{"id":3274,"date":"2009-09-12T10:22:54","date_gmt":"2009-09-12T09:22:54","guid":{"rendered":"http:\/\/battle.atorgael.com\/?p=3274"},"modified":"2009-09-12T10:22:54","modified_gmt":"2009-09-12T09:22:54","slug":"challenge-d%e2%80%99ecriture-n%c2%b027-%e2%80%93-texte-n%c2%b08","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=3274","title":{"rendered":"Challenge d\u2019\u00e9criture n\u00b027 \u2013 Texte n\u00b08"},"content":{"rendered":"<h1>Atorgael<\/h1>\n<p><strong> Le grand d\u00e9part<\/strong><\/p>\n<p>Ils sont venus me chercher un matin, tr\u00e8s t\u00f4t. C&rsquo;\u00e9tait en juillet je crois<\/p>\n<p>Le soleil se levait \u00e0 peine mais la lumi\u00e8re qui inonda ma chambre quand les rideaux furent tir\u00e9s \u00e9tait blessante et me tira douloureusement des r\u00eaves dans lesquels j&rsquo;\u00e9tais encore \u00e0 moiti\u00e9 plong\u00e9. Je ne pus que me r\u00e9signer \u00e0 me lever et j&rsquo;eus tout de m\u00eame le droit de prendre un rapide petit d\u00e9jeuner.<\/p>\n<p>Leurs voix douces et amicales ne cachaient pas leurs angoisses et leur trouble. Je savais ces choses l\u00e0, nul besoin de les exprimer directement, je les savais, c&rsquo;est tout.<\/p>\n<p>Nous sommes mont\u00e9s ensuite dans cette grande voiture noire dont je ne me rappelle plus la marque. Un mod\u00e8le typique pr\u00e9vu pour une grande famille mais o\u00f9 je me retrouvais seul \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re. Les si\u00e8ges vides de part et d&rsquo;autre de ma place me firent penser \u00e0 ceux qui n&rsquo;\u00e9taient pas l\u00e0, ceux qui, comme moi, \u00e9taient partis un matin et que je n&rsquo;avais plus revus depuis pr\u00e8s d&rsquo;une semaine.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais le dernier.<\/p>\n<p>Le peu de route \u00e0 faire ne m&rsquo;\u00e9pargna cependant pas les derni\u00e8res recommandations de l&rsquo;homme et de la femme, de la femme surtout, mais au-del\u00e0 des mots mille fois entendus, je ne percevais que de l&rsquo;angoisse et un manque d&rsquo;assurance flagrant. J&rsquo;avais envie de hurler que si c&rsquo;\u00e9tait trop difficile pour eux, ils n&rsquo;avaient qu&rsquo;\u00e0 faire demi-tour que je puisse retrouver mon chez-moi. Mais je savais ces paroles inutiles car tout avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 mon insu depuis longtemps. Mis devant le fait accompli, je n&rsquo;avais pas eu le choix. J&rsquo;ai bien essay\u00e9 au d\u00e9but de les raisonner mais tous mes arguments semblaient de paille face \u00e0 un ouragan de r\u00e9solutions.<\/p>\n<p>Au fil des semaines, je m&rsquo;\u00e9tais donc habitu\u00e9 \u00e0 cette id\u00e9e : qu&rsquo;un matin il me faudrait partir, un matin comme celui-ci.<\/p>\n<p>Et puis nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9tape de mon voyage.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, j&rsquo;ai essay\u00e9 de ne pas descendre de voiture, de me faire tout petit. J&rsquo;avais l&rsquo;illusoire et secret espoir qu&rsquo;ils pourraient m&rsquo;oublier et repartir avec moi \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re. Mais \u00e7a ne se passa pas ainsi, \u00e9videmment et ils ne m&rsquo;oubli\u00e8rent pas.<\/p>\n<p>Par la porti\u00e8re ouverte je jetais un coup d&rsquo;\u0153il avant de descendre. Je n&rsquo;\u00e9tais pas le seul \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9. Je le savais, ils me l&rsquo;avaient dis, mais de le voir \u2026, je ne sais pas, ce fut comme un choc, une r\u00e9v\u00e9lation. Ainsi, ils ne m&rsquo;avaient pas menti sur ce point. Cela voulait-il dire que tout le reste allait s&rsquo;av\u00e9rer exact. Je n&rsquo;osais l&rsquo;esp\u00e9rer, je ne voulais pas le croire. Non, les choses ne sont pas aussi simples, il y a toujours quelque chose qui diff\u00e8re de ce qu&rsquo;on vous dit. Toujours. Et toutes leurs belles promesses ne pouvaient que cacher quelque terrible secret.<\/p>\n<p>Mais force \u00e9tait de constater que je reconnu des visages. Des amis que je n&rsquo;avais pas revus depuis quelques semaines \u00e9taient l\u00e0 aux aussi. Aucun de semblaient plus rassur\u00e9s que moi. Certains visages \u00e9taient humides, des yeux rouges et des nez coulaient encore. La peur emplissait cet endroit, je la sentais.