{"id":5939,"date":"2010-06-24T15:59:52","date_gmt":"2010-06-24T13:59:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atorgael.com\/atglvxi_wp\/atorgael\/?p=5939"},"modified":"2010-10-12T09:55:23","modified_gmt":"2010-10-12T07:55:23","slug":"nam-prioris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.atorgael.com\/atorgael\/?p=5939","title":{"rendered":"Nam Prioris"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5779\" title=\"bm_nam\" src=\"http:\/\/www.atorgael.com\/baalmoloch\/files\/2010\/06\/bm_nam.jpg\" alt=\"\" width=\"325\" height=\"75\" \/><\/p>\n<p>Corax Stingray est un soldat de l&rsquo;Empereur comme des millions d&rsquo;autres, comme tous les gars du 1er r\u00e9giment des Chim\u00e8res Pourpres de Capella, les Dead Kings.<\/p>\n<p>Une bande de durs \u00e0 cuire qui va en voir des vertes et des pas m\u00fbres sur une lune perdue, Nam Prioris\u2026<\/p>\n<h3>Dramatis personae<\/h3>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">la 3\u00e8me escouade :<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li> Corax Stingray &#8211; Sergent<\/li>\n<li> \u201cla Nounou\u201d &#8211; arme-lourde<\/li>\n<li> Bishop &#8211; \u00e9claireur<\/li>\n<li> Murdock &#8211; radio<\/li>\n<li> \u201cDoky\u201d &#8211; m\u00e9decin<\/li>\n<li> Gambit &#8211; sniper<\/li>\n<li> Vallenciaga &#8211; lance-flammes<\/li>\n<li> Joshua &#8211; cadet<\/li>\n<li> Wedge &amp; Biggs &#8211; cadets (jumeaux)<\/li>\n<li> Shapiro (d\u00e9c\u00e9d\u00e9)<\/li>\n<li> Dutch (d\u00e9c\u00e9d\u00e9)<\/li>\n<li> Spoon (d\u00e9c\u00e9d\u00e9)<\/li>\n<li> Gustavo (d\u00e9c\u00e9d\u00e9)<\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Autres unit\u00e9s :<\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li>Tuomas &#8211; Major<\/li>\n<li> Van Haussmann &#8211; Lieutenant<\/li>\n<li> Claytus &#8211; aum\u00f4nier<\/li>\n<li> Ungern &#8211; Commissaire<\/li>\n<li> Rippert &#8211; Sergent (5\u00e8me escouade)<\/li>\n<li> Carmine \u201cle clebs\u201d Canis &#8211; Sergent (2nde escouade)<\/li>\n<li> \u201cFat Domino\u201d &#8211; soldat (2nde escouade)<\/li>\n<li> Washington &#8211; soldat (2nde escouade)<\/li>\n<li> Lovells &#8211; intendant<\/li>\n<li> Kim Cue &#8211; adjudant-chef FDP<\/li>\n<li> Huey Dustoff &#8211; pilote de Land Speeder Medevac<\/li>\n<\/ul>\n<blockquote><p>Que dire sur Nam Prioris ? Que c&rsquo;est toujours un plaisir de retrouver les personnages qui font vivre cette histoire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est Baal qui a initi\u00e9 ce r\u00e9cit, je ne me suis content\u00e9 que de lui proposer d&rsquo;ajouter un personnage (Doky il me semble) et ce fut le d\u00e9but pour moi de participer aux aventures de cette escouade de la Garde Imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours bien aim\u00e9 les piou-piou de l&rsquo;Imperium, justement pour leur c\u00f4t\u00e9 \u2026 piou-piou, loin de ces surhommes de Space Marine. Au moins avec les gardes, on reste \u00e0 une dimension humaine, donc vuln\u00e9rable, donc attachante.<\/p>\n<p>Sans doute penserez-vous que vous avez d\u00e9j\u00e0 vu ou lu des sc\u00e8nes de ce r\u00e9cit ailleurs, avant. S\u00fbrement, Baal est un grand fan de toutes ces histoires sur la guerre du Vietnam, personnellement, je suis plus du genre \u00e0 plonger avec d\u00e9lectation dans les films sur la seconde guerre mondiale (le jour le plus long, le soldat Ryan et autre petites choses du genre). Ajouter \u00e0 cela une collection de figurine de la GI forte de dizaines d&rsquo;unit\u00e9s et vous aurez compris mon enthousiasme \u00e0 participer \u00e0 ce r\u00e9cit.<br \/>\nDerni\u00e8re source de motivation (s&rsquo;il en fallait encre une), les livres de la s\u00e9rie des fant\u00f4mes de Gaunt, en essayant de ne pas en faire une source d&rsquo;inspiration trop \u00e9vidente. N&rsquo;est pas Abnett qui veut.<\/p>\n<p>Le but : finir un jour cette histoire. Et on y arrivera ! L&rsquo;Empereur nous regarde !<\/p>\n<p><em>Atorgael<\/em><\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Au cas o\u00f9 vous n&rsquo;auriez pas encore fait le rapprochement, j&rsquo;ai toujours \u00e9tait fascin\u00e9 par les s\u00e9ries et les films sur la guerre du Viet-Nam.<br \/>\nEt c&rsquo;est un peu de cette ambiance que j&rsquo;ai voulu retransmettre \u00e0 mon tour, dans l&rsquo;univers 40K.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait pour moi aussi l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9crire \u00e0 la premi\u00e8re personne et de glisser un peu plus d&rsquo;humour.<br \/>\nA l&rsquo;instar de DeSaintes, mon premier texte a inspir\u00e9 Atorgael et nous avons encha\u00een\u00e9 les histoires avec beaucoup de plaisir.<\/p>\n<p><em>Baal-Moloch<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>1<\/h1>\n<p>Je hais le climat sur cette fichue lune ! Il y a encore quelques minutes, un soleil de plomb, harassant, et maintenant, la pluie. Dans cette atmosph\u00e8re chaude et oppressante, l\u2019eau d\u00e9gouline de fa\u00e7on d\u00e9sagr\u00e9able le long de mon \u00e9chine malgr\u00e9 mon poncho. Je me sens poisseux et sale. Seule me r\u00e9conforte un peu cette odeur si caract\u00e9ristique du bitume, chauff\u00e9 \u00e0 blanc et \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9tremp\u00e9, de l\u2019aire d\u2019atterrissage o\u00f9 j\u2019attends comme une \u00e2me en peine l\u2019antigrav.<\/p>\n<p>Je suis de corv\u00e9e aujourd\u2019hui, c\u2019est \u00e0 mon tour de chaperonner le bleu qui doit int\u00e9grer le peloton Dead Kings. Le petit nouveau va descendre de l\u2019engin et Dutch va monter \u00e0 sa place, confortablement install\u00e9 dans son sac bleu nuit. A cette pens\u00e9e, je me marre un bon coup : pour s\u00fbr, Dutch ne se plaindra pas vu qu\u2019il n\u2019a plus de t\u00eate\u2026<\/p>\n<p>Le voil\u00e0. Bon sang ! Ce n\u2019est encore qu\u2019un gamin, m\u00eame pas seize ans. D\u2019un air fier et solennel, il s\u2019avance vers moi et me fait le salut r\u00e9glementaire tout bien comme il faut. Je lui rentre dans le lard tout de suite, histoire de le mettre au parfum.<\/p>\n<p>&#8211; Tu peux te garder ton c\u00e9r\u00e9monial, le gosse. J\u2019ai pas du tout envie de me prendre une bastos dans le cr\u00e2ne parce qu\u2019un sniper embusqu\u00e9 croit shoot\u00e9 un grad\u00e9 ! Tu penses p\u2019t\u00eat que maintenant t\u2019es une vraie Chim\u00e8re Pourpre pour avoir surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019instruction, mais ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un avant-go\u00fbt de ce qui t\u2019attend ici. Alors \u00e9vite de faire ton mariolle, colle-moi aux basques comme un bon p\u2019tit toutou et \u00e9vite de d\u00e9conner. Si tu survis, je pourrais p\u2019t\u00eat alors te consid\u00e9rer comme autre chose qu\u2019un morceau de barbaque.<\/p>\n<p>Pour s\u00fbr, mon p\u2019tit discours a fait son effet. Le cadet est aussi blanc que ses \u00e9paulettes. J\u2019en profite pour repasser imm\u00e9diatement la seconde couche.<\/p>\n<p>&#8211; Je suis ton parrain, charg\u00e9 de t\u2019apprendre la vie, la vraie. Je m\u2019appelle Corax Stingray et\u2026 et je t\u2019invite \u00e0 effacer tout de suite ce petit sourire narquois de ta sale gueule. C\u2019est ma maman, une femme tr\u00e8s pieuse, qui m\u2019a donn\u00e9 ce pr\u00e9nom.<\/p>\n<p>Le gamin s\u2019ex\u00e9cute, tout penaud. Voil\u00e0 une bonne prise en main comme je les aime. Je leur d\u00e9bite \u00e0 chaque fois le m\u00eame la\u00efus et \u00e7a marche \u00e0 tous les coups. Je lui tourne le dos et me dirige vers nos baraquements. Ni une, ni deux, il m\u2019embo\u00eete le pas sans poser la moindre question. Bien. Sur le trajet, je lui r\u00e9cite le troisi\u00e8me verset de \u201cl\u2019accueil du bleu\u201d.<\/p>\n<p>&#8211; Tu l\u2019auras certainement devin\u00e9 comme un grand, ici c\u2019est pas Capella. Quelques villes minables, de la jungle et des rizi\u00e8res, rien d\u2019autres sur cette satan\u00e9e lune. Le d\u00e9cor de Nam Prioris est des plus monotones, mais ne t\u2019y trompe pas ! Le danger et la mort t\u2019attendent \u00e0 chaque pas, c\u2019est notre lot quotidien. Ici, on peut compter que sur nous et certainement pas sur ces p\u00e9tochards de FDP ! Ils n\u2019ont m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 foutus de pacifier le secteur et m\u00eame que la moiti\u00e9 d\u2019entre eux ont rejoint les ind\u00e9pendantistes de nord, c&rsquo;est dire.<\/p>\n<p>Le temps de faire ce monologue, nous avons rejoint notre campement. A priori, \u00e7a ressemble \u00e0 une s\u00e9rie de tentes, classique. Pourtant, faut pas se fier aux apparences : ce ne sont que des b\u00e2ches soigneusement dispos\u00e9es pour couvrir nos bunkers. Si l\u2019envie prend l\u2019adversaire de nous attaquer, ses premi\u00e8res vagues d\u2019assaut se casseront les dents sur notre plasb\u00e9ton. Encore une bonne id\u00e9e du Major Tuomas. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 lui qui avait pens\u00e9 \u00e0 laisser sur les cadavres ennemis cette imitation du Tarot de l\u2019Empereur avec notre embl\u00e8me au verso, un cr\u00e2ne couronn\u00e9, le Dead King. Genre c\u2019est notre signature quoi. Je fais rentrer le mioche dans notre blockhaus, noy\u00e9 dans la fum\u00e9e de barrettes de Lho, les copains sont tous tranquillement install\u00e9s sur leur couchette.<\/p>\n<p>&#8211; Bienvenu dans la 3\u00e8me escouade ! Laisse-moi faire les pr\u00e9sentations. Sur ta droite, en train de jouer de l\u2019harmonica, Spoon. Juste derri\u00e8re lui, le gars qui pieute comme un b\u00e9b\u00e9, Vallenciaga. Et l\u00e0, au fond, la Nourrice. On l\u2019appelle comme \u00e7a parce que pas un seul des jeunots dont il avait la charge n\u2019est rest\u00e9 vivant plus d\u2019une semaine. Le reste de l\u2019\u00e9quipe est avec le Sergent Gustavo, en patrouille cette nuit. Les gars, voici le digne rempla\u00e7ant de Dutch\u2026 Et mais tu t\u2019appelles comment d\u00e9j\u00e0 ? Joshua ? Bon ben voici Joshua.<br \/>\n&#8211; Il est pas tatou\u00e9, marmonne Nounou tout en taillant un bout de bois avec son couteau.<br \/>\n&#8211; Hein ?<br \/>\n&#8211; Il est pas tatou\u00e9, j\u2019te dis. Il a pas son Dead King.<br \/>\n&#8211; Et alors ? J\u2019viens de te dire que c\u2019est le nouveau, fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9. Il n\u2019a m\u00eame pas encore \u00e9t\u00e9 au feu. Si il est toujours vivant dans un mois, alors il pourra se faire tatouer, pas avant.<br \/>\n&#8211; Depuis quand c\u2019est toi qui d\u00e9cide, Sting&rsquo; ? Tu te prends pour un cador ? Toujours \u00e0 te croire sup\u00e9rieur aux autres, \u00e0 jouer les v\u00e9t\u00e9rans.<br \/>\n&#8211; H\u00e9 la Nourrice ! Je suis un v\u00e9t\u00e9ran. Moi, j\u2019ai bouff\u00e9 du tunnel sur Capella \u00e0 chasser du Stealer et toi ? Ce gosse est sous ma responsabilit\u00e9 et je d\u00e9cide pour lui, okay ?<\/p>\n<p>Pour toute r\u00e9ponse, j\u2019ai le droit \u00e0 un grognement. Stingray un, Nourrice z\u00e9ro. All\u00e9 hop, la sieste.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>2<\/h1>\n<p>La pluie s\u2019est arr\u00eat\u00e9e, la nuit est tomb\u00e9e. En fait, c&rsquo;est pas vraiment la nuit, mais une \u00e9clipse : Nam Prioris est une lune qui gravite autour d&rsquo;une grosse boule de boue invivable qui nous cache le soleil de temps en temps. \u00c7a plus les vraies nuits, j&rsquo;vous raconte pas le bordel.<\/p>\n<p>Enfin bref, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, on s\u2019ennuie ferme. Spoon propose de passer le temps en supprimant \u00e0 coup de rangers quelques rat-raign\u00e9es, la vermine du coin, des rongeurs \u00e0 huit pattes. Pour toute r\u00e9ponse, il se prend nos oreillers en travers de la tronche. Il a de ces id\u00e9es parfois\u2026<\/p>\n<p>On grignote des biscuits de riz locaux tout en tapant le carton. Pour les mises, on joue des clopes. Je remporte quasiment tout ce qui fait bien r\u00e2ler la Nounou (j\u2019m\u2019en cogne comme c&rsquo;est pas permis : il r\u00e2le constamment). On discute pas mal, on raconte au ch\u2019ti nouveau nos exploits sur les champs de bataille. Evidemment, la moiti\u00e9 de ce qu\u2019on raconte est faux et l\u2019aut\u2019 moiti\u00e9 est grossi\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9e, mais le gamin nous \u00e9coute avec la plus grande des attentions. Brave petit.<\/p>\n<p>Fffiiiiiii\u2026 BRAOOOM !<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est quoi \u00e7a ? s\u2019inqui\u00e8te Joshua.<br \/>\n&#8211; A vu de nez, j\u2019dirais un mortier, r\u00e9pond Nounou, impassible.<br \/>\n&#8211; Ils n\u2019osent quand m\u00eame pas nous attaquer jusqu\u2019ici ?!<br \/>\n&#8211; Bah, si.<\/p>\n<p>Comme un seul homme, fusil-laser \u00e0 la main, nous nous pr\u00e9cipitons aux meurtri\u00e8res. Dehors, c\u2019est un v\u00e9ritable spectacle pyrotechnique. Ces bande-mous de Namiens nous bombardent, les Chim\u00e8res Rouges r\u00e9pondent. Le grondement est assourdissant. Un peu partout, des fus\u00e9es \u00e9clairantes explosent, illuminant notre base d\u2019une sinistre lumi\u00e8re \u00e9carlate.<\/p>\n<p>BRAOOOM ! BRAOOOM ! BRAOOOM !<\/p>\n<p>Devant nous, des gerbes de terre se soul\u00e8vent. Toujours plus proches. Le prochain projectile va certainement nous arriver en plein sur la gueule.<\/p>\n<p>Soudain, un hurlement. A une vingtaine de pas de nous, un gars est \u00e0 terre. Spoon tente une sortie.<\/p>\n<p>&#8211; Spoon ! Rapplique ici ! Joue pas au h\u00e9ros !<\/p>\n<p>Il ne risque pas de m\u2019entendre. BRAOOOM ! BRAOOOM ! BRAOOOM !<\/p>\n<p>&#8211; Josh, avec moi.<\/p>\n<p>La t\u00eate rentr\u00e9e dans les \u00e9paules, r\u00e9flexe bien vain contre un obus de mortier, nous piquons un sprint vers l\u2019homme bless\u00e9. Il a les guiboles cribl\u00e9es de shrapnels. On le choppe par les \u00e9paules, il g\u00e9mit de douleur et on cavale tous ensemble fissa jusqu\u2019\u00e0 notre abri.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai pas vu Spoon, hal\u00e8te Joshua, o\u00f9 est Spoon ?<br \/>\n&#8211; L\u00e0-bas. Je d\u00e9signe du menton un tas de chiffon informe.<\/p>\n<p>Je laisse l\u2019estropi\u00e9 avec Josh. Ce dernier a eut sa dose d\u2019\u00e9motion pour aujourd\u2019hui. Vallenciaga fonce chercher un brancardier. La Nourrice et moi, on va r\u00e9cup\u00e9rer Spoon. La fiesta est termin\u00e9e, on n\u2019entend plus que quelques tirs de ci de l\u00e0.<\/p>\n<p>Spoon est allong\u00e9 devant nous, le visage plong\u00e9 dans la boue, m\u00e9chamment mort.<\/p>\n<p>&#8211; Il a eut des tripes pour sortir comme \u00e7a, m\u00e9dite Nounou.<br \/>\n&#8211; Pour s\u00fbr qu\u2019il en avait des tripes le Spoon, conclus-je, elles sont toutes l\u00e0, par terre. Ouais, il en avait beaucoup\u2026<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>3<\/h1>\n<p>Pour s\u00fbr, apr\u00e8s une nuit comme celle-l\u00e0, j\u2019ai du sommeil \u00e0 rattraper et c\u2019est donc un coup de pied r\u00e9glementaire dans le bide qui me r\u00e9veille : le Sergent Gustavo est rentr\u00e9 de patrouille, et il a pas l&rsquo;air content de sa soir\u00e9e, encore une de pass\u00e9e \u00e0 \u00e9viter les balles et le schrapnel. Faut bien avouer que le Sergent est un as dans ce domaine. Manque de bol, tous les gars de la patrouille ont pas \u00e9t\u00e9 aussi dou\u00e9s que lui.<\/p>\n<p>Trois de nos gars y sont rest\u00e9. Trois de la 2nde escouade. Sale soir\u00e9e pour tout le monde.<\/p>\n<p>Le Sergent a pris le p&rsquo;tit \u00e0 part, histoire de voir ce qu&rsquo;il avait dans le ventre. Alors que Josh se dirigeait vers le coin du Sergent, Doky l&rsquo;a crois\u00e9 avant de me rejoindre.<\/p>\n<p>&#8211; Salut Stingy.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai horreur qu&rsquo;il m&rsquo;appelle comme \u00e7a.<\/p>\n<p>&#8211; Sale nuit, hein ?<br \/>\n&#8211; Tu l&rsquo;as dit Doky.<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est un nouveau que je viens de voir l\u00e0 ?!<br \/>\n&#8211; Ouaip et pas la peine de lui faire ton num\u00e9ro Doky.<br \/>\n&#8211; Tu me connais\u2026<br \/>\n&#8211; Justement, et depuis un bout de temps Doky, alors l\u00e2che-le.<\/p>\n<p>Il a pas demand\u00e9 son reste il a continu\u00e9 son chemin.<\/p>\n<p>Faut que je vous parle de Doky.<br \/>\nDoky c&rsquo;est notre m\u00e9dic, si vous avez besoin de quelque chose pour vos bobos allez le voir, il a toute la pharmacie r\u00e9glementaire de la Garde Imp\u00e9riale. Et puis il a l&rsquo;autre, celle qu&rsquo;est moins l\u00e9gale. Tout le monde le sait, personne ne dit rien, beaucoup en profite. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;un petit stimulant avant de se lancer dans un assaut frontal, \u00e7a ne peut pas faire de mal.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me c&rsquo;est que Doky se fournit je sais pas o\u00f9 et que ses stimulants sont pas toujours de premi\u00e8re fra\u00eecheur, il y en a plus d&rsquo;un qui y est rest\u00e9 avant de lancer l&rsquo;assaut. L&rsquo;autre probl\u00e8me c&rsquo;est que Doky s&rsquo;en sert pour sa consommation personnelle. Dans ces cas l\u00e0 vaut mieux pas aller le voir, vos petits bobos devront attendre ou seront pires\u2026<\/p>\n<p>Josh est revenu un peu plus p\u00e2le qu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part. Le Sergent fait souvent cet effet sur les bleus, j&rsquo;crois m\u00eame que \u00e7a l&rsquo;amuse.