{"id":5989,"date":"2011-11-15T10:00:56","date_gmt":"2011-11-15T09:00:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atorgael.com\/atorgael\/?p=5989"},"modified":"2011-11-18T09:48:22","modified_gmt":"2011-11-18T08:48:22","slug":"challenge-n%c2%b040","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/atorgael\/?p=5989","title":{"rendered":"Bouquet final"},"content":{"rendered":"<p>Cette journ\u00e9e promettait d\u2019\u00eatre belle, comme tous les ans, les habitants de la Cit\u00e9 Imp\u00e9riale se pr\u00e9paraient pour la f\u00eate.<\/p>\n<p>Cette journ\u00e9e, m\u00e9morable entre toutes, devait f\u00eater les cent-vingt ans de r\u00e8gne de l\u2019imp\u00e9ratrice Al\u2019Cia, derni\u00e8re h\u00e9riti\u00e8re de la dynastie Sfa\u2019Nef.<\/p>\n<p>Cette journ\u00e9e qui voyait son soleil commencer \u00e0 d\u00e9cliner sur l\u2019horizon n\u2019aurait pu \u00eatre plus triste. \u00c2g\u00e9e de cent cinquante deux ans, l\u2019imp\u00e9ratrice absolue des vingt-sept plan\u00e8tes r\u00e9parties autour de neuf \u00e9toiles de la galaxie s\u2019\u00e9teignait doucement dans son palais.<\/p>\n<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence n\u00e9crotique avait fini par avoir le dessus apr\u00e8s les nombreuses op\u00e9rations de R\u00e9juvence dont avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 l\u2019imp\u00e9ratrice. Mais quand dix ans auparavant il s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 impossible de pratiquer une \u00e9ni\u00e8me op\u00e9ration, le long deuil avait commenc\u00e9. Les dix pr\u00e9c\u00e9dentes comm\u00e9morations avaient \u00e9t\u00e9 de plus en plus somptueuses, cette derni\u00e8re promettait d\u2019\u00eatre inoubliable, une apoth\u00e9ose. Le peuple \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 accepter le d\u00e9part de leur r\u00e9gente et, si sur les mondes les plus \u00e9loign\u00e9s certains s\u2019en r\u00e9jouissaient ouvertement, les cinq millions d\u2019habitants privil\u00e9gi\u00e9s de la Cit\u00e9 Imp\u00e9riale vivaient ces instants de mani\u00e8re bien plus intense en une triste communion avec leur imp\u00e9ratrice.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9paratifs avaient d\u00e9but\u00e9 depuis cent vingt jours, et chaque jour, autant de bouquets avaient \u00e9t\u00e9 port\u00e9s au palais. Les abords de la grande avenue en \u00e9taient devenus impraticables, les compositions et plantes exotiques, parfois import\u00e9es d\u2019autres mondes \u00e0 grands frais, occupaient chaque m\u00e8tre carr\u00e9. Les citoyens voulaient ainsi montrer toute la ferveur et l\u2019admiration qu\u2019ils portaient \u00e0 leur imp\u00e9ratrice pour ses derniers jours.<\/p>\n<p>Dans son grand lit mont\u00e9 sur des syst\u00e8mes d\u2019anti-gravit\u00e9, Al\u2019Cia pouvait assister au ballet de ses concitoyens et pouvait mesurer tout l\u2019amour d\u2019un peuple qui n\u2019avait connu qu\u2019une seule figure imp\u00e9riale, l\u2019\u00e9levant de fait \u00e0 un statut quasi-divin. Les op\u00e9rations de R\u00e9juvence \u00e9taient tr\u00e8s couteuses et seules quelques personnes importantes ou tr\u00e8s m\u00e9ritantes pouvaient en b\u00e9n\u00e9ficier. Et m\u00eame parmi ces \u00e9lites, seul le seigneur supr\u00eame des vingt-sept mondes pouvait en profiter de nombreuses fois, tant que son organisme supportait les traumatismes des multiples op\u00e9rations n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Ainsi, Al\u2019Cia \u00e9tait seule, ses \u00e9poux et enfants partis depuis bien longtemps, ne lui restait de famille qu\u2019une kyrielle de petits-enfants et d\u2019arri\u00e8re-petits-enfants dont elle ne s\u2019\u00e9tait jamais occup\u00e9e. La gouvernance de son empire \u00e9tait bien plus int\u00e9ressante