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Capella Secundus

Une grande aventure flamboyante où l’on découvre un personnage attachant et tout un univers propre à ses auteurs.

L’inquisiteur DeSaintes est confronté aux pires horreurs de la galaxie.

A l’origine, j’avais rédigé un petit texte sans prétention, juste pour le plaisir. c’était mon tout premier coup d’essai. L’histoire a bien plu à l’ami Rendar qui m’a alors proposé une suite sympa. Le doigt était mis dans l’engrenage…

Baal-Moloch

Lire un texte et sentir une idée germer dans son esprit…

La proposer… Et c’est le début d’un partenariat, d’une saga inquisitoriale et de la découverte d’une personne discrète mais très talentueuse : Baal-Moloch

Je le remercie d’ailleurs car laisser quelqu’un jouer dans ses idées n’est pas toujours aisé.

Les yeux de l’Empereur sont sur vous cher lecteur…

Rendar

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Sha’eil Taan

1

Tel un requin fendant les flots, l’imposant croiseur de guerre impérial de classe Vengeance filait gracieusement dans l’espace. Assis sur le trône de commandement du Médusa, l’Amiral Narkins prenait connaissance des rapports en provenance des vaisseaux placés sous ses ordres. Les diodes de sa couronne de contrôle, profondément enfoncée dans les implants cybernétiques greffés autour de son crâne, scintillaient alors que l’appareil convertissait les courants électriques en données lisibles par un cerveau humain.

Gorgone – Cdt Sharek – Rien à signaler Basilik – Cdt Palleon – Rien à signaler Manticore – Cdt Riskin – Rien à signaler

Le nom des vaisseaux suivis de celui de son commandant et de son statut s’imprimaient dans son cortex aussi clairement que s’il lisait une feuille de transplast.

Hydra – Cdt provisoire : Major Iokas – Nettoyage en cours.

Narkins soupira en voyant la dernière ligne du rapport. Une partie de l’équipage de l’Hydra avait fomenté une mutinerie au début des troubles sur Capella et il avait été forcé de se séparer personnellement et de manière définitive du Commandant Sarkis visiblement en forte dissension avec le credo sacré.

Une délégation envoyée par l’Inquisiteur Ezekiel purgeait en ce moment même l’équipage de ce vaisseau et, de toute évidence, peu des fiers marins qu’il avait autrefois eus sous ses ordres s’en sortiraient vivants. De ce fait, l’Hydra était loin d’être opérationnel et il faudrait malheureusement plusieurs années avant qu’un nouvel équipage vienne remplacer les malheureux qui subissaient en ce moment même le juste courroux des serviteurs de l’Empereur.

Après tout, peu importait. La flotte de défense de Capella Secundus ne pouvait rien faire pour aider les hommes au sol et, il faut bien le dire, l’inactivité l’exaspérait au plus haut point. Une guerre faisait rage plusieurs kilomètres sous ses pieds et il se sentait tout simplement inutile.

Médusa – Tous les systèmes parés. Armes prêtes, torpilles Cyclone chargées. Chasseurs en niveau d’alerte deux – Rien à signaler.

Ne pouvant réprimer un léger sourire en voyant apparaître le statut de son propre bâtiment, il retira sa couronne ointe d’onguents sacrés, déconnectant son esprit de celui de la machine. Comme à l’accoutumée, la sensation fut désagréable. Une sorte de pincement aussi bien physique que psychique qui lui laissait toujours l’impression de s’être fait enlever une partie de lui-même. Récitant une brève prière, il rendit hommage à l’Empereur de lui donner un outil si performant afin d’accomplir Sa volonté.

L’Amiral récapitula mentalement les données qu’il venait de recevoir. Pour autant qu’ils pouvaient l’être, ils étaient prêts. Seuls les vaisseaux Astartes, croisant de l’autre côté de la planète, n’avaient pas répondu à sa demande d’information. Cela ne l’étonnait guère, les Space Marines n’ayant eu aucun contact avec les vaisseaux de la garnison capellanne depuis leur arrivée. Malgré tout, ce silence l’inquiétait quelque peu. Avec les récents évènements survenus sur l’Hydra, qui pouvait savoir ce qui se tramait dans l’esprit de ces guerriers surhumain dont la légendaire vocation était de faire couler le sang ?

Le Médusa orbitait autour de l’hémisphère nord de la planète. Même depuis l’espace, il pouvait voir le déchaînement des vents et des orages couvrant l’entièreté de Capella Secundus. La lourde chape de nuages noirs zébrés d’éclairs était impénétrable. Narkins n’avait jamais vu ça et, bien que le spectacle ait quelque chose d’hypnotisant, il savait que le sort de ce monde était en train de s’y jouer.

– Amiraaaaaal.

La voix traînante d’un serviteur mécanisé le tira de ses profondes réflexions. Il lui fit un signe de la tête, l’incitant à continuer.

– Amiraaaaal, le cœur astropathique a dééééééééétecté une fluctuatioooooon dans le Waaaaaaaarp.

Une perturbation ? Cela ne pouvait signifier que peu de choses et la sortie d’un nouveau vaisseau depuis l’Empyrean était la plus probable. Ils n’attendaient pourtant personne.

– En visuel. Se contenta-t-il de répondre.

Instantanément, la passerelle du vaisseau s’anima et l’équipage s’empressa de positionner le navire afin d’orienter la baie de transpacier vers le flot d’énergie scintillante qui se formait aux alentours d’une des lunes du système.

– Amiraaaaaaaaal, le scanner détecte plusieurs vaisseaaaaaaux. – Origine ? – Inconnuuuuuue monsieuuuuuur.

Narkins frissonna. Sur la console de navigation, un agrandissement longue distance lui montrait les images déformées de plusieurs navires de guerre. Des cuirassés de classe Executor et Repulsive. D’anciennes nobles constructions impériales aujourd’hui sous la tutelle de ses plus abjects détracteurs.

Et ils arrivaient à pleine vitesse !

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Newborn

La pièce, sur éclairée par des néons diffusant une lumière froide, était d’une pâleur presque déprimante. Les murs, le sol, le plafond, tout était de ce blanc blafard caractérisant toutes les chambres d’hôpital de l’Impérium, aseptisée, impersonnelle, triste.

Deux médecins s’affairaient en hâte autour d’un lit d’opération sur lequel une superbe jeune femme était étendue. Ses longs cheveux couleur de blés tombaient jusqu’au sol et son visage d’une finesse sans égale était déformé par un rictus de douleur presque noyé dans un océan de larmes. Ses minces mains étaient serrées à s’en fendre les phalanges sur les appendices de bois prévus à cet effet mais aucun son ne sortait pourtant de sa bouche entrouverte.

A travers une vitre fumée, un homme à la stature imposante regardait la scène d’un air faussement détaché. Son ample tunique noire n’arrivait pas à cacher ses épaules musclées et la cascade de cheveux gris, presque blancs, qui tombait jusqu’à ses omoplates contrastait avec la sobriété du riche tissu dont il était vêtu. A ses côtés, un autre homme, légèrement voûté mais à l’allure patibulaire se tenait respectueusement à quelques pas derrière lui chipotant nerveusement le cuir sale de son blouson élimé.

– Allez y Milady, vous y êtes presque. Encore un petit effort.

Le plus grand des deux médecins ne cessait de répéter les mêmes mots d’encouragement d’une manière tellement automatique que cela en devenait risible. Sous son masque, recouvrant presque la totalité de son visage, on pouvait presque deviner ses lèvres pincées de lassitude.

– Voila madame, je vois la tête, poussez Madame. Une dernière fois.

Dans un cri de délivrance, la femme libéra le nouveau né entre les mains de l’accoucheur. Le front en sueur, les membres tremblant et un mince filet de sang coulant de sa lèvre inférieure qu’elle s’était inconsciemment mordue, elle s’affaissa comme libérée d’une incroyable tension

Relevant les bras, le médecin portait un nourrisson couvert de sang et de placenta, le nombril, toujours relié au cordon ombilical. D’un geste rapide et sec, il lui tapa sur les fesses, le forçant à inspirer et à remplir, pour la première fois, ses poumons de l’air recyclé qui flottait dans la salle d’accouchement.

