Capella Secundus

2

Voilà bientôt une heure qu’il patientait devant les visages de marbre des deux gardes d’honneur qui lui barrait l’entrée menant au bureau du Gouverneur.

Il fulminait ! Cette espèce de gros porc imbu de sa personne avait décidé de le faire poireauter. Avait-il seulement conscience de ce qu’il encourait en agissant de la sorte ? Qu’importe, il allait apprendre qu’on ne faisait pas patienter un représentant de l’Empereur comme n’importe quel sous-fifre.

Il s’approcha lentement des deux gardes. Instantanément, ceux-ci se mirent en position de défense, croisant devant la porte boisée leur longue hallebarde. Leur masque de cérémonie rouge carmin cachait une partie de leur visage, mais DeSaintes pouvait malgré tout voir dans le fond de leurs yeux une crainte irrépressible à l’idée qu’ils puissent subir le courroux d’un agent de l’Inquisition.

D’une voix extrêmement calme, il s’adressa à eux.

– Contactez le Gouverneur immédiatement. Si dans la minute qui suit, je n’ai pas franchi ces portes, je le ferai de force.

La réponse ne tarda pas et fut la même que lors de ses précédentes tentatives.

– Désolé Seigneur DeSaintes, le Gouverneur Masha est occupé, il vous recevra dès que…

Le gardien n’eut pas le temps de terminer sa phrase, la lame énergétique de l’Inquisiteur se fraya en un éclair un chemin écarlate à travers sa gorge, sans un bruit. Le second soldat était tenu en respect par le pistolet-bolter ouvragé du vieil homme et regardait son compagnon s’affaler dans une mare de sang en émettant d’horribles gargouillis.

DeSaintes se tourna lentement vers lui.

– Je pense qu’il serait raisonnable de m’ouvrir cette porte, petit !

Moins de quinze secondes plus tard, il prenait enfin pied dans les appartements du Gouverneur. Celui-ci était assis à son bureau, avec, en face de lui, une silhouette encapuchonnée. Il se redressa illico, manquant de basculer en arrière, emporté par sa masse phénoménale.

– Que faites-vous ici ? Je suis en réunion, nul ne peut me déranger lorsque…
– TAISEZ-VOUS ! Hurla DeSaintes. Il brandit son arme dans la direction de Masha tout en prenant bien soin de montrer à celui-ci que le cran de sûreté était enlevé. Comment osez-vous me parler sur ce ton, Gouverneur ? Vous outrepassez vos droits. Il se prépare une véritable guerre dehors et tout ce que vous trouvez à faire, c’est refuser audience au un représentant de la lumière impériale. Ce n’est définitivement pas très futé.

D’un pas assuré, il s’avança rapidement dans le bureau, les yeux ne cessant de scruter le moindre mouvement des deux personnes présentes en face de lui.

– Et vous, retournez-vous et enlevez cette capuche que je vois enfin qui requiert tant d’attention de la part de ce cher Gouverneur !

L’homme se leva doucement et porta ses mains à son visage. En une fraction de seconde, il se laissa tomber à terre et dégaina deux pistolets-laser. DeSaintes plongea à couvert en ouvrant le feu. Les bolts vinrent déchiqueter le divan en peau d’oliphant, envoyant projeter des éclats de bois dans les airs. Le sifflement caractéristique des tirs de laser envahit la pièce mais les traits d’énergie manquèrent de loin l’Inquisiteur.

Masha hurlait de peur. Dans le flot de paroles disparates qui sortaient de sa bouche, le vieil homme crut tantôt discerner des suppliques, tantôt des menaces. Après quelques instants d’accalmie dans les échanges de tirs, DeSaintes se redressa, toujours arme au poing. L’homme à la capuche avait disparu. Il ne réfléchit qu’une demi-seconde avant de vider son chargeur dans le bureau ouvragé du régent. Les balles traversèrent la couche de bois précieux et un bref cri de douleur avertit DeSaintes que son ennemi était au tapis pour de bon. Pointant son arme vers l’obèse Gouverneur agité, il dégaina une petite dague acérée et alla contempler le visage de son ennemi.

Horrifié par ce qu’il vit, il se retourna brusquement, le cœur empli d’une colère incontrôlable.

– Par ordre du décret 1.256 de la très sainte charte de l’Inquisition. Le Gouverneur se mit à sangloter en regardant l’Inquisiteur recharger son arme calmement. Levant les bras devant lui tout en reculant, il s’empêtra les pieds et s’écroula à terre. Tous ceux qui comploteront avec l’ennemi se verront dispensés sans préavis du droit de vivre.

La détonation de l’unique tir de bolter résonna dans la pièce dévastée. Lorsque l’écho de coup de feu eut cessé de se répercuter sur les murs de la salle, seul restait un trou fumant dans le crâne de Masha pour témoignage de la détermination de l’Inquisiteur à purger cette planète de tous ses hérétiques.

Crachant à terre, DeSaintes tourna les talons, laissant derrière lui l’énorme cadavre de Masha ainsi que celui d’une créature horrible avec un corps d’homme mais possédant une tête et des serres d’aigle.

– De toute façon, je n’aimais pas la décoration. Commenta l’Inquisiteur en enjambant les corps des gardes. Il empoigna son communicateur. Le récepteur de celui-ci était relié au cerveau d’un de ses serviteurs qui se chargerait de transmettre le message sans délais. Communication de l’Inquisiteur de l’Ordo Xenos DeSaintes. Appel au Maître de Chapitre des Dark Exorcists. Il est l’heure d’honorer une vieille dette mon ami, la planète Capella Secundus est en proie aux troubles. Envoyez une force armée me rejoindre ici. Cette affaire est de la première importance. DeSaintes terminé.

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2 réponses à Capella Secundus

  1. Metatron dit :

    Que devient ce texte à 4 mains avec Baal ?
    Vous continuez encore ? Vous l’avez terminé ?

    • Rendar dit :

      Le texte n’est pas terminé non.

      Je dois faire le point avec mon co-auteur pour voir ce qu’il souhaite faire à ce sujet, au besoin, je pense terminer tout seul…