<\/p>\n<p>&#8211; Il est toujours comme \u00e7a le Sergent ?<br \/>\n&#8211; Non l\u00e0 il est plut\u00f4t de bonne humeur, il a perdu que trois gars. Allez viens on va s&rsquo;en jeter une petite.<\/p>\n<p>On s&rsquo;est dirig\u00e9 vers le coin-salon, c&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;on a appel\u00e9 le bar. Doky m&rsquo;a vu venir de loin &#8211; Ah oui, Doky est \u00e9galement notre barman officiel, pratique pour son commerce.<\/p>\n<p>&#8211; Hey Stingy !<\/p>\n<p>Commence vraiment \u00e0 me les briser menu avec \u00e7a.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est ton prot\u00e9g\u00e9 qui r\u00e9gale ?<br \/>\n&#8211; Bah oui fiston, c&rsquo;est la coutume.<\/p>\n<p>On a fini tard cette nuit, tellement tard que c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le matin. Josh a parfaitement honor\u00e9 la tradition, un bon point pour lui, il a plein de copains maintenant, tout le monde conna\u00eet sa vie et lui conna\u00eet le reste de la 3\u00e8me escouade : Murdock le radio, Bishop et Gambit.<\/p>\n<p>On lui a tous montr\u00e9 nos Dead Kings avec les histoires qui vont avec. Doky a bien essay\u00e9 de lui refourguer sa marchandise mais j&rsquo;ai remis les points sur les i et il a pas insist\u00e9. Faudra quand m\u00eame que je le surveille.<\/p>\n<p>Encore un matin, un de plus, un matin que Spoon pourra pas voir. Que nous a pr\u00e9par\u00e9 le Major aujourd&rsquo;hui ? Encore une patrouille j&rsquo;imagine et avec le bol que j&rsquo;ai, je sens que je vais pas y couper \u00e0 celle-l\u00e0. \u00c7a donnera toujours l&rsquo;occasion au bleu de sortir. Va peut \u00eatre l&rsquo;avoir plus t\u00f4t que pr\u00e9vu son Dead King\u2026<\/p>\n<p>Gustavo d\u00e9barque, l\u2019air maussade.<\/p>\n<p>&#8211; Okay les filles ! J\u2019ai eu le programme des festivit\u00e9s : on d\u00e9colle dans une heure pour un petit crapahutage en r\u00e8gle dans la jungle. La 2nde ayant trop morfl\u00e9e hier, y\u2019aura que nous sur ce coup les gars. V\u00e9rifiez votre matos, j\u2019veux pas de plan craignos sur place. Mais avant toute chose\u2026<\/p>\n<p>Vlan ! Il sort le petit calepin noir. On a deux traditions dans l\u2019\u00e9quipe : chacun chapote un p\u2019tit nouveau et personne de ne se porte volontaire pour chapoter un p\u2019tit nouveau. Alors le Sergent, il tient les comptes pour que tout le monde y passe \u00e0 son tour. Spoon ayant pass\u00e9 l\u2019arme \u00e0 gauche, faut pr\u00e9voir son remplacement.<\/p>\n<p>&#8211; Et le grand gagnant de notre concours est\u2026 Nounou !<\/p>\n<p>Gros blanc. On sait tous ce que \u00e7a veut dire : le prochain gosse ne survivra pas une semaine.<\/p>\n<p>&#8211; Mesdemoiselles, pr\u00e9parez votre barda. On d\u00e9colle \u00e0 10-0-0.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>4<\/h1>\n<p>Aaah ! Les joies du crapahutage ! A peine avons-nous franchi le dernier avant-poste et p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la jungle que l\u2019atmosph\u00e8re a d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9. J\u2019vous ai d\u00e9j\u00e0 dit que je n\u2019aimais pas le climat, hein ? Et ben dans la jungle, c\u2019est pire. L\u2019air y est encore plus chaud et \u00e9pais car c\u2019est une \u00e9norme vo\u00fbte v\u00e9g\u00e9tale qui maintient l\u2019humidit\u00e9 ambiante et qui filtre la plupart du temps les rayons du soleil.<\/p>\n<p>Pendant un temps interminable, nous avan\u00e7ons, nous peinons plut\u00f4t, en file indienne, toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. Gravir une colline, descendre une colline, gravir une autre colline, descendre une autre colline. Un gars qui passerait par-l\u00e0, par hasard ou par manque de bol, nous prendrait certainement pour des zombies. Hagards, sales et puants. A force, nos bardas br\u00fblent nos \u00e9paules couvertes de sueur et d\u2019ampoules. On tr\u00e9buche, on grogne, on se prend une branche en pleine poire. Que du bonheur quoi !<\/p>\n<p>C\u2019est Bishop qui ouvre la marche, se taillant un chemin \u00e0 coups de machette. Machette aussi longue que son bras, p\u2019t\u00eat m\u00eame plus. Suivent derri\u00e8re, \u00e0 six m\u00e8tres d\u2019intervalle, Vallenciaga et Gambit. Viennent ensuite les deux ins\u00e9parables, Doky et Murdock. Puis, soufflant comme un b\u0153uf, Nounou et sa \u201ccracheuse de mort\u201d, son b\u00e9b\u00e9, une \u00e9norme mitrailleuse, qui \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre pr\u00e9cise provoque habituellement un carnage. En queue de peloton, le bleu et votre serviteur.<\/p>\n<p>J\u2019vous vois d\u00e9j\u00e0 venir. Vous croyez p\u2019t\u00eat que je me planque \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Mais c\u2019est loin d\u2019\u00eatre une position privil\u00e9gi\u00e9e, oh non. Croyez le ou non, l\u2019ennemi a cette f\u00e2cheuse tendance \u00e0 ne pas vouloir nous attaquer de front. Allez savoir pourquoi.<\/p>\n<p>Le Sergent Gustavo, quant \u00e0 lui, fait le va-et-vient le long de la colonne, distribuant les instructions et les ordres, et s\u2019arr\u00eate parfois avec Bishop pour faire le point sur la situation \u00e0 l\u2019aide d\u2019une holocarte incompl\u00e8te, \u00e9videmment.<\/p>\n<p>A chaque arr\u00eat, j\u2019en profite pour rencarder Josh sur les dangers que peut receler le coin.<\/p>\n<p>Y\u2019a tout d\u2019abord le bouffe-pied. Un champignon ressemblant \u00e0 un mollard d\u2019Ogryn, aussi gros mais plus noir. Si t\u2019as le malheur de marcher dessus lorsqu\u2019il est arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, \u00e7a explose et, en g\u00e9n\u00e9ral, ta jambe aussi.<\/p>\n<p>Et puis y\u2019a le vampire, un arbre tr\u00e8s particulier qui s\u00e9cr\u00e8te une odeur qui attire les petits animaux d\u2019apr\u00e8s ce que m\u2019a expliqu\u00e9 Doky, ses lianes les agrippent alors et les vident de leurs fluides vitaux. Pour s\u00fbr, \u00e0 moins d\u2019\u00eatre aveugle ou totalement abruti, \u00e7a s\u2019\u00e9vite facile.<\/p>\n<p>A part deux-trois bestiaux genre pr\u00e9dateurs aux dents longues, on trouve le buffle de jungle, aussi idiot que son cousin des rizi\u00e8res, mais tout autant dangereux si l\u2019envie lui prend de te charger.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour les \u201crisques naturels\u201d. S\u2019ajoutent \u00e0 cela les pochettes-surprises laiss\u00e9es gentiment par nos amis les autochtones. D\u2019ordinaire, ils utilisent un principe tout con : un tube avec un gros ressort et une grenade d\u00e9goupill\u00e9e dedans. Le tout retenu par un fil de soie, presque invisible. Si tu le touches, bye bye ! Le ressort se d\u00e9tend, \u00e9jecte la grenade en lib\u00e9rant sa culasse et \u00e7a saute \u00e0 hauteur de poitrine.<\/p>\n<p>Tout un programme\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est seulement apr\u00e8s avoir travers\u00e9 un plan d\u2019eau mar\u00e9cageux que je me souviens que j\u2019ai oubli\u00e9 autre chose. Les sang-sues.<\/p>\n<p>Ni une, ni deux, j\u2019informe le gosse de l\u2019existence de ces nuisibles en alliant le geste \u00e0 la parole : je lui retire l\u2019une de ces vilaines b\u00e9b\u00eates du cou. Je lui fais enlever sa chemise. Il en a d\u00e9j\u00e0 une dizaine dans le dos et sur le torse. Une par une, je les \u00f4te proprement.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est okay ? T\u2019en as encore quelque part ?<\/p>\n<p>Le gamin me regarde livide, l\u2019air h\u00e9b\u00e9t\u00e9. Il plonge prudemment la main dans son falzar et la ressort couverte de sang. Je ne sais pas si vous le savez, mais \u00e0 la vue de leur propre sang, la plupart des gens tourne de l\u2019\u0153il. Le petiot ne fait pas exception.<\/p>\n<p>Vite fait, je desserre son ceinturon et descends son futal jusqu\u2019aux chevilles. Que l\u2019Empereur me tripote ! Il a une de ces saloperies plant\u00e9e dans l\u2019outillage !<\/p>\n<p>Avec d\u2019infinies pr\u00e9cautions, je le d\u00e9barrasse de son nouveau copain que j\u2019\u00e9crase ensuite sous mon talon.<\/p>\n<p>&#8211; Et ben, Sting\u2019. Pris en flag\u2019 ! T\u2019as pas honte de faire \u00e7a \u00e0 un mioche ?<\/p>\n<p>C\u2019est la Nourrice, tout content de sa vanne. En signe de mon ind\u00e9fectible amiti\u00e9, je lui montre mon majeur tendu et mon plus beau sourire. Que voulez-vous, je suis un s\u00e9ducteur.<\/p>\n<p>Revenu \u00e0 lui, Josh me regarde b\u00e9atement. Je lui mets une claque amicale derri\u00e8re le cr\u00e2ne et l\u2019aide \u00e0 se relever. Je file ensuite une claque moins amicale \u00e0 Nounou qu\u2019arr\u00eate pas de se marrer.<\/p>\n<p>&#8211; La ferme ! nous balance Gustavo d\u2019une voix \u00e9touff\u00e9e. On n\u2019est plus tout seul !<\/p>\n<p>Je regarde en avant et vois Bishop \u00e0 l\u2019arr\u00eat, le poing lev\u00e9. A\u00efe ! Les ennuis, les vrais, commencent\u2026<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>5<\/h1>\n<p>Les gars s&rsquo;accroupissent en silence dans un ensemble impeccable, Josh suit le mouvement comme un vrai v\u00e9t\u00e9ran, sans un bruit, tout en d\u00e9verrouillant la s\u00e9curit\u00e9 de son fusil. Gustavo se porte vers l&rsquo;avant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Bishop qui, sans un mot, montre nos camarades de jeu pour aujourd&rsquo;hui. Je vois mal les gestes, Nounou me cache la vue et surtout, je zieute nos arri\u00e8res, on n\u2019est jamais trop m\u00e9fiant.<\/p>\n<p>Apparemment ce sont deux patrouilles en train de faire une pause ou d&rsquo;attendre quelque chose. On a vraiment l&rsquo;impression que ces Namiens sont comme chez eux, ils ne pensent jamais qu&rsquo;on peut leur tomber dessus n\u2019importe o\u00f9, n&rsquo;importe quand. Qu\u2019est-ce qu&rsquo;ils croient ? C\u2019est pas parce qu\u2019on a pris quelques kilos de mortier l&rsquo;autre soir qu&rsquo;on va rester au fond de nos trous. Grave erreur d&rsquo;appr\u00e9ciation les zigs.<\/p>\n<p>Pour s\u00fbr, d&rsquo;un autre cot\u00e9, ils sont bien chez eux, c&rsquo;est encore nous les intrus.<\/p>\n<p>Le Sergent nous donne nos positions : Bishop et Gambit sur la droite, Vallenciaga, Doky et Murdock sur la gauche, Nounou et moi au centre, Josh avec lui en soutien au cas o\u00f9. Sch\u00e9ma tactique, on le conna\u00eet par c\u0153ur.<\/p>\n<p>Joshua me jette un regard avant de rejoindre le Sergent. Je le rassure d\u2019un signe et d\u2019un regard amical \u2013 enfin, ce qui s&rsquo;en rapproche le plus vu la tension qui monte<\/p>\n<p>&#8211; Cool petit, quitte pas le Sergent d&rsquo;une semelle et tout ira bien.<\/p>\n<p>J&rsquo;aime ces moments de calme surr\u00e9aliste. On est l\u00e0 dans une jungle d\u00e9tremp\u00e9e, d\u00e9go\u00fbtants de sueur, sales comme c&rsquo;est pas humain de l&rsquo;\u00eatre, tranquille quoi, et dans quelques instants, tout va basculer dans une fr\u00e9n\u00e9sie de tuerie. Le pied !<\/p>\n<p>Doky se sort un petit remontant qu&rsquo;il se glisse sous la langue, va pas faire bon se prendre une bastos d&rsquo;ici les deux heures qui viennent si vous voulez mon avis.<\/p>\n<p>Nos arri\u00e8res sont clairs, mais je reste quand m\u00eame sur mes gardes pendant que les autres vont rejoindre leurs positions tandis que la Nourrice pr\u00e9pare la sulfateuse. C&rsquo;est lui qui ouvrira le bal, il adore \u00e7a le salaud.<\/p>\n<p>Les potes sont en place, le Sergent donne le signal \u00e0 Nounou et l&rsquo;enfer se d\u00e9cha\u00eene.<\/p>\n<p>Je vois rien quoique j&rsquo;imagine bien la sc\u00e8ne. Les balles fauchent les premiers rangs, les Namiens au centre se pr\u00e9cipitent \u00e0 couvert de toute part pour \u00e9viter la trou\u00e9e mortelle des balles de notre artilleur juste l\u00e0 o\u00f9 les attendent les grenades balanc\u00e9es par Bishop et Gambit d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et celles de Murdock et Vallenciaga de l&rsquo;autre. Normalement, ils ont pas grand-chose \u00e0 craindre de celles de Doky : y&rsquo;a de bonnes chances qu&rsquo;il ait oubli\u00e9 de les d\u00e9goupiller. Ah tiens non, trois explosions de plus que d&rsquo;habitude, Doky doit s&rsquo;habituer \u00e0 son remontant, il lui fait moins d&rsquo;effet, ou alors il s&rsquo;est fait arnaquer sur la marchandise.<\/p>\n<p>Le d\u00e9compte de Nounou m&rsquo;informe du score. Sa premi\u00e8re rafale en a laiss\u00e9 trois sur le carreau ; la seconde, deux de plus. Les grenades surprises ont mis six Namiens \u00e0 terre. Bref tout est comme d&rsquo;hab\u2019, pas la peine de me retourner pour\u2026<\/p>\n<p>Nounou se met \u00e0 gueuler, il vient de se prendre une bastos dans le haut de la cuisse gauche, trois centim\u00e8tres \u00e0 droite et Nounou aurait ramass\u00e9 ses bijoux avec les douilles de sa sulfateuse, il hurle comme un goret. Gustavo lui dit de la mettre en sourdine et de reprendre l\u2019offensive. Nounou l&rsquo;envoie balader, le ton monte. Ils vont pas se mettre sur la gueule maintenant quand m\u00eame !<\/p>\n<p>Alors que je veux me retourner pour voir o\u00f9 ils en sont, un mouvement attire mon regard. Ni une ni deux j&rsquo;allume. Les fils de chien ! Ils ont encore essay\u00e9 de nous entuber. Dommages mes cailles, c&rsquo;est Corax qui re\u00e7oit aujourd&rsquo;hui et il est pas d&rsquo;humeur.<\/p>\n<p>Pendant que j&rsquo;aligne les cartons, les tirs de la \u201ccracheuse de mort\u201d reprennent alors que Nounou beugle toujours qu&rsquo;il veut un rapatriement. Un bruit sourd m&rsquo;informe que le Sergent vient lui signifier une fin de non-recevoir. Gustavo un, Nounou z\u00e9ro.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;un changement de position, afin de pas me faire rep\u00e9rer trop facilement, je vois que c&rsquo;est Josh qui paye sa tourn\u00e9e aux Namiens. Ces cons ont cru qu&rsquo;une fois notre artilleur hors de combat, ils pouvaient nous foncer dessus. \u00c7a, c&rsquo;est mal conna\u00eetre les Dead Kings. En m\u00eame temps, comme on n\u2019a pas l\u2019habitude de laisser des survivants, ils ont du mal \u00e0 raconter nos tactiques \u00e0 leurs potes, histoires qu&rsquo;ils se fassent pas avoir eux aussi.<\/p>\n<p>De mon c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est clair, quelques tirs plus sporadiques m&rsquo;informent que la situation est en passe de se terminer. Le Sergent fait le tour, termine les bless\u00e9s d&rsquo;un bolt bien plac\u00e9 et balance une carte du Tarot de l\u2019Empereur sur chaque cadavre. Notre signature.<\/p>\n<p>Nounou est toujours dans les vapes. Il aurait d\u00fb se rappeler que le Sergent \u00e0 une bonne droite. Doky s&rsquo;approche pour voir son patient.<\/p>\n<p>&#8211; Tiens Corax encore parmi nous, \u00e7a c&rsquo;est bien pass\u00e9 pour toi ?<br \/>\n&#8211; Impec mec, t&rsquo;as ton matos de boucher ? Y&rsquo;a Nounou qui pisse rouge l\u00e0.<br \/>\n&#8211; Du calme, il va pas crever le frangin, j&rsquo;m&rsquo;en occupe.<\/p>\n<p>Regardant Josh.<br \/>\n&#8211; Bien jou\u00e9 p&rsquo;tit.<\/p>\n<p>Le gosse est encore agripp\u00e9 nerveusement \u00e0 la mitrailleuse. Je crois qu&rsquo;il se rend pas bien compte de ce qu&rsquo;il vient de faire. Comme bapt\u00eame du feu, c&rsquo;est pas mal, je compte cinq corps, joli score pour un bleu.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est bon Josh, tu peux la l\u00e2cher maintenant, de toute fa\u00e7on y&rsquo;a plus de balles.<\/p>\n<p>Je lui donne une ch\u2019tite tape derri\u00e8re la nuque, il l\u00e2che la g\u00e2chette, le barillet ralentit doucement sa rotation dans un sifflement aigu.<\/p>\n<p>&#8211; Bienvenu chez les Dead Kings, gamin.<br \/>\n&#8211; Ouaip, l\u00e2che Gambit &#8211; pas bavard comme \u00e0 son habitude.<br \/>\n&#8211; Tiens, prend en une rasade, lui propose Bishop en lui tendant sa gourde.<\/p>\n<p>Chacun y va de son petit mot sympa, m\u00eame le Sergent lui donne une tape dans le dos. Y&rsquo;a que Nounou qui dit rien vu qu\u2019il est encore dans le gaz\u2026<\/p>\n<p>Au retour au camp, il va y avoir un nouveau Dead King.<\/p>\n<p>Doky s&rsquo;est occup\u00e9 bien comme il faut de Nounou, il nous a fait le rituel complet, une aubaine pour Josh qui va comprendre pourquoi il faut pas prendre de balles quand on part avec Doky, outre le fait qu&rsquo;on peut en crever je veux dire.<\/p>\n<p>D&rsquo;habitude il peut pas, les gars sont pas d&rsquo;accord, mais l\u00e0 vu que Nounou pouvait pas dire le contraire.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord le fiole de 4, toujours, puis le scalpel de 30, toujours apr\u00e8s et pour finir la bande de 50. La fiole de 4 c&rsquo;est son d\u00e9sinfectant, dans chaque fiole, 4 doses : une dose pour Doky, une dose pour la plaie, une dose pur Doky et un dose pour le patient ; pour le coup la derni\u00e8re dose a \u00e9t\u00e9 pour Doky. Ensuite le scalpel de 30, juste un petit souvenir ramen\u00e9 de Capella, 30 centim\u00e8tres de bon acier de Catachan trouv\u00e9 sur Capella. Un coup de poign\u00e9 expert et l&rsquo;\u00e9clat est \u00e9ject\u00e9 de son logement. Pour finir la bande de gaze appliqu\u00e9e et maintenue comme elle peut sur la plaie. Et voila, un vrai travail de boucher je vous dis. A son r\u00e9veil Nounou a m\u00eame pas remerci\u00e9 Doky, quel ingrat, pour une fois qu&rsquo;il a rien senti.