Le nouveau né hurla à en vriller les oreilles des gens présents. Accompagnant ce cri, les ustensiles posés sur les tables de métal se mirent à trembler, même le vieux lit à roulette que le deuxième médecin venait d’apporter se déplaça légèrement comme sous l’effet d’un presque imperceptible tremblement de terre. Les deux docteurs se regardèrent incrédule.

Toujours posté derrière la vitre, l’homme aux cheveux d’argent secoua tristement la tête. Il nourrissait un mince espoir que l’enfant échappe à l’inévitable mais, de toute évidence, ce n’était pas le cas et il devait donc prendre les mesures qui s’imposaient. Les pires qui soient.

– Fais ce que tu as à faire. Dit il à son acolyte. Ramène-moi l’enfant. Je ne veux aucun témoins. – Bien monseigneur. Répondit simplement l’homme au blouson de cuir en se glissant silencieusement hors de la petite pièce sombre où ils se trouvaient.

Maintenant seul, l’homme ne pouvait détourner les yeux du visage aux traits tirés qui, malgré l’effort qui se lisait sur ce dernier, conservait une beauté presque sans âge. La femme tourna la tête vers lui, ses yeux émeraude semblant regarder droit dans les siens malgré le fait qu’elle ne voyait qu’un miroir. Une tristesse déchirante pouvait se lire dans le fond de ses pupilles mais, étonnement, elle sourit timidement.

Un bruit hydraulique se fit entendre et détourna le regard de la femme. Un homme légèrement bossu au visage couvert de cicatrices venait d’entrer dans la salle d’un pas lourd.

– Monsieur, vous ne pouvez pas entrez ici, c’est une salle stérile, veuillez…

Le plus petit des docteurs n’eut pas le temps de terminer sa phrase, il s’écroula au sol sans un bruit, les mains crispées sur sa poitrine maintenant ornée d’une tâche écarlate.

Le canon de son silencieux encore fumant, l’inconnu braqua son arme sur le deuxième homme qui, avant de se retourner vers lui, nettoyait consciencieusement ses longues mains osseuses. Son regard terrorisé fut pulvérisé, en même temps qu’une partie de sa mâchoire par le deuxième tir du bossu qui s’approchait maintenant du lit où était toujours allongée la jeune femme.

Cette dernière tourna doucement la tête, ce même sourire toujours flottant sur ses lèvres et replongeant, ses yeux dans ceux de l’homme qu’elle savait derrière le miroir.

– Mon amour.

Elle n’avait pas bougé les lèvres pourtant, il l’avait entendu aussi clairement que si elle avait été à côté de lui. Un lien psychique empreint de tendresse et d’une intense mélancolie vint lui caresser la conscience. Il s’en servit pour remonter jusqu’à elle.

– Lydéha… Je suis désolé. Lui transmit il en fermant les yeux.

Deux violents éclairs traversèrent ses paupières closes alors que la connexion se rompait abruptement. Une mince goutte étincelante sembla perler au coin de ses yeux mais il n’en restait aucun vestiges lorsqu’il les rouvrit pour accueillir à nouveau l’assassin qui venait de faire son sinistre office.

Ce dernier portait précieusement un petit paquet emmitouflé dans un tissu cotonneux. Il le tendit vers l’homme à la tunique noire qui s’en saisit avec délicatesse. Ecartant avec une douceur insoupçonnable pour des mains si musculeuses la fine étoffe qui voilait le visage du nouveau né. L’homme contempla un bref instant la petite tête ronde déjà couverte de cheveux blonds légèrement bouclés et dotée d’énormes yeux bleu océans grands ouverts semblant plonger droit de le regard acier de celui qui le tenait dans ses bras.

Il semblait si fragile, si innocent. Pourtant la puissance qui se dégageait de ce minuscule être était déjà terrifiante. Il devait se hâter. Une cérémonie de purification complexe allait être nécessaire pour lier à sa force psychique l’esprit de l’enfant et l’empêcher de développer une déviance quelconque ou un trop grand pouvoir.

Se tournant vers son acolyte, il hocha la tête solennellement.

– Merci pour ta dévotion Rysho. Tu peux maintenant terminer ta mission. – A vos ordres Seigneur Ezekiel, répondit-il.

Sans autres mots, le bossu s’agenouilla calmement et braqua son arme contre sa tempe avant d’appuyer sans hésiter sur la détente du pistolet. Le corps n’était pas encore retombé lourdement au sol que l’homme en noir était déjà presque sortit de l’hôpital sans un regard derrière lui.

– Je fais sans doute une des pires erreurs de ma vie en te gardant mon fils, murmura-t-il pour lui-même. Mais tu seras peut être également mon salut, rajouta-t-il en caressant de son index la petite joue rose du nourrisson. Je vais t’appeler du nom que ta mère aurait aimé te donner. Bienvenu au purgatoire… Hélion.

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Nine Lives

Nine-Lives – Retour à Ophélia

Partie I

Cela faisait près d’une heure maintenant que le vaisseau avait atterri et qu’elle avait été descendue comme du bétail sur le tarmac de ce qui lui semblait être une piste d’atterrissage. Semblait car, depuis sa capture, elle portait une épaisse cagoule l’empêchant de voir quoi que ce soit. Qu’importe, elle n’avait pas besoin de ses yeux pour ressentir les choses. L’odeur de l’air, la moiteur suffocante de l’atmosphère, le bruit du courant électrique alimentant des grilles de sécurités haute tension. Elle n’avait aucuns doutes sur l’endroit où elle se trouvait.

Lorsque l’un de ses geôliers lui arracha brutalement sa cagoule, elle du attendre plusieurs minutes pour en avoir confirmation, la clarté brûlante du soleil venant frapper sauvagement ses rétines ne lui laissant pas le choix. Lorsque ses yeux arrivèrent enfin à distinguer autre chose que des ombres, la vision imposante des immenses murs noirs du couvent lui procura un frisson qui tenait autant du plaisir sadique que de la haine pure.

Elle se trouvait sur Ophélia. Une planète comme des milliers d’autres sous la férule de l’Impérium de l’Humanité. Autrefois un monde ruche prospère jusqu’à ce qu’une gigantesque explosion ravage le quart de la surface planétaire, défigurant ce monde et transformant à jamais des milliards de kilomètres carré en désert aride. L’administratum avait parlé d’un volcan souterrain mais il se murmurait que la cause réelle de ce cataclysme tirait sa source dans les hasardeux essais d’une nouvelle arme. Mais malgré tout, l’opiniâtreté des hommes avait voulu que sois bâtit en plein centre de ces terres séchées l’un des trois couvents de la planète. Un endroit qu’elle connaissait bien… Trop bien.

Lors des longues années passées au service de l’Homme au Grand Chapeau, elle s’était souvent demandée si, ce quelle avait détesté le plus lors de son adolescence à la Schola Progénium, avait été l’esprit obtus des sœurs du couvent ou, le monceau de débilités qu’elles avaient essayées de lui enfourner de force dans le cerveau et auquel elle avait été obligée de faire semblant de croire.

Après plusieurs semaines de voyage, seule, des fers aux pieds et aux mains, enfermée dans une petite cellule crasseuse d’un vaisseau pénitentiaire, elle avait eu tout le loisir d’y réfléchir mais pas pour autant de trouver une réponse. Un sourire pincé naquit sur ses lèvres desséchées alors qu’elle repensait à l’abjecte sensation des menottes à ses poignets et à l’abnégation dont elle avait du faire preuve pour laisser ses chiens galleux de chasseurs de prime l’arrêter.

Sur la courte route pavée reliant le minuscule astroport d’Ophélia à l’entrée des millénaires portes du couvent, une imposante délégation faisait marche à leur rencontre. Nine-Lives n’eut aucun mal à reconnaître la livrée dorée des sœurs de batailles de la garde rapprochée de la sœur supérieure ce qui fit naître dans son esprit retord un sentiment d’amusement malsain. Me voilà invitée de marque, pensa-t-elle pleine d’ironie.