<\/p>\n<p>Alors, je d\u00e9cidais de me rebeller.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais pourtant promis de ne pas le faire, mais mon instinct fut plus fort et je me recroquevillais sur le plancher de la voiture, criant que je n&rsquo;en sortirais pas, qu\u2019ils ne me feraient pas bouger de l\u00e0. Une paire de mains viriles me saisirent et m&rsquo;extrayaient vivement de ma path\u00e9tique retraite.<\/p>\n<p>Je me retrouvais alors sur le bitume du grand parking, lieu de rendez-vous de toute cette aventure. Des regards fus\u00e8rent dans ma direction, ceux de mes amis \u00e9taient compr\u00e9hensifs et amicaux ; ils \u00e9taient pass\u00e9s par l\u00e0 eux aussi et comprenaient trop bien ma r\u00e9action. D&rsquo;autres se firent plus froid et r\u00e9probateurs comme si j&rsquo;aurai du m&rsquo;estimer heureux de tout cela. Sans doute que ces gens l\u00e0 au regard accusateurs n&rsquo;avaient jamais \u00e9t\u00e9 dans une telle situation ; ils ne pouvaient pas comprendre.<\/p>\n<p>En \u00e9coutant les discussions autour de moi, je compris qu&rsquo;on attendait les v\u00e9hicules qui devaient nous emporter vers notre destination finale. Encore une fois, cet espoir que tout ceci n&rsquo;allait pas arriver me reprit. Tout n&rsquo;\u00e9tait pas dit, j&rsquo;allais pouvoir m&rsquo;en sortir.<\/p>\n<p>Toutes les personnes pr\u00e9sentes formaient comme une sorte de cordon autour de moi et mes amis, nous nous \u00e9tions laiss\u00e9s enfermer au milieu sans nous en rendre compte, comme des amateurs, ils nous avaient parqu\u00e9 pour qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre nous ne puisse s&rsquo;enfuir. Circulant au milieu de tout ce petit monde, je rep\u00e9rais alors quatre personnes diff\u00e9rentes des autres. Leur couvre-chef et leurs accoutrements les distinguaient de tous les autres. Ils allaient de groupes en groupes et notaient dans de grands cahiers un tas d&rsquo;informations. Nous \u00e9tions fich\u00e9s. Lorsque ce fut mon tour, je n&rsquo;y coupais pas. Il se pr\u00e9senta comme un accompagnateur ; un terme bien l\u00e9ger qui devait cacher bien des choses moins avouables. Nombres d&rsquo;informations furent soigneusement not\u00e9es dans un grand cahier vert. Voila, ils savaient tout de moi, je n&rsquo;avais plus aucun secret pour eux. Je me sentais vuln\u00e9rable, abandonn\u00e9. Pour m&rsquo;achever d\u00e9finitivement, le parking r\u00e9sonna du bruit des moteurs de deux grands bus rouge et noir, ces mastodontes d&rsquo;acier et de fum\u00e9e se gar\u00e8rent non loin de nous et les portes s&rsquo;ouvrirent en grand telles deux bouches de l&rsquo;enfer pr\u00eates \u00e0 nous engloutirent et \u00e0 nous emporter.<\/p>\n<p>Je sentis un mouvement de recul parmi mes amis. Alors \u00e7a y \u00e9tait, nous allions partir, plus rien n&rsquo;allait s&rsquo;y opposer, personne n&rsquo;allait nous enlever pour nous tirer de cette situation. Je respirai un grand coup et suivi le mouvement.<\/p>\n<p>Les quatre accompagnateurs nous mirent en rang deux par deux en nous comptant comme des b\u00eates, mon voisin n&rsquo;en menait pas large, je sentais bien qu&rsquo;il avait aussi peur que moi et je tentai de lui sourire pour le rassurer, mais je dus manquer de conviction car il ne le fut pas plus qu&rsquo;auparavant. Quelque part dans la file, quelqu&rsquo;un vomit tout son petit-d\u00e9jeuner. Le stress et la tension du d\u00e9part avaient \u00e9t\u00e9 plus forts. Je me raccrochais \u00e0 mon petit sac dans lequel j&rsquo;avais pus jeter quelques objets personnels qui me tenaient \u00e0 c\u0153ur et me mis en marche quand les premiers de la file commenc\u00e8rent \u00e0 grimper dans le bus au son de la voix de deux accompagnateurs qui nous recomptaient au fur et \u00e0 mesure que nous montions, comme si quelqu&rsquo;un avait pu s&rsquo;\u00e9chapper depuis le dernier comptage.