<\/p>\n<p>Le reste de la patrouille s&rsquo;est pass\u00e9 tranquillement et on est rentr\u00e9 par le m\u00eame chemin. La Nourrice a pas l\u00e2ch\u00e9 un mot durant tout le trajet du retour mais si ses yeux avaient \u00e9t\u00e9 des laser, s\u00fbr que je serai devenu le nouveau boss de la 3\u00e8me escouade.<\/p>\n<p>C&rsquo;est Josh qui a port\u00e9 le b\u00e9b\u00e9 de Nounou sur le retour, ce dernier n&rsquo;arr\u00eatant pas de l&rsquo;engueuler d\u00e8s qu&rsquo;une branche fr\u00f4lait son pr\u00e9cieux engin de mort.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e au camp, le Sergent est parti faire son rapport, nous on s&rsquo;est pr\u00e9par\u00e9 pour la c\u00e9r\u00e9monie, surtout Doky, c&rsquo;est encore lui le plus occup\u00e9 : c&rsquo;est lui qui pr\u00e9pare le DK. Josh est pas tranquille tranquille, il m&rsquo;a cuisin\u00e9 toute la soir\u00e9e pour en savoir un peu plus sur la c\u00e9r\u00e9monie mais je pr\u00e9f\u00e8re lui laisser la surprise.<\/p>\n<p>A l&rsquo;heure des quartiers-libres, on s&rsquo;est dirig\u00e9 vers le \u201cbar\u201d. On y a retrouv\u00e9 tout le monde et, comme \u00e0 chaque fois, c&rsquo;\u00e9tait une soir\u00e9e priv\u00e9e. Les Dead Kings n\u2019invitent personne pour l&rsquo;intronisation d&rsquo;un des leurs.<\/p>\n<p>Doky a servi la premi\u00e8re tourn\u00e9e de DK \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe et on se l&rsquo;ait enfil\u00e9e cul-sec. On appelle la mixture de Doky le DK, un nom comme un autre parce qu&rsquo;on veut pas trop savoir ce qu&rsquo;il y met. Chacun a servi le sien, l&rsquo;ambiance est mont\u00e9e, Josh s&rsquo;est d\u00e9tendu voyant que finalement \u00e7a se passait plut\u00f4t bien. Quand \u00e7a a \u00e9t\u00e9 son tour, on l&rsquo;a tous regard\u00e9 d&rsquo;un \u0153il mauvais et le Sergent \u00e0 commenc\u00e9 le rituel :<\/p>\n<p>&#8211; T&rsquo;es qui toi pour offrir une tourn\u00e9e aux Dead Kings ?<br \/>\n&#8211; Un Dead King, Sergent, qu&rsquo;on a repris en c\u0153ur avec notre air toujours aussi s\u00e9rieux.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;vois pas d&rsquo;tatouage les gars, c&rsquo;est mes yeux ou les traditions se perdent ?<br \/>\n&#8211; Non Sergent, c&rsquo;est juste un bleu.<br \/>\n&#8211; Doky, aiguille.<br \/>\n&#8211; Oui Sergent, avec plaisir.<\/p>\n<p>Le Sergent s&rsquo;est alors empar\u00e9 de l&rsquo;aiguille de tatouage.<br \/>\n&#8211; Rel\u00e8ve ta manche soldat.<\/p>\n<p>Josh s&rsquo;est ex\u00e9cut\u00e9. Le Sergent entame le dessin puis chacun de nous l&rsquo;a compl\u00e9t\u00e9 et j&rsquo;ai fini le travail en \u00e9crivant les mots \u201cDead King\u201d sous le cr\u00e2ne couronn\u00e9, l&rsquo;honneur du parrain.<\/p>\n<p>&#8211; Soldat, te voila un Dead King \u00e0 pr\u00e9sent, honore tes compagnons et ils seront toujours l\u00e0 pour toi. Et maintenant tu peux nous offrir un verre.<\/p>\n<p>Josh est d\u00e9sormais un Dead King, un tatou\u00e9, un vrai.<\/p>\n<p>On a fini la nuit en se rem\u00e9morant les gars tomb\u00e9s avant lui, on est un Dead King pour la vie et pour la mort aussi. J&rsquo;ai fait les comptes comme \u00e0 chaque fois et j&rsquo;en suis \u00e0 mon 28\u00e8me DK, j&rsquo;me rappelle chacun des gars qui sont pass\u00e9s par ce rituel depuis le mien et on est tous pareil. Gustavo en est \u00e0 son 37\u00e8me, Doky son 25\u00e8me, Gambit n&rsquo;est plus le jeunot, il a enfin son 1er DK.<\/p>\n<p>Nounou et Gustavo se sont tir\u00e9s la tronche et on a m\u00eame d\u00fb les emp\u00eacher de se battre \u00e0 deux reprises. Mais on leur a rappel\u00e9 o\u00f9 on \u00e9tait et ce qu&rsquo;on faisait, \u00e7a les a calm\u00e9, un peu.<\/p>\n<p>Demain la Nourrice va chercher le rempla\u00e7ant de Spoon, j&rsquo;esp\u00e8re seulement qu&rsquo;on aura le temps d&rsquo;en faire le 10\u00e8me Dead King de l&rsquo;escouade.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5759\" title=\"bm1\" src=\"http:\/\/www.atorgael.com\/baalmoloch\/files\/2010\/06\/bm1.jpg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"282\" \/><!--nextpage--><\/p>\n<h1>DOKY<\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5888\" title=\"nam_doky\" src=\"http:\/\/www.atorgael.com\/baalmoloch\/files\/2009\/06\/nam_doky.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"155\" \/><\/p>\n<p><em>Soit pas con Clitis, tire-toi d&rsquo;l\u00e0 !<\/em><\/p>\n<p>Il h\u00e9site. Sa conscience, son instinct de survie, ainsi que toutes les fibres de son corps lui hurlent de se tailler fissa. Pourtant, il y a ce serment, ce satan\u00e9 serment qu&rsquo;il a pr\u00eat\u00e9 tout comme son p\u00e8re et son grand-p\u00e8re avant lui : sauver des vies co\u00fbte que co\u00fbte. Ah les traditions familiales !<\/p>\n<p><em>Oui, oh, je te signale tout de m\u00eame que c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t facile \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de faire ce genre de promesse : tu n&rsquo;\u00e9tais pas alors dans cette salet\u00e9 de jungle \u00e0 te faire canarder d&rsquo;ssus. Je suis s\u00fbr que ton paternel comprendrait au vu de la situation.<\/em><\/p>\n<p>La petite voix n&rsquo;a pas tord et, \u00e0 force, va finir par convaincre Clitis Wood. Ce dernier est un l\u00e2che et de la pire esp\u00e8ce qui plus est, surtout lorsqu&rsquo;il est \u00e0 jeun comme aujourd&rsquo;hui : il n&rsquo;a pas eu le temps de s&rsquo;injecter dans les veines sa dose quotidienne de cocktails psychotropes, ni m\u00eame d&rsquo;avaler au moins un petit comprim\u00e9 qui d\u00e9tend les nerfs.<\/p>\n<p>Shapiro, Dutch, Spoon et Gustavo sont actuellement pris sous un feu nourri et, h\u00e9las pour eux, il n&rsquo;y a gu\u00e8re que lui pour les extirper de ce p\u00e9trin car le reste de l&rsquo;escouade est rest\u00e9 en retrait, cens\u00e9 couvrir leurs arri\u00e8res. Beau boulot, les gars, merci !<\/p>\n<p>Que faire ? Il n&rsquo;en a pas la moindre id\u00e9e. L&rsquo;adversaire conna\u00eet l&rsquo;endroit comme sa poche et s&rsquo;est parfaitement fondu dans le d\u00e9cor. Clitis se laisse n\u00e9anmoins couler sur le sol et se met \u00e0 ramper, en essayant de contourner l&rsquo;accrochage, du moins \u00e0 ce qu&rsquo;il pr\u00e9sume.<\/p>\n<p><em>Creuse-toi un peu la cervelle, ducon ! Ils sont fichus, laisse tomber ! Toi d&rsquo;abord, les autres apr\u00e8s\u2026 D&rsquo;ailleurs, eux, ils ne l\u00e8veraient certainement pas le p&rsquo;tit doigt pour toi si t&rsquo;\u00e9tais \u00e0 leur place. Chacun pour soi, mon vieux.<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est tr\u00e8s tentant. Prendre le large, quitte \u00e0 devenir un d\u00e9serteur. Un d\u00e9serteur ? Non, pas question ! Cela revient tout bonnement \u00e0 signer son arr\u00eat de mort. Le Commissaire se fera alors un devoir, et une joie, de lui administrer la B\u00e9n\u00e9diction de l&rsquo;Empereur.<\/p>\n<p><em>Mais non, mais non. L&rsquo;ennemi fuit, nous on se replie seulement. Tu saisis la nuance ? Pesons le pour et le contre si tu veux bien. Devant, c&rsquo;est la mort assur\u00e9e, t&rsquo;as aucune chance, crois-moi. Si tu rebrousses chemin maintenant, tu peux encore en r\u00e9chapper. T&rsquo;arriveras bien \u00e0 pr\u00e9texter quelque chose, n&rsquo;importe quoi, on a tout le temps d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir. Tu pourrais m\u00eame te flinguer le pied ou la cuisse, histoire de faire bonne figure.<\/em><\/p>\n<p>Tout ceci semble tenir la route. Toutefois, cela ne l&#8217;emp\u00eache pas de cacher son Ressuscitrex sous un tas de feuilles mortes au pied d&rsquo;un arbre rabougri, conservant uniquement la trousse de premiers soins au cas o\u00f9. Puis, lentement, m\u00e9caniquement, il reprend sa progression, toujours au jug\u00e9, esp\u00e9rant pouvoir chopper les hostiles par derri\u00e8re.<\/p>\n<p>Quelque part sur sa gauche, Dutch braille des insanit\u00e9s sur la vertu de certaines m\u00e8res jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Gustavo l&rsquo;invite \u00e0 la mettre en sourdine. A priori, et pour l&rsquo;instant, ses copains sont encore en vie.<\/p>\n<p><em>Pour l&rsquo;instant, hein. \u00c7a va pas durer. Demi-tour !<\/em><\/p>\n<p>L\u00e0 ! A une vingtaine de m\u00e8tres de sa position, plusieurs traits rougeoyants de laser viennent de percer la frondaison, d\u00e9chiquetant au passage de hautes foug\u00e8res. Par le Tr\u00f4ne d&rsquo;Or, les m\u00e9chants sont juste l\u00e0 !<\/p>\n<p><em>Et alors Clitis ? C&rsquo;est du suicide. Tu sens pas le danger ou quoi ? T&rsquo;as rien \u00e0 prouver, t&rsquo;as rien \u00e0 en retirer. Et puis, ce sont de grands gar\u00e7ons, ils vont bien se d\u00e9brouiller tous seuls. Tu risques m\u00eame de le g\u00eaner plus qu&rsquo;autre chose. Regarde-toi : tu trembles tellement t&rsquo;as la trouille, sans compter que t&rsquo;es en manque.<\/em><\/p>\n<p>Peut-\u00eatre. Ou peut-\u00eatre pas. Wood se sait \u00eatre le roi des d\u00e9gonfl\u00e9s mais il veut encore pouvoir se regarder dans la glace le matin sans se d\u00e9tester. Il lui reste encore une petite once d&rsquo;amour propre et il ne souhaite pas la perdre, ni m\u00eame la solder.<\/p>\n<p><em>Y&rsquo;a pas moyen de te faire entendre raison. On s&rsquo;en tamponne, bordel ! Tu n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 et tu ne seras jamais un h\u00e9ros, juste un z\u00e9ro. Un Z-E-R-O !<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Mais tu vas la fermer ta gueule ?!<\/p>\n<p>Clitis se plaque une main crisp\u00e9e sur la bouche. Il vient de dire \u00e7a \u00e0 voix haute. Il l&rsquo;a cri\u00e9 m\u00eame. Et d\u00e9j\u00e0, il peut entendre l&rsquo;opposant qui s&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 sa rencontre, s\u00fbrement pas pour lui offrir des chocolats.<\/p>\n<p><em>Ah mais c&rsquo;est pas vrai ! T&rsquo;es trop con. Moi, je m&rsquo;barre\u2026<\/em><\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e7a ! Tu me feras des vacances !<\/p>\n<p>Foutu pour foutu, il se redresse d&rsquo;un coup et balaye la zone devant lui de son fusil-laser r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 la puissance maximum. Une br\u00e8ve exclamation, \u00e0 la fois teint\u00e9e de surprise et de douleur, lui fait \u00e9cho non loin.<\/p>\n<p>Prudemment, la t\u00eate rentr\u00e9e dans les \u00e9paules et l&rsquo;index toujours par\u00e9 sur la d\u00e9tente de son arme, Wood s&rsquo;avance. A quelques pas \u00e0 peine, il tombe sur un Namien face contre terre, baignant dans son sang et litt\u00e9ralement coup\u00e9 en deux au niveau du bassin. Inutile de t\u00e2ter son pouls.<\/p>\n<p>Soudain, il per\u00e7oit derri\u00e8re lui des branchages que l&rsquo;on \u00e9crase. Il se retourne vivement, pointant son fusil vers ce bruit, pr\u00eat \u00e0 zigouiller celui qui se pr\u00e9sentera. Ouf ! C&rsquo;est Shapiro, la main lev\u00e9e en signe d&rsquo;apaisement.<\/p>\n<p>&#8211; Tout doux Doky, ce n&rsquo;est que moi. Ben mon colon tu l&rsquo;as pas rat\u00e9 le gus, d\u00e9signant du menton le cadavre. T&rsquo;es pas si trouillard que \u00e7a finalement.<br \/>\n&#8211; M\u2026 Merci. Et les autres ?<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est au poil, t&rsquo;inqui\u00e8te. Ta diversion a bien fonctionn\u00e9 : ces salopards se sont crus encercl\u00e9s et se sont cass\u00e9s sans demander leur reste. J&rsquo;peux t&rsquo;avouer qu&rsquo;on a chaud la couenne.<\/p>\n<p>Clitis Wood, m\u00e9decin de l&rsquo;escouade et surnomm\u00e9 Doky par ses camarades, est sur un petit nuage. C&rsquo;est bien la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il fait preuve de courage. Pour un peu, il y prendrai go\u00fbt. Mais il ne faut rien exag\u00e9rer.<\/p>\n<p><em>H\u00e9 ! Je te l&rsquo;avais bien dit qu&rsquo;on s&rsquo;en sortirai\u2026 Ce soir, double dose d&rsquo;obscura pour f\u00eater \u00e7a !<\/em><\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>6<\/h1>\n<p>Les lendemains de \u201cf\u00eates\u201d sont toujours difficiles. Malgr\u00e9 mon envie de rester au pieu, j\u2019arrive \u00e0 me convaincre, non sans quelques n\u00e9gociations avec moi-m\u00eame, \u00e0 ouvrir les yeux. A quelques centim\u00e8tres au-dessus de moi, deux visages hagards me fixent avec curiosit\u00e9. Doky et Murdock m\u2019offrent un regard proche de la d\u00e9bilit\u00e9 profonde. Notez bien qu\u2019avec ce qu\u2019ils ont encore d\u00fb s\u2019envoyer cette nuit, je doute fortement qu\u2019ils soient capables d\u2019un quelconque raisonnement intelligent. Et ma th\u00e9orie se confirme lorsque je les regarde plus attentivement : ils n\u2019ont plus qu\u2019une cr\u00eate de cheveux du front \u00e0 la nuque.<\/p>\n<p>Je marmonne quelques mots hautement philosophiques.<br \/>\n&#8211; C\u2019est pas vrai. A vous deux, vous \u00eates presque aussi fut\u00e9s qu\u2019un ork.<br \/>\nPour toute r\u00e9ponse, ils pouffent comme des vierges effarouch\u00e9es.<\/p>\n<p>&#8211; Tu daignes enfin te r\u00e9veiller ? C\u2019est le Sergent. Bien. Enfile ton paletot et vient me rejoindre dehors, on a \u00e0 discuter pendant que ces amuseurs de service finiront de se raser le cr\u00e2ne. Ce genre de conneries, c\u2019est bon pour les civils.<\/p>\n<p>Quelques instants plus tard, je rejoins Gustavo qui m\u2019attend pr\u00e8s d\u2019un vieux baril vide et rouill\u00e9. Il me tend un gobelet de caf\u00e9 br\u00fblant.<\/p>\n<p>&#8211; Ray, j\u2019le sens mal.<\/p>\n<p>Ah ! Quand il m\u2019appelle comme \u00e7a, c\u2019est plus l\u2019officier qui me parle mais mon copain d\u2019enfance, celui avec qui, \u00e9tant gosse, j\u2019ai parcouru les \u00e9troits tunnels sous la capitale de Capella pour d\u00e9nicher les Stealers \u00e0 grands coups de lance-flammes. En dix ans, j\u2019ai quasiment tout v\u00e9cu avec ce gars et c\u2019est l\u2019un des rares hommes que je qualifierai sinc\u00e8rement de compagnon d\u2019arme.<\/p>\n<p>&#8211; Quoi Gus ? Qu\u2019est-ce qui ne va pas ?<br \/>\n&#8211; On r\u2019met le couvert d\u00e8s demain matin. \u00c7a va \u00eatre coton.<br \/>\n&#8211; Autre jour, m\u00eame routine. (J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9ment un don pour la phrase-bateau, non ?)<br \/>\n&#8211; Tu parles. Tuomas nous fait l\u2019honneur de nous d\u00e9signer comme l\u2019escouade QG de la prochaine mission.<br \/>\n&#8211; Je vois toujours pas o\u00f9 est l\u2019embrouille. C\u2019est pas la premi\u00e8re fois qu\u2019on escorte le Major.<br \/>\n&#8211; Je te fais le topo : intervention en Land Speeder, moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9quipe avec le Paternel, l\u2019autre dirig\u00e9e par toi\u2026 avec Claytus.<br \/>\n&#8211; Et merde !<\/p>\n<p>L\u00e0, j\u2019dois ouvrir une parenth\u00e8se pour vous expliquer qui est ce fameux Claytus. Un fou, un illumin\u00e9. Il nous a rejoint y\u2019a bien six ans de \u00e7a, durant la campagne de la Faille des Aquitaines contre les Nautils. C\u2019\u00e9tait un de ces gamins na\u00effs qui avait fait quelques ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude au sein de l\u2019Eccl\u00e9siarchie avant de vouloir incorporer, seul l\u2019Empereur sait pourquoi, les Chim\u00e8res Pourpres.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait un marrant, \u00e0 chaque situation il trouvait le moyen de nous sortir un proverbe imp\u00e9rial. Mais il a fondu un c\u00e2ble quelques semaines plus tard lorsque son parrain, j\u2019ai oubli\u00e9 son nom depuis le temps, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9. Sans que personne ne le sache, Claytus a conserv\u00e9 son cr\u00e2ne pour le nettoyer et le polir, et le boulonner ensuite sur une tige de m\u00e9tal. Il y a alors ajout\u00e9 du barbel\u00e9 pour figurer une esp\u00e8ce d\u2019aura cr\u00e9pitante. Au combat, il s\u2019en servait comme sceptre et l\u2019id\u00e9e a plu au Major Tuomas. Il voulait que les Dead Kings aient eux aussi leurs Chapelains, un peu \u00e0 la mani\u00e8re des Space Marines, et d\u00e9signa Claytus aum\u00f4nier.<\/p>\n<p>&#8211; Mais j\u2019ai fais quoi pour m\u00e9riter \u00e7a, moi ?<br \/>\n&#8211; Et moi donc ? J\u2019suis oblig\u00e9 de me coltiner la Nounou. Ce coup-ci, il me garde un chien de sa chienne et j\u2019ai sacr\u00e9ment int\u00e9r\u00eat \u00e0 m\u2019en m\u00e9fier. Tiens, d\u2019ailleurs le p\u2019tit nouveau est arriv\u00e9, tu le trouveras au mess si tu veux le saluer.<br \/>\n&#8211; Pourquoi faire ? \u00c7a sert \u00e0 rien de s\u2019attacher, c\u2019est un mort en sursis. Tu m\u2019en voudras pas, mais apr\u00e8s cette s\u00e9rie de bonnes nouvelles, j\u2019m\u2019en retourne me coucher.<\/p>\n<p>Y\u2019a des jours comme \u00e7a o\u00f9 il vaut mieux ne pas se lever. Le programme de demain risque d\u2019\u00eatre chaud et \u00e0 la r\u00e9flexion, moi aussi j\u2019le sens mal\u2026<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>7<\/h1>\n<p>Petit rituel d\u2019avant la fiesta : face \u00e0 mon miroir terni, j\u2019ajuste mon b\u00e9ret, je caresse le symbole des Chim\u00e8res Pourpres du pouce et m\u2019adresse un clin d\u2019\u0153il. C\u2019est bien toi le plus beau, Corax. Je respire \u00e0 fond et sors rejoindre les copains. Le soleil pointe \u00e0 peine \u00e0 l\u2019horizon et une brume cotonneuse recouvre le sol. Le d\u00e9cor serait presque bucolique s\u2019il n\u2019y avait Claytus, emport\u00e9 dans une de ces grandes hom\u00e9lie dont il a le secret.