Le bruit caractéristique d’un fusil à pompe que l’on charge la ramena à sa condition, fort désagréable, de détenue. Devant elle vint se placer un de ses geôliers, un imposant humain à la peau noire dont les bras musclés étaient bardés de tatouage et de transpiration, preuve d’un certain stress que son visage ne laissait absolument pas transparaître.

– Poupée, ma mission s’arrête là. Dans quelques minutes, j’encaisse mon cash et toi, tu reste ici. Tout en parlant, l’homme la dévisageait de haut en bas, l’air amusé. Finalement, ce travail n’a pas été aussi difficile que je l’avais imaginé, ta réputation est fortement exagérée, moi qui avait espéré un peu de…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, d’un geste circulaire gracieux mais d’une puissance insoupçonnée, elle lui envoya un direct à la tempe avec ses menottes magnétiques. L’homme s’écroula au sol, immédiatement suivit de Nine-Lives qui évita ainsi le coup de feu tiré de derrière par l’acolyte de ce dernier.

Ses fers aux chevilles lui laissaient peu de possibilités pour se mouvoir et elle fut forcée de rouler sur elle-même, écorchant ses épaules sur le plasbéton de la piste d’atterrissage. En une fraction de seconde, elle fit basculer le deuxième chasseur de prime pour, ne lui laissant aucun répits, lui enserrer la tête d’un mouvement langoureux de ses cuisses. Il ne fallut pas plus d’une dizaine de secondes à l’homme pour être agité de soubresauts violents avant de s’immobiliser. Définitivement.

Se relevant à l’aide de ses avant-bras, elle eu la désagréable sensation que ce voyage forcé dans une cellule froide et exigu lui avait laissé les muscles endoloris malgré les nombreux exercices quotidiens qu’elle s’était astreinte à faire.

Alors que sur le chemin, son escorte se hâtait de venir les rejoindre après la détonation, elle se glissa silencieusement près de la tête du premier chasseur de prime qui commençait à peine à reprendre conscience.

– Tu sais gros souffla-t-elle. Si tu as réussi à me capturer c’est juste parce que je l’ai voulu. Tu es tellement pathétique de croire que tu as du mérite pour m’avoir mise sous les verrous mais la vérité c’est que…

Doucement, elle plaça une de ses mains devant la bouche de l’homme tout en maintenant l’autre à l’arrière de son crâne, l’immobilisant solidement.

– Je suis exactement là où je voulais être.

Le craquement des vertèbres de l’homme fut presque couvert par les pas lourds de bottes de métal martelant le tarmac. La cavalerie était enfin arrivée. En retard, comme toujours.

– Ne bouge plus.

L’ordre était on ne peut plus explicite et Nine-Lives n’avait aucun besoin de se retourner pour imaginer la dizaine de bolters braqués sur elle.

– Par ordre de la Sainte mère Cartagia, tu es maintenant sous l’autorité du couvent J’ai ordre de t’emmener au sanctuaire où tu subira ta sentence pour avoir été reconnue coupable de trahison.

Nine-Lives ne l’écoutait même pas, ses yeux fixés à ceux, encore grands ouverts de son ancien geôlier. Se passant la langue sur les lèvres, elle essaya de réprimer ce sentiment de pure cruauté qui remontait en elle depuis les tréfonds de son être. Que c’était bon de tuer à nouveau.

Partie II

Le couloir sombre garni d’austères statues de saints ou prêcheurs depuis longtemps oubliés menant au Narthex, n’avait pas changé d’un iota. Toujours cette même odeur d’encens et de bougies huileuses, ces mêmes vitraux limés par le temps. C’était comme si le sablier des époques s’était, en ces lieux, arrêté de couler. Toujours escortée par sa garde rapprochée de sœurs de batailles, Nine-Lives arborait un air faussement nonchalant, son regard perçant scrutant le moindre mouvement, son ouie entraînée analysant le moindre bruit.

Ses anciennes compagnes de combat lui avaient retirée les fers magnétiques pour les remplacer par des menottes traditionnelles. Les membres de l’adeptus sororitas transpiraient la confiance en eux. Première erreur.

Après plusieurs minutes de marches dans la surprenante fraîcheur du couloir malgré la fournaise de dehors, Nine-Lives et son escorte s’arrêtèrent devant une lourde porte de métal blindé. Cet obstacle quasiment infranchissable et inaccessible pour qui ne faisait pas partie du couvent allait bientôt s’ouvrir devant elle. La tueuse du réprimer un sourire, son visage devait rester impassible, celui d’une jeune femme emprisonnée, humiliée et traînée vers la salle où elle allait très certainement être exécutée.

Si seulement ces idiotes petites guerrières de l’Empereur imbues d’elles même savaient le plan qu’elle avait ourdi pour se faire capturer sans que cela paraisse trop facile juste pour être amenée jusqu’ici. Le grincement des battants de la lourde porte s’ouvrant sur une large pièce au très haut plafond soutenu par des centaines de colonnes garnies d’or la tira de ses pensées.

On la poussa sans ménagements à l’intérieur. Partout pendaient des candélabres ou des énormes encenseurs qui saturaient l’atmosphère d’une odeur à la limite du supportable. Au centre du Narthex, assise sur un trône de bois ouvragé, une femme ascétique vêtue de noir avait son regard rivé sur elle. Le monastère n’avais peut être pas changé mais cette femme n’avait plus rien en commun avec ses souvenirs.

La mère supérieure Carthagia était, lorsqu’elle avait quitté le couvent, une femme obèse, incapable de se déplacer sans son pavois antigravité. Elle s’était toujours amusée à la comparer silencieusement à un des immenses mammifères marin qui peuplaient les mers de l’ancienne Terra. Mais ses yeux, ses yeux n’avaient pas changés et ils la fixaient d’un air malsain alors qu’elle avançait à pas mesurés dans la pièce. Postée le long de l’allée centrale, une douzaine de sœurs de batailles étaient postées au garde à vous, assurant la protection de la matriarche tout autant que le cérémonial désuet en vigueur dans ses lieux que les fidèles prenaient pour sanctifié.

– Tu n’as pas changée ma fille. Tu sembles en excellente forme. Railla Carthagia d’une voix de crécelle.

– On ne peut en dire autant de toi. Rétorqua Nine-Lives ironiquement tutoyant à desseins et décidant de ne pas relever l’utilisation de l’appellation à connotation familiale réservée aux sœurs novices.

– Effectivement. Continua la vieille dévote. Il se peut que bientôt, l’Empereur tout puissant me rappelle à ses côtés. Mais avant, j’aurais le plaisir de te voir enfin mourir ma chère.

Nine-Lives ne répondit rien, se contentant de fixer dans les yeux cette femme qui, depuis des dizaines d’années, dirigeait le couvent d’une main de fer.

– Tu nous as fort déçu tu sais. Repris Carthagia en se levant péniblement de son fauteuil. Nous avions placés tellement d’espoirs en toi et tu as préféré…

Les mots restèrent en suspend alors que celle qui les avait prononcés s’approchait à pas mesuré des quelques marches de marbres qui surélevaient l’endroit ou elle présidait habituellement. Sur ses traits, on pouvait lire autant une intense colère à peine contenue qu’une profonde tristesse arrivant presque à traverser la barrière de chair ridée qui lui servait de visage.

– Qu’importe. Continua-t-elle en balayant l’air de sa main. Perdre une sœur au combat est déjà déchirant mais toi… Toi tu es une traîtresse, un déchet, une honte à tout ce que nous servons et que, à une époque, tu chérissais à nos côtés.

Nine-Lives soupira. Finalement, la colère l’avait, encore une fois, emporté sur la tristesse et son misérable laïus n’avait provoqué en elle qu’une seule chose : Une poussée d’adrénaline à l’idée de passer à la prochaine étape.

– Aujourd’hui, devant tes sœurs, témoins de mon jugement ayant, en ces lieux, force de décret, je te condamne à la peine capitale pour tes nombreux crimes. Trahison, blasphème, conspiration et assassinat. La sentence prend effet immédiatement et je serais ton bourreau.