et importante pour elle. En ce jour cependant, ils \u00e9taient tous l\u00e0, r\u00e9unis dans le palais ainsi qu\u2019elle l\u2019avait souhait\u00e9. Ils avaient tous accouru avec femmes, enfants, bagages et serviteurs, et il plaisait \u00e0 Al\u2019Cia qu\u2019il en fut ainsi. Elle les avait re\u00e7u tous, un \u00e0 un, d\u00e9fil\u00e9 interminable de banalit\u00e9s et de bons v\u0153ux hypocrites. Chacun cherchait un signe, une indication qui lui aurait donn\u00e9 les faveurs de l\u2019imp\u00e9ratrice lui permettant de poser ses pr\u00e9tentions afin de monter sur le tr\u00f4ne, mais aucun n\u2019avait eu cet insigne honneur.<\/p>\n<p>Au fond de ce grand lit qu\u2019elle ne quittait plus depuis une ann\u00e9e enti\u00e8re, Al\u2019Cia tr\u00f4nait au milieu de dizaines de coussins et d\u2019oreillers \u00e0 l\u2019image vivante d\u2019un ange pos\u00e9 sur un champ de nuages. Les traits de l\u2019imp\u00e9ratrice \u00e9taient doux, les ans n\u2019avaient pu y graver leurs rides m\u00eame apr\u00e8s la derni\u00e8re op\u00e9ration. Ses yeux p\u00e9tillaient toujours de malice et d\u2019intelligence m\u00eame si parfois un voile de tristesse venait obscurcir son regard. Il \u00e9tait alors temps pour les visiteurs de partir, raccompagn\u00e9s par le premier consul Met\u2019Ron, dernier conseiller \u00e0 pouvoir encore approcher l\u2019imp\u00e9ratrice dans son intimit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"center\">***<\/p>\n<p>Met\u2019Ron regardait le soleil se coucher \u00e0 l\u2019horizon, gros rubis pos\u00e9 sur les toits de cristal de la cit\u00e9. Il ne se lassait pas de ce spectacle. Derri\u00e8re lui, l\u2019imp\u00e9ratrice dormait, il pensa alors que cela aurait pu \u00eatre la derni\u00e8re occasion pour qu\u2019elle puisse admirer ce spectacle. Selon les derniers rapports m\u00e9dicaux, il s\u2019en fallait de quelques jours, voire de quelques heures avant que l\u2019issue fatale ne plonge l\u2019empire dans le deuil.<\/p>\n<p>Met\u2019Ron avait \u00e9t\u00e9 celui qui lui avait annonc\u00e9 la nouvelle qu\u2019une op\u00e9ration n\u2019\u00e9tait pas possible, un jour qui resterait dans sa m\u00e9moire pour toujours. Al\u2019Cia avait d\u2019abord protest\u00e9, s\u2019\u00e9tait violemment r\u00e9volt\u00e9e avant de tomber dans de longues semaines de silence et de prostration. Certains opposants avaient alors tent\u00e9 de profiter de la situation et annonc\u00e9 leur s\u00e9paration de l\u2019empire. Mais Al\u2019Cia \u00e9tait une femme forte et sortie de son mutisme, elle reprit les r\u00eanes de l\u2019empire et ch\u00e2tia durement les s\u00e9cessionnistes. Les troupes imp\u00e9riales n\u2019\u00e9taient pas connues pour leur cl\u00e9mence.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est beau, n\u2019est-ce pas\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tout \u00e0 ses pens\u00e9es, Met\u2019Ron n\u2019avait pas remarqu\u00e9 que l\u2019imp\u00e9ratrice s\u2019\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Oui, c\u2019est magnifique. Comment vous sentez-vous\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; On ne peut plus mal mon cher Met\u2019Ron, lui r\u00e9pondit-elle avec une petite grimace, mais ce n\u2019est pas une surprise. Je pense que mon heure est proche, en fait je sais que ne verrai pas la fin des festivit\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; Ne dites pas cela, vous \u00eates encore forte.<\/p>\n<p>&#8211; Non Met\u2019Ron, je sais ce que je dis, l\u2019aube se l\u00e8vera sur mon cadavre. Mais assez parl\u00e9 de cela, lis-moi quelques messages de mes fid\u00e8les gouverneurs. J\u2019imagine qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 nombreux \u00e0 me souhaiter un long r\u00e8gne !