<\/p>\n<p>-\u2026 car la voie du juste est pav\u00e9e de dangers et la souillure de la tra\u00eetrise ne peut se laver que dans le sang du m\u00e9cr\u00e9ant ! Soldats du Divin Empereur, n\u2019oubliez pas votre devoir : liquidez tous les h\u00e9r\u00e9tiques ! Et maintenant prions l\u2019Empereur-Dieu.<\/p>\n<p>Tous nous ex\u00e9cutons et faisons le signe de l\u2019Aquila avec plus ou moins de conviction, mais croyez-moi, une cinquantaine de zigs arm\u00e9s jusqu\u2019aux dents en train de prier dans un silence pesant, \u00e7a impressionne vachement. Apr\u00e8s ces quelques instants de recueillement, Tuomas allume une tactitable et prend la parole.<\/p>\n<p>&#8211; Les enfants, aujourd\u2019hui c\u2019est barbecue ! Les p\u2019tits gars du Munitorum nous ont charg\u00e9 de d\u00e9loger une force de FDP ren\u00e9gats d\u2019un patelin \u00e0 une demi-heure de vol d\u2019ici. Op\u00e9ration standard d\u2019encerclement et d\u2019annihilation. D\u2019apr\u00e8s les estimations, trente Namiens et pas de civils. On n\u2019a pas le temps de faire dans le chirurgical, donc, tirez sur tout ce qui bouge. Soldats, aff\u00fbtez vos lames et bougez vos culs, maintenant !<\/p>\n<p>L\u2019aum\u00f4nier prend imm\u00e9diatement le relais.<br \/>\n&#8211; Vous avez entendu le Major ? Au pas de charge et n\u2019oubliez pas, Il nous regarde, montrez-vous dignes de Lui !<\/p>\n<p>J\u2019ai a peine le temps de faire un signe \u00e0 Gus, manifestement plus souriant et confiant qu\u2019hier, avant de grimper dans le Sirocco en compagnie de Bishop, Vallenciaga, Gambit et Joshua. Plus cet illumin\u00e9 de Claytus. Le reste de l\u2019escouade accompagne le Sergent et le Major. A la r\u00e9flexion, j\u2019ai p\u2019t\u00eat de la chance : je dois pas me trimbaler Doky ou la Nounou.<\/p>\n<p>S\u00fbr que de loin, nos Land Speeder doivent ressembler \u00e0 de gros insectes de m\u00e9tal, pr\u00eats \u00e0 pondre la mort. Magnifique. Certainement plus d\u00e9paysant que ce que nous pouvons admirer de l\u00e0-haut. Jungle, rizi\u00e8re, jungle, rizi\u00e8re, jungle, rizi\u00e8re. Tiens, un buffle d\u2019eau. C\u2019est dingue comme la vie dans la Garde peut-\u00eatre grisante parfois. Sans compter le hurlement des moteurs et les sentences de Claytus.<\/p>\n<p>\u201cLa peur n&rsquo;est rien car ma foi est plus forte\u201d ; \u201cJe jure de garder ma loyaut\u00e9 et ma foi dans le combat, que les t\u00e9n\u00e8bres m&#8217;emportent si je venais \u00e0 d\u00e9faillir\u201d ; sans oublier la classique pri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Empereur : \u201cAdore l&rsquo;Empereur immortel car Il est notre protecteur\u201d ; \u201cAdmire l&rsquo;Empereur immortel pour son sacrifice envers l&rsquo;humanit\u00e9.\u201d Et bla bla bla.<\/p>\n<p>Le pilote du Sirocco me fait un geste, je remets mon oreillette-com que j&rsquo;avais enlev\u00e9e pour m&rsquo;\u00e9pargner les sermons de Claytus.<\/p>\n<p>&#8211; Objectif en vue, pr\u00e9parez-vous \u00e0 gicler apr\u00e8s notre petit passage.<\/p>\n<p>Houla ! Son petit passage, je vois ce qu&rsquo;il veut dire et je transmets \u00e0 mes compagnons de voyage. On s&rsquo;accroche tous comme on peut, \u00e7a va secouer.<\/p>\n<p>En effet, \u00e7a manque pas, le Land Speeder se met \u00e0 perdre de l&rsquo;altitude, ce qui ne me parait pas normal mais le pilote ne semblant pas paniquer je me dis que tout est beau fixe, apr\u00e8s tout je suis pas pilote moi. Toute la formation de Sirocco effectue le m\u00eame mouvement, les engins volent maintenant \u00e0 basse altitude, fr\u00f4lant la cime des arbres r\u00e9veillant ci et l\u00e0 un essaim de piafs qui se croyaient peinards.<\/p>\n<p>Je me doute que les gars en face se croient tout aussi peinards, \u00e7a va leur faire m\u00e9chamment mal. Les Land Speeder commencent \u00e0 cracher le feu sur les premi\u00e8res installations, l&rsquo;enfer se d\u00e9cha\u00eene, la cabine est vraiment pas insonoris\u00e9e, d&rsquo;autant que Claytus entame un nouveau couplet \u00e0 tue-t\u00eate, histoire que tout le monde l&rsquo;entende bien.<\/p>\n<p>&#8211; Je ne crains pas le mal, je ne crains pas la mort car l&rsquo;Empereur est avec moi!<\/p>\n<p>S&rsquo;arrange pas ce vieux Claytus.<\/p>\n<p>Pour les Namiens, \u00e7a doit pas \u00eatre rassurant comme spectacle, un vol de Land Speeder qui te foncent dessus \u00e0 toute blinde, crachant la mort comme un chant de d\u00e9faite.<\/p>\n<p>La vitesse change encore, \u00e7a va \u00eatre \u00e0 nous. Immobilisation, ouverture des trappes, on gicle, le Sirocco repart aussi sec vers un autre point \u00e0 arroser.<\/p>\n<p>Pouss\u00e9e d&rsquo;adr\u00e9naline, on court vers le premier couvert qu&rsquo;on trouve, un trou d&rsquo;obus ; pas terrible mais \u00e7a suffira.<\/p>\n<p>Gambit se met en position, il va \u00e9trenner son nouveau jouet, il a \u00e9t\u00e9 promu sniper et \u00e7a a l&rsquo;air de lui plaire.<\/p>\n<p>Je fais le point, tout le monde est l\u00e0, les Namiens aussi mais ils semblent pas trop s&rsquo;occuper de nous pour le moment. J&rsquo;indique les positions et objectifs \u00e0 chacun et \u00e0 mon signal, \u00e7a bouge comme de vrai petits soldats bien entra\u00een\u00e9s. J&rsquo;adore ces gars.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif principal est un mirador et la porte d&rsquo;entr\u00e9e qui se trouve \u00e0 ses pieds.<\/p>\n<p>Gambit commence par arroser le haut du mirador, \u00e7a \u00e9vitera qu&rsquo;il y ait trop de monde \u00e0 la fen\u00eatre.<\/p>\n<p>Bishop et Claytus partent au centre en faisant tout leur possible pour \u00e9viter les tirs de riposte et pour le moment ils y arrivent pas mal. Je les suis de pr\u00e8s avec Josh et Vallenciaga qui porte le briquet pour l&rsquo;occasion. Bishop a ressorti son fusil d&rsquo;assaut \u00e0 canon sci\u00e9, j&rsquo;croyais qu&rsquo;il se l&rsquo;\u00e9tait fait confisquer.<\/p>\n<p>Claytus comme \u00e0 son habitude peut pas s&#8217;emp\u00eacher de chanter la gloire de l&rsquo;Empereur qui doit l&rsquo;entendre parce que les gars d&rsquo;en face sont pas fichu de lui en coller une entre les deux yeux pour le faire taire.<\/p>\n<p>Bishop et Claytus balancent leurs grenades, on se jette tous sur le sol et la porte vole en \u00e9clat. Vallenciaga qui est d\u00e9j\u00e0 debout se dirige vers l&rsquo;ouverture, on le couvre et il balance la sauce pour le barbecue.<\/p>\n<p>Les Namiens sont compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9s par les \u00e9v\u00e8nements, j&rsquo;en vois deux qui j\u00e8tent leurs armes, faut dire qu&rsquo;avec les fringues en train de cramer, on doit penser \u00e0 autre chose qu&rsquo;\u00e0 se battre. En deux tirs ajust\u00e9s ils s&rsquo;\u00e9croulent. D&rsquo;autres semblent vouloir reprendre le combat mais Bishop les calme \u00e0 grand coups de fusil dans les tripes pendant que Gambit ajuste tous ses tir avec une pr\u00e9cision quasi m\u00e9canique.<\/p>\n<p>&#8211; A moi Dead Kings, pas de quartier !<\/p>\n<p>Je fini de me relever, suivi par Josh et Claytus, je passe la porte ba\u00efonnette au canon, c&rsquo;est l&rsquo;heure des brochettes. Le poste de garde devient vite encombr\u00e9 et les FDP veulent nous laisser gentiment la place, trop serviables mais on peut pas les laisser partir comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Les combats sont exp\u00e9di\u00e9s et nous sommes ma\u00eetres de la position, Gambit vient nous rejoindre et il monte tout de suite en haut du mirador en compagnie de Claytus qui va pouvoir faire b\u00e9n\u00e9ficier de ses bonnes paroles \u00e0 tout le monde.<\/p>\n<p>Bilan des op\u00e9rations : Vallenciaga touch\u00e9 au flanc, une ba\u00efonnette lui a fait un petit trou, rien de bien grave, juste un peu de couture pour Doky. Josh est toujours l\u00e0 un sourire b\u00e9at d&rsquo;\u00eatre encore en vie apr\u00e8s cette charge, il s&rsquo;est vraiment bien comport\u00e9. Bishop recharge son deux coups en montant la garde.<\/p>\n<p>Sur notre gauche une violente explosion, \u00e7a \u00e0 l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre moins tranquille pour d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Les 2\u00e8me et 5\u00e8me escouades nous rejoignent, \u00e0 eux de jouer maintenant, les Dead Kings ont fait leur boulot, la porte est ouverte.<\/p>\n<p>L&rsquo;op\u00e9ration est une r\u00e9ussite, le poste namien est r\u00e9duit au silence en quelques heures de combats violents, notre position n&rsquo;a re\u00e7ue qu&rsquo;une petite visite que nous avons repouss\u00e9 facilement sans autres dommages.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>8<\/h1>\n<p>Adoss\u00e9 \u00e0 un mur d\u00e9labr\u00e9, je prends un gorgeon d\u2019eau ti\u00e9dasse \u00e0 ma gourde. Je suis harass\u00e9. Une fois de plus, les Dead Kings se sont montr\u00e9s \u00e0 la hauteur de leur r\u00e9putation et ont cass\u00e9 du rebelle. Les gros m\u00e9chants ont encore mang\u00e9 la poussi\u00e8re.<\/p>\n<p>Je vois cet abruti de Doky qui se dirige vers moi. Je sens qu\u2019il va encore me taper sur le syst\u00e8me et l\u00e0, c\u2019est franchement pas le moment, mais je prends sur moi.<\/p>\n<p>&#8211; Alors Doky, t\u2019es content de ta journ\u00e9e ? Voil\u00e0 un bon pr\u00e9texte pour s\u2019envoyer une dose de DK ce soir.<br \/>\n&#8211; Euh\u2026 Oui\u2026 Si tu le dis. Mais je suis pas s\u00fbr d\u2019avoir le c\u0153ur \u00e0 \u00e7a.<br \/>\n&#8211; Et ben qu\u2019est-ce qui t\u2019arrive, mon vieux ? Ton p\u2019tit organisme ne supporte plus les sensations fortes ? Pauvre chou.<br \/>\n&#8211; \u00c7a doit \u00eatre \u00e7a. Euh\u2026 Y\u2019a le Patriarche qui te demande. Il est sur la place du village, en train de distribuer le Tarot sur les Namiens.<br \/>\n&#8211; Mouais. Il pourra bien attendre quelques minutes le grand manitou, on n\u2019est pas aux pi\u00e8ces. Au fait, t\u2019as vu Gustavo ? J\u2019ai gard\u00e9 un cigare d\u2019algues au frais pour lui et moi.<br \/>\n&#8211; J\u2019crois vraiment que tu devrais aller voir le Major tout de suite. Il a des choses \u00e0 te dire.<\/p>\n<p>Houla. Y\u2019a cachalot sous gravillon ou je ne m\u2019y connais pas. Cette attitude penaude n\u2019est pas le genre de Doky. Ce mec est un glandeur de premi\u00e8re toujours pr\u00eat \u00e0 se faire mousser et \u00e0 se vanter de ses (faux) exploits au feu. Visiblement, il me m\u00e9nage et me cache quelque chose. Je le sens, je le sais. La place du village qu\u2019il a dit. Ben allons voir \u00e7a.<\/p>\n<p>Sur le trajet, une vieille casemate en bois dont la porte est ouverte. Des lumi\u00e8res bleut\u00e9s en intermittence sur les murs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, des cris \u00e9touff\u00e9s leurs faisant \u00e9cho. Curieux comme pas deux, je zieute : solidement harnach\u00e9 \u00e0 un chevalet de fortune, un rebelle soumis \u00e0 la question par le Commissaire Ungern. Brrr\u2026 Cet homme me fout carr\u00e9ment les chocottes.<\/p>\n<p>J\u2019acc\u00e9l\u00e8re le pas et me grouille de rejoindre Tuomas qui grille tranquillement une clope sur un tas de gravats pr\u00e8s d\u2019une rang\u00e9e de cadavres de FDP avec tous une carte \u00e0 jouer dessus. Les n\u00f4tres sont align\u00e9s en face dans de grands sacs de plastique sombre. Sept en tout. Et plus je cogite, plus je crois savoir qui est dans l\u2019un d\u2019eux.<\/p>\n<p>Le Major \u00e9crase son m\u00e9got du talon et me jauge froidement, puis d\u00e9signe les d\u00e9pouilles du menton.<\/p>\n<p>&#8211; On a eu un peu de casse aujourd\u2019hui. Un peu trop \u00e0 mon go\u00fbt m\u00eame\u2026 Tu sais pourquoi t\u2019es l\u00e0, Stingray ?<br \/>\n&#8211; Je le crains, Major. J\u2019ai pas trop envie de le savoir, mais je pr\u00e9sume que c\u2019est Gustavo.<br \/>\n&#8211; Lui, le p\u2019tit nouveau et cinq autres malheureux bougres. On est tomb\u00e9 sur une poche de r\u00e9sistance. On a salement d\u00e9gust\u00e9. Gus s\u2019est manifestement pris une rafale de mitrailleuse dans le buffet. Va falloir le remplacer \u00e0 la t\u00eate de la 3\u00e8me escouade et j\u2019ai song\u00e9 \u00e0 toi.<br \/>\n&#8211; N\u00e9gatif Major. Donner des ordres, c\u2019est pas mon genre.<br \/>\n&#8211; Je t\u2019ai toujours eu \u00e0 la bonne, tu sais. Mais je me contrefous de tes \u00e9tats d\u2019\u00e2mes. Je te nomme Sergent et \u00e7a, c\u2019est un ordre.<br \/>\n&#8211; Avec tout le respect que je vous dois Major\u2026<br \/>\n&#8211; Tu sais o\u00f9 tu peux te le mettre ton respect ? J\u2019ai d\u2019autres chats \u00e0 fouetter alors rompez, Sergent.<\/p>\n<p>Je m\u2019ex\u00e9cute. Pas le choix. S\u00fbr que Gus, o\u00f9 qu\u2019il soit maintenant, doit bien se fendre la poire. Je farfouille dans les bodybags : je dois r\u00e9cup\u00e9rer son carnet noir, reprendre le flambeau.<\/p>\n<p>Si ce n\u2019est son bide ouvert et sanguinolent, il a l\u2019air de dormir paisiblement. Vaya con Emperador, amigo. D\u2019habitude, il planque, enfin il planquait, son calepin \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de son froc. Doucement, je retourne son corps, soul\u00e8ve le pan de sa chemise et\u2026 Nom d\u2019un grox ! C\u2019est quoi ce d\u00e9lire ? Une plaie b\u00e9ante entre les reins.<br \/>\nUn coup de couteau.<\/p>\n<p>J\u2019le crois pas. Une esp\u00e8ce de r\u00e9sidu de chiottes l\u2019a plant\u00e9 dans le dos, en tra\u00eetre. Mais qui et pourquoi ? C\u2019est tout de m\u00eame pas\u2026 Non. Il est pas d\u00e9rang\u00e9 \u00e0 ce point. Si ? J\u2019en aurais le c\u0153ur net. Je sprinte d\u00e9goter la fine \u00e9quipe.<\/p>\n<p>Je les retrouve planqu\u00e9s \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un portique d\u00e9labr\u00e9, r\u00e9chauffant des rations. Je respire un grand coup et me lance dans mon p\u2019tit la\u00efus. Va falloir la jouer fine.<\/p>\n<p>&#8211; Alors mes cailles, on pique-nique ? J\u2019vous d\u00e9range pas au moins ? Enfilez-vous fissa vos tartines, on va pas s\u2019\u00e9terniser ici. Et tant que j\u2019y suis, j\u2019ai une bonne nouvelle pour vous : c\u2019est moi qui reprends les r\u00eanes. Ils sont contents les Dead Kings ?<\/p>\n<p>Tous en c\u0153ur et vachement convaincus.<br \/>\n&#8211; Ouais\u2026<\/p>\n<p>Je rep\u00e8re et verrouille ma cible.<br \/>\n&#8211; Eh la Nounou. T\u2019as battu tous les records ce coup-ci. Ton dernier pioupiou n\u2019aura m\u00eame tenu un jour. T\u2019es vraiment le plus mauvais tirailleur qui soit dans ce foutu r\u00e9giment.<\/p>\n<p>Tout le monde rit jaune, surtout Doky. Le bonhomme s\u2019\u00e9tire nonchalamment, s\u2019avance lentement vers moi et soutient mon regard avec d\u00e9fi. Allez savoir ce qui se passe dans son cerveau reptilien.<\/p>\n<p>&#8211; Que veux-tu, Sergent ? Moi, je pr\u00e9f\u00e8re le surin. Ce qui me manque toujours avec les armes de feu, c\u2019est le contact intime avec la victime agonisante.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>9<\/h1>\n<p>Nan, vraiment, que du bonheur pour moi aujourd\u2019hui. Mon plus vieil ami mort d\u2019une fa\u00e7on plus que douteuse, me voil\u00e0 malgr\u00e9 moi \u00e0 la t\u00eate de la pire bande d\u2019abrutis qui soit. Et croyez-moi j\u2019en sais quelque chose puisque j\u2019en suis un moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re vanne de Nounou vol\u00e8te au fond de mon cr\u00e2ne tel un insecte autour de la flamme d\u2019une bougie, pr\u00eat \u00e0 s\u2019embrasser. Provoc\u2019 ou aveux ? J\u2019arrive pas \u00e0 me d\u00e9cider et \u00e7a m\u2019agace\u2026<\/p>\n<p>Ce dernier n\u2019a pas arr\u00eater de se marrer tout seul en se curant les ongles avec son surin. Je sens bien que \u00e7a tourne pas rond. Ma mont\u00e9e en grade peut-\u00eatre ? Va me falloir trouver un juste \u00e9quilibre entre le pote et l\u2019officier si je veux que la sauce prenne.<\/p>\n<p>Retour sans incident aux p\u00e9nates, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019in\u00e9vitable r\u00e9apparition de la pluie, pour les survivants de cette fugace excursion et l\u00e0, badaboum ! Les piou-piou sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ! Trop efficaces les p\u2019tits gars du Munitorum. Je consulte fissa le carnet, mon carnet maintenant.<\/p>\n<p>&#8211; Val\u2019, Bishop, avec moi. C\u2019est vot\u2019 tour de chaperonner. Jouez-la-moi larges d\u2019\u00e9paules devant les gosses.<\/p>\n<p>Je prends mon air le plus mauvais, genre le Commissaire Ungern inspectant les troupes, et me dirige d\u2019un pas r\u00e9solu, flanqu\u00e9 de mes deux molosses, vers les troufions qu\u2019on nous a affect\u00e9s. Marrant \u00e7a, des jumeaux. On me l\u2019avait encore jamais fa\u00eete celle-l\u00e0. Wedge et Biggs qui s\u2019appellent, pas foutu de pouvoir dire qui est qui\u2026 Je leur rentre dans le lard de suite.<\/p>\n<p>&#8211; Okay les bleusailles, que je vous affranchisse. Les \u00e9nergum\u00e8nes derri\u00e8re moi sont vos parrains. Fini la rigolade p\u00e9p\u00e8re du camp d\u2019entra\u00eenement. Ici, \u00e7a chauffe \u00e0 tout va, \u00e7a d\u00e9pote \u00e0 toute berzingue et ces m\u00e9chants mecs vont vous apprendre \u00e0 vous brosser les dents avec du barbel\u00e9, pisser de l\u2019acide et vous fondre dans le d\u00e9cor, vous adapter, ne faire qu\u2019un avec la nature quand les chiottes sont bouch\u00e9es. Vous allez devenir de vraies Chim\u00e8res Pourpres, bienvenus chez les Dead Skulls.