Les quatre derniers mots de cette phrase avaient étés prononcés lentement, comme si Carthagia les savouraient plus que n’importe quel mets raffiné. Pendant cette tirade elle avait glissé sa main sous ses lourdes robes pour y saisir un antédiluvien modèle de pistolet bolter ouvragé et sertis de gemmes chatoyantes.

C’était le moment.

Depuis son entrée dans la salle, Nine-Lives, à l’aide d’une indétectable aiguille qu’elle s’était glissée des semaines auparavant sous la peau, s’employait à crocheter la serrure de lourdes menottes. Lorsque les rouages s’ouvrirent, elle s’en débarrassa sans efforts, d’une torsion de son poignet. Avant même que ces dernières ne touchent le sol, Nine-Lives effectua un bond puissant, se propulsant de plusieurs mètres dans les airs sous le regard médusé des sœurs de batailles qui mirent quelques secondes à réagir.

C’était tout ce qu’il lui fallait. Se servant d’un des larges piliers pour pivoter dans les airs, Nine-Lives évita une pluie de bolts qui virent frapper le marbre de la colonne étoilant la pierre blanche d’éclats noircis. Elle avait tout intérêt à conclure cette mission rapidement, les sœurs de batailles étaient loin d’être aussi douées qu’elle mais elle n’étaient pas moins dénuées d’un certain talent martial.

Tel un marsupial, elle sautait de colonne en colonne comme de branches en branche, se servant de ses pieds ou de ses bras pour se déplacer et éviter les tirs de ses adversaires tout en se rapprochant petit à petit de son objectif.

Cartagia se tenait debout, droite comme une statue, au centre du Narthex, le pistolet braqué sur elle, essayant d’ajuster sa visée sans toutefois y parvenir.

– Trop tard, ricana mentalement Nine-Lives.

Arrivée à la dernière colonne, elle y arracha un des lourds encensoirs en argent qui y pendait. Prenant appui sur ses puissantes jambes, elle se propulsa vers la mère supérieure, faisant tournoyer son arme improvisée.

L’étonnement se lisait sur le visage fermé par la concentration de Cartagia quand l’encensoir, tel une massue, vint lui défoncer le crâne au niveau de la tempe, broyant son cerveau. Son arme tomba à terre, suivie de près par son corps parcouru de spasmes.

Nine-Lives souriait, reprenant son souffle, accroupie devant le cadavre encore agité de soubresauts de celle qu’elle avait maintes fois rêvée de tuer. Le sang écarlate qui se répandait sur le marbre venait lui lécher les pieds. Les bolters s’étaient tus et Nine-Lives savourait ce moment de calme. Sa mission était accomplie, l’Homme au grand chapeau serait content. Doucement, elle se releva pour faire face à la rangée médusée de sœurs. Ecartant les bras, le regard plein de défi, elle leur lança un large sourire.

Le premier bolt l’atteignit en pleine poitrine, lui coupant le souffle et déchirant sa chair et ses organes. Le deuxième lui arracha le bras droit. Lorsque le troisième lui perça la hanche, elle s’écroula au sol, son dos venant heurter avec violence le sol froid. Tournant légèrement la tête, elle plongea ses yeux dans ceux son vie mais grands ouverts de Cartagia.

La douleur lui vrillait le cerveau mais elle ne pu s’empêcher de sourire à l’idée de ce symbole ridicule de deux ennemies face à face dans la mort.

Sa vie coulait en dehors de ses veines mais elle continuait à sourire. Qu’importe que cela lui ai coûté une de ses neufs vies, le bonheur intense qu’elle ressentait valait plus que ça…

Bien plus.

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Le secret

D’un geste sec, la main gantée de métal activa le projecteur miniaturisé posé sur la table. L’image d’un visage en deux dimensions apparut alors dans l’atmosphère enfumée de la pièce. Le faciès porcin dont les yeux étaient cernés de minuscules lunettes s’anima suivant la bande sonore dont le ton monotone s’éleva du haut parleur.

‘Mon nom est Albavius Corre. Je suis ce que l’on appelle un traqueur dans le jargon de mon ordre. Je fouille les livres, écoute les témoignages, recoupe les informations. Je suis aussi péjorativement reconnu par le sobriquet ‘rat de bibliothèque’.

Lorsque je recense une anomalie, j’enquête sommairement et, le cas échéant, si je découvre suffisamment d’informations compromettantes, je transmets le dossier à un inquisiteur de terrain qui se charge de continue les investigations. Oh, ne vous méprenez pas, je suis bien un inquisiteur moi aussi. Juste que je ne suis pas un de ces gros bras sans cervelle. Je suis bien plus malin que ça…

Si je vous prépare ce mémo, c’est pour vous faire part d’une découverte que je ne peux me permettre de vous transmettre via les voies officielles. J’ai récemment trouvé la preuve incontestable de la perversion par les puissances sombres d’un chapitre Astartes pourtant très connu de nos institutions : il s’agit des Black Templars.

En effet, durant mes recherches sur la fondation de certains chapitres aux origines douteuses, j’ai eu l’occasion de lire un document unique relatant une bataille sanglante lors d’une croisade oubliée où il semblerait qu’un dignitaire Black Templars se soit retourné contre ses pairs.

Il n’est pas fait mention d’énormément de détails mais, intrigué, j’ai poussé mon enquête plus en profondeur et la véracité de cet écrit m’a été confirmée par l’origine douteuse de la naissance d’un chapitre successeur des templiers noirs, les Blood Crusaders. Il n’est nulle part fait mention du pourquoi de la création de ce nouveau chapitre, ni de l’autorité avalisant cette action. Les dates correspondent et j’ai peur que ce fait, somme toute anodin, ne cache en réalité une corruption avancée de ces deux chapitres.

Je vous encourage donc à dépêcher le plus rapidement possible un enquêteur ayant les épaules assez solides pour mener à bien ce genre de travail.

Je vous salue et vous assure de ma dévotion la plus profonde’.

L’image s’estompa doucement replongeant la pièce dans le silence. Sans dire un mot, Aérion se saisit du communicateur pour le porter devant son visage afin de l’examiner. Posé dans sa paume gantée, le petit objet renfermait quelque chose que personne ne devrait jamais savoir. Doucement, il referma sa main, broyant sans effort le projecteur pour finalement le laisser choir en miettes au sol.

‘Nous partons mes frères’ Soupira-t-il dans son communicateur en rengainant dans son holster son pistolet bolter encore chaud. ‘Effacez les traces. Je veux qu’il ne reste plus rien de cet endroit et de ceux qui y résidaient’. Sans plus mot dire, l’homme en armure noire et os sortit de la pièce. Sa mission était accomplie.

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Siméon

Ce vaisseau était énorme…

Un hybride de barge de bataille et de station spatiale bardé de canons et remplis de guerriers…

Une arme de guerre majestueuse fendant le warp pour porter la lumière impériale dans les tréfonds des ténèbres.

Suivant le jeune novice dans les couloirs de ce géant de fer, Rendar ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par le talent des maîtres de forge de ses frères Black templar. Les quatre spaces marines Knights of Justice de son escorte marchaient derrière lui d’un pas assuré bien qu’ignorant l’endroit où l’on les emmenait.

Ils arrivèrent devant une énorme porte sertie d’or et de platinium. Respectueusement, leur guide enclencha l’ouverture pour laisser apparaître une immense chapelle décorée de statues, fresques, étendards et vitraux.

Au milieu de ce lieu saint, à genoux au milieu du Transept, un imposant space marine se recueillait en silence. L’arrivée du maître de chapitre ne sembla nullement le troubler et Rendar s’avança sans hésitations, accompagné du novice, entre les bustes de héros Templiers et les représentations en pierre du très Saint Empereur de l’Humanité.

Le fidèle se redressa alors de sa méditation et se tourna vers Lui. D’une voix grave, ferme mais néanmoins extrêmement plaisante, il congédia le novice ‘Merci Siméon, tu peux disposer’. Sa stature était impressionnante mais elle n’était rien par rapport au feu ardent de la foi qui brillait dans son regard.

Rendar s’arrêta à quelques mètres de lui et le salua d’un rigide hochement de tête. Les deux hommes s’étaient déjà maintes fois croisés auparavant et nourrissaient l’un pour l’autre un respect et une estime à tout épreuve.