<\/p>\n<p>Quand ce fut mon tour, je me retournais une derni\u00e8re fois pour voir l&rsquo;homme et la femme qui \u00e9taient repartis en direction de la grande voiture noire, ils me firent un petit geste dans lequel je sentais bien tout le d\u00e9sespoir d&rsquo;un p\u00e8re et d&rsquo;une m\u00e8re.<\/p>\n<p>Enfin je gravis les marches du bus. Une \u00e9tiquette verte donnait en grosses lettres quelques informations sans doute cod\u00e9es :<\/p>\n<p>\u201d BUS A &#8211; N\u00b0513 &#8211; CAMP EC \u201d<\/p>\n<p>J&rsquo;avais alors huit ans et demi et je prenais le chemin pour le camp de l\u2019\u00e9cureuil, en route pour les premi\u00e8res colonies de vacances.<\/p>\n<p>Ce furent peut-\u00eatre mes plus belles vacances.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h2>R\u00e9sultat<\/h2>\n<p><strong>8\u00e8me au classement g\u00e9n\u00e9ral.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">Note finale :<\/span> 12.2\/20\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">Originalit\u00e9 :<\/span> 6.1\/10<\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">\u00c9criture :<\/span> 6.1\/10<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Commentaires des votants<\/h2>\n<p>Un texte finalement assez d\u00e9cal\u00e9.<br \/>\nOn parle au d\u00e9but de \u00ab l\u2019homme \u00bb et de \u00ab la femme \u00bb. Vraisemblablement le p\u00e8re et la m\u00e8re. Les d\u00e9signer ainsi est un artifice un peu grossier car le personnage doit plut\u00f4t les appeler \u00ab papa \u00bb et \u00ab maman \u00bb.<br \/>\nLes phrases m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre raccourcies, car quelques fois c\u2019est \u00ab essoufflant \u00bb \u00e0 lire.<\/p>\n<p>Un bon d\u00e9but laissant imaginer quelque chose de plus &lsquo;dramatique&rsquo; mais qui s&rsquo;essouffle un peu \u00e0 force de descriptions et de redites. Une bonne id\u00e9e et un bon texte cependant.<\/p>\n<p>un style riche, mais auquel je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 adh\u00e9rer\u2026mais c&rsquo;est surement du au manque d&rsquo;action<\/p>\n<p>Quelques petites phrases mal tourn\u00e9es, mais tr\u00e8s agr\u00e9able dans l&rsquo;ensemble. J&rsquo;avoue ne pas vu la chute venir, bien jou\u00e9 !<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e est tr\u00e8s classique et je la trouve maladroitement mise en pratique. Le but semble \u00eatre de maintenir le doute quand a la destination r\u00e9elle du gamin, mais \u00e7a manque de subtilit\u00e9 et je n&rsquo;y ai pas cru une seconde.<\/p>\n<p>Le grand classique du \u201cen fait c&rsquo;est juste le gosse qui se fait un film\u201d. Mais d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est quand m\u00eame pas mal g\u00e9r\u00e9, j&rsquo;avoue avoir h\u00e9sit\u00e9 pendant au moins une moiti\u00e9 du texte.<\/p>\n<p>Beaucoup trop long et des incoh\u00e9rences au niveau du caract\u00e8re de l&rsquo;enfant. Un coup il pleure et se recroqueville, l&rsquo;instant d&rsquo;apr\u00e8s il essaie de rassurer les copains \u2026<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture. C&rsquo;est fluide, \u00e7a se lit bien. Le hic, c&rsquo;est que l&rsquo;on voit vite o\u00f9 on veut nous emmener. Du coup, c&rsquo;est un peu long et surtout, l&rsquo;\u00e9criture est trop \u201cparfaite\u201d pour porter une r\u00e9flexion d&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>Style agr\u00e9able et belle chute !<br \/>\nMalheureusement pas mal de petites fautes d&rsquo;orthographe (\u201cje d\u00e9cidais\u201d au lieu de \u201cd\u00e9cidai\u201d, \u201ccomme si j&rsquo;aurais\u201d au lieu de \u201ccomme si j&rsquo;avais\u201d.) mais un bon texte malgr\u00e9 tout ! bravo<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Atorgael\n<p><strong> Le grand d\u00e9part<\/strong><\/p>\n<p>Ils sont venus me chercher un matin, tr\u00e8s t\u00f4t. C&rsquo;\u00e9tait en juillet je crois<\/p>\n<p>Le soleil se levait \u00e0 peine mais la lumi\u00e8re qui inonda ma chambre quand les rideaux furent tir\u00e9s \u00e9tait blessante et me tira douloureusement <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=3274\">... 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