<\/p>\n<p>Mes gardes-chiourmes me font aussit\u00f4t \u00e9cho.<br \/>\n&#8211; Wou-ah !<\/p>\n<p>A peine ai-je tourn\u00e9 le dos aux gamins, plut\u00f4t content de mon speech, que l\u2019un d\u2019eux se permet un bon mot.<br \/>\n&#8211; En m\u00eame temps, j\u2019m\u2019en fous, j\u2019suis constip\u00e9 en ce moment.<\/p>\n<p>Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 passer un savon des familles \u00e0 ces gros malins sans distinction quand un autre moutard d\u00e9barque de je ne sais o\u00f9 et me coupe dans mon \u00e9lan : il me livre un mot doux du Major Tuomas. Mais c\u2019est pas vrai \u00e7a ! M\u00eame pas l\u2019temps de se refaire une beaut\u00e9, on repasse la seconde couche d\u00e8s ce soir !<\/p>\n<p>&#8211; D\u2019accord mes mignons, vous ne perdez rien pour attendre. Embarquez vos paquetages, oubliez vos cr\u00e8mes solaires, on d\u00e9colle illico pour le front ! Bain de boue au programme.<\/p>\n<p>Alors l\u00e0, que je vous explique. A ce que pourrait croire le civil moyen ou le planqu\u00e9, la guerre de tranch\u00e9es est synonyme d&rsquo;inaction, limite de d\u00e9tente bien \u00e0 la cool. Tout faux ! C&rsquo;est tout le contraire, un combat ininterrompu, \u00e9reintant et sans r\u00e9mission qui exige une attention de tous les instants, un moral au beau fixe et un estomac en airain.<\/p>\n<p>Le topo : des quantit\u00e9s d\u2019obus tir\u00e9s \u00e0 la seconde, des masses d\u2019explosifs divers utilis\u00e9es, des tonnes de terre remu\u00e9es quotidiennement pour ex\u00e9cuter de nouveaux foss\u00e9s et conduits, et surtout, surtout, un nombre de tu\u00e9s et de bless\u00e9s agonisants de chaque c\u00f4t\u00e9. En bref, un s\u00e9jour trop prolong\u00e9 dans cet univers idyllique suffirait \u00e0 transformer le plus aguerris des hommes en mis\u00e9rable lopette pleurnicharde.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce qui nous attend\u2026 Et zou ! C\u2019est reparti pour les r\u00e9jouissances.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>10<\/h1>\n<p>Il fait nuit et il pleut. Encore. Le duel de l\u2019artillerie s&rsquo;apaise. Les m\u00e9chants d\u2019en face semblent ne pas appr\u00e9cier non plus ce climat \u00e0 la gomme. Pas d\u2019attaque ce soir donc, enfin pour l\u2019instant : on a pr\u00e9vu une op\u00e9ration de sabotage pour un peu plus tard. On leur pr\u00e9pare un chouette beau feu d\u2019artifice, j\u2019vous dis qu\u2019\u00e7a.<\/p>\n<p>Moi, plus ou moins bien install\u00e9 dans un boyau am\u00e9nag\u00e9 par mes bons soins \u00e0 m\u00eame une tranch\u00e9e, j\u2019essaie de trouver le sommeil, non sans mal\u2026 Me retrouver coinc\u00e9 dans cette esp\u00e8ce de conduit n\u2019est pas sans me rappeler les patrouilles qu\u2019on effectuait dans les horribles \u00e9gouts de Capella quand j\u2019\u00e9tais gosse. La Chasse aux B\u00eates. Il n\u2019y avait que les rejetons, orphelins d\u00e9sign\u00e9s volontaires, qui \u00e9taient assez petits pour patrouiller dans les \u00e9troits tunnels puants qui cheminaient sous le sol de la capitale. Notre boulot : d\u00e9busquer les cr\u00e9atures ayant surv\u00e9cues aux \u00e9v\u00e9nements du Jihad Noir. Croyez-moi que c\u2019\u00e9tait pas facile \u00e0 vivre, effrayant m\u00eame, quand vous r\u00e9alisez que les monstres de votre enfance existent vraiment, et qu\u2019ils peuvent vous bouffer tout cru. J\u2019en ai vu des pauv\u2019 m\u00f4mes se faire massacrer. Ceux qui s\u2019en sont sortis (pas franchement sains et saufs d\u2019ailleurs) ont form\u00e9 plus tard les premiers r\u00e9giments des Chim\u00e8res Pourpres.<\/p>\n<p>Quelque part au loin, on peut entendre Claytus distribuer la bonne parole et s\u2019\u00e9gosiller comme un beau diable.<br \/>\n&#8211; Sus \u00e0 l\u2019ennemi ! Pourfendez les pa\u00efens en Son nom !<\/p>\n<p>Le gus s\u2019enfonce tous les jours en plus dans les m\u00e9andres de la folie. Sa derni\u00e8re lubie, avant de repartir pour le front, a \u00e9t\u00e9 de se faire pyroscarifier une Aquila sur le front, histoire d\u2019\u00e9prouver et d\u00e9montrer sa foi qu\u2019il raconte \u00e0 qui veut l\u2019entendre (ou pas).<\/p>\n<p>Comme si ce cingl\u00e9 ne suffisait pas \u00e0 mon bonheur, le Commissaire Ungern tra\u00eene dans les parages comme un pr\u00e9dateur \u00e0 la recherche d\u2019une nouvelle proie, inspectant chaque recoin du campement. Menton fuyant, m\u00e2choire carr\u00e9, nez \u00e9cras\u00e9 et regard mauvais, cet empaff\u00e9 a tout du bulldog pr\u00eat \u00e0 mordre. Un conseil : nous vous fiez jamais \u00e0 sa carrure trapue et sa bonhomie apparente. Hier encore, il s\u2019est install\u00e9 sur une butte, bien \u00e0 la vue de tous, amis comme ennemis, et a ex\u00e9cut\u00e9 sommairement un prisonnier et un Capellan pas assez efficace \u00e0 son go\u00fbt, afin de prouver notre d\u00e9termination soi-disant. Tu parles ! Tous les pr\u00e9textes sont bons pour ce boucher quand il s\u2019agit de faire couler le sang. S\u00fbr qu\u2019il doit prendre son pied \u00e0 chaque bougre qu\u2019il descend.<\/p>\n<p>Et pour compl\u00e9ter le tierc\u00e9 gagnant, v\u2019l\u00e0 ti pas que d\u00e9barque la Nounou ! Je suis maudit\u2026<\/p>\n<p>&#8211; H\u00e9 Sting\u2019, regarde mon nouveau copain<\/p>\n<p>Un rat, presque aussi \u00e9norme qu\u2019un Hrud, se prom\u00e8ne le long de ses \u00e9paules. Affectueusement, le gros b\u00e9b\u00e9 lui donne un petit bout de pain rassis \u00e0 grignoter, tout en souriant b\u00e9atement.<\/p>\n<p>&#8211; Il est marrant, nan ? J\u2019vais l\u2019adopter et l\u2019appeler Gus.<\/p>\n<p>A peine a-t-il dit ces mots que je saute \u00e0 pieds joints de mon pieu de fortune et atterri direct sous son nez, lui plantant l\u2019index dans le thorax.<\/p>\n<p>&#8211; Ouvre tes ruches \u00e0 miel et \u00e9coute-moi tr\u00e8s attentivement, bille de clown. Et de une, n\u2019envisage pas une seule seconde de donner le nom de Gustavo \u00e0 cette saloperie de rongeur. Et de deux, balance-moi cette vermine illico avant qu\u2019elle ne te file la chtouille ou une autre salet\u00e9. Y\u2019a rien de plus d\u00e9gueu que ce genre de bestiole !\u201d<br \/>\nLe g\u00e9ant me regarde ind\u00e9cis et larmoyant, la l\u00e8vre inf\u00e9rieure tremblotante.<br \/>\n&#8211; Mais Ray, mate-moi comme il est tout mignon. J\u2019te promet que j\u2019en prendrai soin.<\/p>\n<p>Irr\u00e9cup\u00e9rable\u2026<br \/>\n&#8211; Rien \u00e0 taper mon vieux. Si Ungern ou le Major te voit avec cette cochonnerie, tu vas passer un tr\u00e8s mauvais quart d\u2019heure, et moi avec pour le coup. Alors tu t\u2019en d\u00e9barrasses maintenant et dans la foul\u00e9e, t\u2019en profites pour rassembler les troupes. Et \u00e7a mon bonhomme, que \u00e7a te plaise ou non, c\u2019est un ordre, kapiche ?<\/p>\n<p>Il demande pas son reste et dispara\u00eet vite fait. Ma main \u00e0 couper qu\u2019il va quand m\u00eame garder sa mascotte. Je sais, je sais ce que vous allez me dire : que je tire trop sur la corde avec lui et que je prends des risques. Pourtant, je dois pousser ce grand ben\u00eat dans ces derniers retranchements pour voir jusqu\u2019o\u00f9 il est capable d\u2019aller. A l\u2019occas\u2019, faudra que j\u2019en fasse autant avec Doky.<\/p>\n<p>J\u2019me grille tranquille une barrette de Lho en attendant le retour de la 3\u00e8me escouade. Je savoure ce petit moment de r\u00e9pit. Le calme avant la prochaine temp\u00eate\u2026<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>SHAPIRO<\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5889\" title=\"nam_shapiro\" src=\"http:\/\/www.atorgael.com\/baalmoloch\/files\/2009\/06\/nam_shapiro.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"155\" \/><br \/>\nLe champ de vision de Shapiro est assez r\u00e9duit : Stingray pench\u00e9 sur lui, le visage macul\u00e9 de boue, tente vainement de comprimer la plaie sanguinolente dans son abdomen et lui dispense quelques mots afin de le rassurer. \u00c0 moins que ce ne soit lui-m\u00eame qu&rsquo;il essaye d&rsquo;apaiser, de convaincre.<\/p>\n<p>&#8211; T&rsquo;inqui\u00e8te pas mon vieux. \u00c7a n&rsquo;est rien du tout. Ils vont bient\u00f4t arriver. Reste \u00e9veill\u00e9 s&rsquo;il te pla\u00eet.<\/p>\n<p>Au second plan se m\u00e9langent aux vents les fumerolles rouges des fumig\u00e8nes. Ces derniers sont dispers\u00e9s ci et l\u00e0, dans une clairi\u00e8re aux hautes herbes grasses, pour les Land Speeder charg\u00e9s de les rapatrier. Quelque part, au loin, il per\u00e7oit des tirs sporadiques.<\/p>\n<p>&#8211; Alors ? R\u00e9sultat du match aller ?<br \/>\n&#8211; Les m\u00e9chants sont en d\u00e9route. T&rsquo;as flingu\u00e9 le salopard qui t&rsquo;as tir\u00e9 d&rsquo;ssus. T&rsquo;es un vrai revanchard, toi.<br \/>\n&#8211; Ah bon ? J&rsquo;m&rsquo;en souviens pas. Juste un r\u00e9flexe\u2026 O\u00f9 est Doky ?<br \/>\n&#8211; Il s&rsquo;escrime sur un gonze de la 5\u00e8me escouade. Il devrait pas tarder.<br \/>\n&#8211; Rien ne presse : je sens rien.<\/p>\n<p>Corax se contente d&rsquo;esquisser un p\u00e2le sourire, sans grande conviction. Inutile de se mentir, tout deux savent pertinemment que ce n&rsquo;est pas bon signe. Shapiro est pris d&rsquo;une quinte de toux, il crache du sang.<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;agence de voyage a pas fini de m&rsquo;entendre, tu peux m&rsquo;croire.<br \/>\n&#8211; Je sais, je sais. \u00c7a va d\u00e9j\u00e0 mieux : tu recommences \u00e0 r\u00e2ler.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;vais crever ici.<br \/>\n&#8211; Dis pas \u00e7a.<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est dr\u00f4le : j&rsquo;pensais qu&rsquo;\u00e0 ce moment-l\u00e0 j&rsquo;aurais les foies. J&rsquo;pensais m\u00eame que j&rsquo;allais chialer. Et puis finalement, rien. On se tape la discute comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. Marrant\u2026<\/p>\n<p>Nouvelle quinte de toux et encore du sang qui lui rougit les dents et le menton. Sa respiration se fait plus courte, plus haletante. Il regarde dans le vide tel un aveugle.<\/p>\n<p>&#8211; Tu t&rsquo;souviens ? On a appris plein de trucs dans les tunnels de Capella et encore plus \u00e0 l&rsquo;instruction. Pourtant, on nous a jamais expliqu\u00e9 comment mourir.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai pas oubli\u00e9, non.<br \/>\n&#8211; Op\u00e9ration de routine, mission de reconnaissance. Tu parles d&rsquo;une blague.<br \/>\n&#8211; Nom d&rsquo;un chien, Doky ! Tu vas finir par ramener ton gros derche ici ?! J&rsquo;ai\u2026 Shap&rsquo; a besoin de toi !<br \/>\n&#8211; Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? J&rsquo;ai encore plein de choses \u00e0 vivre, bordel.<br \/>\n&#8211; Chuuut. Garde ton calme.<br \/>\n&#8211; Ho ! Laisse donc un macchab\u00e9e en sursis divaguer autant qu&rsquo;il veut, merci. Et puis vire tes paluches de l\u00e0, \u00e7a sert plus \u00e0 rien.<\/p>\n<p>\u00c0 contrecoeur, Stingray rel\u00e2che la pression sur la blessure et se glisse prudemment derri\u00e8re Shapiro. Il lui lisse un peu les cheveux et le berce doucement. Il se sent con dans cette position mais n&rsquo;ose plus changer de peur de lui faire mal.<\/p>\n<p>&#8211; Bon\u2026 Bon sang. On va passer pour deux tarlouzes.<br \/>\n&#8211; On s&rsquo;en moque. Il est bien temps maintenant que l&rsquo;on sorte du placard.<br \/>\n&#8211; Ha ! Ha ! Nan, d\u00e9conne pas.<br \/>\n&#8211; D\u00e9sol\u00e9.<br \/>\n&#8211; Pas de souci. En\u2026 En un sens, j&rsquo;ai tout de m\u00eame du bol.<br \/>\n&#8211; Ah bon, tu trouves ?<br \/>\n&#8211; Ben ouais. Manquerait plus qu&rsquo;il pleuve.<\/p>\n<p>Ils se laissent \u00e0 rire. \u00c7a n&rsquo;arrange rien pour les corps, pourtant \u00e7a fait du bien \u00e0 l&rsquo;\u00e2me. Tout en ricanant, Shapiro fouille dans sa veste et en ressort un portefeuille. Corax l&rsquo;aide \u00e0 y prendre une vieille photo \u00e9corn\u00e9e aux couleurs pass\u00e9es. Il l&rsquo;a vue d\u00e9j\u00e0 un millier de fois, si ce n&rsquo;est plus.<\/p>\n<p>&#8211; Samantha\u2026<br \/>\n&#8211; Elle est tr\u00e8s jolie.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;peux bien te l&rsquo;avouer : cette photo \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans ce morlingue quand j&rsquo;l&rsquo;ai achet\u00e9. Y&rsquo;a jamais eu personne qui m&rsquo;attende au pays.<\/p>\n<p>Stingray ne r\u00e9pond pas. Que pourrait-il r\u00e9pondre de toute fa\u00e7on ? Il comprend. C&rsquo;est pareil pour lui.<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai\u2026 J&rsquo;ai soif.<\/p>\n<p>Corax se tortillonne pour extirper \u00e0 son tour de sa poche-revolver une fiasque sur laquelle est grav\u00e9e l&#8217;embl\u00e8me des Dead Skulls et la porte aux l\u00e8vres de son camarade.<\/p>\n<p>&#8211; \u00c0 ta sant\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Shapiro ne boit pas. Shapiro est mort.<\/p>\n<p>&#8211; Vaya con Emperador, mon ami, mon fr\u00e8re.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>11<\/h1>\n<p>Ma petite troupe est pr\u00eate. Les sacs ont \u00e9t\u00e9 faits comme dans le manuel, les gars ont pris tout ce qu\u2019il faut pour le feu d\u2019artifice de ce soir, et on poireaute. On attend les derniers ordres de Tuomas, il doit me les transmettre au dernier moment. Mais \u00e7a fait d\u00e9j\u00e0 vingt minutes qu\u2019on se fait saucer copieusement et toujours pas de Major \u00e0 l\u2019horizon.<\/p>\n<p>Nounou r\u00e2le, comme d\u2019hab\u2019. Il m\u2019a dit qu\u2019il s\u2019est d\u00e9barrass\u00e9 de son sale rat, mais encore une fois, il se fout de moi : on voit la queue de son bestiau d\u00e9passer de son barda de temps en temps. Au moins il est au sec lui. Ce qui me fait marrer, c\u2019est qu\u2019il doit s\u2019empiffrer des rations de not\u2019 Nounou. La tronche qu\u2019il va faire.<\/p>\n<p>Josh est avec les nouveaux, il leur parle depuis un petit moment, \u2018semblent faire un bon trio ceux-l\u00e0.<\/p>\n<p>Gambit a pas boug\u00e9 d\u2019un poil depuis qu\u2019il s\u2019est pos\u00e9 dans un coin, son long-las planqu\u00e9 sous sa toile imperm\u00e9able.<\/p>\n<p>Le Major se pointe enfin.<br \/>\n&#8211; Debout les gars, ayez l\u2019air de soldats pour une fois !<\/p>\n<p>Les bleus se l\u00e8vent aussi sec sous le regard narquois de certains dont je pr\u00e9f\u00e8re taire le nom.<\/p>\n<p>&#8211; Stingray, venez l\u00e0. Commence Tuomas.<br \/>\n&#8211; Oui Major. Que je r\u00e9ponds en avan\u00e7ant.<br \/>\n&#8211; Changement d\u2019ordres Corax, vous laissez tomber le sabotage, il y a plus urgent.<br \/>\n&#8211; On retourne se coucher ?<br \/>\n&#8211; Des n\u00e8fles, les Namiens semblent vouloir changer de tactiques, ils nous envoient des escouades d\u2019infiltration. Vous me les trouvez et vous me r\u00e9glez le compte de ces sales mouchards. On est en pleine pr\u00e9paration d\u2019une surprise pour nos amis d\u2019en face et l\u2019\u00e9tat-major trouve malvenu qu\u2019ils s\u2019int\u00e9ressent de trop pr\u00e8s \u00e0 nos petites affaires.<br \/>\n&#8211; Quel genre de surprise ?<br \/>\n&#8211; J\u2019en sais rien et je veux pas le savoir.<br \/>\n&#8211; Compris, c\u2019est du lourd quoi !<br \/>\n&#8211; On s\u2019en fout, occupez-vous des indiscrets, c\u2019est tout ce qui vous regarde.<br \/>\n&#8211; A vos ordres Major, on va s\u2019en occuper fa\u00e7on Dead Kings.<br \/>\n&#8211; J\u2019y compte bien. Il doit y avoir 2-3 groupes qui r\u00f4dent dans le coin, pas la peine de revenir avant de les avoir \u00e9limin\u00e9 tous.<br \/>\n&#8211; Compris, ce sera fait. On vous rapporte un souvenir ?<br \/>\n&#8211; Arr\u00eatez avec vos conneries Sergent, au boulot un point c\u2019est tout. C\u2019est du s\u00e9rieux Corax, me faite pas faux bond sur ce coup.<\/p>\n<p>Et voila notre Major qui part remettre ses fesses au sec. Moi je retourne voir ma bande qui se demande quand est ce qu\u2019on part et quand est ce qu\u2019on rentre, &lsquo;vont pas \u00eatre d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n<p>&#8211; Changement de plan les gars, vous me l\u00e2chez vos p\u00e9tards et vous vous chargez en munitions et provisions, on est pas rentr\u00e9 tout de suite. Nounou tu me poseras ta cracheuse aussi et tu me prendras du matos plus discret.<br \/>\n&#8211; On part sur quoi Corax ? Me demande Murdock.<br \/>\n&#8211; Messieurs, ce soir les Dead Kings sont de sortie. On se fait une beaut\u00e9 et on va chasser le cafard.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9vocation de se faire une beaut\u00e9, les anciens de l\u2019escouade me font leur plus beau sourire carnassier.<\/p>\n<p>&#8211; On a carte blanche pour le matos ? S\u2019informe Vallenciaga.<br \/>\n&#8211; Ouaip, sur ordre du Major en plus, on se retrouve ici dans 20 minutes.<\/p>\n<p>Et voila mes bonshommes en train de se disperser en moins de temps qu\u2019il ne faut pour le dire. Seul Gambit reste l\u00e0.<\/p>\n<p>&#8211; T\u2019as besoin de rien d\u2019autre Gambit ?<br \/>\n&#8211; Non, j\u2019ai tout ce qu\u2019il me faut. Me r\u00e9pond-il en ajustant son fusil sur son dos.<\/p>\n<p>Nous sortons notre n\u00e9cessaire et commen\u00e7ons \u00e0 nous \u201cfaire une beaut\u00e9\u201d.