‘Chapelain Thargannis’ entonna Rendar d’une voix claire. ‘En souvenirs des batailles passées et en espérant avoir l’honneur de combattre à nouveau aux côtés des Templiers, le chapitre des Knights of Justice aimerait vous offrir ce présent’ Joignant le geste à la parole, le maître de chapitre présenta tendit une boite en bois ouvragé à son interlocuteur.

Le chapelain l’ouvrit calmement pour contempler le joyau enfermé dans le coffret. Il prit le bijou en mains, déroulant une longue chaîne d’or pour passer à son coup un chapelet marqué des insignes Black Templar et Knights of Justice.

‘Bon anniversaire mon frère’ Murmura alors Rendar tout en frappant, de son poing serré, sa plaque pectorale au niveau du cœur.

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Blood Crusader – Genèse

La pénombre qui régnait dans l’immense pièce était presque étouffante. Mêlée à la forte odeur qui émanait des encensoirs pendus aux innombrables colonnes, ainsi qu’à la présence de deux spaces marines en toge de cérémonie, l’obscurité était palpable.

On pouvait sentir transpirer du petit groupe de novice qui s’avançait calmement dans ce sanctuaire un sentiment de crainte, mêlée de respect et de curiosité. Parmi eux se tenait Aérion qui, comme ses compagnons, venait de terminer son implantation et devait officiellement être intronisé scout demain. Ils n’échangeaient aucun mot, mais les regards qui se croisaient posaient tous les mêmes questions. Etait-ce une dernière épreuve ? Ils en avaient déjà enduré tellement.

Soudainement, les deux spaces marines qui les encadraient s’arrêtèrent et fixèrent leurs torches au mur. Le plus imposant des deux s’agenouilla face à un couloir entièrement caché par la pénombre. D’un geste sec, le second leur fit signe de faire de même. Aérion s’exécuta calmement, non sans se demander une fois de plus ce qu’ils faisaient dans la pièce la plus immense qu’il n’ait jamais vu sur une barge de bataille.

Soudainement une série de bruits mécaniques se firent entendre depuis le couloir. Un vrombissement qui s’élevait crescendo assourdissait Aérion qui fixait ce tunnel en se demandant ce qui allait en sortir. Le noir total auquel ils s’étaient habitués fut bientôt transpercé par une série de lumières s’allumant. Deux yeux rouges apparurent dans l’obscurité, suivis d’une série de plus petites diodes bleues et vertes.

Le sol se mit à trembler. La chose bougeait. Aérion fut pris de frayeur. Et s’ils avaient échoué et que cet engin était leur châtiment ? Une lourde silhouette se découpa enfin à la lueur des torches. Le jeune novice n’en crut pas ses yeux. Du couloir était sortie une immense machine bipède fortement blindée et armée. Il avait déjà entendu parler de guerriers talentueux enfermés dans des sarcophages animés, mais il pensait que ce n’était qu’une légende.

Il était tétanisé par cette majestueuse vision. La machine faisait facilement la taille de trois hommes et chacun de ses pas faisait tellement trembler le sol qu’il se demandait si ce dernier allait résister. La chose s’arrêta à quelques mètres d’eux et Aérion eut tout le loisir de la détailler. Entièrement peinte en noir, la couleur os de son monstrueux poing de combat ainsi que la croix rouge qui ornait son blindage ne laissait aucun doute. Il s’agissait d’un frère Blood Crusader.

‘Une fois de plus, le plus vieux rencontre les plus jeunes’. Aérion sursauta en entendant la voix caverneuse s’élever depuis la machine. Elle pouvait parler ? ‘Je suis le dreadnought Eliséo. J’étais encore un jeune novice comme vous quand notre glorieux chapitre fut créé. Ecoutez mon histoire et entretenez la mémoire de ces jours sombres et tourmentés’

Tous étaient fascinés par le spectacle qui s’offrait à eux. La machine continua de sa voix inhumaine tant elle était empreinte d’accents mécaniques. ‘Notre chapitre ne fut pas toujours celui que nous connaissons. Il y a des centaines d’années, nous faisions partie de ceux que l’on appelle aujourd’hui les templiers noirs, nos estimés frères Black templars. Ces derniers parcourent, tout comme nous, la galaxie à bords d’immenses vaisseaux, traquant le mal par delà les étoiles. J’étais alors un jeune novice sous la protection de l’initié Dalmatus et une importante campagne avait mobilisé près d’un millier de nos frères et une centaine de vaisseaux. Cet immense rassemblement fut baptisé ‘Croisade Erebus’.

Cela faisait plusieurs mois que nous combattions les séides du chaos et nous avions réussi à concentrer la résistance ennemie sur une seule et même planète. Ce jour, qui devait marquer notre victoire, restera à jamais gravé dans les souvenirs de nos deux chapitres. Bannières flottant au vent, l’impressionnante ligne de bataille de nos frères avançait avec, à sa tête, Galiléo, le puissant champion de l’Empereur. D’après nos informations, les hérétiques se terraient dans la capitale de la planète, espérant peut-être échapper à leur jugement et nous marchions vers celle-ci avec toute la détermination née de notre haine envers les ennemis de l’humanité.

Dès notre entrée dans la cité, une nuée de bêtes horribles nous attaquèrent. Des mutants terriblement dégénérés qui ne sentaient ni la peur, ni la douleur. D’âpres combats s’engagèrent. Notre ligne de bataille s’étiolant au rythme des escarmouches et des rues traversées. Au centre de la cité, Galiléo combattait aux côtés du chapelain Silvarus et de sa garde rapprochée. Le champion de l’Empereur était effrayant d’efficacité tant il pourfendait d’ennemis avec rage et force. Il ne semblait pas pouvoir s’arrêter à un tel point que Silvarus dû le retenir plusieurs fois de se jeter seul en avant.

Près de trois cent guerriers, dont je faisais partie, constituaient alors le fer de lance de l’attaque et furent les premiers à arriver au quartier général renégat. Alors que nous allions lancer l’assaut, les portes de notre objectif s’ouvrirent, vomissant une marée de démons couleur carmin à l’aspect brutal. Khorne avait posé sa patte sur ce monde et ne semblait pas vouloir le céder aussi facilement que l’on pouvait le croire. La violence du choc entre les lignes Black Templars et les créatures issues du warp fut terrible. Dans une frénésie comparable à celle des monstruosités qu’il combattait, Galiléo ressemblait à une bête dont chaque coup creusait un fossé sanglant dans la masse de ses adversaires. Lorsqu’il n’y eut plus de sanguinaires à éliminer, notre vénéré champion ne sembla pas vouloir s’arrêter et se mit à courir vers le fort renégat. Craignant qu’il ne se retrouve seul face à une multitude d’apostats, Silvarus ordonna à deux des membres de sa garde personnelle de rattraper et de raisonner Galiléo’

Le dreadnought laissa quelques secondes flotter en dévisageant de ses yeux mécaniques les novices qui étaient comme hypnotisés par son récit.

‘Quelle ne fut pas notre surprise et notre incrédulité de voir Galiléo, notre bien aimé champion de l’Empereur, faire volte-face et se jeter sur ses deux frères venant lui porter secours. Son épée décrivit un large cercle qui sembla figer le temps alors que les corps coupés en deux des Black Templars s’écroulaient au sol. L’ensemble de la force space marine sembla alors hésiter. Mon cœur bouillonnait d’étonnement et de rage devant une telle trahison. Silvarius se mit à crier. J’entends encore ses paroles résonner dans mon esprit chaque minute ‘Galiléo, espèce de fou, qu’as-tu fais ? Par l’Empereur ! Qu’as-tu fais ?’. Sans un mot, le champion retira son casque. Son regard était terrifiant, rempli de haine et l’on pouvait y lire une insatiable soif de sang.

La triste vérité nous enserra alors le cœur comme le pire des étaux. Malgré notre incrédulité, malgré la certitude qu’une telle chose ne pourrait jamais arriver, nous dûmes nous rendre à l’évidence. Le vénéré Galiléo avait succombé au pire des appels, celui des Dieux sombres. Silvarius ne bougeait plus, comme transformé en statue de pierre par le sourire presque inhumain que lui tendait d’un air narquois son ancien frère d’arme. A cet instant, les portes du quartier général ennemi s’ouvrirent à nouveau. Une deuxième vague de démons en sortit courant vers nos lignes.

