{"id":3250,"date":"2009-03-12T10:17:51","date_gmt":"2009-03-12T09:17:51","guid":{"rendered":"http:\/\/battle.atorgael.com\/?p=3250"},"modified":"2009-03-12T10:17:51","modified_gmt":"2009-03-12T09:17:51","slug":"challenge-d%e2%80%99ecriture-n%c2%b024-%e2%80%93-texte-n%c2%b07","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=3250","title":{"rendered":"Challenge d\u2019\u00e9criture n\u00b024 \u2013 Texte n\u00b07"},"content":{"rendered":"<h1>Nymph\u00e9a<\/h1>\n<p><strong>LA HORDE<\/strong><\/p>\n<p>La rue enti\u00e8re puait la mort et la chair calcin\u00e9e, je tombai au sol et le visage sans larmes, je hurlais ma douleur emport\u00e9e par les fum\u00e9es noires. Ils avaient accompli leur mission funeste mais je savais qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas mort, qu\u2019il naviguait aux confins de l\u2019autre temps\u2026<br \/>\nLes cypr\u00e8s ploient et pleurent sous les assauts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de la pluie et du vent. Elle essaie de prot\u00e9ger son visage \u00e9corch\u00e9 au passage par les branches des arbres. Le chemin monte en pente abrupte jusqu\u2019au cimeti\u00e8re. Apr\u00e8s des minutes d\u2019efforts, elle aper\u00e7oit enfin les lourdes grilles de fer qui griffent un ciel charg\u00e9s de nuages noirs. L\u2019espoir fait place \u00e0 l\u2019angoisse. Elle sait qu\u2019il est l\u00e0, comme chaque soir, depuis tant d\u2019ann\u00e9es\u2026 Qu\u2019il l\u2019attend.<br \/>\nLa terre boulevers\u00e9e n\u2019absorbe plus le flux de l\u2019eau. La boue colle aux talons de ses bottines. Elle avance difficilement dans les all\u00e9es rectilignes. Rien ni personne ne pourrait la faire renoncer \u00e0 cette rencontre \u00e0 travers le temps.<br \/>\nUn grondement \u00e9trange traverse une tombe au fond du cimeti\u00e8re. Elle sait que ce n\u2019est pas le bruit du vent qui redouble de violence. La dalle de granit se fissure en longs craquements, puis la lourde pierre se soul\u00e8ve lentement sous un entre las de ronces et provoque une onde de choc en retombant sur le sol. Des corbeaux perch\u00e9s sur les st\u00e8les voisines s\u2019envolent en coassant. Dans la nuit d\u2019encre qui s\u2019abat comme une chape de plomb sur les \u00e2mes des vivants, une main osseuse et ensanglant\u00e9e surgit de la tombe. Alexandra s\u2019est agenouill\u00e9e en se souciant peu de sa robe de laine brune. Les larmes l\u2019aveuglent. Des larmes de fianc\u00e9e blanche, des larmes qui troublent la taie opaque de ses yeux et ravivent la flamme de sa jeunesse. Elle saisit la main, la caresse et l\u2019encourage. L\u2019\u00e9corch\u00e9 qui surgit en grima\u00e7ant de douleur s\u2019appuie maintenant sur ses coudes d\u00e9charn\u00e9s pour basculer dans la lumi\u00e8re bleut\u00e9e du bon c\u00f4t\u00e9 du monde. C\u2019est lui ! Elle le reconna\u00eet malgr\u00e9 le terrible travail de la d\u00e9composition des chairs. C\u2019est Uriel, le fianc\u00e9 qu\u2019elle aimait de tout son \u00eatre avant la nuit du terrible d\u00e9chirement\u2026<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une nuit sans \u00e9toiles. Des heures suspendues dans le silence.<br \/>\nIls sont venus du bout des t\u00e9n\u00e8bres. Brusquement le ciel s\u2019est scind\u00e9 en nu\u00e9es de sang.<br \/>\nAu loin une poussi\u00e8re \u00e9paisse et jaun\u00e2tre noie les lignes d\u00e9finies du temps. Les sabots de haine mart\u00e8lent le sol. Elle est en route, la horde sauvage. Les chevaux infernaux ruent et \u00e9crasent au passage le moindre souffle de vie. Les chiens hurlent et montrent les dents, le monde retient sa respiration. Moment suspendu avant l\u2019orage. Longues \u00e8res attendues que cette soif de sang qui monte dans leurs gorges b\u00e9antes. Les nettoyeurs de l\u2019au-del\u00e0 sont descendus sur terre pour \u00e9radiquer les vivants.