<\/p>\n<p>&#8211; En effet excellence, tous vous transmettent leurs bons v\u0153ux de r\u00e9tablissement et leurs loyaux souvenirs, ils expriment leurs joie de vous revoir bient\u00f4t dans leurs palais.<\/p>\n<p>&#8211; M\u00eame ce fourbe de Mot\u2019Uel ? En voila un qui ne doit pas me survivre, fais envoyer une compagnie de pacification sur sa plan\u00e8te, qu\u2019ils y annoncent ma mort et prononcent celle de ce traitre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019une main tremblante, Met\u2019Ron activa les protocoles, ils furent activ\u00e9s et confirm\u00e9s quelques millisecondes plus tard par l\u2019imp\u00e9ratrice. Dans quelques heures, une compagnie allait d\u00e9barquer sur le palais de Mot\u2019Uel et ex\u00e9cuter le gouverneur. Mal \u00e0 l\u2019aise, le premier consul n\u2019en continua pas moins de donner des nouvelles des diff\u00e9rents mondes de l\u2019empire mais Al\u2019Cia semblait n\u2019\u00e9couter que d\u2019une oreille distraite. Parfois son regard se rallumait \u00e0 l\u2019\u00e9vocation d\u2019un nom, mais, au grand soulagement de Met\u2019Ron, aucune autre compagnie de pacification ne fut envoy\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous semblez distraite votre altesse, avez-vous mal, puis-je vous soulager\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Non mon bon Met\u2019Ron, je pensais juste \u00e0 mon dernier \u00e9poux. Sais-tu que ce fut sans doute le seul que j\u2019ai vraiment aim\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Met\u2019Ron n\u2019eut pas \u00e0 r\u00e9pondre, Al\u2019Cia \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 repartie dans sa r\u00eaverie. Bien s\u00fbr qu\u2019il se rappelait de ce dernier \u00e9poux, Ska\u2019Rit, un homme de savoir qui avait fait r\u00e9gner une \u00e9poque de culture sur toute la cit\u00e9 pendant toutes les ann\u00e9es qu\u2019il avait pass\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Al\u2019Cia. Son d\u00e9c\u00e8s accidentel bien trop subit avait, selon les m\u00e9decins, provoqu\u00e9 une fracture psychologique chez l\u2019imp\u00e9ratrice et \u00e9tait sans doute \u00e0 l\u2019origine de l\u2019impossibilit\u00e9 de pratiquer l\u2019op\u00e9ration de R\u00e9juvence.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sais-tu pourquoi je pensais \u00e0 lui\u00a0? reprit Al\u2019Cia sans laisser le temps \u00e0 Met\u2019Ron de r\u00e9pondre, je pensais \u00e0 ces antiques rois qui, \u00e0 leurs enterrements, \u00e9taient accompagn\u00e9s de tous leurs serviteurs dans leurs tombes pyramidales. Tu connais cette l\u00e9gende j\u2019imagine\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; En effet majest\u00e9, mais pourquoi penser \u00e0 cela en ce jour de f\u00eate\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019aurais aim\u00e9 que Ska\u2019Rit m\u2019accompagne de cette mani\u00e8re dans mon long chemin vers la mort, je me rends compte aujourd\u2019hui que je n\u2019aurais pas d\u00fb le faire ex\u00e9cuter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Met\u2019Ron se figea, incapable de r\u00e9pondre il tentait d\u2019assimiler la derni\u00e8re phrase de l\u2019imp\u00e9ratrice.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ne fais pas cette t\u00eate, il commen\u00e7ait \u00e0 m\u2019ennuyer avec ses grands airs de professeur, ils ont tous fini par m\u2019ennuyer. Heureusement que tu es l\u00e0 toi.