Submergé par la haine, Silvarius sortit de sa torpeur et brandit bien haut son saint Crozius. Sans dire un mot, il le pointa vers Galiléo et se mit à avancer d’un pas rapide, suivi de toute la force Black Templar avide de vengeance. A la tête de sa suite d’initiés il menait l’assaut, galvanisant les templiers et exhortant l’Empereur de se servir de lui pour apporter son jugement au traître ultime quand, à quelques mètres du contact avec les serviteurs de Khorne, sept des marines accompagnant le chapelain se retournèrent également contre leurs frères.’

A nouveau le vénérable Eliséo s’arrêta de parler. Aérion était tiraillé entre deux sentiments très contradictoires. Une partie de lui brûlait d’impatience de connaître la suite du combat, mais quelque chose d’autre l’animait. La haine et la honte qu’un serviteur de l’Empereur ait pu se détourner de sa voie et se retourner contre ses frères. En face de lui, la machine s’était immobilisée et semblait comme morte. Il ne pu pourtant pas s’empêcher d’une voix craintive de demander la suite du récit.

‘La suite ?’ Entonna Eliséo ‘La suite est simple. Les deux camps s’engagèrent dans un affrontement apocalyptique. Je fus séparé du chapelain Silvarius et combattis du mieux que je pu pour survivre et rendre hommage à mon chapitre. Après plusieurs heures de combat incessant, nos renforts arrivèrent et la cité fut rasée jusqu’à la dernière brique.

On retrouva le corps brisé du chapelain Silvarius autour d’un amas de cadavres d’hérétiques, mais aucune trace de Galiléo, ainsi que des sept autres traîtres. Huit Templiers avaient reniés l’Empereur et massacrés leurs frères pour disparaître avec les engeances démoniaques.

Quelques jours après, nous quittions le secteur avec moins de la moitié des effectifs engagés portés morts ou disparus. Nous avions certes purifié le secteur, mais le prix à payer avait été effroyablement lourd et nous firent serment de garder secret de ce qui s’était passé à la surface de cette maudite planète. De cet évènement triste et sanglant est né notre chapitre. Sous le sceau du secret, notre croisade se sépara du chapitre des Black Templars et nous nous rebaptisâmes Blood Crusaders’

Le dreadnought s’avança encore de quelques pas, il n’était plus qu’à quelques dizaines de centimètres des novices. Son corps lourd tournait de gauche à droite, semblant jauger les aspirants de son regard invisible.

‘Demain vous serez vous aussi des Blood Crusaders. Saurez-vous être à la hauteur de vos futurs frères d’armes ? Saurez-vous traquer le chaos et toute autre menace pesant sur l’humanité ?’

Les deux space marines en toges se relevèrent alors en portant la main droite contre le plastron de leurs armures. ‘Oui, nous le jurons’ dirent-ils solennellement. Aérion se leva également, imité par ses compagnons. Lui aussi posa sa main sur son cœur pour reprendre la phrase prononcée quelques secondes auparavant.

Le géant de métal recula jusqu’aux lisères du couloir dont il était sorti. ‘Jurez-vous de garder le secret de notre naissance quoi qu’il en coûte et de venger nos anciens guerriers ?’ ‘Oui, nous le jurons’ Reprirent les novices d’une même voix.

‘Alors je peux me rendormir le cœur tranquille de savoir que de si fières recrues intègreront bientôt notre chapitre’ Sembla soupirer Eliséo avant de disparaître dans les ombres.

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Traces

Les pages jaunies du grimoire qu’il était entrain de consulter semblaient si fragiles qu’il avait peur de les déchirer en les tournant.

L’obscurité de la pièce n’était percée que par une lampe blafarde dont le rayon était dirigé sur les feuilles serties d’or usé du livre et aucun bruit ne troublait la quiétude presque malsaine des lieux.

Stoïquement, la silhouette encapuchonnée continuait de survoler ce livre ancestral à la recherche d’une quelconque miette d’information qu’il pourrait trouver entre ses lignes sans âge.

Soudainement, un paragraphe retint son attention. A côté d’une enluminure décolorée, il avait mis le doigt sur ce qu’il cherchait depuis des heures dans cette cave poussiéreuse. Un sourire carnassier se découpa sur son visage alors qu’il commençait à lire à haute voix.

‘Ils sont des soldats divins descendant sur terre pour châtier l’incroyant et l’étranger. Leurs armures étincelantes miroitant sous les rayons du soleil, ils avancent fiers et victorieux à travers les flammes.’

Il s’arrêta. La première fois qu’il avait entendu parler de ce chapitre, il les avait vite confondus avec les fils torturés de la fondation 666. Mais il s’était rapidement rendu compte qu’il ne s’agissait pas des mignons de l’Ordo Malleus, étant donné que plusieurs rapports faisaient états de la présence de ses guerriers à l’armure argentée dans des conflits face à des xénos. Il continua sa lecture, le servo-crâne qui volait à ses côtés continuant d’enregistrer le monologue de son maître.

‘C’est en ces mots que le burgmeister de Jikarna décrivit les Space Marines étant venus au secours des Forces de Défense Planétaire lors d’une incursion de pirates eldars sur son monde. Après de très courtes investigations, il apparaîtrait qu’il s’agisse des Emperor’s Swords, un chapitre errant semblant être placé sous la tutelle d’un Inquisiteur ou d’une sorte de concile secret.’

Il n’y avait rien de plus. Il referma le grimoire d’un geste violent. Encore une fois cette source corroborait ce qu’il savait déjà sans rien lui apprendre d’utile. Bon sang mais d’où venaient ces Marines ? Il n’y avait nulle part trace d’une création portant leur nom et, tous les rapports qu’il avait lus faisaient mention d’un Inquisiteur à leur tête. Ils avaient été vus indifféremment en compagnie de représentant des quatre Ordos majeurs ce qui était normalement toujours répertorié dans les registres. Pourtant il n’y avait rien trouvé.

Etait-il possible que certains membres de l’Inquisition aient, dans le plus grand secret, créés un chapitre Space Marine répondant à leurs appels en cas de besoin ? Si tel était le cas, cela allait à l’encontre de tous les préceptes de l’ordre et il devait absolument tirer cette affaire au clair.

Calmement, il fouilla son ample tunique pour déposer sur la table un petit boîtier coloré. Emportant le grimoire sous le bras, il se dirigea vers l’escalier menant à la sortie en prenant garde de ne pas trébucher sur le cadavre du pauvre bibliothécaire qui avait tenté de lui interdire l’accès aux archives.

Il était déjà loin quand l’immeuble où il s’était trouvé une dizaine de minutes plus tôt explosa dans un fracas apocalyptique. Un rapport venait de lui parvenir, il semblerait que les Emperor’s Swords aient été vu sur une planète en proie à l’insurrection en compagnie d’un de ses pairs qu’il avait déjà eu plusieurs fois l’occasion de croiser.

Alors qu’il montait dans l’une des navettes quotidiennes menant vers la station orbitale, une seule pensée lui traversa l’esprit.

‘Prend garde à toi Ezekiel. L’Ordo Praetoria a posé ses yeux sur toi. J’espère que tu as les réponses à mes questions.’

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La croix de sang

Le vacarme du combat était retombé comme le silence après l’orage. Le souffle court et les membres endoloris, Adlar ne pu que contempler les conséquences de l’affrontement entre son escouade et les marines renégats. Ils étaient tous morts. Au milieu de cette cité anonyme comme il en avait vu des centaines d’autres, ennemis et alliés s’étaient entraînés dans une danse funeste dont il avait été le seul survivant et les corps de ceux qui avaient étés les pires ennemis de la galaxie de leurs vivant reposaient côte à côte dans la mort.

Adlar le savait, bientôt c’en serait fini de sa vie également. Les forces chaotiques avaient enfoncés leurs lignes et saccageaient la ville. Les effectifs Blood Crusader étaient dispersés, les renforts déviés vers la capitale et il ne faudra que très peu de temps avant qu’il ne croise un autre groupe d’hérétiques.

