{"id":1497,"date":"2009-09-30T11:07:44","date_gmt":"2009-09-30T09:07:44","guid":{"rendered":"http:\/\/battle.atorgael.com\/?p=1497"},"modified":"2009-09-30T11:07:44","modified_gmt":"2009-09-30T09:07:44","slug":"la-lutte-pour-lile-blafarde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=1497","title":{"rendered":"La lutte pour l&#039;\u00cele Blafarde"},"content":{"rendered":"<p>Sous la lumi\u00e8re blafarde du soleil, la Plaine des Os scintillait. Pr\u00e9serv\u00e9s par une \u00e9trange magie, les os \u00e9taient blancs. Des armures aussi vieilles que les royaumes elfiques donnaient l&rsquo;impression de sortir des forges et les armes emprisonn\u00e9es dans les mains des squelettes \u00e9taient aussi ac\u00e9r\u00e9es qu&rsquo;au premier jour. Les morts reposaient en rangs sans fin, cages thoraciques emm\u00eal\u00e9es, empilements de cr\u00e2nes hauts comme des collines. C&rsquo;\u00e9tait comme si tous les morts de toutes les guerres reposaient ici.<\/p>\n<p>A mesure de sa progression, l&rsquo;arm\u00e9e des elfes foulait les ruines d&rsquo;anciennes constructions. Une cit\u00e9 aussi grande que Lothern s&rsquo;\u00e9tait \u00e9lev\u00e9e \u00e0 cet endroit, mais tous ses b\u00e2timents s&rsquo;\u00e9taient effondr\u00e9s et il n&rsquo;en restait pas pierre sur pierre. Le bois vitrifi\u00e9 des poutres gisait au milieu des restes calcin\u00e9s de murs abattus.<\/p>\n<p>Les os craquaient sous les sabots des chevaux. Une poussi\u00e8re r\u00e9pugnante p\u00e9n\u00e9trait les narines de Tyrion. A sa gauche se trouvait le squelette d&rsquo;un serpent de plusieurs m\u00e8tres de long, \u00e0 sa droite une pyramide de cr\u00e2nes entass\u00e9s, \u00e0 peu pr\u00e8s de la taille d&rsquo;un elfe. Tyrion se demanda depuis combien de temps il pouvait se trouver l\u00e0. Peut-\u00eatre avaient-ils \u00e9t\u00e9 empil\u00e9s hier ou peut-\u00eatre cinq-mille ans auparavant. Il savait qu&rsquo;ici le temps s&rsquo;\u00e9coulait de fa\u00e7on \u00e9trange.<\/p>\n<p>Tyrion fixa le regard vide d&rsquo;une immense t\u00eate de pierre. La statue \u00e0 laquelle elle avait appartenu, devait \u00eatre immense. Chaque oeil \u00e9tait de la taille de Malhandir, la monture de Tyrion et le plus grand des coursiers elfiques de tous les temps.<\/p>\n<p>Au loin, les yeux per\u00e7ants de Tyrion, pouvaient discerner l&rsquo;\u00e9norme autel noir de Khaine, aussi grand que la pyramide d&rsquo;Asuryan. Ses flancs vomissaient un flot de sang et il \u00e9tait entour\u00e9 d&rsquo;immenses statues. A son sommet, quelque chose brillait d&rsquo;une lueur noire de sinistre augure. Tyrion ressentit une \u00e9trange excitation au creux de son estomac, un avant-go\u00fbt de la soif de combat qu&rsquo;inspirait la pr\u00e9sence de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e maudite.<\/p>\n<p>Les deux arm\u00e9es se rencontr\u00e8rent dans la plaine, devant le sanctuaire de Khaine. Leurs fi\u00e8res oriflammes battant au vent, les hauts elfes prirent position. A la vue de son arm\u00e9e, le coeur de Tyrion s&#8217;emplit de fiert\u00e9. L&rsquo;exp\u00e9dition pour reprendre l&rsquo;Ile Blafarde \u00e9tait l&rsquo;une des plus importantes de cet \u00e2ge du monde.<\/p>\n<p>Tyrion chevauchait \u00e0 l&rsquo;aile droite de l&rsquo;arm\u00e9e, aux c\u00f4t\u00e9s des heaumes d&rsquo;argent. Il \u00e9tait heureux de mener au combat ces chevaliers en armures, tous issus des familles les plus nobles et mont\u00e9s sur les meilleurs destriers qu&rsquo;Ulthuan pouvait fournir. A sa droite se trouvait un groupe d&rsquo;h\u00e9ro\u00efques auriges de Tiranoc, donnant \u00e0 voix basses leurs derni\u00e8res instructions aux chevaux qui tiraient leurs chars.<\/p>\n<p>A leurs cot\u00e9s se trouvaient Antheus de Caledor et ses fr\u00e8res les princes dragons, mont\u00e9s sur leurs immenses destriers. Chaque coursier \u00e9tait capara\u00e7onn\u00e9 avec une t\u00eati\u00e8re semblable au heaume ail\u00e9 de son ma\u00eetre. Antheus salua Tyrion de son antique lance orn\u00e9e de runes, dont la pointe brillait du feu captif d&rsquo;une \u00e9toile tomb\u00e9e.