Sha’eil Taan

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– En avant toute, machines à pleine puissance.

L’écho métallique du serviteur relayant ses ordres au navigateur chantait comme une douce mélodie aux oreilles de l’Amiral Narkins. Cela faisait 35 ans qu’il attendait ce moment. 35 ans qu’il avait quitté l’académie navale et qu’il avait été envoyé dans ce recoin du Segmentum où il n’avait cessé d’attendre pour enfin livrer un combat.

Les vaisseaux des engeances sombres se rapprochaient rapidement de Capella et la Flotte Impériale s’était positionnée afin d’intercepter la menace. Une nuée de chasseurs bourdonnait autour des lourds croiseurs, prêts à larguer leurs torpilles ou à détruire celles en provenance de l’ennemi.

– Gorgone, Manticore, placez-vous à 75 degrés tribord, le Médusa tiendra le centre assisté de l’Hydra. Sus au Chaos et pas de quartier.

Le lieutenant Idross, son second, relayait déjà les informations alors que les vibrations des gigantesques moteurs à plasma du vaisseau faisaient trembler le trône de commandement comme une ode à la guerre. Sur sa passerelle, Narkins regardait avec satisfaction son équipage préparer le Médusa à la bataille mais, derrière l’impassible masque de confiance qu’il s’était composé devant ses hommes, il voyait bien que l’Hydra avait déjà plusieurs kilomètres de retard sur le reste de la formation impériale.

– Contact dans dix-huit secondes, annonça le navigateur.
– Feu à volonté ! Répondit l’Amiral sur toutes les fréquences.

Les laser du croiseur de classe Dictator ouvrirent le feu instantanément, dispersant les chasseurs renégats et venant frapper les boucliers des deux vaisseaux ennemis. La riposte ne se fit pas attendre et le Basilik encaissa plusieurs tirs dont l’énergie ricocha sur le lourd blindage du navire.

– Concentrez vos tirs sur le croiseur de gauche et chargez les torpilles.

A ses ordres, tous les vaisseaux de l’escadre impériale dirigèrent leurs laser vers l’imposante silhouette torturée du plus grand des deux assaillants. Une salve de torpilles vint pulvériser toute une partie de sa proue sous les vivats des membres de l’équipage du Médusa. Supérieures en nombre et en puissance, la victoire des forces impériales n’était qu’une question de temps.

– Où est le second croiseur ennemi ? Interrogea l’Amiral.
– A deux kilomètres tribord, Monseigneur. Il s’approche de l’Hydra.

Regardant par la baie vitrée, Narkins voyait déjà les traînées bleues et rouges des armes du vaisseau adverse zébrer l’espace, se focalisant vers le même point, celui où se situait le navire impérial en détresse.

– Basilik et Gorgone, je vous laisse le soin de donner à ses hérétiques leur juste châtiment.

Le vaisseau ennemi qu’ils avaient harcelé de tirs, transpercé de toutes parts, commençait déjà à dériver, des nuages d’hydrogène et de fumée s’échappant de sa coque.

– Nous partons porter assistance à l’Hydra.

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