<\/p>\n<p>Pour qui n\u2019a jamais vu les Dead Kings en sortie, l\u2019expression \u201cfaire une beaut\u00e9\u201d n\u2019\u00e9voque rien de particulier, pour nous il veut tout dire. C\u2019est bien gentil de partir au combat avec les autres escouades de la compagnie et de charger ba\u00efonnette au canon, mais nous ce qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re c\u2019est la chasse aux cafards et c\u2019est exactement ce que la Major nous a refil\u00e9 comme mission. Et dans ces grandes occasions, on se fait une beaut\u00e9. Au lieu du camouflage standard du manuel, chaque Dead King se peint un cr\u00e2ne noir sur le visage, le cr\u00e2ne de la mort qui va emporter nos ennemis. Effet garanti.<\/p>\n<p>Les jeunes sont de retour les premiers. Ils sont un moment un peu surpris par notre tronche \u00e0 Gambit et moi, leur camo r\u00e9glementaire a l\u2019air ridicule. On s\u2019occupe de leur refaire fa\u00e7on Dead Kings. Le temps de les finir et le reste de l\u2019escouade est de retour. Une vraie bande de tueurs que j\u2019aimerai pas croiser, ils me foutraient presque les jetons, ce qui me rassure c\u2019est que je dois pas avoir l\u2019air plus sociable.<\/p>\n<p>On se met en route et histoire de s\u2019\u00e9chauffer doucement, on va surprendre nos propres sentinelles en sortant sans se faire voir. Facile, il pleut, il fait noir, pas un temps \u00e0 mettre un troufion dehors. C\u2019est l\u2019escouade de Rippert qui est de corv\u00e9e, pas les plus mauvais, on va tester nos bleus.<\/p>\n<p>Bishop, Wedge et Biggs sont partis devant, au bout de quelques pas on ne les voit plus tellement l&rsquo;averse est forte. Bishop doit \u00eatre derri\u00e8re, il teste les nouveaux pour voir qui pourrait faire un bon \u00e9claireur.<\/p>\n<p>Le camp est travers\u00e9 en moins de deux, personne ne semble nous remarquer. Faut dire que pas grand monde tra\u00eene dehors. J\u2019ai tout de m\u00eame l\u2019impression qu\u2019on nous regarde mais je vois ni n\u2019entends personne \u00e0 port\u00e9e de vue ou d\u2019ou\u00efe. J\u2019deviens parano ou quoi. Peut-\u00eatre les derniers mots du Major qui me reviennent, \u201d\u2026me faites pas faux bond sur ce coup\u2026\u201d, il aurait mis\u00e9 sa derni\u00e8re chemise s\u00e8che qu\u2019il serait pas plus nerveux le Major. \u00c7a lui ressemble pas d\u2019\u00eatre aussi nerveux. Bon on va tacher de pas le d\u00e9cevoir, d\u2019autant que \u00e7a me donne l\u2019impression qu\u2019on a pas le droit de merder. Bah, on verra bien.<\/p>\n<p>On arrive en vue du poste de garde. Josh et moi avan\u00e7ons pour rejoindre Bishop et compagnie, les autres vont franchir le p\u00e9rim\u00e8tre de s\u00e9curit\u00e9 pour nous attendre un peu plus loin, ils ont rien \u00e0 prouver. Nous retrouvons Bishop. Wedge et Biggs sont tout sourire, ils viennent de foutre une trouille m\u00e9morable aux plantons devant le poste de Rippert. Solidement b\u00e2illonn\u00e9s, ils trempent leur futal au milieu d\u2019une jolie flaque bien grasse. Bande de gamins va. Au moins, ils ont assur\u00e9 me fait comprendre par signes Bishop. Derni\u00e8re \u00e9tape, on entre dans le poste. Rippert est bien l\u00e0, tout couillon de se retrouver avec le canon du fusil de Joshua sur sa nuque.<\/p>\n<p>&#8211; Salut Rippert.<br \/>\n&#8211; Bordel Corax, \u00e7a t\u2019amuse ?<br \/>\n&#8211; Un peu oui, et puis tu nous connais, on pouvait pas passer par-l\u00e0 sans te faire un coucou amical.<br \/>\n&#8211; Tu fais chier, pour une fois qu\u2019on \u00e9tait tranquille. Mais dis donc, vous \u00eates de sortie ?<\/p>\n<p>Perspicace le bonhomme, il vient de voir notre visage en se retournant.<\/p>\n<p>&#8211; Ouaip, \u00e7a faisait un moment, hein ?<br \/>\n&#8211; Va pas falloir lambiner dehors si les Dead Kings sont de sortie. Bonne chasse les gars.<br \/>\n&#8211; Merci Rippert.<\/p>\n<p>Et on sort.<br \/>\n&#8211; Au fait, tu r\u00e9cup\u00e9reras tes gus avant qu\u2019il leur pousse des nageoires.<\/p>\n<p>Le reste des paroles de ce bon vieux Rippert ne peut \u00eatre rapport\u00e9es ici, ma sensibilit\u00e9 d\u2019artiste ne supporterait pas la teneur de ses propos un peu crus.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>12<\/h1>\n<p>Trois jours! Trois jours qu&rsquo;on est dehors en train de courir apr\u00e8s les petits curieux qui emp\u00eachent notre \u00e9tat-major de dormir. Trois jours et trois nuits pendant lesquelles on a pas franchement dormi notre quota r\u00e9glementaire, Nounou me le rappelle suffisamment. Le bon c\u00f4t\u00e9 de la chose c&rsquo;est qu&rsquo;on a pas chaum\u00e9.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9terminer combien de groupes on devait se farcir avant de pouvoir rentrer. Premi\u00e8re bonne surprise : ils sont pas aussi nombreux qu&rsquo;on aurait pu craindre, juste deux groupes de moins de 10 gus. Rien de compliqu\u00e9. Doivent avoir du mal \u00e0 recruter en face, ou alors on leur fait peur. Pensez, une mission pr\u00e8s des lignes ennemies o\u00f9 se trouvent les terribles Dead Kings, \u00e7a doit foutre les jetons. Ou alors ils doivent vouloir faire leurs trucs discretos.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me bonne nouvelle, on s&rsquo;est fait le premier groupe \u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me journ\u00e9e, pas de perte chez nous, un vrai travail d&rsquo;orf\u00e8vres, ils ont rien vu venir et ont pas du sentir grand chose avant de se retrouver le nez dans la gadoue. On les a d\u00e9busqu\u00e9 dans les restes d&rsquo;un petit village en ruine, en train de faire le point sur leur position. J&rsquo;ai cru comprendre qu&rsquo;ils \u00e9taient pas d&rsquo;accord sur la route \u00e0 suivre pour je ne sais quel endroit. Sentinelles neutralis\u00e9es par Gambit et son snip, nickel, fin de la besogne \u00e0 la lame de 30, Nounou \u00e0 la t\u00eate des bleus et nous en soutien lourd au cas o\u00f9 ils auraient merd\u00e9. Nounou a beau \u00eatre ce qu&rsquo;il est, il conna\u00eet son boulot et ils ont pas merd\u00e9 ; groupe n\u00b01 \u00e9limin\u00e9 en quinze minutes chrono, au suivant.<\/p>\n<p>On a regard\u00e9 dans leurs documents, pas grand chose d&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 priori mais j&rsquo;ai tout pris pour nos cerveaux planqu\u00e9s dans leurs bunkers, je suis pas l\u00e0 pour cogiter \u00e0 ce genre de trucs.<\/p>\n<p>Depuis on patauge un peu mais je sens qu&rsquo;on se rapproche. Bishop est parti aux nouvelles et devrait pas tarder \u00e0 revenir avec des infos. Il aurait rep\u00e9r\u00e9 des traces et pr\u00e9f\u00e8re explorer le terrain seul pour \u00eatre \u201cplus \u00e0 son aise\u201d comme il dit.<\/p>\n<p>Pendant ce temps on se prend un moment de r\u00e9cup\u00e9ration, on en a tous besoin. Wedge et Biggs sont vid\u00e9s, &lsquo;font moins les marioles depuis qu&rsquo;ils ont d\u00fb ouvrir les carotides des Namiens avec Nounou. Faut bien que le m\u00e9tier rentre et on a jamais dit que ce serait une promenade de sant\u00e9. Gambit est quelque part dans le coin, il monte la garde je sais pas o\u00f9 mais on peut lui faire confiance, personne ne nous surprendra. Nounou nourri son rat, j&rsquo;ai bien envie de lui en coller une dans sa t\u00eate de rongeur mais la proximit\u00e9 de l&rsquo;ennemi me rappelle \u00e0 la raison et je ferai \u00e7a au retour.<\/p>\n<p>Bishop est de retour, il arrive tranquille, un large sourire sur le visage, il les a trouv\u00e9. On remballe vite fait, Gambit nous a d\u00e9j\u00e0 rejoint, les environs sont clairs. Bishop me montre par signes cod\u00e9s o\u00f9 ils sont, pas loin, \u00e0 peine deux cent m\u00e8tres de nous. Je donne les instructions \u00e0 chacun et on avance.<\/p>\n<p>On arrive sur la zone, ils sont planqu\u00e9s au fond d&rsquo;une cuvette naturelle entour\u00e9e de petites collines dans des sortes de tranch\u00e9es creus\u00e9es par les tirs d&rsquo;artillerie des derni\u00e8res semaines. Ils se sont m\u00eame vachement bien install\u00e9s, ils se sont faits une cabane douillette avec un toit de t\u00f4les camoufl\u00e9 par de la terre et des d\u00e9bris au-dessus d&rsquo;un trou un peu plus large que la moyenne, ils doivent pouvoir loger \u00e0 quatre l\u00e0-dedans. On rep\u00e8re vite les sentinelles, positionnement classique autour de la zone, reste trois Namiens en train de s&rsquo;occuper comme n&rsquo;importe quel troufion en mission, aff\u00fbtage de lames et graissage de fusil.<\/p>\n<p>Je s\u00e9pare l&rsquo;escouade en 3 groupes. Nounou sera au centre avec Murdock, Wedge et Biggs. C&rsquo;est eux qui auront le plus distance \u00e0 parcourir avant d&rsquo;atteindre la zone cible, va falloir les couvrir. Sur la droite, Vallenciaga, Bishop et Josh. Ils sont les plus pr\u00eats de la sentinelle qui couvre le secteur, une fois d\u00e9barrass\u00e9 d&rsquo;elle, ils seront pratiquement sur l&rsquo;objectif. Je me cale sur le flanc gauche avec Gambit et Doky. Gambit devrait nous d\u00e9barrasser des deux autres sentinelles et d&rsquo;au moins un Namien au centre. Ensuite il n&rsquo;y aura plus qu&rsquo;\u00e0 arriver en soutien du reste de l&rsquo;escouade.<\/p>\n<p>Un bon plan.<\/p>\n<p>Nounou et Bishop sont en place, je fais signe \u00e0 Gambit, son choix est fait, le coup part et la sentinelle tombe. Dans le m\u00eame temps, Nounou d\u00e9boule dans la cuvette en gueulant tout ce qu&rsquo;il sait suivi des bleus et de Murdock. L&rsquo;effet de surprise est totale, Gambit ajuste la deuxi\u00e8me sentinelle qui s&rsquo;en va rejoindre son compagnon dans l&rsquo;enfer Namien. Bishop aussi a entra\u00een\u00e9 son groupe en avant de mani\u00e8re plus discr\u00e8te mais tout aussi efficace, la derni\u00e8re sentinelle est tomb\u00e9e sous le tir nourri des fusils r\u00e9gl\u00e9s \u00e0 puissance maximale.<\/p>\n<p>Les trois Namiens restant \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur se voient pris sous le feu de nos trois groupes et si les tirs venant du centre son pas forc\u00e9ment les plus pr\u00e9cis, Gambit compense largement de son c\u00f4t\u00e9.Je me l\u00e8ve et suivi de Doky, je descend aussi dans la cuvette, Nounou et son groupe ne sont plus qu&rsquo;\u00e0 quelques m\u00e8tres de la cible quand un Namien sort du trou am\u00e9nag\u00e9. Grand et calme, il ne porte pas d&rsquo;arme sur lui, pas comme les trois gus qui le suivent et qui ouvrent le feu sur le groupe de Nounou, les for\u00e7ant \u00e0 se plaquer au sol et \u00e0 se planquer dans les premiers trous venus. Voil\u00e0 de nouvelles cibles bien plus dangereuses.<\/p>\n<p>Bishop, Josh et Vallenciaga ne sont pas dans leur ligne de vue et peuvent encore avancer sans se faire arroser. Gambit, de son c\u00f4t\u00e9, doit \u00eatre en train d&rsquo;ajuster le grand calme, cible logique et facile vu qu&rsquo;il ne bouge pas. C&rsquo;est \u00e0 ce moment que je remarque que la pluie ne semble pas le toucher, je veux faire signe \u00e0 Gambit du danger mais trop tard, le coup est parti. Je vois l&rsquo;impact \u00e0 quelques centim\u00e8tres du cr\u00e2ne, \u00e7a fait comme si une pierre venait de toucher une flaque d&rsquo;huile, la seule diff\u00e9rence c&rsquo;est que la balle n&rsquo;a pas travers\u00e9, un champ de force mais qu&rsquo;elle est repartie d&rsquo;o\u00f9 elle est venue. Presque aussit\u00f4t Gambit se met \u00e0 gueuler, pas le temps d&rsquo;aller voir, faut s&rsquo;occuper de la cible, le psyker.<\/p>\n<p>Bishop a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9liminer un premier Namien, Nounou, toujours en finesse, vient de balancer deux grenades qui mettent au tapis les survivants. On en profite pour se relever et foncer comme des d\u00e9rat\u00e9s avant qu&rsquo;ils r\u00e9cup\u00e8rent leurs esprits. Bishop est sur eux le premier avec Josh et Vallenciaga, ils se font un deuxi\u00e8me Namien pendant que Wedge et Biggs s&rsquo;occupent du dernier, non sans que Biggs prenne un vilain coup de couteau au flanc. Bishop et Murdock se dirigent vers le psyker bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 lui faire go\u00fbter trente centim\u00e8tres d&rsquo;acier. Alors qu&rsquo;ils sont sur leur proie, je les vois d\u00e9coller du sol et atterrir lourdement sur le dos, hors de combat. A ce moment-l\u00e0, plusieurs choses semblent s&rsquo;encha\u00eener, venant du sac de Nounou d&rsquo;abord, un couinement qui ne fait pas de doute, Gus vient de se faire aplatir sous le poids de Nounou, puis le psyker qui se tient la t\u00eate \u00e0 deux mains en tombant \u00e0 genoux.<\/p>\n<p>Voyant cela, je me pr\u00e9cipite avec tout le reste de l&rsquo;escouade encore debout sur lui pensant en venir \u00e0 bout rapidement, Biggs lui porte un coup de ba\u00efonnette \u00e0 la jambe. Le tordu pousse un cri inhumain et, se relevant brusquement, il nous fait je sais pas quoi je sais pas comment mais le r\u00e9sultat est spectaculaire, on se retrouve tous \u00e0 au moins cinq m\u00e8tres de lui dans la m\u00eame position que Nounou et Murdock. La derni\u00e8re chose que je crois percevoir avant de prendre un repos bien m\u00e9rit\u00e9 c&rsquo;est une s\u00e9rie de tirs venant du snip de Gambit et le bruit de la chair qui s&rsquo;\u00e9clate sous les impacts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de son arme, j&rsquo;en compte plus de dix avant de sombrer pour de bon.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9merge quelques minutes plus tard devant la face hilare de Doky, coup de bol qu&rsquo;il soit rest\u00e9 en retrait, c&rsquo;est le seul \u00e0 peu pr\u00eat en \u00e9tat.<\/p>\n<p>&#8211; Et alors Sergent, on pionce ?<br \/>\n&#8211; Ta gueule Doky. Si j&rsquo;ai le plaisir de te voir c&rsquo;est que la mission est termin\u00e9e ?<br \/>\n&#8211; Bien vu Sergent, levez-vous doucement, \u00e7a va tourner un peu au d\u00e9but.<\/p>\n<p>Et le voila reparti pour voir les autres.<br \/>\nJ&rsquo;essaye de me mettre debout, \u00e7a tourne, je reste assis. Je suis pas le seul \u00e0 avoir adopt\u00e9 cette position. Nounou est encore dans les vaps, Gambit est accroupi tenant son fusil \u00e0 deux mains \u00e0 cot\u00e9 du psyker en le regardant comme s&rsquo;il voulait \u00eatre s\u00fbr qu&rsquo;il ne se rel\u00e8vera pas. Je remarque qu&rsquo;il manque un bout d&rsquo;oreille droite \u00e0 Gambit, \u00e7a pisse le sang, Doky devrait voir \u00e7a. Je lui en parle quand il repasse \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi.<\/p>\n<p>&#8211; Je sais, mais il ne veut pas que je le touche, on verra \u00e7a \u00e0 la base.<\/p>\n<p>Je chope la radio pour qu&rsquo;on vienne nous chercher, on pourra pas rentrer dans cet \u00e9tat, un groupe de speeders va pas tarder. Le temps qu&rsquo;ils arrivent, je r\u00e9cup\u00e8re suffisamment pour me bouger et fouiller le coin. Je prends tout ce qui pourrait int\u00e9resser nos illustres chefs, pas grand chose.<\/p>\n<p>Les speeders arrivent, on embarque comme on peut et apr\u00e8s un dernier passage pour purifier \u201cpar le Feu et la Flamme\u201d l&rsquo;endroit, c&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;ils disent chez les volants pour expliquer un nettoyage au bolter et lance-flammes lourd, et on rentre \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>D\u00e9barquement des speeders. Elle est loin la joyeuse troupe partie la fleur au fusil casser du vilain Namien, on s\u2019en souviendra de cette chasse au cafard. Nounou est install\u00e9 sur un brancard arriv\u00e9 en urgence. J\u2019entends vaguement Doky parler d\u2019empoisonnement chimique, de contr\u00f4le psychique, j\u2019y panne que dalle : je suis \u00e0 moiti\u00e9 dans le gaz.<\/p>\n<p>Je regarde passer le sac qui contient le corps du tordu Namien, on sait jamais \u00e7a peut int\u00e9resser nos tordus \u00e0 nous, j&rsquo;m\u2019en fout en fait, je pense plus qu\u2019\u00e0 une chose, me pieuter et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019arrive la cerise.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est quoi ce ramassis de cloportes !?<\/p>\n<p>Je regarde autour de moi, les gars ont pos\u00e9 leurs sacs en vrac, Gambit est assis sur le sien la t\u00eate appuy\u00e9e sur son fusil, vid\u00e9, Josh tente de se mettre debout mais ses jambes semblent plus vouloir le soutenir longtemps. Non vraiment je vois pas \u00e0 qui \u00e7a peut s\u2019adresser.<\/p>\n<p>&#8211; Sergent Stingray, je vous parle !<\/p>\n<p>Ah tiens si, \u00e7a a l\u2019air de nous concerner. Je me retourne et je me retrouve face \u00e0 un joli uniforme tout propre. Je regarde nonchalamment les galons, tiens un Lieutenant, je devrais saluer mais j\u2019ai comme un oubli. J\u2019arrive juste \u00e0 sortir d\u2019une voix p\u00e2teuse.<\/p>\n<p>&#8211; Mon Lieutenant ?<br \/>\n&#8211; Je vous ai demand\u00e9 de vous tenir Sergent, \u00e7a ne m\u2019\u00e9tonne pas que vos hommes soient aussi minables !<\/p>\n<p>Houla, je ne connais pas ce gus et je sens comme une onde d\u2019antipathie me submerger, les gars ont l\u2019air d\u2019\u00eatre de mon avis. Bon on ne va pas s\u2019\u00e9nerver, de toute fa\u00e7on on peut plus, le Major arrive. Du coup, on commence \u00e0 se mettre au garde \u00e0 vous mais Tuomas l\u00e8ve une main mis\u00e9ricordieuse et aux soupirs que j\u2019entends dans mon dos, je mesure l\u2019\u00e9puisement des gars.<\/p>\n<p>&#8211; Repos soldats. Salut Stingray.<br \/>\n&#8211; Major.<br \/>\n&#8211; Lieutenant, je vois que vous avez fait connaissance avec la fine fleur des Dead Kings.