<\/p>\n<p>A la gauche de Tyrion, la multitude des archers, leurs arcs longs pr\u00eats au tir, tenait le centre. Plus \u00e0 gauche encore, se tenait une importante formation de lanciers compos\u00e9e de gardes maritimes de Lothern, resplendissants dans leurs heaumes ornement\u00e9s et leurs cottes de mailles en \u00e9cailles et de soldats citoyens des vall\u00e9es d&rsquo;Yvresse et des rivages de Gothique. Pr\u00e8s de la garde maritime, deux balistes avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es en h\u00e2te.<\/p>\n<p>Il y avait aussi la garde personnelle du prince mage saph\u00e9rien Irion, aux costumes chamarr\u00e9s. Le haut mage se tenait fi\u00e8rement aux c\u00f4t\u00e9s de ses soldats, \u00e9changeant des plaisanteries avec Hallar, capitaine des ma\u00eetres des \u00e9p\u00e9es de Hoeth. Le mage et la plus fine lame d&rsquo;Ulthuan, \u00e9taient de vieux rivaux. Tyrion sourit, il avait appris le m\u00e9tier des armes de Hallar et il aimait bien son humour sardonique.<\/p>\n<p>Les terribles l\u00e9gionnaires silencieux de la garde ph\u00e9nix \u00e9paulaient les puissants lions blancs de Chrace, resplendissants dans les fourrures des grands carnivores dont ils tiraient leur nom. Cette arm\u00e9e avait de quoi effrayer m\u00eame le plus farouche des ennemis.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e des hauts elfes, l&rsquo;ennemi avait mass\u00e9 ses rangs. Sur les marches m\u00eames du sanctuaire, se tenait N&rsquo;kari. Le d\u00e9mon majeur \u00e9tait horrible \u00e0 voir. Une fois et demi aussi grand qu&rsquo;un elfe et pesant dix fois plus lourd, une \u00e9norme masse compacte de muscles. De ses deux \u00e9paules sortaient deux bras termin\u00e9s par des pinces, sous lesquels se trouvaient deux bras humains. N&rsquo;kari jeta en arri\u00e8re sa t\u00eate de taureau et laissa \u00e9chapper un \u00e9trange ululement, qui se r\u00e9percuta \u00e0 travers l&rsquo;arm\u00e9e des elfes noirs, les mettant dans une transe de terreur et d&rsquo;adoration. Aux pieds de N&rsquo;kari se trouvait un d\u00e9mon hideux, en partie scorpion, en partie reptile et en partie bestial. Il l\u00e9chait lascivement les jambes du d\u00e9mon. N&rsquo;kari lui caressa la t\u00eate, d&rsquo;une de ses mains humaines. Il agita l&rsquo;autre en direction de Tyrion dans un salut moqueur.<\/p>\n<p>Devant lui se tenaient les rangs des lanciers elfes noirs aux yeux br\u00fblants d&rsquo;une haine non dissimul\u00e9e. Tyrion les avait d\u00e9j\u00e0 affront\u00e9s et les savait redoutables. Toute l&rsquo;infanterie des elfes noirs \u00e9tait consum\u00e9e d&rsquo;une haine tellement violente, qu&rsquo;elle la rendait incapable de reculer ou de se rendre. Les l\u00e9gions du Roi Sorcier, \u00e9taient les plus terribles ennemis des hauts elfes.<\/p>\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s des lanciers, face aux auriges de Tiranoc, une foule de furies hurlait et piaillait, avide de meurtre. Les l\u00e8vres violettes des femmes drogu\u00e9es d\u00e9goulinaient de bave. Elles brandissaient des lames enduites de poison et dansaient lascivement pour le plaisir de leur ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Juste en face de la cavalerie des hauts elfes, il y avait plusieurs formations d&rsquo;elfes noirs mont\u00e9s sur des sang-froid, \u00e0 la peau verte et gluante. Tyrion se demanda si les montures de son arm\u00e9e accepteraient de charger ces l\u00e9zards r\u00e9pugnants. Enfin, il \u00e9tait trop tard pour se poser ce genre de questions. Il devait avoir confiance dans la loyaut\u00e9 des chevaux et dans le courage des hauts elfes.<\/p>\n<p>Malhandir hennissait et se cabrait, impatient d&rsquo;aller au contact de l&rsquo;ennemi. Ne voyant aucune raison de le retenir, Tyrion donna le signal de la charge. Son plan \u00e9tait simple. Les archers devaient maintenir un tir nourri sur l&rsquo;ennemi, tandis que les chars et la cavalerie se rapprochaient des rangs ennemis. Il conduirait lui-m\u00eame la charge.