<\/p>\n<p>&#8211; Je \u2026, j\u2019ai peur de ne pas comprendre votre majest\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Mais bien s\u00fbr que si tu comprends, tu ne serais pas mon premier consul s\u2019il en \u00e9tait autrement. Tu es mon dernier fid\u00e8le ami, tu m\u00e9rites cet honneur. Reste dans cette chambre jusqu\u2019\u00e0 mon dernier souffle et nous partirons ensemble dans la nuit \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>&#8211; Je me ferai un devoir de vous accompagner mais\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Rassure-toi, ce sera sans douleur, j\u2019y ai veill\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dehors, les premi\u00e8res fus\u00e9es montaient haut dans le ciel au-dessus de la cit\u00e9, bient\u00f4t elles \u00e9clat\u00e8rent en de multiples fleurs color\u00e9es\u00a0; le spectacle commen\u00e7ait.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voil\u00e0, c\u2019est parti, adieu mon peuple, adieu Met\u2019Ron, tu aurais fait un \u00e9poux tr\u00e8s convenable.<\/p>\n<p>&#8211; Merci vote majest\u00e9, je suis tr\u00e8s sensible \u00e0 cet honneur, mais je ne comprends toujours pas et je commence \u00e0 m\u2019inqui\u00e9ter pour\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Tu veux donc que je te le dise de vive voix, alors \u00e9coute\u00a0: Vois-tu ces feux d\u2019artifices, ils sont superbes, jamais un tel spectacle fut donn\u00e9. Admire ces motifs qui se dessinent en gerbes de couleurs toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Vois ensuite les fum\u00e9es qui se d\u00e9gagent et participent \u00e0 la composition suivante. Ces artificiers sont de v\u00e9ritables g\u00e9nies, je suis heureuse que leur derni\u00e8re \u0153uvre soit pour moi. Ces fum\u00e9es contiennent un gaz neurotoxique qui va paralyser, asphyxier et tuer toutes les personnes qui les respireront ou dont la peau aura \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e au contact du gaz. Dans quelques heures, cette cit\u00e9 sera un tombeau tr\u00e8s comparable \u00e0 ceux de ces antiques rois et leurs pyramides. Qu\u2019en penses-tu Met\u2019Ron\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019en dis votre altesse que je dois me retirer et vous laisser afin \u2026<\/p>\n<p>&#8211; Vas Met\u2019Ron, vas te pr\u00e9parer pour notre prochain voyage, je t\u2019attendrai ici.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Paniqu\u00e9, le premier consul sorti de la chambre de l\u2019imp\u00e9ratrice Al\u2019Cia, oubliant tout protocole et toute dignit\u00e9, sa r\u00e9gente avait perdu la t\u00eate, comment avait-il pu ne pas s\u2019en apercevoir\u00a0? Il devait contacter quelqu\u2019un dehors, faire arr\u00eater ce d\u00e9lire. Mais tous les canaux \u00e9taient muets, plus personne ne r\u00e9pondait. Il sut qu\u2019il \u00e9tait trop tard.<\/p>\n<p>Avec un peu de chance il parviendrait peut-\u00eatre \u00e0 se r\u00e9fugier dans les bunkers du palais, il se mit \u00e0 courir.<\/p>\n<p align=\"center\">***<\/p>\n<p>Au-dessus de la cit\u00e9, la derni\u00e8re salve commen\u00e7a son ballet. Autour du palais des dizaines de fus\u00e9es jaillirent dans le ciel pour former une couronne de lumi\u00e8re assortie de joyaux \u00e9carlates \u00e0 l\u2019image de la couronne imp\u00e9riale. Une composition parfaite que personne ne vit, le nuage toxique avait fini son \u0153uvre.<\/p>\n<p>Les derniers feux d\u2019artifice illumin\u00e8rent les toits de la ville encore un instant avant que la nuit ne reprenne ses droits.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Texte \u00e9crit pour le challenge d&rsquo;\u00e9criture n\u00b040<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette journ\u00e9e promettait d\u2019\u00eatre belle, comme tous les ans, les habitants de la Cit\u00e9 Imp\u00e9riale se pr\u00e9paraient pour la f\u00eate. Cette journ\u00e9e, m\u00e9morable entre toutes, devait f\u00eater les cent-vingt ans de r\u00e8gne de l\u2019imp\u00e9ratrice Al\u2019Cia, derni\u00e8re h\u00e9riti\u00e8re de la dynastie Sfa\u2019Nef. 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