<br \/>\n&#8211; Oui Major et je me permets d\u2019attirer votre attention sur\u2026<br \/>\n&#8211; Oui Lieutenant, nous verrons cela en priv\u00e9. Sergent Stingray, le Lieutenant Van Haussmann sera votre sup\u00e9rieur direct pour les prochaines op\u00e9rations.<\/p>\n<p>Moment de flottement.<\/p>\n<p>&#8211; A vos ordres Major.<br \/>\n&#8211; Lieutenant, allez me pr\u00e9parez le d\u00e9brief&rsquo; pour le Capitaine de la mission du Sergent Stingray, je vous rejoints.<br \/>\n&#8211; A vos ordres Major !<\/p>\n<p>Claquement de bottes cir\u00e9es, salut r\u00e9glementaire au poil, demi tour impeccable direction le QG, la cerise est partie.<\/p>\n<p>&#8211; Content de vous revoir Sergent.<br \/>\n&#8211; Et moi donc Major. Tenez, voila tout ce qu\u2019on a pu r\u00e9cup\u00e9rer, j\u2019esp\u00e8re que \u00e7a vous servira.<br \/>\n&#8211; Bon boulot, je vous revois une fois que vous aurez pris un peu de repos vous et votre escouade.<br \/>\n&#8211; Merci Major.<\/p>\n<p>Tuomas repart dans son QG tout sec, nous on se dirige vers nos baraquements moisis. Je me sors une barrette de Lho, je suis tremp\u00e9, j\u2019arrive pas \u00e0 l\u2019allumer, je hais ce climat, je hais cette Lune.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>13<\/h1>\n<p>Apr\u00e8s quelques heures d\u2019un repos bien m\u00e9rit\u00e9, je m\u2019extirpe non sans quelques difficult\u00e9s de mon paddock. Je zieute autour de moi, personne dans le baraquement. Merci les copains, c\u2019est sympa de s\u2019occuper de moi comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Mon estomac crie famine. A vue de nez, j\u2019dirai qu\u2019il est l\u2019heure de casser la cro\u00fbte. L\u2019averse n\u2019ayant pas cess\u00e9, j\u2019enfile mon poncho et trace directe vers le mess. J\u2019m\u2019occuperai de faire un brin de toilette plus tard.<\/p>\n<p>Comme par hasard, la cantina est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du campement. C\u2019est donc avec les bottes pleines de boue que j\u2019arrive enfin sous l\u2019immense tente de la cambuse. Je me saisis aussit\u00f4t d\u2019une \u00e9cuelle en m\u00e9tal que je tends avec avidit\u00e9 au cuistot de service, un boutonneux \u00e0 l\u2019air abruti. Au menu, grox sauce catachanne. Il ne fera pas bon dormir le museau sous la couette c\u2019te nuit, c\u2019est moi qu\u2019il vous l\u2019dis.<\/p>\n<p>J\u2019avise mon \u00e9quipe au fond du r\u00e9fectoire, tous accoud\u00e9s sur une immense table \u00e0 tr\u00e9teaux, pr\u00e8s d\u2019un gros po\u00ealon noir\u00e2tre.<\/p>\n<p>&#8211; Salut les aminches, quoi de neuf ?<\/p>\n<p>J\u2019ai le droit \u00e0 tout un panel de r\u00e9ponses : salut plus ou moins r\u00e9glementaire et enjou\u00e9 des trois piou-piou, sourire idiot de Doky et Murdock, grand bonjour de Val\u2019, grognement approbatif de Gambit et m\u00eame une main au cul de la part de Bishop \u00e0 qui il faudra que j\u2019explique un des ces quat\u2019 l\u2019art de la biens\u00e9ance en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Y\u2019a que ce gros lourdaud de Nounou qui m\u2019ignore royalement, la t\u00eate plong\u00e9e dans son assiette fumante. On est encore tous un peu sur les rotules, je l\u2019excuse cette fois-ci.<\/p>\n<p>On s\u2019\u00e9change quelques banalit\u00e9s, on se raconte nos exploits individuels (plus ou moins vrais) lors de notre chasse aux cafards et on s\u2019marre un bon coup. La bonne ambiance est de retour.<\/p>\n<p>&#8211; Que l\u2019Empereur me tripote ! Ce serait-y pas l\u00e0 Stingy et sa bande de bras cass\u00e9s ?<\/p>\n<p>\u00c7a vient de derri\u00e8re moi, mais je ne bronche pas : je connais cette voix nasillarde. Joshua m\u2019interroge du regard. Je me penche vers lui comme si que j\u2019voulais lui confier un secret, mais je parle bien fort pour que tout le monde entende.<\/p>\n<p>&#8211; T\u2019inqui\u00e8te pas, le Clebs ne sait faire qu\u2019aboyer, il ne mord pas.<br \/>\n&#8211; Pour toi, et pour tous les autres, c\u2019est Carmine Canis. Le Sergent Carmine Canis de la 2nde escouade.<\/p>\n<p>Un gros \u201cWou-ah !\u201d ponctue la fin de sa phrase.<\/p>\n<p>&#8211; Ah ben tiens, le Clebs est venu avec toute sa port\u00e9e aujourd\u2019hui.<br \/>\n&#8211; T\u2019as d\u00e9cid\u00e9ment une trop grande gueule, Stingy.<\/p>\n<p>Alors l\u00e0, je me l\u00e8ve lentement, imit\u00e9 par mes gars, m\u00eame la Nounou, qu\u2019est jamais le dernier pour une bonne bagarre. Je me retourne, toujours aussi lentement, pour faire face au Clebs. Le bonhomme ne m\u2019impressionne pas : il est \u00e9pais comme un coton tige anorexique. Par contre, les aut\u2019 guignols qui l\u2019accompagnent sont des clients un peu plus s\u00e9rieux, surtout les deux grands blacks qui lui servent de garde rapproch\u00e9e.<\/p>\n<p>A moi droite, Fat Domino, 120 kg tout mouill\u00e9. Des battoirs aussi grosse que ma t\u00eate et des pouces comme des pelles \u00e0 tarte (tarte qu\u2019il aime d\u2019ailleurs \u00e0 distribuer gratuitement). A ma gauche, Washington, fr\u00f4lant approximativement le quintal. Un casque tout caboss\u00e9 de Blood Bowl viss\u00e9 sur le cr\u00e2ne. Le reste du groupe est grosso merdo dans les m\u00eames proportions. De beaux gros b\u00e9b\u00e9s quoi.<\/p>\n<p>&#8211; Et \u00e7a semble te poser un probl\u00e8me\u2026 Le Clebs.<br \/>\n&#8211; T\u2019es qu\u2019un mariole, Corax. Toi et ta tripot\u00e9e de losers ne perdez jamais une occasion de faire les malins et \u00e7a en gonfle plus d\u2019un ici.<br \/>\n&#8211; Genre ?<br \/>\n&#8211; Genre la ch\u2019tite vanne que vous avez fait \u00e0 Rippert et \u00e0 la 5\u00e8me l\u2019aut\u2019 nuit. Si un jour il te prend l\u2019envie de renouveler l\u2019exp\u00e9rience avec la 2nde escouade, je te jure que je t\u2019en ferai chier.<br \/>\n&#8211; Et tu me rendrais un sacr\u00e9 service : pauvre de moi, je suis apopatodialatophobique.<\/p>\n<p>Je sais ce que vous allez me dire : je pousse un peu. Mais depuis l\u2019temps que je voulais le placer ce mot-l\u00e0. Oh que \u00e7a fait du bien. Canis en est comme deux ronds de flan et baragouine quelques mots. Autour de nous, \u00e7a commence \u00e0 rigoler. Le Clebs ne veut pas perdre la face et met les deux pieds dans le plat.<\/p>\n<p>&#8211; Tu vaux vraiment pas mieux que ce con de Gus, tu sais ?<\/p>\n<p>Gravissime erreur. Je sens une grosse col\u00e8re des familles mont\u00e9e en moi. Les vertus apaisantes du coup de boule n\u2019\u00e9tant plus \u00e0 d\u00e9montrer (elles sont m\u00eame reconnues d\u2019utilit\u00e9 publique je crois), je lui en ass\u00e8ne un de bon c\u0153ur, lui mettant le nez en parasol. \u00c7a va p\u2019t\u00eat pas le calmer lui, mais \u00e7a m\u2019d\u00e9foule moi.<\/p>\n<p>Et vlan ! Baston g\u00e9n\u00e9rale !<\/p>\n<p>Ni une, ni deux, la Nounou saute sur la table, prend son \u00e9lan et se jette sur la 2nde qui s\u2019\u00e9croule comme un ch\u00e2teau de cartes. Gambit, Bishop et Val\u2019 viennent nous pr\u00eater main forte, suivis par Murdock et Joshua apr\u00e8s un bref instant d\u2019h\u00e9sitation. Les jumeaux se regardent, haussent les \u00e9paules et s\u2019accrochent chacun \u00e0 l\u2019un des bras de Fat Domino. Doky, courageux comme personne, choisit la seule cible \u00e0 sa taille : le bleu.<\/p>\n<p>Quelques chaises volent et d\u2019autres types se joignent aux festivit\u00e9s. Ils vont \u00eatre priv\u00e9s de dessert, mais ils s\u2019en foutent.<\/p>\n<p>Je choppe Carmine par le col de chemise. Il pisse le sang comme c\u2019est pas permis. Paf ! Paf ! Paf ! Trois droites dans sa tronche. Je tente la quatri\u00e8me et le gonz en profite pour plonger sur moi et me plaquer au sol. On roule par terre, on s\u2019\u00e9change des coups. M\u00eame pas mal.<\/p>\n<p>Du coin de l\u2019\u0153il, j\u2019aper\u00e7ois la Nounou et Washington, qui a heureusement perdu son casque, se frappant chacun son tour. Manifestement, le premier qui tombe a perdu.<\/p>\n<p>Carmine me touche \u00e0 la tempe, je vois 36 chandelles avant de me ressaisir et de lui planter mes deux genoux dans l\u2019estomac. Je me redresse et le balance sur la table, il a son compte.<\/p>\n<p>La plupart de mes hommes s\u2019en sortent bien, m\u00eame Josh\u2019. Wedge et Biggs sont toujours coll\u00e9s \u00e0 Fat Domino qui remue des bras comme un oiseau, n\u2019arrivant pas \u00e0 se d\u00e9patouiller de ces deux \u00e9nergum\u00e8nes. Y\u2019a \u00e9videmment que Doky qui se prend une d\u00e9rouill\u00e9e par le cadet.<\/p>\n<p>Je me retrouve happ\u00e9 en arri\u00e8re. C\u2019est le Clebs, titubant, qui en redemande. On se refile encore quelques baffes, je prends le dessus. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 lui porter le coup de gr\u00e2ce lorsque le hululement d\u2019une sir\u00e8ne se fait entendre. C\u2019est une alerte.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>14<\/h1>\n<p>&#8211; Sauv\u00e9 par le gong on dirait !<br \/>\n&#8211; Tu perds rien pour attendre Stingy, on se retrouvera.<\/p>\n<p>\u201cStingy\u201d \u00e7a, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle le mot de trop, vlan je lui colle un nouveau gros coup de boule, quoi c&rsquo;est pas permis !<\/p>\n<p>&#8211; \u00c7a, c&rsquo;\u00e9tait de la part de Gus !<br \/>\nEt je laisse le Clebs sur le sol \u00e0 pisser son sang et cracher une ou deux dents.<\/p>\n<p>Bon, on arr\u00eate de jouer il y a quand m\u00eame une alerte, qu&rsquo;est-ce qu\u2019ils nous veulent ces Namiens, c&rsquo;est la guerre, mais quand m\u00eame, ils ne vont quand m\u00eame pas venir nous attaquer, d&rsquo;ailleurs j\u2019entends rien de ce qui ressemble \u00e0 un quelconque bombardement.<\/p>\n<p>Je me pr\u00e9cipite dehors \u00e0 la suite de tout le monde, j\u2019entends quelqu\u2019un pousser sa gueulante, \u00e7a ressemble \u00e0 du Van Haussmann, pas bon.<\/p>\n<p>Je passe la porte en trombe et j\u2019ai juste le temps de voir les gars en train de se mettre en rang que quelque chose me chope le pied d\u2019appui. Je finis ma sortie en vol plan\u00e9, nez dans la gadoue puis petite glissade sur deux m\u00e8tres avant de pouvoir me relever. Je cherche du regard le responsable de mon atterrissage et je vois cet enfoir\u00e9 de Rippert avec un sourire grand comme \u00e7a. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 lui faire savoir comment j\u2019appr\u00e9cie sa remise \u00e0 z\u00e9ro des compteurs quand la grosse voix du Lieutenant tinte \u00e0 mes oreilles.<\/p>\n<p>&#8211; Sergent Stingray, \u00e9videmment, dernier et pas foutu de se tenir debout.<\/p>\n<p>Quelques gloussements dans l\u2019assembl\u00e9e de troufions, je vois que mes gars ont bien not\u00e9 les noms, braves petits.<\/p>\n<p>&#8211; Dans les rangs, avec les autres !<\/p>\n<p>J\u2019y vais tranquillement, d\u00e9goulinant de boue mais digne. La pluie aura bient\u00f4t rinc\u00e9 mon uniforme de toute fa\u00e7on.<\/p>\n<p>&#8211; Soldats, je vois que vous n\u2019\u00eates qu\u2019un ramassis de bons \u00e0 rien, de planqu\u00e9s et \u00e7a m\u2019\u00e9tonnerait pas que la nuit il y en ait qui appellent encore leur m\u00e8re. Votre m\u00e8re, c\u2019est moi maintenant, et je ne vais pas vous c\u00e2liner, je vais reprendre en main votre \u00e9ducation, vous allez en baver mes mignons.<\/p>\n<p>Et c\u2019est parti pour le discours fleuve type, c\u2019est au moins la dixi\u00e8me fois que je l\u2019entends celui-l\u00e0, ils ne se sont pas beaucoup renouvel\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019officiers. Ou alors c\u2019est Van Haussmann qui n\u2019a pas d\u2019imagination ; possible aussi. Le discours tire \u00e0 sa fin, on va enfin savoir o\u00f9 il veut en venir, et \u00e7a manque pas.<\/p>\n<p>&#8211; Et c\u2019est pour cela que je vais mener moi-m\u00eame les prochaines patrouilles, le Sergent Stingray et son escouade seront les premiers \u00e0 y passer.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est pas vrai, qu\u2019est-ce que j\u2019ai fait \u00e0 l\u2019Empereur moi, on en vient, on a failli y rester et il faudrait qu\u2019on y retourne, bordel ! Je sens que des gars d\u2019autres escouades sont d\u00e9go\u00fbt\u00e9s. Merci de votre soutien moral mais \u00e7a nous fera une belle jambe quand on se trimballera avec cet officier de mes deux en pleine cambrousse sous le feu des Namiens.<\/p>\n<p>Ah tiens, c\u2019est \u00e0 moi de r\u00e9pondre il me semble. Allez, phrase rituelle :<br \/>\n&#8211; Oui mon Lieutenant, \u00e0 vos ordres mon Lieutenant !<\/p>\n<p>J\u2019ai pas du y mettre tout l\u2019enthousiasme attendu car \u201cmon Lieutenant\u201d fait une dr\u00f4le de t\u00eate, il doit croire que je me fiche de lui, s\u2019il savait combien il a raison. Il s\u2019approche de moi en faisant son gros dur, bouh j\u2019ai peur, et me hurle en plein visage ces ordres.<\/p>\n<p>&#8211; Vous avez deux heures pour me pr\u00e9parer votre escouade Sergent, mat\u00e9riel de campagne pour trois jours. Au pas de gymnastique et que \u00e7a saute !<\/p>\n<p>Vache d\u2019haleine de Grox, je suis pas un exemple, mais l\u00e0 je sais pas ce qu\u2019il a bouff\u00e9, mais \u00e7a refoule grave. A nouveau je lui confirme mon accord par un virulent :<\/p>\n<p>&#8211; Oui mon Lieutenant, \u00e0 vos ordres mon Lieutenant ! Dead Kings, \u00e0 moi !<\/p>\n<p>Du coup il se recule presque, surpris par la force que j\u2019ai pu mettre dans ma voix, et on part au petit trot vers nos quartiers refaire nos paquetages. Je me demande pourquoi on les d\u00e9fait d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>La pluie nous arrose copieusement jusqu\u2019\u00e0 notre baraquement. Foutue lune, je suis s\u00fbr qu\u2019il va me pousser des nageoires avant qu\u2019on ne la quitte.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>15<\/h1>\n<p>A peine arriv\u00e9 au sec, j\u2019organise les festivit\u00e9s. &#8211; Okay les enfants, z\u2019avez entendu le Lieut\u2019nant et, comme vous, \u00e7a m\u2019enchante pas plus que \u00e7a. J\u2019vous donne une heure pour pr\u00e9parer vot\u2019attirail et je ne veux que le strict minimum. Val\u2019, Bishop, montrez \u00e0 vos cadets comment faire.<\/p>\n<p>L\u00e0-dessus, sit\u00f4t une bonne douche, j\u2019les abandonne faire des courses \u00e0 l\u2019armurerie pour tout ce beau monde. On a pris l\u2019habitude de se chahuter un peu, histoire d\u2019se vider la t\u00eate avant la prochaine nouba dans la cambrousse, mais \u00e7a m\u2019dit vraiment rien aujourd\u2019hui, j\u2019ai eu ma dose, merci.<\/p>\n<p>Il ne tombe plus que quelques gouttes et d\u2019ici peu, on va crever de chaud. Tout en sifflotant, je profite donc de cette fra\u00eecheur et de ce calme en me rendant aux stocks o\u00f9 r\u00e8gne en ma\u00eetre Lovells, l\u2019intendant.<\/p>\n<p>Que je vous raconte un peu le gars : y a pas un trafic dont il ne soit au courant, c\u2019est m\u00eame souvent lui qu\u2019est derri\u00e8re. Vous voulez une bonne boutanche ? Des rations suppl\u00e9mentaires ? C\u2019est \u00e0 lui qu\u2019il faut s\u2019adresser. Ne me demandez pas comment il se procure tout \u00e7a, j\u2019en sais foutre rien et j\u2019m\u2019en bats l\u2019aile. Le p\u2019tit gros peut vous fournir n\u2019importe quoi, de l\u2019oreiller aux devises, du moment que vous raquez car il a une calculatrice dans le cerveau et un tiroir-caisse \u00e0 la place du c\u0153ur comme on dit de par chez nous.<\/p>\n<p>&#8211; Ah, Corax ! On m\u2019a mis au parfum que tu passerais me rendre visite. Alors ? Il para\u00eet que tu vas d\u00e9hotter avec Van Haussmann ?<br \/>\n&#8211; M\u2019en parle pas. J\u2019ai les joyeuses qui remontent jusqu\u2019\u00e0 la gorge rien qu\u2019d\u2019y penser. \u00c7a va \u00eatre coton.<br \/>\n&#8211; J\u2019me doute\u2026 Ce couillon a essay\u00e9 de mettre le nez dans ma compta. C\u2019est pas demain la veille qu\u2019il m\u2019la mettra profond.<br \/>\n&#8211; Pour s\u00fbr, t\u2019es un ca\u00efd. Le business fonctionne bien ?<br \/>\n&#8211; Au poil, mon vieux, au poil. Ton matos est d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat, deux d\u2019mes gonzes vont t\u2019aider. Il te faut autre chose de moins officielle ?<br \/>\n&#8211; Met-moi une bo\u00eete de cigare d\u2019algues de c\u00f4t\u00e9, pour mon retour.<\/p>\n<p>Il saisit le crayon cal\u00e9 derri\u00e8re son oreille, l\u00e8che la mine et commence \u00e0 griffonner sur un calepin. Emball\u00e9 c\u2019est pes\u00e9 !<\/p>\n<p>J\u2019m\u2019en retourne donc, sous un soleil de plomb, jusqu\u2019au blockhaus pour trouver mes zigues tous avachis dans leur pageot. J\u2019peux pas leur en vouloir, faut bien qu\u2019ils rechargent. Mais c\u2019est le Sergent qui doit parler et s\u2019assurer qu\u2019ils soient bien remonter \u00e0 bloc.<\/p>\n<p>&#8211; Levez donc vos sales derches de l\u00e0 ! Si la cerise d\u00e9barquait maintenant, il nous passerait un savon des familles !<\/p>\n<p>Tout le monde r\u00e9agit au quart de tour, sans protester. Je passe de suite \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure et improvise une ch\u2019tite inspection surprise. Je me dirige direct sur Doky.<\/p>\n<p>&#8211; Tes affaires sont pr\u00eates ?<br \/>\n&#8211; Un peu mon neveu.<br \/>\n&#8211; Debout. Fissa.