A la vue des armures ensanglantées gisant à terre, sa douleur se dissipa pour laisser la place à une haine irrépressible qui couvait depuis le début de cette campagne et qui consumait petit à petit son cœur. Les informations qu’ils avaient, il y a de cela quelques mois, si chèrement acquises s’étaient révélées exactes : Certains de leurs anciens frères d’arme étaient engagés dans la guerre de Beliosa. C’était l’unique raison qui les avait poussés à venir soutenir les défenses planétaires. Ils devaient tout faire pour les exterminer jusqu’au dernier.

Le fracas d’une explosion le sortit de sa torpeur. Silencieusement, il se glissa dans les ombres dessinées par les hauts bâtiments. Il n’avait plus aucune échappatoire. Il pouvait toujours tenter de sortir de la ville mais ses chances étaient infimes. Qu’importe, s’il devait mourir, il le ferait l’arme à la main et l’âme pure.

Le bruit caractéristique du métal martelant un sol de pierre se fit soudain entendre. Un groupe approchait de sa position. Tournant la tête, Adlar aperçu une dizaine de silhouettes massive marchant au pas dans la rue perpendiculaire à celle qu’il venait de quitter. Le vacarme cessa soudainement. Ils s’étaient arrêtés. Sans doutes avaient ils vu les corps pensa-t-il.

‘Restez ici et sécurisez un périmètre. Je vais examiner ça de plus près’

La voix était autoritaire, déterminée, brutale et terriblement familière. Un frisson parcouru l’échine d’Adlar. Non, c’était impossible…

Pourtant, plus aucune hésitation ne fut permise lorsque se dessina dans son champ de vision le profil d’un space marine du chaos dont le visage dénudé, bien qu’ayant horriblement muté, ne pouvait être que celui de…

‘Echtélion’

Les mots étaient sortis d’eux même de sa bouche desséchée par ses récents efforts. Le renégat s’arrêta brusquement comme touché par un bolt invisible et, doucement, tourna la tête vers l’endroit ou il s’était caché.

‘Cela fait bien longtemps que personne ne m’a appelé ainsi’ Entama le traître d’une voix presque chantonnante ‘Sors donc de ta cachette que je puisse contempler le visage de celui qui se souvient de mon nom de baptême’

Sans hésitations, Adlar s’avança dans la lumière. Instantanément, il fut mis en joue par l’escouade de marines restée en arrière mais, d’un subtil geste de la main, le colosse toujours immobile leur intima de ne pas bouger. Il se remit à parler

‘Quelle surprise… Tu fais donc toujours partie du monde des vivants… Impressionnant…’

Doucement, Echtélion fit un demi tour pour faire face au soldat Blood Crusader. Le côté droit de son armure semblait avoir fusionné avec sa chair et, de son bras droit partait trois énormes griffes organiques où, normalement, aurait du se trouver sa main.

‘Que deviens tu… Mon frère ?’

‘Je t’interdit de m’appeler comme ça’ Explosa alors Adlar. ‘Tu n’es pas mon frère, mon frère est mort il y a cent cinquante ans en même temps que tout ceux qui ont suivis le mille fois maudit’

Echtélion se mit à ricaner. ‘Tu vis toujours à l’époque où nous étions tout deux des templiers noirs ? Tu es vraiment pathétique… Tu étais l’un des premiers à nous pourchasser et tu sais tout comme moi qu’aujourd’hui, il reste bien plus des miens que de ceux qui, comme toi, sont resté loyaux à ce que nous croyions’

Bouillonnant de colère, Adlar dégaina son épée. Le glissement familier du métal sortant de son fourreau ne parvint pas à l’apaiser comme cela arrivait parfois. Aujourd’hui il en faudrait bien plus pour étancher sa soif de vengeance. Pointant sa lame vers celui qui, autrefois, s’était battu à ses côtés, il lui répondit d’une voix claire.

‘Peut être sommes nous moins nombreux qu’auparavant mais, je le jure sur la croix de sang, ce soir, les vôtres auront un allié de moins dans leurs sinistres rangs’

Echtélion s’était lui aussi saisi de son arme. Un sabre à la courbe effilée et tortueuse. ‘Puisque tu tiens tant à mourir dans la souffrance’ se contenta-t-il de répondre tout en se mettant en garde.

Le choc des deux armes fut si violent qu’il fit jaillir une pluie d’étincelles. Attaquant le renégat par une frappe ascendante, Adlar, tenta de surprendre son adversaire. Sans difficultés, Echtélion para le coup et, de son membre horriblement muté essaya de lui sectionner le tronc. Son geste ne vint frapper que le vent, Adlar s’étant rapidement déplacé vers la gauche. Resserrant sa prise sur la garde de sa lourde épée, le loyaliste enchaîna une série de frappes puissantes, forçant l’hérétique à céder du terrain.

‘Je vois que ta maîtrise de l’épée ne s’est pas détériorée avec le temps’ Le nargua Echtélion en reculant hors de sa portée. ‘Moi aussi j’ai appris quelques petites choses utiles’ Lança-t-il en se jetant en avant. D’un geste ample mais incroyablement rapide, le fils de la ruine emmena ses deux armes dans un arc de cercle mortel qui manqua de se refermer sur Adlar si ce dernier ne s’était pas, de justesse, jeté en arrière. Loin de vouloir s’arrêter la, Echtélion entraîna Adlar dans une série de passes d’arme où le space marine Blood Crusader ne pu que subir ses attaques et parer, du mieux qu’il pouvait, le flot déferlant de coups que son adversaire lui assénait.

Bientôt acculé à une pile de gravats, le space marine n’avait plus aucune issue. La force et la maîtrise de son adversaire dépassaient ce qu’il avait pu imaginer et, d’un moment à l’autre, l’un de ses assauts allait certainement transpercer sa garde. A moins que…

D’un geste incroyablement souple malgré sa lourde armure, Adlar se laissa tomber à terre. Un nuage de poussière grise se souleva masquant un instant les détails du combat. Il en profita pour, d’un revers de son épée, tenter de faucher les jambes de son opposant mais celui-ci s’était déjà reculé. Qu’importe, cette manœuvre lui avait laissé le temps de se redresser et de sortir de l’étau dans lequel il s’était laissé enfermer.

Sans attendre, il fit fouetter sa lame vers le bras gauche d’Echtélion. Ce dernier n’eut d’autre choix que de parer en croisant sa garde, exposant ainsi son flanc droit a une attaque. Dans un mouvement rotatif parfaitement exécuté, l’épée d’Adlar vint mordre l’armure rouillée de sa némesis au niveau du torse, entaillant profondément la chair d’Echtélion.

Si ce dernier avait ressentit une quelconque douleur, il n’en laissa rien transparaître sur son visage squelettique. Esquissant un léger sourire, le mignon du chaos regarda un instant le sang qui coulait doucement sur le fil de l’épée du marine Blood Crusader. Quelque chose changea alors dans son regard et son bras droit fut soudainement agité de spasmes et, dans un craquement écoeurant, les trois griffes qui formaient la suite de son poignet doublèrent de longueur.

Sous l’effet de la surprise, Adlar ne pu éviter la frappe d’Echtélion qui lui sectionna le bras armé au niveau du coude. Tentant de faire abstraction de la douleur qui lui parcouru instantanément le corps, il dégaina, de sa main gauche, un poignard fixé a sa cheville et se rua sur le renégat qui avait rengainé son sabre comme pour le provoquer encore plus. D’un geste assuré, Adlar tenta d’atteindre la gorge de son adversaire mais Echtélion parvint à lui attraper le poignet et le força à lâcher son arme.

Tombant à genoux sur le sol, Adlar était condamné. Il le savait dès l’instant ou il s’était lancé dans ce combat inégal mais peut lui importait, il avait rempli son devoir et attendait le coup fatal avec résignation et sans aucune peur.