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les doutes de la veille au soir, Tyrion \u00e9tait serein. S&rsquo;il \u00e9tait tu\u00e9 au cours de cette bataille, il aurait la mort qu&rsquo;il d\u00e9sirait. La guerre \u00e9tait quelque chose qu&rsquo;il comprenait, il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 pour cela. Il fixa son regard sur N&rsquo;kari. Oui, le d\u00e9mon \u00e9tait r\u00e9ellement une vision d&rsquo;horreur, oui, le d\u00e9mon \u00e9tait une cr\u00e9ature d&rsquo;un pouvoir redoutable. Mais Tyrion savait qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 battu. Une fois par son lointain anc\u00eatre Aenarion et une autre fois par son propre fr\u00e8re, le mage Teclis. Harceler la lign\u00e9e d&rsquo;Aenarion \u00e9tait le destin du d\u00e9mon, de m\u00eame que le destin des fils d&rsquo;Aenarion \u00e9tait d&rsquo;\u00eatre le fl\u00e9au de N&rsquo;kari.<\/p>\n<p>Tyrion avait confiance dans la force de son bras. Dans sa main, Sunfang irradiait d&rsquo;une puissance meurtri\u00e8re. Son corps \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9 par l&rsquo;Armure Dragon d&rsquo;Aenarion. A son cou pendait le C\u0153ur d&rsquo;Avelorn, dans lequel il y avait une m\u00e8che de cheveux de la Reine Eternelle. Il \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9 par des sorts d&rsquo;une puissance incroyable. Tyrion savait qu&rsquo;aucun guerrier except\u00e9, Aenarion, n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 au combat aussi bien \u00e9quip\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9. Si une cr\u00e9ature vivante avait l&rsquo;ombre d&rsquo;une chance en combattant le d\u00e9mon, c&rsquo;\u00e9tait bien lui et il n&rsquo;en demandait pas plus.<\/p>\n<p>Il leva une main gant\u00e9e et lan\u00e7a l&rsquo;attaque. Les notes claires des cors de guerre des elfes r\u00e9sonn\u00e8rent \u00e0 travers le champ de bataille. Le temps d&rsquo;un battement de c\u0153ur, un nuage de fl\u00e8ches s&rsquo;abattit sur les ennemis. Malhandir avait besoin de pr\u00e9c\u00e9der l&rsquo;attaque. Il acc\u00e9l\u00e9rait sans effort. Le vent sifflait aux oreilles de Tyrion, tandis que son destrier allongeait ses foul\u00e9es. Les os se brisaient comme des brindilles sous ses sabots ferr\u00e9s d&rsquo;argent. Dans le lointain, un sang-froid s&rsquo;effondra perc\u00e9 par un trait de baliste. Tyrion vit son cavalier d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9 et \u00e9cras\u00e9 par le cadavre de sa monture.<\/p>\n<p>Les sabots de la cavalerie des hauts elfes, faisaient trembler le sol. Tyrion vit un des chars de Tiranoc rebondir sur le sol in\u00e9gal. Les auriges, gris\u00e9s par la l vitesse, faisaient retentir leurs terrifiants cris de guerre qui firent courir un frisson le long de sa colonne vert\u00e9brale. Le cri des auriges rappelait les ann\u00e9es de haine, d&rsquo;amertume et de solitude. S&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 un elfe noir, il aurait \u00e9t\u00e9 effray\u00e9.<\/p>\n<p>Les elfes noirs tenaient leurs positions, en d\u00e9pit des vol\u00e9es de fl\u00e8ches qui les fauchaient. Bien que vendus au mal, ils n&rsquo;en restaient pas moins des elfes, avec une discipline et un courage elfique. D&rsquo;un mot, Tyrion ralentit Malhandir, laissant le reste de la , cavalerie le rattraper. Il voulait engager la bataille \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, \u00eatre le fer de lance de l&rsquo;attaque des elfes. A travers les nuages de poussi\u00e8re, il pouvait voir les elfes noirs se rapprocher. Ils poussaient des cris fr\u00e9n\u00e9tiques, utilisant une parodie de la langue d&rsquo;Ulthuan. Les mots se ressemblaient suffisamment pour \u00eatre compr\u00e9hensibles mais la langue hach\u00e9e de Naggaroth, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un p\u00e2le reflet de la langue fluide et chantante d&rsquo;Ulthuan.<\/p>\n<p>Eltharion sentit une vague de chaleur au niveau de sa poitrine, comme un \u00e9clair de pouvoir d\u00e9moniaque jaillissait des pinces de N&rsquo;kari. L&rsquo;\u00e9nergie mal\u00e9fique se lova autour de lui mais fut dissip\u00e9e par le charme de la Reine Eternelle. Tyrion murmura une pri\u00e8re pour remercier la m\u00e8re universelle. De derri\u00e8re lui, un \u00e9clair d&rsquo;\u00e9nergie surnaturelle bondit vers le d\u00e9mon et fut repouss\u00e9 d&rsquo;un simple revers de ses pinces monstrueuses.