Capella Secundus

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Le chemin du retour n’avait pas été des plus aisés. Il leur avait fallu parcourir de nombreux conduits obscurs et étroits, transportant leurs compagnons tués ou inanimés, pour rejoindre la surface. Ils atteignirent finalement une bouche d’aération désaffectée située en plein cœur du vieux quartier historique de la cité, dans une allée déserte.

DeSaintes et Hycks sortirent par l’ouverture réduite avec difficulté puis, aidé de Iago et Pall restés en contre-bas, extirpèrent laborieusement les corps inertes de leurs camarades.

L’Inquisiteur se redressa de tout son long, les mains posées sur les hanches, faisant craquer ses vertèbres endolories par les derniers combats et le fastidieux périple. Quelle heure pouvait-il bien être ? A l’horizon, les cieux étaient déjà rougeoyants.

– Krrriiiii… situation de plus en plus critique ici. Krrriiiii… vous pouvez m’entendre, prenez garde à vous et éviter les zones Alpha et Bêta de la ville. Je répète, éviter Krrriiiii…

Il s’agissait du communicateur d’Esteban, resté inopérant et muet jusqu’ici car les ondes radio ne pouvaient passer dans les sous-sols.

– Seigneur Styx, est-ce bien vous ? Ici DeSaintes. Que se passe-t-il de votre côté ?
– Par le sang des Primarques, enfin, je n’espérais plus ! La situation n’est pas bonne : la majeure partie de la population des bidonvilles en périphérie de la cité s’est rebellée. D’après les premiers rapports, ces renégats arboreraient les signes distinctifs des Puissances de la Ruine et avanceraient vers le centre de l’agglomération en massacrant et détruisant tout sur leur passage. Nous avons pu évacuer un grand nombre de capellans et établir une large zone sécurisée.

Ainsi donc, ce n’était pas un coucher de soleil mais des foyers d’incendies. Le Jihad Noir était déjà amorcé. Les menaces prophétiques prononcées par le Word Bearer résonnaient encore dans son crâne.

– Bien reçu. Des nouvelles d’Ezekiel et des Emperor’s Swords ?
– Négatif. Ils ne semblent pas être encore revenus de leur expédition xénocide. Leur soutien serait pourtant d’un grand recours : les traîtres sont bien trop nombreux pour que nous puissions tous les contenir. Et vous, quelles sont vos forces et votre position ?
– Lothaus et Sonora sont morts, mon acolyte est hors-jeu pour l’instant, les autres se portent bien. D’après mon gyrocompas, nous nous trouvons actuellement dans le secteur Bêta-8.
– Par l’Empereur ! Les apostats ne sont qu’à quelques minutes de vous ! Prenez la direction nord-est et rejoignez le fortin des Arbites, au pas de course !
– Compris, terminé. DeSaintes se retourna vers ses hommes. Messieurs, l’ennemi est sur nos talons. Nous devons rejoindre le QG au plus vite. Hycks, prenez mon arme et veuillez fermer la marche je vous prie. en avant.

En file indienne, l’Inquisiteur en tête, le petit groupe traversa rapidement une série de ruelles sans rencontrer qui que ce soit. Esteban avançait machinalement, plongé dans ses pensées et ses inquiétudes. Il repassait encore et toujours dans sa tête les sinistres révélations que lui avait faits Caïn avant de disparaître si subitement, essayant d’en extirper un début d’explication.

Soudain, surgissant de l’ombre d’un portique, un individu braillard et crasseux lui barra le passage. Le regard vitreux, la bave lui dégoulinant le long du menton, le bougre tenta de le frapper avec un manche à pioche. D’un mouvement fluide, DeSaintes, toujours encombré de Seinfield, esquiva son agresseur et lui asséna le pommeau de son épée énergétique sur la nuque, l’assommant sur le coup.

– Les insurgés sont déjà ici. Il n’y a pas de temps à perdre, pressons-nous !

A peine eut-il dit ces mots qu’une série d’aboiements caractéristiques, répercutés par les rues vides, le fit sursauter. Faisant volte-face, il vit Hycks lâcher une nouvelle rafale avant de reprendre la marche forcée.

– Ils sont justes derrière nous et nous sommes à découvert ! Courez Monseigneur !

Jaillissant de toute part, une foule compacte et tonitruante fit son apparition dans le carrefour juste derrière eux. La plupart de ces gens étaient des humains ordinaires, en haillons et armés de barre de fer ou d’outils agricoles, néanmoins DeSaintes pouvait discerner de ci de là quelques êtres aux mutations déjà très avancées.

Après un bref moment d’hésitation, cette multitude se précipita tapageusement dans leur direction, avec la ferme intention de leur nuire. L’agent impérial ne demanda pas son reste et piqua un sprint pour rejoindre son équipe. Il sentait douloureusement son cœur battre dans la poitrine et son sang dans les tempes.

Hycks ouvrait le feu régulièrement, faisant mouche à chaque fois. Pourtant, progressivement, inexorablement, les renégats gagnaient du terrain sur eux et si Esteban avait osé lorgner dans leur direction à ce moment, il aurait pu voir distinctement le blanc de leurs yeux.

La poste de cantonnement Arbites était en vue. Plus que deux blocs d’habitation à franchir. A l’angle suivant, ils débouchèrent sur une petite esplanade encombrée de meubles entassés manifestement à la hâte, des barricades de fortune.

Une silhouette lourde et massive leur bloquait le passage. L’Inquisiteur reconnut la carrure de Thanatos, l’antique et vénérable dreadnought des Dark Exorcists. La voix profonde et métallique de ce dernier se fit entendre :

– Je couvre mes Petits Frères. Que ceux-ci passent leur chemin sans crainte, les damnés ne passeront pas.

Accompagnant le geste à la parole, il libéra la puissance dévastatrice de ses bolters lourds sur les hérétiques lancés à leur poursuite. La marée humaine vacilla sous la grêle de bolts qui la fauchait comme du blé mûr et battit presque aussitôt en retraite.

Ayant grimpé et dévalé dans la foulée le barrage, DeSaintes put enfin déposer son jeune disciple par terre et reprendre son souffle. Le danger était à présent derrière eux, ils étaient saufs. Mais qu’en était-il d’Ezekiel ???

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2 réponses à Capella Secundus

  1. Metatron dit :

    Que devient ce texte à 4 mains avec Baal ?
    Vous continuez encore ? Vous l’avez terminé ?

    • Rendar dit :

      Le texte n’est pas terminé non.

      Je dois faire le point avec mon co-auteur pour voir ce qu’il souhaite faire à ce sujet, au besoin, je pense terminer tout seul…