En relevant les yeux, il croisa le regard de son ancien frère d’arme devenu la pire abomination qu’il n’ait jamais vu. Ce dernier le regardait fixement et, tout en portant sa main gantée de métal à sa blessure, il y contempla le sang qui s’y écoulait avec une lueur malsaine dans ses yeux noirs. ‘Il y a des années que personne n’avait réussi à faire couler de mon corps ce précieux fluide’ dit il alors. ‘Je suis assez impressionné mais tu va devoir payer cet affront de ta vie… Pire encore… Je vais me repaître avec énormément de plaisir de ton âme’

A ces mots, Echtélion lui transperça l’abdomen. L’armure d’adamantium aux couleurs noir et os des Blood Crusaders n’opposa presque aucunes résistance aux griffes démoniaques et la douleur qui envahi son corps fut vite remplacée par l’insensibilité encore plus terrible de la majorité de ses sens. Doucement, Adlar se sentit glisser vers l’inconscience mais une dernière chose le raccrochait encore à la vie.

Toussant pour chercher de l’oxygène, Adlar trouva la force de se redresser pour plonger ses yeux bleus acier dans le gouffre de folie qui avait remplacé les pupilles d’Echtélion le jour ou celui-ci avait trahi l’Impérium. Ce dernier semblait se délecter de son agonie mais un mince sourire naquit pourtant sur le visage ensanglanté d’Adlar.

‘Nous allons mourir ensemble… Mon frère’ Murmura-t-il avant de s’éteindre.

Alors que les muscles du corps sans vie qui pendait à ses griffes se relâchaient, une série de petits reflets métalliques tombant au sol attirèrent l’attention d’Echtélion. Quelque chose venait de glisser de la main ouverte d’Adlar.

Des goupilles de grenades…

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Knights of justice

Force et honneur

— Ultima Fondation —

Chapitre Space Marine des Knights of Justice

Méconnus car souvent confondus avec leurs frères d’armes Blacks Templars dont ils partagent les couleurs de base, les Knights of Justice se sont maintes fois battus au nom de l’Empereur et ont maintes fois remporté d’éclatantes victoires à travers tout l’Impérium. Leur organisation très différente de celle préconisée par le codex permet au chapitre d’aligner des troupes spécialisées selon la mission qu’ils ont à remplir et de vaincre n’importe quel adversaire même sur son terrain de prédilection.

Origines

Les knights of justice sont un chapitre de la deuxième fondation des Impérials Fists au même titre que les Crimson Fists et les Blacks Templars. Leur monde d’origine est Alderra, une planète proche des limites de notre galaxie se situant dans le système de Coruska au Nord du segmentum-obscurus. Elle fut découverte par les Impérials Fists lorsqu’une barge de bataille, passant à proximité de ce système, détecta une importante perturbation Warp à la surface même de la planète et décida d’envoyer une importante escouade de scouts afin de connaître l’origine de ce Vortex non répertorié. Le monde sur lequel atterrit le module de débarquement était alors répertorié dans les registres impériaux, datant de la grande croisade, sous le nom de Qfx-7 et noté comme étant inhabité et dépourvu d’intérêt.

Mais la réalité était très différente. La planète était peuplée de près de 4.000.000 d’humains dont l’avancée technologique correspondait à l’âge de la poudre. Focalisés sur leur mission les scouts évitèrent tout contact avec les autochtones et arrivèrent bientôt en vue de la fameuse perturbation Warp. Devant eux s’étendait une énorme plaine théâtre d’un gigantesque champ de bataille où des milliers d’humains se battaient contre d’autres hommes, adorateurs de sombres divinités, et où une déchirure dans l’espace, le temps et la réalité déversait des dizaines de démons dirigés par un énorme buveur de sang. C’était cette déchirure qu’avait enregistré les détecteurs de la barge Dorn’s Mercy qui avait depuis longtemps quitté l’orbite de la planète pour aller remplir sa mission dans un système éloigné de plusieurs jours de navigation de Qfx-7. Les scouts envoyèrent un message expliquant la situation au commandement du vaisseau et se jetèrent sans hésiter dans la bataille évitant aux autochtones de se faire déborder par les forces du chaos et de repousser les ennemis dans l’Imatérium.

Après le combat, le chef humain, un colosse du nom de Rendar agé d’a peine 22 ans standart, alla se présenter au capitaine et l’invita, lui et les quatre marines survivants, à son village. Près de dix jours après avoir débarqué les scouts, la barge impériale réapparu dans le système et le commandant Rimus, chef de cette mission, fut également présenté à Rendar.

Lors du banquet qui suivit, Rendar signa le traité d’allégeance à l’Impérium et organisa de grands combats pour honorer les guerriers sauveurs venus du ciel. Le commandant des Impérials Fists fut impressionné par la force et le talent des autochtones, qui se donnaient le nom de Noxs, et envisagea immédiatement la possibilité d’effectuer un important recrutement de nouveaux soldats pour le chapitre. Durant la nuit, Rimus en apprit beaucoup plus sur la planète et ses habitants: Il y avait cinq énormes tribus sur Alderra, également appelées familles, et chacune se partageait un territoire particulier. Autrefois les guerres entres les familles faisaient rage et les Noxs étaient déchirés par d’incessantes luttes tribales mais depuis une dizaine d’année la planète était assaillie par les forces de Khorne et Rendar avait unifié la population pour contrer cette menace et était alors devenu le chef de cette planète et toutes les familles lui jurèrent loyauté et obéissance. Malheureusement, une grande partie des habitants d’Alderra se laissèrent attirer par les promesses de puissance et de gloire que Khorne leur proposait dans leurs rêves et Alderra fut mise à feu et à sang par ses propres enfants. L’attaque à laquelle avait participé les scouts étaient la plus grande jamais subies par les Noxs et les spaces marines enquêtèrent pour découvrir pourquoi le dieu du sang désirait tant conquérir cette planète. Il apparut, d’après les dires du psyker Palmondis, également débarqué sur la planète, que les minerais présents dans les roches d’Alderra semblaient produire un rayonnement d’énergie augmentant la force physique des personnes irradiées régulièrement. Cela expliquerait la grande puissance musculaire des Noxs et l’attrait que Khorne aurait pour ce minéral.

Le lendemain, Rimus proposa à Rendar et à quelques dizaines d’autres Noxs, de venir avec eux dans la mer des étoiles afin d’être intégrés au chapitre, mais au grand étonnement de tous, Rendar refusa l’immense honneur en déclarant qu’il resterait ici pour défendre sa famille car les ennemis allaient sûrement revenir. Habituellement dans ces cas là, les personnes étaient enrôlées de force et ceux qui résistaient étaient éliminés mais Rimus se répugnait à détruire un tel potentiel pouvant être mis au service de l’Empereur et pris la décision de demander à son maître de former un nouveau chapitre de deuxième fondation qui utiliserait les implants des Impérials Fists. La demande fut acceptée par le maître de chapitre et c’est ainsi que l’entièreté de la troisième compagnie, sous la direction du commandant Kreuger, fut dépêchée sur Alderra afin d’y établir une nouvelle forteresse-monastère et de commencer l’implantation chez les Noxs. Rendar fut choisi pour devenir le nouveau maître de chapitre et fut le premier Knight of Justice à recevoir l’implantation progénoïdale. Il s’en alla alors pendant 20 années suivre une formation intensive sur Phallanx, l’immense station spatiale servant de forteresse monastère des Fists, afin d’assimiler tout ce que devait savoir un dirigeant de force d’élite du tout puissant Impérium de l’Humanité.

Lorsque Rendar revint sur alderra avec la troisième compagnie, la planète était dévastée et en grande partie occupée par le chaos, seule une mince résistance humaine tenait encore tête aux forces démoniaque. Le débarquement space marine inversa la tendance mais les pertes du côté des Noxs étaient énormes car prés des deux tiers de la population initiale avait été tués. Malgré cela, la décision de créer ce nouveau chapitre fut maintenue et Rendar, conseillé par Kreuger qui, mortellement blessé durant ce que les Knights appellent encore aujourd’hui « la grande bataille », s’était fait enchâsser dans l’armure d’un puissant dreadnought. Après quelques problèmes de recrutement et de repopulation, les Knights of Justice virent vraiment le jour et purent activement participer à la défense de l’Impérium et de ses habitants.

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