<br \/>\nIls sont arriv\u00e9s aux confins des villes. Les habitants affol\u00e9s s\u2019enfuient en serrant contre eux des enfants. Les \u00e9p\u00e9es tranchantes fouillent et lac\u00e8rent les chairs potel\u00e9es et roses. Elles font jaillir les visc\u00e8res des tendres petits ventres devant les m\u00e8res agenouill\u00e9es et suppliantes. Des cur\u00e9s en soutane sortent des \u00e9glises en flammes et brandissent des croix devant les cavaliers. Ils n\u2019ont pas eu le temps de b\u00e9nir les objets mystiques et leurs incantations d\u00e9risoires pour exorciser la folie meurtri\u00e8re sont accueillies par des rires tonitruants. Les guerriers de la mort cassent les croix et font voltiger loin devant eux les ridicules encensoirs. Ils redoublent de hargne et de rage meurtri\u00e8re. Les hommes de l\u2019au-del\u00e0, aux sinistres visages macul\u00e9s de chair humaine pr\u00e9lev\u00e9e sur les cadavres se r\u00e9jouissent de la souffrance de leurs victimes. Ils ont allum\u00e9 d\u2019immenses brasiers sur les collines alentour o\u00f9 ils jettent les jeunes vierges encore vivantes. La nuit r\u00e9sonne des r\u00e2les d\u2019agonie. L\u2019aube bl\u00eame surprend les cavaliers qui ripaillent et dansent devant des charniers o\u00f9 verdissent d\u00e9j\u00e0 les chairs putrides. Ils enfourchent leurs montures et s\u2019\u00e9vanouissent au lever du soleil ne laissant derri\u00e8re eux que malheur et cendres\u2026<\/p>\n<p>Uriel a couru devant la horde d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Il s\u2019est gliss\u00e9 dans le soupirail de son atelier de forgeron. Il a entendu les chevaux de l\u2019enfer qui piaffaient en reniflant sa pr\u00e9sence. Les cavaliers l\u2019attendaient en fouettant l\u2019air de leurs \u00e9p\u00e9es. Bien lui en avait pris de fixer solidement des barreaux d\u2019acier Il a tenu jusqu\u2019au matin et quand la lune d\u2019acier a coup\u00e9 les nuages, il s\u2019est risqu\u00e9 dehors. Un spectacle de d\u00e9solation lui a serr\u00e9 les entrailles. Partout la mort, le sang, des morceaux de chairs pendants des cadavres, des chiens qui se repaissaient de viande. Il s\u2019est mis en qu\u00eate de son Alexandra. Elle avait surv\u00e9cu. Il le sentait comme une \u00e9vidence. Il a aper\u00e7u sa silhouette titubante puis ses mains qui se tordaient de d\u00e9sespoir devant les charniers o\u00f9 elle cherchait son corps. Il allait lui crier qu\u2019il \u00e9tait vivant, qu\u2019il la prot\u00e8gerait \u00e0 travers le temps quand un nettoyeur ne lui a pas laiss\u00e9 le temps et \u00e0 pos\u00e9 ses mains de d\u00e9mon autour de son cou. Le cri s\u2019est \u00e9trangl\u00e9 au fond de sa gorge\u2026<br \/>\nIl souffre. Ses chairs se d\u00e9sagr\u00e8gent et tombent en poussi\u00e8re. Les os saillent sous les lambeaux de v\u00eatements. Dans un dernier sursaut d\u2019espoir il pense \u00e0 Alexandra. Elle sera au rendez-vous ce soir\u2026<\/p>\n<p>R\u00eaves d\u2019\u00e9ternit\u00e9 d\u00e9filent au-del\u00e0 du temps. Aujourd\u2019hui, c\u2019est un jour clair. Uriel a rejoint Alexandra pour les feux de la Saint Jean. Odeur de foin coup\u00e9, de saison qui se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re. Le temps a fui et son cort\u00e8ge de sombres nuages avec lui. Une \u00e8re de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 se dessine dans l\u2019azur tendre du ciel. C\u2019est sans compter sur les blessures laiss\u00e9es en stigmates. Elles se l\u00e9zardent dans la main du jeune homme, celle qui est rest\u00e9e noire depuis le temps des cendres. D\u00e9j\u00e0 les corbeaux se perchent sur les st\u00e8les. Des fossoyeurs creusent la nuit de nouvelles tombes dans le petit cimeti\u00e8re paisible ombrag\u00e9 de grands cypr\u00e8s.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h2>R\u00e9sultat<\/h2>\n<p><strong>7\u00e8me au classement g\u00e9n\u00e9ral.