<\/p>\n<p>Un sifflement sinistre emplit l&rsquo;air lorsque les arbal\u00e9triers elfes noirs ouvrirent le feu. A la droite de Tyrion un guerrier audacieux s&rsquo;\u00e9croula, un carreau empenn\u00e9 de noir dans l&rsquo;oeil. Avec un hurlement horrible, il fut d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9. Un pied pris dans l&rsquo;\u00e9trier, il fut tra\u00een\u00e9 sur le champ de bataille comme une hideuse charrue labourant le sol recouvert d&rsquo;os. Instinctivement, Tyrion baissa la t\u00eate. Les carreaux rebondissaient sur son armure. Les antiques mailles pliaient. La douleur le br\u00fblait \u00e0 l&rsquo;endroit des impacts, il savait qu&rsquo;apr\u00e8s la bataille il serait couvert de bleus, s&rsquo;il survivait. Aucun carreau n&rsquo;avait encore p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 son armure, ce qui le rassurait car de sombres rumeurs pr\u00eataient aux enfants de Naggaroth la d\u00e9testable habitude d&rsquo;enduire de poison les pointes de leurs projectiles.<\/p>\n<p>Tyrion risqua un coup d&rsquo;oeil aux alentours. Les pertes des elfes n&rsquo;\u00e9taient pas trop importantes. Les tireurs \u00e9taient loin et les traits avaient perdu la majeure partie de leur force en atteignant les rangs des hauts elfes. Il vit un char heurter un talus et se retourner, son conducteur atteint en plein coeur par un tir malheureux. Hennissants de terreur, les chevaux essayaient de se d\u00e9gager des d\u00e9combres.<\/p>\n<p>Incapables de se ma\u00eetriser plus longtemps, les furies et l&rsquo;infanterie de Naggaroth se mirent en branle, piaillant et se gaussant. Avec de lentes mais grandes enjamb\u00e9es, les sang-froid revinrent \u00e0 leur hauteur. La haine afflua dans les veines de Tyrion. Il \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 semer la mort parmi ses ennemis. Une petite partie de son esprit identifia l&rsquo;accroissement de sa soif de sang. Elle venait de l&rsquo;arme fich\u00e9e dans cet antique autel. Il savait que l&rsquo;\u00e9p\u00e9e de Khaine se nourrissait de tous ces carnages.<\/p>\n<p>Des sorts s&rsquo;\u00e9changeaient entre les deux arm\u00e9es. Le mage et le d\u00e9mon se livraient un duel peu convaincant. Jusqu&rsquo;ici, la magie n&rsquo;avait eu que peu d&rsquo;effet mais Tyrion savait que l&rsquo;un des deux sorciers finirait par \u00e9puiser ses sorts d\u00e9fensifs et qu&rsquo;alors de terribles choses se produiraient.<\/p>\n<p>Des vol\u00e9es de fl\u00e8ches pleuvaient sur les elfes noirs. Pendant que leur cavalerie se rapprochait, les hauts elfes concentraient leur tir sur l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des rangs de Naggaroth. Des cris \u00e0 glacer le sang retentissaient lorsqu&rsquo;un elfe noir mourait. Sur l&rsquo;autel, l&rsquo;aura sombre autour de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e mal\u00e9fique s&rsquo;intensifiait sans cesse.<\/p>\n<p>Dans un fracas \u00e9pouvantable les deux arm\u00e9es s&rsquo;entrechoqu\u00e8rent. Men\u00e9e par Tyrion, la cavalerie des hauts elfes, telle un raz de mar\u00e9e d&rsquo;acier, se rua sur l&rsquo;ennemi. Tyrion frappait de droite et de gauche. Des furies tombaient d\u00e9capit\u00e9es. Malhandir se cabrait, \u00e9crasant leurs corps encore agit\u00e9s de convulsions. Plus vive que l&rsquo;\u00e9clair, la lame de Tyrion fauchait tout ce qui se trouvait \u00e0 sa port\u00e9e. Le prince elfe sentit affluer en lui une soif de sang famili\u00e8re. Il sentait les os se briser sous sa lame et la sensualit\u00e9 du pouvoir enfin lib\u00e9r\u00e9, tandis que Sunfang d\u00e9cha\u00eenait son \u00e9nergie.<\/p>\n<p>Hurlant toujours plus, les furies se jet\u00e8rent sur lui. Avec leurs yeux vitreux et leurs l\u00e8vres tach\u00e9es de sang, elles \u00e9taient encore plus d\u00e9mentes que Tyrion lui-m\u00eame. Il \u00e9tait une machine de destruction vivante, il \u00e9tait impossible \u00e0 un humain de l&rsquo;arr\u00eater. Faisant virevolter sa lame de part et d&rsquo;autre, il s&rsquo;\u00e9tait taill\u00e9 un chemin sanglant \u00e0 travers les furies et l&rsquo;infanterie des elfes noirs.<\/p>\n<p>Du coin de l&rsquo;oeil, il aper\u00e7ut une lame enduite de poison piquer vers lui. Au dernier moment, il tenta d&rsquo;esquiver en se renversant sur sa selle mais trop tard. La lame l&rsquo;atteint aux c\u00f4tes et lui aurait perc\u00e9 le coeur sans la r\u00e9sistance de son antique armure. Des \u00e9toiles dans\u00e8rent devant ses yeux, sous la force de l&rsquo;impact. L&rsquo;assassin elfe noir cracha dans sa direction. Tyrion put voir la marque de Khaine, tatou\u00e9e sur sa pommette.