne dans la gare. Monsieur Albert essaye de se renseigner en \u00e9coutant les commentaires des autres voyageurs car les guichets sont pris d&rsquo;assaut par des gens hyst\u00e9riques, il entend vaguement des mots accidents, catastrophes mais n&rsquo;arrive pas \u00e0 remettre tout \u00e7a dans l&rsquo;ordre. Il s&rsquo;est apparemment pass\u00e9 quelque chose de grave mais il n&rsquo;arrive pas \u00e0 en d\u00e9finir la nature exacte. Il d\u00e9cide alors de rentrer chez lui, il y a peu de chance pour qu&rsquo;il puisse se rendre \u00e0 son travail aujourd&rsquo;hui de toutes fa\u00e7ons.<\/p>\n<p>En arrivant il branche la radio mais il tombe sur une page de publicit\u00e9, il commence donc \u00e0 l&rsquo;\u00e9couter d&rsquo;une oreille distraite en rangeant les carnets \u00e9pars. Quand les informations reprennent, c&rsquo;est un flash sp\u00e9cial sur les derniers \u00e9v\u00e8nements du matin relatant un terrible accident en gare du Ch\u00e2telet o\u00f9 plusieurs rames sont entr\u00e9es en collision sans explication apparente. On parle de d\u00e9faut de signalisation, de malversation et on finit par \u00e9voquer une possible piste terroriste. Le journaliste donne l&rsquo;heure \u00e0 laquelle le drame s&rsquo;est produit et monsieur Albert en l\u00e2che le carnet qu&rsquo;il tient \u00e0 la main : c&rsquo;est son train, la rame qu&rsquo;il prend tous les matins depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>P\u00e2le, le souffle coup\u00e9, il s&rsquo;assoit lourdement dans son fauteuil. S&rsquo;il ne s&rsquo;\u00e9tait pas endormi si tard la veille, il aurait \u00e9t\u00e9 dans ce train, et il serait peut-\u00eatre parmi les nombreuses victimes, peut-\u00eatre serait-il mort \u00e0 l&rsquo;heure actuelle. Ses jambes flageolantes le portent \u00e0 peine vers le petit bar o\u00f9 il va se servir un alcool fort, le premier qui lui tombe sous la main, un vieux fond de Cognac. Monsieur Albert pleure alors sur ces victimes, il devait en croiser certaines qui, comme lui, prenait ce train tous les jours \u00e0 la m\u00eame heure, tous ces visages qu&rsquo;il ne reverrait plus, tous &#8230; Les absents !<\/p>\n<p>La r\u00e9v\u00e9lation est foudroyante, monsieur Albert est t\u00e9tanis\u00e9 sur place, \u00e0 peine capable de penser encore, les absents, ce sont ces personnes qui n\u2019atteindront pas son \u00e2ge, il le comprend maintenant, il sait pourquoi hier soir il n&rsquo;a pas pu dessiner tous ces portraits. Telle est sa capacit\u00e9, son pouvoir sur le monde et les gens, savoir s&rsquo;ils vivront aussi vieux que lui. Mais ce pouvoir doit avoir des limites pense aussit\u00f4t monsieur Albert, car il n&rsquo;aurait pas pu les dessiner non plus la semaine derni\u00e8re, ni il y a trois jours. Sans doute ne peut-il voir \u00e0 travers ses portraits le destin de la personne que pour les heures qui suivent.<\/p>\n<p>Monsieur Albert pleura de longues heures sur ce destin si cruel, allait-il \u00eatre encore capable de dessiner en ayant la hantise de ne pas voir le visage de la personne qu&rsquo;il aura crois\u00e9e quelques heures avant ? Comment pourrait-il vivre sans dessiner d&rsquo;ailleurs ?<\/p>\n<p>Monsieur Albert reprit le chemin du travail quelques jours plus tard, c&rsquo;est un vieil homme accabl\u00e9 de chagrin qui arriva au bureau, son air triste ne surprit personne car tous savaient qu&rsquo;il aurait pu faire parti des victimes de la catastrophe.<\/p>\n<p>Ce que personne ne savait par contre, c&rsquo;est que monsieur Albert avait tent\u00e9 de faire son portrait le matin m\u00eame apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre longuement regard\u00e9 dans sa glace.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pas envie de mettre un commentaire ? Mettez au moins vos \u00e9toiles ! Visez, cliquez, c&rsquo;est fini.<br \/>\nMerci d&rsquo;avance.<\/p>\n<p>[starrater tpl=10]<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Originalit\u00e9 :<\/span> xx\/10<\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00c9criture :<\/span> xx\/10<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Les Commentaires des votants<\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Monsieur Albert\n<p>Monsieur Albert est un homme ordinaire, tr\u00e8s ordinaire.<\/p>\n<p>Tous les matins monsieur Albert se l\u00e8ve t\u00f4t pour se rendre \u00e0 son travail. Comme des milliers de personnes il travaille dans ce grand centre des affaires de la banlieue ouest parisienne, <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=6909\">... [Lire la suite]<\/a>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[401,226,126],"class_list":["post-6909","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-challenges","tag-atorgael","tag-challenge37","tag-les-challenges"],"views":4792,"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6909","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6909"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6909\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6909"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6909"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6909"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}