<\/p>\n<p>Je saisis sa t\u00eate entre mes pognes, pose mes pouces sous ses paupi\u00e8res et inspecte ses gobilles. Il est clean. Je chope alors son barda et la trousse de secours que je vide sur son plumard. J\u2019avais dis le strict minimum\u2026<\/p>\n<p>Je fais le tri dans tout ce fatras et vire le superflus, notamment des mignonnettes de Torboyo, des petits sachets d\u2019herbe m\u00e9dicinale et une revue cochonne, \u201cNamiennes vicieuses\u201d, dont le sous-titre est des plus \u00e9vocateurs : \u201cIl n\u2019y a pas que la jungle qui soit chaude et humide.\u201d Je r\u00e9quisitionne le mag\u2019 et le glisse dans ma poche-revolver. Je m\u2019assurerai \u00e0 l\u2019occasion qu\u2019il ne contient pas de messages s\u00e9ditieux, \u00e9videmment\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Bon. J\u2019vais pas y aller pas quat\u2019chemins : Van Haussmann est le dernier des cons. On l\u2019aime pas et il nous l\u2019rend bien, va donc falloir se tenir \u00e0 carreau. Au moindre \u00e9cart, il se fera un malin plaisir \u00e0 nous clouer au pilori. Alors, munissez-vous de votre dico gothique-connard\/connard-gothique et pas un pet de travers, je compte sur vous.<\/p>\n<p>Je crois que le message est bien pass\u00e9, du moins je l\u2019esp\u00e8re. Je suis persuad\u00e9, je sais que je peux leur faire confiance en cas de coup dur, tous.<\/p>\n<p>Murdock s\u2019\u00e9tait post\u00e9 au seuil du bunker pour griller une tige.<br \/>\n&#8211; V\u2019l\u00e0 le Lieut\u2019nant qui s\u2019am\u00e8ne. Et il est pas tout seul<\/p>\n<p>Showtime !<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>DUSTOFF<\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5890\" title=\"nam_dustoff\" src=\"http:\/\/www.atorgael.com\/baalmoloch\/files\/2009\/06\/nam_dustoff.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"155\" \/><\/p>\n<p>Sans grande conviction, Huey Dustoff faisait rouler du bout de sa fourchette les derniers petits pois au fonand de sa gamelle quand retentit soudain l&rsquo;alarme. Fin du d\u00eener ! Ni une, ni deux, il se pr\u00e9cipite laissant tout en plan. Dans son dos, quelqu&rsquo;un balance l&rsquo;in\u00e9vitable plaisanterie \u00e9cul\u00e9e :<\/p>\n<p>&#8211; Dis, si tu ne reviens pas, je peux avoir ton pudding ?<\/p>\n<p>Dustoff, qui dans l&rsquo;imm\u00e9diat s&rsquo;en tamponne les amygdales, se contente d&rsquo;un geste de la main \u00e9vasif que le blagueur choisit d&rsquo;interpr\u00e9ter comme un accord.<\/p>\n<p>Au pas de course, Huey rejoint le tarmac \u00e9clair\u00e9 par de gros projecteurs. Les membres de sa fine \u00e9quipe s&rsquo;affairent autour du Land Speeder Medevac en l&rsquo;attendant. Il y a d&rsquo;abord son copilote Longhorn, puis Hockenbury l&rsquo;infirmier et enfin Bowman, en charge des exfiltrations.<\/p>\n<p>Le lent sifflement de la turbine de l&rsquo;antigrav se fait d\u00e9j\u00e0 entendre lorsque Dustoff grimpe \u00e0 son bord. Le holster de son pistolet-laser pos\u00e9 entre les jambes afin de ne pas perdre une seconde au cas o\u00f9 ; sa pr\u00e9sence \u00e0 quelques centim\u00e8tres de ses bijous de famille est r\u00e9confortante. Il range son ordre de mission ainsi que les pr\u00e9cisions topographiques attrap\u00e9s en coup de vent au poste de commandement dans la poche de sa chemise. Machinalement, il attache sa ceinture de s\u00e9curit\u00e9, boucle sa sangle d&rsquo;\u00e9paule, fixe son gilet pare-balles et enfile son casque.<\/p>\n<p>Comme toujours, l&rsquo;\u00e9quipage est assis sur des coussins \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve des balles, le dos appuy\u00e9 contre les si\u00e8ges blind\u00e9s pour b\u00e9n\u00e9ficier de la meilleure protection possible. D\u00e8s que le moteur atteint son r\u00e9gime de d\u00e9collage et apr\u00e8s une rapide check-list des instruments de bord, Huey s&rsquo;assure via la radio que tout le monde s&rsquo;est bien arnarch\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Quatri\u00e8me sortie aujourd&rsquo;hui les enfants, on est tous crev\u00e9s mais c&rsquo;est pas une raison pour faiblir.Y&rsquo;a des capellans qui comptent sur nous.<\/p>\n<p>Rituellement, Longhorn caresse les deux gros d\u00e9s rouges et duveteux accroch\u00e9s au plafonnier pour se porter chance et contacte ensuite la tour de contr\u00f4le pour annoncer leur d\u00e9part et les coordonn\u00e9es de l&rsquo;\u00e9vacuation sanitaire. Il s&rsquo;assure dans la foul\u00e9e des axes de tir afin de ne pas se prendre un obus par inadvertance.<\/p>\n<p>Dustoff joue sur les p\u00e9dales et tire sensiblement sur le manche, le Medevac quitte le sol. \u00c7a y est, les voil\u00e0 en l&rsquo;air. Huey aime cette sensation de libert\u00e9 sans nul autre pareil ; il adore aussi son boulot o\u00f9 il tutoie le danger en permanence. Il n&rsquo;\u00e9changerait sa place pour rien au monde.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, son groupe et lui-m\u00eame restent tr\u00e8s calmes et n&rsquo;\u00e9changent que peu de mots, ils savent tous en effet ce qu&rsquo;ils ont \u00e0 faire et \u00e9coutent donc d&rsquo;une oreille distraite les renseignements de l&rsquo;artillerie qui parviennent dans leur casque.<\/p>\n<p>Pourtant, arriv\u00e9s au-dessus de la zone apr\u00e8s un bref vol sans anicroche, ils comprennent que les choses ne vont pas bien : le combat se poursuit et des Speeder lourdement arm\u00e9s tentent de neutraliser les tirs namiens. Les balles tra\u00e7antes et les laser fusent de toutes parts. La nuit est illumin\u00e9e de nombreux flash verts et jaunes.<\/p>\n<p>Le chef de l&rsquo;unit\u00e9 \u00e0 secourir annonce entre deux gr\u00e9sillements intempestifs qu&rsquo;il a trois gars au tapis \u00e0 \u00e9vacuer ; l&rsquo;un d&rsquo;eux est dans un sale \u00e9tat. Se voulant le plus rassurant possible, Dustoff demande \u00e0 l&rsquo;officier de faire marcher sa lampe clignotante pour mieux identifier la zone o\u00f9 atterrir. Cette derni\u00e8re se trouve dans un crat\u00e8re de bombe, \u00e0 flanc de colline, parmi quelques arbres d\u00e9foli\u00e9s. Impossible de se poser dans ces conditions.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche est d\u00e9licate : l&rsquo;antigrav est oblig\u00e9 de stationner \u00e0 moins de deux m\u00e8tres du plancher des vaches, le ch\u00e2ssis de l&rsquo;antigrav fr\u00f4lant les cimes. Malgr\u00e9 la couverture des autres Speeder et de l&rsquo;escouade en-dessous, ils risquent d&rsquo;\u00eatre pris pour cible \u00e0 tout moment et ils ne sont m\u00eame pas \u00e9quip\u00e9s pour \u00e9ventuellement riposter : ni le temps, ni la place \u00e0 bord pour \u00e7a.<\/p>\n<p>Non sans mal, Hockenbury et Bowman tentent de r\u00e9cup\u00e9rer les trois soldats \u00e0 l&rsquo;aide du treuil \u00e9lectrique. \u00c7a remue, \u00e7a braille, \u00e7a s&rsquo;y reprend \u00e0 plusieurs fois car le cable se raccroche parfois aux branches. Les minutes passent aussi vite que des si\u00e8cles. Finalement, les bless\u00e9s sont embarqu\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; Okay, cassons-nous d&rsquo;l\u00e0.<\/p>\n<p>Sans demander son reste, le Medevac reprend aussit\u00f4t de l&rsquo;altitude afin de mettre fissa les bouts. C&rsquo;est alors qu&rsquo;un namien tire une rafale de mitrailleuse lourde dans leur direction. L&rsquo;une des balles traverse le fuselage et percute le si\u00e8ge blind\u00e9 de Huey, projetant des \u00e9clats de m\u00e9tal dans le bras de celui-ci, l&#8217;emp\u00eachant de contr\u00f4ler les gaz. Sans d\u00e9lai, l&rsquo;\u00e9nergie du moteur d\u00e9cline et la sir\u00e8ne d&rsquo;alerte retentit.<\/p>\n<p>&#8211; Merde ! Je suis touch\u00e9 ! Je suis touch\u00e9 !<\/p>\n<p>Mu par une pouss\u00e9e d&rsquo;adr\u00e9naline, Longhorn reprend pr\u00e9cipitamment les commandes de l&rsquo;appareil qui commence \u00e0 chuter comme une pierre et tente de redresser avec toutes les peines du monde.<\/p>\n<p>&#8211; V\u00e9role ! Cette fois \u00e7a y est : on va se viander !<\/p>\n<p>Les deux pilotes ont les yeux fix\u00e9s avec inqui\u00e9tude sur la ligne de cr\u00eate alors que les passagers beuglent \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re. Mais l&rsquo;Esprit de la Machine ne l&rsquo;entend finalement pas ainsi et le moteur revient heureusement \u00e0 la vie. Le Speeder aux mains de Longhorn grimpe \u00e0 nouveau et vire alors de bord, cap sur sur l&rsquo;h\u00f4pital de campagne le plus proche.<\/p>\n<p>La situation pr\u00e9sentant moins de risques maintenant, l&rsquo;infirmier et le responsable d&rsquo;exfiltrations s&rsquo;occupe de r\u00e9duire les fractures, bander les blessures, poser des garrots et des perfs. Tout semble aller pour le mieux \u00e0 pr\u00e9sent, Dustoff s&rsquo;autorise donc \u00e0 s&rsquo;\u00e9vanouir.<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>16<\/h1>\n<p>D\u2019un coup d\u2019un seul, Murdock \u00e9clate de rire.<br \/>\n&#8211; Nan mais visez-moi cette allure ! Si \u00e7a c\u2019est pas la classe !<\/p>\n<p>Je m\u2019approche du seuil pour voir ce qui a d\u00e9clench\u00e9 son hilarit\u00e9. Ah ouais d\u2019accord\u2026 Van Haussmann nous a sorti la panoplie du parfait petit boy-scout : bottes cir\u00e9es montant jusqu\u2019aux genoux, pantalons bouffants, chemise immacul\u00e9e, chapeau de cambrousse bord\u00e9 de peau d\u2019oliphant, fusil en bandouli\u00e8re. Le con se croit p\u2019t\u00eat parti pour un safari-photo.<\/p>\n<p>Il est accompagn\u00e9 de deux aut\u2019gars. Je connais pas le premier, mais vu son uniforme et sa bobine, c\u2019est un autochtone, un gus des FDP. Le second m\u2019est h\u00e9las beaucoup plus familier\u2026 le Commissaire Ungern ! Je choppe le radio par le paletot et le tire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u201cPrenez la pause.\u201d<\/p>\n<p>A leur entr\u00e9e, je me raidis comme un i. \u201cAaarde \u00e0 vous !\u201d Dans un magnifique ensemble, les copains m\u2019imitent. Tous debouts et raides comme la justice devant nos plumards, nous formons une esp\u00e8ce de haie d\u2019honneur pour nos trois h\u00f4tes.<\/p>\n<p>Le Lieut\u2019nant nous contemple avec m\u00e9fiance et un semblant de d\u00e9go\u00fbt. Un ange passe, puis un deuxi\u00e8me, puis une flottille. Le salaud doit prendre son pied \u00e0 nous faire poiroter comme \u00e7a, \u00e0 mariner dans not\u2019jus.<\/p>\n<p>&#8211; Messieurs, laissez-moi vous pr\u00e9senter l\u2019adjudant-chef Kim Cue. Il va nous accompagner pour cette mission de reconnaissance et nous faire profiter de son exp\u00e9rience du terrain.<\/p>\n<p>Le bonhomme s\u2019avance d\u2019un pas et nous offre un sourire allant d\u2019une oreille \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>C\u2019est g\u00e9nial, tout bonnement g\u00e9nial. Y\u2019a pas moyen de faire confiance \u00e0 ces enflures de FDP. Ce merdier sur Nam Prioris est en grande partie due \u00e0 leur incomp\u00e9tence. Une bande de trouillards, voil\u00e0 ce qu\u2019ils sont. La pr\u00e9sence d\u2019Ungern prend alors tout son sens : on n\u2019a pas \u00e0 moufter, point barre.<\/p>\n<p>Ce mec-l\u00e0 n\u2019a pas d\u2019\u00e2me. Je l\u2019ai trop souvent vu \u00e0 l\u2019\u0153uvre. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 une fois oblig\u00e9 de lui pr\u00eater main-forte lors de l\u2019un de ses interrogatoires, j\u2019m\u2019en souviendrais toute ma vie. Il s\u2019amusait \u00e0 bourrer des tessons de verre dans la bouche d\u2019un gonze et lui mettait ensuite des grandes baffes dans la gueule. M\u00eame s\u2019il l\u2019avait voulu, vous vous en doutez, le malheureux n\u2019aurait jamais pu parler. Un cingl\u00e9, j\u2019vous dis.<\/p>\n<p>&#8211; D\u2019ici quelques minutes, nous allons embarquer \u00e0 bord de deux Land Speeder. En fin de journ\u00e9e, ils nous l\u00e2cheront en zone d\u00e9militaris\u00e9e, au nord-est de notre campement. Les documents, que vous avez r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s lors de ce que vous appelez dans votre jargon vulgaire et infantile la Chasse aux Cafards, nous y font soup\u00e7onner la pr\u00e9sence d\u2019une poche de r\u00e9sistance. Charge \u00e0 nous de les d\u00e9busquer et de les \u00e9radiquer. Des questions ?<\/p>\n<p>Pour s\u00fbr, non.<\/p>\n<p>Alors on fait ce qu\u2019on a \u00e0 faire, plus sagement que d\u2019habitude, et on grimpe \u00e0 bord des antigrav. Le trajet me semble durer une \u00e9ternit\u00e9, les Dead Kings ne sont pas \u00e0 la f\u00eate. On se fait larguer dans une clairi\u00e8re o\u00f9 on bivouaque pour la nuit. J\u2019m\u2019arrange \u00e9videmment pour que la cerise et Kim Cue n\u2019aient pas de tour de garde.<\/p>\n<p>Au petit matin, on se met en route et d\u00e9j\u00e0, on cr\u00e8ve de chaud. Comme d\u2019hab\u2019, Bishop ouvre la marche. J\u2019ai charg\u00e9 Gambit de garder un \u0153il sur le FDP tandis que moi, je reste dans le sillage de Van Haussmann.<\/p>\n<p>Mon instinct me crie, me hurle qu\u2019on est en train de se fourrer dans un putain de gu\u00eapier. En fait, je suis loin du compte : \u00e7a va \u00eatre pire.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>17<\/h1>\n<p>Au bout d&rsquo;\u00e0 peine une borne de marche, j&rsquo;en peux d\u00e9j\u00e0 plus du Lieutenant. Cette esp\u00e8ce de trou de bite est toujours en train de jacter, \u00e0 poser des questions plus connes les unes que les autres ou \u00e0 balancer des r\u00e9flexions.<\/p>\n<p>Je trouve finalement la parade : au moindre geste anodin d&rsquo;un des hommes, je m&rsquo;arr\u00eate et regarde autour de moi d&rsquo;un air m\u00e9fiant. Illico, Van Haussmann ferme son claque-merde et, en bon petit soldat, m&rsquo;imite.<\/p>\n<p>Vallenciaga refait son lacet, je me bloque. Joshua boit \u00e0 sa gourde, je me bloque. Doky se gratte le cul, je me bloque.<\/p>\n<p>Faut pas longtemps aux copains pour capter mon man\u00e8ge et \u00e0 en jouer, m\u00eame Kim Cue qui grimpe aussit\u00f4t d&rsquo;un cran sur mon \u00e9chelle de sympathie (en m\u00eame temps, c&rsquo;est pas bien dur : il part de z\u00e9ro).<\/p>\n<p>Mais, lorsque tout \u00e0 l&rsquo;avant de la file, Bishop l\u00e8ve le poing, je r&rsquo;deviens s\u00e9rieux. D&rsquo;un geste, j&rsquo;intime l&rsquo;ordre \u00e0 tous de mettre un genou \u00e0 terre et d&rsquo;\u00eatre pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;action. J&rsquo;interroge du regard l&rsquo;\u00e9claireur qui me r\u00e9pond par signes : une clairi\u00e8re droit devant, probable base ennemie, personne en vue.<\/p>\n<p>J&rsquo;explique la situation au Lieutenant qui n&rsquo;avait \u00e9videmment rien entrav\u00e9 \u00e0 notre \u00e9change silencieux et nous partons alors tous les deux y voir de plus pr\u00e8s, alors que les Dead Kings prennent position pour nous couvrir.<\/p>\n<p>Nous d\u00e9couvrons huit ou neuf huttes en bambou avec des toits de feuillages. Pas d&rsquo;hostiles dans le coin, mais l&rsquo;odeur de fum\u00e9e me fait frissonner les narines. Elle provient de feux \u00e9teints \u00e0 la h\u00e2te avec de l&rsquo;eau ; les cendres sont encore chaudes. L&rsquo;ennemi n&rsquo;est pas loin, peut-\u00eatre m\u00eame en train de nous observer.<\/p>\n<p>Nous rebroussons chemin en prenant soin d&rsquo;effacer les traces de notre passage (enfin c&rsquo;est surtout moi qui efface les traces laiss\u00e9es par la cerise) et rejoignons les autres.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s Kim Cue, on est sur la bonne piste. On vient s\u00fbrement de d\u00e9goter l&rsquo;un des relais pour les Namiens infiltr\u00e9s. Reste \u00e0 savoir quelle direction prendre. Bishop et Wedge vont donc inspecter les environs et nous reviennent rapidement avec de bonnes nouvelles. Ils ont trouv\u00e9 plein sud une douzaine d&#8217;empreintes fra\u00eeches. Les quelques marques laiss\u00e9es prouvent que l&rsquo;ennemi voyage sans chargement et qu&rsquo;il progresse \u00e0 une vitesse normale. En for\u00e7ant l&rsquo;allure, on pourrait \u00eatre sur leurs arri\u00e8res en fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi. Je m&rsquo;appr\u00eate \u00e0 donner le signal de d\u00e9part quant je me rend compte qu&rsquo;il manque quelqu&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;appel.<\/p>\n<p>&#8211; Bordel \u00e0 queue ! O\u00f9 est la Nounou ?<br \/>\n&#8211; Ici.<\/p>\n<p>Il ressort tranquillement d&rsquo;un fourr\u00e9 tout en se d\u00e9battant avec sa braguette coinc\u00e9e dans le pan de sa chemise.<\/p>\n<p>&#8211; Parce que tu crois que c&rsquo;est vraiment le moment d&rsquo;aller couler un bronze ?<br \/>\n&#8211; Ben quoi ? J&rsquo;avais la taupe au guichet, j&rsquo;pouvais plus attendre\u2026<\/p>\n<p>Je jette un coup d&rsquo;oeil discret sur Van Haussmann. Il n&rsquo;a rien remarqu\u00e9. Ouf !<\/p>\n<p>&#8211; Okay. \u00c7a passe pour cette fois. Mais tu me fais un noeud \u00e0 ton gros intestin et tu disparais plus comme \u00e7a sinon\u2026<br \/>\n&#8211; Sinon quoi ?<br \/>\n&#8211; Depuis l&rsquo;temps que tout l&rsquo;monde t&rsquo;appelle Nounou, j&rsquo;devrais leur dire quel est ton pr\u00e9nom\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 son regard meurtrier, j&rsquo;constate que le message est bien pass\u00e9. Tant mieux. On peut donc lever le camp maintenant. Et vivre la journ\u00e9e la plus foireuse de toute ma chienne de vie.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>18<\/h1>\n<p>&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Corax Stingray est un soldat de l&rsquo;Empereur comme des millions d&rsquo;autres, comme tous les gars du 1er r\u00e9giment des Chim\u00e8res Pourpres de Capella, les Dead Kings. 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