<\/p>\n<p>\u201cMeurs, assassin !\u201d rugit-il en frappant. Sa lame trancha la main de l&rsquo;homme, le revers le d\u00e9capita. Dans sa fr\u00e9n\u00e9sie \u00e0 semer la mort, Tyrion frappait dans tous les sens, transform\u00e9 en un v\u00e9ritable tourbillon de mort. Bient\u00f4t, il ne resta plus d&rsquo;ennemi vivant \u00e0 port\u00e9e de sa lame.<\/p>\n<p>Tyrion eut un moment de r\u00e9pit, qu&rsquo;il mit \u00e0 profit pour \u00e9tudier le d\u00e9roulement de la bataille. La cavalerie des hauts elfes avait fracass\u00e9 le gros des troupes des elfes noirs, leur infligeant de lourdes pertes. Tyrion avait pens\u00e9 que rien de vivant ne pouvait survivre \u00e0 une telle avalanche d&rsquo;acier. Les lances avaient transperc\u00e9 les corps des elfes noirs. Les roues \u00e9quip\u00e9es de faux des chars les avaient fauch\u00e9s comme les bl\u00e9s. Probablement soutenus par leur haine ancestrale, les elfes noirs avaient tenu bon. Ils avaient r\u00e9ussi tant bien que mal \u00e0 conserver leur ligne et \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la fureur de l&rsquo;attaque des hauts elfes. Malgr\u00e9 l&rsquo;intense pression exerc\u00e9e, ils n&rsquo;avaient pas flanch\u00e9. C&rsquo;\u00e9taient des ennemis r\u00e9ellement redoutables.<\/p>\n<p>Tyrion vit Antheus donner du haut de sa monture des instructions aux autres princes dragons. Ils \u00e9taient cern\u00e9s par un groupe de lanciers elfes noirs, \u00e9changeant coups pour coups avec leurs agresseurs. Un seul char avait r\u00e9ussit \u00e0 percer les lignes ennemies et se dirigeait vers les arri\u00e8res des elfes noirs. Pr\u00e8s de Tyrion, la masse des heaumes d&rsquo;argent \u00e9tait engag\u00e9e dans une lutte sans piti\u00e9 avec leurs adversaires fous furieux. Les grands chevaux blancs se cabraient et retombaient, \u00e9crasant les cr\u00e2nes \u00e0 coups de sabot. Les fiers chevaliers en mailles argent\u00e9es, taillaient et tranchaient de leurs \u00e9p\u00e9es.<\/p>\n<p>Alors m\u00eame qu&rsquo;il regardait, un fier chevalier fut d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9 et \u00e9ventr\u00e9 par un lancier elfe noir. De l\u00e0 o\u00f9 il se trouvait il \u00e9tait difficile de dire qui avait l&rsquo;avantage. Tyrion ne doutait cependant pas qu&rsquo;il le saurait bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Les sortil\u00e8ges fendaient l&rsquo;air. Pr\u00e8s de Tyrion, un \u00e9clair de pouvoir t\u00e9n\u00e9breux frappa au milieu des heaumes d&rsquo;argent, r\u00e9duisant l&rsquo;un d&rsquo;eux en un cadavre rabougri et provoquant la stupeur chez les autres. Voyant le visage horrifi\u00e9 de ses hommes et leur ardeur affaiblie, Tyrion, leur hurla de ne pas avoir peur et de tenir bon. Il y avait une telle autorit\u00e9 dans sa voix que les hauts elfes tirent leurs positions.<\/p>\n<p>Tyrion chercha du regard la source du sort mortel et la trouva. N&rsquo;kari \u00e9tait descendu des marches du sanctuaire et traversait la m\u00eal\u00e9e. Chaque coup de ses pinces laissait un courageux guerrier elfe \u00e0 terre aux pieds du d\u00e9mon.<\/p>\n<p>A l&rsquo;arri\u00e8re, les cors de guerre r\u00e9sonn\u00e8rent une fois de plus, appelant l&rsquo;infanterie \u00e0 se joindre \u00e0 la bataille. Une fois encore les fl\u00e8ches se mirent \u00e0 tomber en une pluie mortelle sur les rangs des elfes noirs. Poussant son cri de guerre, Tyrion dirigea Malhandir vers le d\u00e9mon majeur.<\/p>\n<p>Une odeur f\u00e9tide saturait l&rsquo;air \u00e0 proximit\u00e9 de N&rsquo;kari. La pr\u00e9sence oppressante du d\u00e9mon mettait en p\u00e9ril la raison de quiconque le regardait. Il y avait quelque chose de presque majestueux dans l&rsquo;apparence de ce rejeton de l&rsquo;enfer et quelque chose de presque ( merveilleux dans la puissance surnaturelle et la gr\u00e2ce de ses mouvements. Tyrion vit l&rsquo;un des heaumes d&rsquo;argent \u00eatre hypnotis\u00e9 puis coup\u00e9 en deux par le d\u00e9mon. M\u00eame la charge de Malhandir ralentit, obligeant Tyrion \u00e0 recourir aux \u00e9perons.