Capella Secundus

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Ce mausolée devait être oublié de tous depuis des décennies, perdu dans un labyrinthe de catacombes et enterré quelque part sous des bâtiments de l’Administratum. Pourtant, il y avait de la lumière, filtrant à travers des vitraux recouverts de glyphes impies. Il s’agissait d’une grande salle circulaire entourée de colonnes ouvragées. Le plafond était presque totalement occupé par une verrière représentant Corax fendant en deux un démon aux ailes membraneuses. Là encore, des dessins et des textes blasphématoires. Cet endroit puait le mal à plein nez et Seinfield se sentait de plus à plus mal à l’aise, presque nauséeux.

Les informations que DeSaintes avaient soutiré au renégat capturé s’étaient avérées exactes : ces lieux étaient devenus un sanctuaire dédié aux obscures divinités. Il avait fallu beaucoup de temps et de patience à l’Inquisiteur pour que cet immonde traître lui donne tous ces renseignements, et ce n’est qu’après s’être fait arracher son deuxième oeil qu’il avait finalement avoué ses méfaits.

Malgré la pénombre de leur cachette, Seinfield distinguait très clairement le visage de son Maître. La mâchoire crispée, les traits tendus, ce dernier remuait les lèvres en silence. Sûrement quelques prières adressées à l’Empereur. Depuis qu’il avait été sauvé des puits aux esclaves de Sedana V, il y a déjà sept ans de cela, le jeune expliciteur n’avait jamais vu ce dernier aussi nerveux, lui d’habitude si pondéré et si froid.

Mais comment ne pas être agité devant le spectacle qui s’offrait à eux ? Au centre du hall se trouvaient six hommes, tous habillés de grandes robes sombres à capuche. Cinq d’entre eux, assis en tailleur, chacun à la flèche d’un pentagramme gravé dans le sol, se balançaient d’avant en arrière en psalmodiant des chants sacrilèges. Le dernier, au centre de la figure, tenait dans ses mains mises en coupe un cœur ensanglanté qui battait encore.

– Par l’Empereur, souffla DeSaintes, ils s’apprêtent à invoquer une entité du Warp ! Nous devons les en empêcher à tout prix ! Joignant le geste à la parole, l’Inquisiteur se redressa, tira l’épée énergétique de son fourreau et se jeta en avant. A mort, infidèles !

Seinfield se précipita à sa suite, serrant fermement contre sa poitrine son pistolet-plasma.

Les apostats n’eurent même pas le temps de réagir. Le dôme de cristal, au-dessus de leur tête, éclata en mille morceaux, et dans une pluie de verre multicolore, l’escouade Lion atterrit au beau milieu du groupe. En un bref instant, dans des mouvements presque aussi fluides que ceux d’une Banshee, les Dark Exorcists décapitèrent les félons.

– Une fois de plus Frère Hycks, s’écria DeSaintes, vous et vos hommes êtes intervenus au moment le plus judicieux.
– Vous trouvez-vous aussi ? Mais quel dommage qu’il me soit obligé de briser un si bel élan…

Tous se tournèrent vers l’individu qui venait de parler. Un Space Marine en livrée rouge. Seinfield sentit une sueur glacée glisser le long de sa colonne vertébrale lorsqu’il reconnut le symbole ciselé sur son épaulette : un Word Bearer !…

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2 réponses à Capella Secundus

  1. Metatron dit :

    Que devient ce texte à 4 mains avec Baal ?
    Vous continuez encore ? Vous l’avez terminé ?

    • Rendar dit :

      Le texte n’est pas terminé non.

      Je dois faire le point avec mon co-auteur pour voir ce qu’il souhaite faire à ce sujet, au besoin, je pense terminer tout seul…