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">Note finale :<\/span> 12.9\/20\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">Originalit\u00e9 :<\/span> 6.0\/10<\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline\">\u00c9criture :<\/span> 6.9\/10<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Commentaires des votants<\/h2>\n<p>Honn\u00eatement, je ne suis pas s\u00fbr d&rsquo;avoir tout compris mais bon l&rsquo;essentiel est l\u00e0. J&rsquo;ai vraiment eu du mal avec l&rsquo;\u00e9criture qui ne manquait pourtant pas de po\u00e9sie et de \u201cm\u00e9lodie\u201d. Sans doute ne suis-je pas assez habitu\u00e9 \u00e0 des textes plus complexes dans la forme. Au final, je ne peux nier les qualit\u00e9s du r\u00e9cit mais j&rsquo;y ai peu accroch\u00e9.<\/p>\n<p>Difficile de savoir rapidement qui est \u201cje\u201d, \u201cil\u201d, \u201celle\u201d.<br \/>\nLe texte est plein d&rsquo;une certaine po\u00e9sie macabre qui fait son effet. C&rsquo;est bien \u00e9crit mais \u00e7a manque un peu de clart\u00e9 pour en saisir toutes les trames. Bravo tout de m\u00eame.<\/p>\n<p>Une tr\u00e8s jolie histoire \u00e0 la limite de la po\u00e9sie. Il fallait oser vu la phrase de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Style pesant. Propre, mais \u00e9touffant. Intrigue assez floue, chute un peu \u00ab flop \u00bb, pas tr\u00e8s nette.<\/p>\n<p>On sent un potentiel mais le texte est assez confus au final. Toi tu sais de quoi tu cause, mais nous on en est assez \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\n<p>Soit tu es un grand po\u00e8te et je n\u2019entends rien \u00e0 ton art, soit tu as \u00e9crit l\u00e0 un texte tr\u00e8s mal structur\u00e9 et aux allers-retours temporels trop fr\u00e9quents et tr\u00e8s mal identifi\u00e9s.<br \/>\nExprimer directement les choses en les d\u00e9crivant peut parfois para\u00eetre na\u00eff mais l\u2019obscur syst\u00e8me de narration consistant \u00e0 ne rien expliquer, \u00e0 juste enfiler les \u00e9v\u00e9nements sans explication aucune donne aux lecteurs tels que moi l\u2019impression que l\u2019auteur lui-m\u00eame n\u2019a pas vraiment de vision du monde qu\u2019il met en sc\u00e8ne.<br \/>\nEn un mot comme en cent : jouer la carte du myst\u00e8re avant de faire d\u00e9couvrir le message au lecteur, c\u2019est bien. Jouer au myst\u00e9rieux en ne d\u00e9voilant rien de l\u2019environnement, du contexte ou de quoi que ce soit\u2026 c\u2019est juste maladroit et, \u00e0 mes yeux, un rien pompeux. D\u2019o\u00f9 cette tranchante critique ass\u00e9n\u00e9e : je n\u2019ai pas aim\u00e9. Mais tout est subjectif et ton texte sera peut-\u00eatre pl\u00e9biscit\u00e9 car c\u2019est une \u00e9criture qui a son public. Je n\u2019en suis pas, voil\u00e0 tout !<\/p>\n<p>l&rsquo;histoire est un peu compliqu\u00e9e \u00e0 suivre. Qui parle au 1e paragraphe ? Il doit y avoir un flash back cach\u00e9 au dernier paragraphe ? A moins qu&rsquo;il ne se d\u00e9roule apr\u00e8s la \u201cr\u00e9surrection\u201d d&rsquo;Uriel ?<br \/>\nLe pr\u00e9nom d&rsquo;Alexandra tombe un peu comme un cheveux sur la soupe : pourquoi ne pas l&rsquo;avoir pr\u00e9cis\u00e9e d\u00e8s le premier \u201celle\u201d?<\/p>\n<p>Moui.<br \/>\nD\u00e9sol\u00e9 de ne pas trouver mieux \u00e0 dire, mais bien que ce texte ne soit pas mauvais, je ne lui trouve rien de transcendant. Cela dit je le r\u00e9p\u00e8te, il est loin d&rsquo;\u00eatre mauvais !<\/p>\n<p>Un conte gothique un peu classique qui comprend quelques belles descriptions mais est in\u00e9gal dans son ensemble. De gros probl\u00e8mes de concordance des temps et des points de vue. Il faudrait le reprendre et le condenser pour ne garder que le meilleur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Nymph\u00e9a\n<p><strong>LA HORDE<\/strong><\/p>\n<p>La rue enti\u00e8re puait la mort et la chair calcin\u00e9e, je tombai au sol et le visage sans larmes, je hurlais ma douleur emport\u00e9e par les fum\u00e9es noires. Ils avaient accompli leur mission funeste mais je savais qu\u2019il n\u2019\u00e9tait <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=3250\">... 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