<\/p>\n<p>Tandis qu&rsquo;il se ruait comme l&rsquo;\u00e9clair sur le d\u00e9mon, les runes de son \u00e9p\u00e9e se faisaient de plus en plus brillantes. Il fit d\u00e9crire \u00e0 Sunfang un grand arc de cercle et frappa le monstre. Mani\u00e9e par le puissant bras de Tyrion, dont la puissance \u00e9tait accrue par la charge irr\u00e9sistible de Malhandir, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e aurait terrass\u00e9 tout autre ennemi. N&rsquo;kari ne fit qu&rsquo;\u00e9mettre un cri de douleur qui r\u00e9jouit n\u00e9anmoins le coeur de Tyrion : la chose pouvait donc \u00eatre bless\u00e9e.<\/p>\n<p>Tyrion frappa encore et encore, faisant pleuvoir une gr\u00eale de coups, repoussant N&rsquo;kari. La sueur coulait sur le front du h\u00e9ros et mena\u00e7ait de l&rsquo;aveugler. Son bras tremblait sous les impacts de son \u00e9p\u00e9e contre le cuir, aussi r\u00e9sistant que de l&rsquo;acier, du d\u00e9mon. Il n&rsquo;osait cependant pas s&rsquo;arr\u00eater. Il ne voulait pas laisser un seul instant de r\u00e9pit \u00e0 cette chose, de peur qu&rsquo;elle ne le mette en pi\u00e8ces de ses gigantesques pinces. Des humeurs en fusion coulaient de plusieurs longues estafilades et le d\u00e9mon criait avec un \u00e9trange m\u00e9lange de plaisir et de douleur.<\/p>\n<p>La bataille \u00e9tait finie, sauf pour Tyrion et N&rsquo;kari. Pour les deux combattants plus rien d&rsquo;autre n&rsquo;avait d&rsquo;importance. Il leur semblait qu&rsquo;ils se battaient dans un univers isol\u00e9 et silencieux o\u00f9 seuls eux et leur haine existaient et o\u00f9 tout \u00e9tait domin\u00e9 par la pr\u00e9sence mal\u00e9fique de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e de Khaine.<\/p>\n<p>Presque \u00e0 la limite de ses forces, Tyrion continuait de frapper. Soudain le d\u00e9mon leva les mains. Ses doigts humains firent un geste d&rsquo;invocation et un \u00e9clair br\u00fblant de pouvoir t\u00e9n\u00e9breux enveloppa le h\u00e9ros des hauts elfes. Tyrion g\u00e9mit, la douleur se propageait \u00e0 toutes ses terminaisons nerveuses. Il avait des hauts-le-coeur et aurait voulu vomir. Il se sentait comme s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 foudroy\u00e9. Une odeur de bile et de soufre emplissait ses poumons. Il resta paralys\u00e9 pendant un moment, tandis que la chaleur de l&rsquo;amulette et le redoutable pouvoir au sort d\u00e9moniaque se livraient bataille dans son corps.<\/p>\n<p>Maintenant c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 N&rsquo;kari de faire pleuvoir les coups. A travers les brumes de la douleur, Tyrion se d\u00e9fendait du mieux qu&rsquo;il pouvait. Malhandir reculait tandis que le d\u00e9mon s&rsquo;avan\u00e7ait en ricanant. Tyrion bloqua l&rsquo;un des coups de la cr\u00e9ature et esquiva une pinces monstrueuses. Un autre coup atteignit son heaume. Ses oreilles r\u00e9sonn\u00e8rent d&rsquo;un bruit assourdissant. Sa t\u00eate fut projet\u00e9e en arri\u00e8re sous la force de l&rsquo;impact. Un coup de poing tr\u00e8s violent le toucha sous le coeur, \u00e0 l&rsquo;endroit d\u00e9j\u00e0 meurtri par le coup de l&rsquo;assassin. Il retint un cri quand ses c\u00f4tes c\u00e9d\u00e8rent. La douleur irradiait dans sa poitrine. Un autre coup lui disloqua presque l&rsquo;\u00e9paule.<\/p>\n<p>Une joie malsaine animait la voix du d\u00e9mon. \u201cTu es \u00e0 moi, prince Tyrion. L&rsquo;heure de ma vengeance a sonn\u00e9.\u201d<\/p>\n<p>Tyrion se sentit vaincu. Son corps n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une plaie, chaque cellule le faisait souffrir. Le d\u00e9mon \u00e9tait trop puissant pour \u00eatre vaincu par un mortel, aussi bien arm\u00e9 et aussi bien entra\u00een\u00e9 soit-il. Il avait \u00e9t\u00e9 inconscient de penser le contraire. Il se r\u00e9signait presque \u00e0 accepter l&rsquo;in\u00e9vitable, quand soudain une force nouvelle afflua en lui. Peut-\u00eatre venait-elle de l&rsquo;amulette \u00e0 son cou ou de la terrible \u00e9p\u00e9e de l&rsquo;autel. Il n&rsquo;en savait rien et peu lui importait. Il ne savait qu&rsquo;une chose, il devait continuer \u00e0 combattre. Et c&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;il allait faire.<\/p>\n<p>\u201cNon ! \u201d Cria Tyrion. Et bien que son \u00e9p\u00e9e lui sembl\u00e2t aussi lourde qu&rsquo;une enclume, il la souleva. Tout se d\u00e9roulait avec une lenteur effrayante, comme dans un cauchemar. Il vit le d\u00e9mon relever la t\u00eate, \u00e9tonn\u00e9. Tyrion abaissa sa lame avec la puissance majestueuse d&rsquo;un \u00e9clair. La lame br\u00fblante atteignit le d\u00e9mon en plein front, directement sur la marque de Slaanesh. La t\u00eate du d\u00e9mon se s\u00e9para en deux, sectionn\u00e9e sous la violence du choc. La chose tomba \u00e0 genoux, des flammes s&rsquo;\u00e9chappant de sa blessure.<\/p>\n<p>Au contact de l&rsquo;air, les humeurs se transformaient en vapeurs multicolores. A mesure que ces vapeurs montaient, le cadavre du d\u00e9mon se d\u00e9gonflait comme un ballon. La fum\u00e9e devenait toujours plus brillante pour finalement s&rsquo;\u00e9vanouir dans un g\u00e9missement plaintif. A pr\u00e9sent Tyrion \u00e9tait effectivement seul au milieu du champ de bataille ; il se sentait faible au point de tomber \u00e0 genoux. Il avait lutt\u00e9 jusqu&rsquo;au bout de ses forces. Mais une fois de plus, il tira sur ses r\u00e9serves et se for\u00e7a \u00e0 conduire Malhandir vers le centre de la m\u00eal\u00e9e pour combattre et vaincre.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span>L<\/span>entement, p\u00e9niblement, Tyrion gravit le grand escalier. Du sang couvrait chaque marche du sanctuaire de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e de Khaine. Son odeur \u00e9coeurante remplissait ses narines. Ses semelles \u00e9taient gluantes. Les derni\u00e8res lueurs du jour faisait para\u00eetre le sang noir. L&rsquo;air vibrait, satur\u00e9 de pouvoir, mena\u00e7ant de corrompre son \u00e2me.<\/p>\n<p>Il monta les derni\u00e8res marches vers le sommet du temple et se retourna pour contempler l&rsquo;\u00e9tendue de son triomphe. De cet endroit, du haut de la ziggourat noire, le champ de bataille lui semblait vide. Plus d&rsquo;un millier de guerriers \u00e9taient morts aujourd&rsquo;hui et ils ne repr\u00e9sentaient qu&rsquo;une infime partie des corps entass\u00e9s dans la plaine. Depuis cet antique observatoire, la futilit\u00e9 de la guerre devenait \u00e9vidente. Combien \u00e9taient morts au long des mill\u00e9naires ? Et pourquoi ?<\/p>\n<p>Il se tenait \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;endroit m\u00eame o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tait tenu Aenarion, lors des jours de col\u00e8re, lorsqu&rsquo;il avait tir\u00e9 l&rsquo;\u00e9p\u00e9e contre le Chaos et tent\u00e9 de sauver le monde. Il se tenait \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;endroit m\u00eame o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tait tenu Malekith, le Roi Sorcier de Naggaroth, tentant d&rsquo;arracher l&rsquo;arme \u00e0 l&rsquo;autel pour l&rsquo;utiliser \u00e0 ses propres fins criminelles. Il se tenait \u00e0 l&rsquo;endroit m\u00eame o\u00f9 Caledor et Tethlis, les Rois Ph\u00e9nix maudits, avaient contempl\u00e9 leurs destin\u00e9es et \u00e9taient partis \u00e0 la rencontre de leurs destins. Il se trouvait \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 d&rsquo;innombrables rois et sorciers \u00e9taient venus chercher de terribles pouvoirs.<\/p>\n<p>Seul Aenarion avait retir\u00e9 l&rsquo;arme de l&rsquo;autel et il l&rsquo;avait ensuite si profond\u00e9ment enfonc\u00e9e que nul depuis lors n&rsquo;avait pu l&rsquo;extraire.<\/p>\n<p>Tyrion se retourna vers l&rsquo;arme. M\u00eame dans le noir elle restait visible : autour d&rsquo;elle, des t\u00e9n\u00e8bres plus profondes que la nuit obscurcissaient le ciel. Elle \u00e9tait plant\u00e9e au milieu d&rsquo;un chaudron de sang bouillonnant. Sur la lame luisaient des runes \u00e9carlates et sa garde \u00e9tait comme un crucifix noir. Le sang se condensait \u00e0 partir de l&rsquo;air ambiant et d\u00e9goulinait par le sillon de la lame pour remplir le b\u00e9nitier maudit.<\/p>\n<p>Tyrion \u00e9tait surpris. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9p\u00e9e pour lui, comme elle l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 pour Aenarion. L&rsquo;arme \u00e9tait suppos\u00e9e appara\u00eetre sous une forme diff\u00e9rente \u00e0 chacun. Pour Malekith c&rsquo;\u00e9tait un sceptre, pour Caledor, une lance. Nul ne sait ce qu&rsquo;avait vu Tethlis, qui n&rsquo;avait pas v\u00e9cu assez longtemps pour le dire. L&rsquo;\u00e9p\u00e9e de Khaine, comme il le craignait, lui murmurait des choses. Son pouvoir l&rsquo;attirait dominant presque ses sens.<\/p>\n<p><em>Viens \u00e0 moi, disait-elle. Tu en es digne. Tu es mon ma\u00eetre. Tu es aussi grand qu&rsquo; Asnarion. Plus grand, m\u00eame. Tu r\u00e9ussiras l\u00e0 o\u00f9 il a \u00e9chou\u00e9.<\/em> Tyrion secoua faiblement la t\u00eate.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;avenir est sombre pour les elfes. La longue nuit de l&rsquo;extinction approche. Ensemble nous pouvons les sauver. Ensemble nous pouvons reconstruire l&rsquo;ancien empire et revendiquer les terres perdues. Rien ne pourra se dresser devant nous. Ni les humains, ni les d\u00e9mons, ni les nains, ni m\u00eame vos noirs semblables. Naggaroth tombera. L&rsquo;Empire tombera, les royaumes des nains tomberont. Le monde sera \u00e0 nous. C&rsquo;est ta destin\u00e9e. Tu seras le dernier des grands h\u00e9ros elfes et ton nom sera honor\u00e9 \u00e0 jamais.<\/em><\/p>\n<p>La poign\u00e9e semblait faite pour sa main. La nuit \u00e9tait pleine de promesses interdites. Le plus terrible \u00e9tait la v\u00e9racit\u00e9 des dires de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e. Sans l&rsquo;arme, Ulthuan finirait par tomber. Avec l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, il pourrait r\u00e9gner sur le monde. Il n&rsquo;aurait plus \u00e0 craindre d&rsquo;ennemi. Les d\u00e9mons trembleraient et le Roi Sorcier ne serait plus rien. Sa main se tendit vers l&rsquo;objet interdit.<\/p>\n<p>Au lieu de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, ce fut l&rsquo;amulette qu&rsquo;elle toucha. Le talisman r\u00e9pandit une faible chaleur sous ses doigts. Il le serra comme si sa vie en d\u00e9pendait, comme un naufrag\u00e9 accroch\u00e9 \u00e0 une \u00e9pave.<\/p>\n<p>Il pensa \u00e0 la Plaine des Os, aux innombrables cadavres qui nourrissaient le pouvoir de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, aux myriades de morts n\u00e9cessaires pour \u00e9tancher sa soif de destruction. Elle avait men\u00e9 Aenarion et les siens \u00e0 leur perte. Il \u00e9tait mort solitaire, dans un endroit effrayant. Tyrion savait que s&rsquo;il prenait l&rsquo;\u00e9p\u00e9e de Khaine, il \u00e9tait condamn\u00e9, il deviendrait un destructeur de mondes, mal\u00e9fique, sombre et puissant. Il comprit que ce n&rsquo;\u00e9tait pas ce qu&rsquo;il voulait.<\/p>\n<p>Lentement et \u00e0 contrecoeur, il tourna le dos et redescendit l&rsquo;escalier vers le monde des mortels. Le chant de sir\u00e8ne de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e r\u00e9sonnait dans ses oreilles.<\/p>\n<pre style=\"text-align: center\"><strong>Compil\u00e9 par Kragor<\/strong>\nSource : Livre d'arm\u00e9e Hauts Elfes - GW 1993\n Retranscrit en juillet 2007 pour Sanctum Atorgael<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous la lumi\u00e8re blafarde du soleil, la Plaine des Os scintillait. Pr\u00e9serv\u00e9s par une \u00e9trange magie, les os \u00e9taient blancs. Des armures aussi vieilles que les royaumes elfiques donnaient l&rsquo;impression de sortir des forges et les armes emprisonn\u00e9es dans les <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.atorgael.com\/?p=1497\">... [Lire la suite]<\/a>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[14,37,110],"class_list":["post-1497","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-decouvrir","tag-anthologie","tag-elfe","tag-warhammer"],"views":2079,"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1497","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1497"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1497\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1497"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1497"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.atorgael.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1497"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}