Tyraélis, Archange de la justice

Tyraélis, Archange de la justice – GALAHAD

Des cris retentissaient dans le communicateur de son casque. Des ordres aboyés sèchement. A moins que cela ne soit les cris des mourants, tombant par dizaine sous l’assaut rageur des forces de l’Adeptus Astartes. Les trois lunes dans le ciel nocturne découpant les pourtours d’un immense château construit à même la pierre ne laissaient aucun doute, il était sur Angelis IV. Aidé par les Lightning Swords, un détachement Knights of Justice purgeait une citadelle rebelle, bastion du Dieu du Changement.

Ses yeux se rouvrirent. Il était assit sur la banquette froide d’une soute de thunderhawk, les mains tremblantes, le souffle court, la poitrine percluse de douleur. Pourquoi était il sans cesse condamné à revoir ces images ? Les images du jour où tout avait commencé. C’était pourtant il y a plus de deux cent ans, ce que les historiens avaient appelés ‘L’écrasement d’Angélis’ s’était soldé sur le papier par une victoire des forces impériales. Mais la vérité était toute autre.

La situation était catastrophique. Menant une escouade à la pointe de l’assaut, le jeune épistolier était englué dans une situation inextricable. Devant eux, un nid de batterie lourde les clouaient au sol et aucun soutien n’était disponible pour venir leur prêter main forte. Ses frères tombaient comme des mouches, éclatant sous les puissants rayons d’énergie comme des fruits trop mûrs. C’était alors qu’Il était arrivé. Descendant seul du ciel, auréolé des flammes de ses réacteurs, Il irradiait une puissance telle que le jeune archiviste en eu le souffle coupé.

Serrant le poing, Tyraelis tenta de ne pas laisser monter en lui sa colère. Ce qu’il avait cru tout d’abord être un sauveur était en fait l’instrument de sa damnation. De minces éclairs se mirent à parcourir ses doigts alors que les sceaux de protection psychiques spécialement installés pour contenir son énergie dévastatrice se mettaient à scintiller, illuminant la pièce d’un halo bleuté. Son sauveur, son bourreau, Accolon, maudit soit il ainsi que tout les Lightning Swords qui l’avaient transformé en ce qu’il était maintenant.

Depuis ce jour, touché par la malédiction du paladin, il était devenu un réceptacle extrêmement puissant d’énergie psychique. Seulement, ses pouvoirs étaient instables et le consumaient littéralement, lui faisant souffrir un martyre qu’il ne pouvait expier que dans le chaos de la guerre. Il était devenu une machine à tuer, prendre des vies étant devenu le seul remède pour éviter l’horrible souffrance qui était devenue sa compagne quotidienne.

Pourtant, une partie de lui chérissait ce don. Oui, il était condamné à se battre jusqu’à la limite de l’épuisement physique et mental sous peine de mourir, consumé par son propre pouvoir mais il était également une arme formidable, fauchant les ennemis de l’Empereur sous les coups de son Maul de force et liquéfiant leurs cerveaux grâce aux puissance issues de l’Ether. Sa vie n’était plus que sang, douleur et violence, entrecoupés d’enfermement dans des cellules scellées et protégée aussi bien pour sa survie que celle des autres.

A sa droite, une silhouette familière attira son attention. La forme torturée de X-1, un angelot cybernétique qui l’accompagnait dorénavant, se dessinait dans la lumière blafarde de la soute. Ce nouveau né, arraché à ses parents sur Aldera, avait été asservi et modifié à la gloire de l’Empereur pour lui servir de coupe-circuit au cas ou ses pouvoirs risquaient de menacer son enveloppe physique tant ces derniers pouvaient être dévastateurs. Le chérubin emmenait également au combat l’épée de justice, une précieuse relique du chapitre qui canalisait encore plus les puissances du warp.

Les murs de la soute se teintèrent d’une lumière écarlate alors que, au milieu de la pièce, une trappe s’ouvrait sur un lit de nuages cotonneux. Il était l’heure de livrer bataille, une fois de plus. Il se leva doucement, rabattant sur son visage parcheminé la capuche de sa toge. Il ne s’était vu qu’une fois dans un miroir depuis les événements d’Angélia et il lui avait semblé avoir vieilli de mille ans. Se saisissant de son marteau, il s’approcha du trou béant donnant sur le vide. D’un geste, il ordonna à son familier de s’y engouffrer le premier avant de, lui-même, sauter du transporteur aérien. Aujourd’hui encore, du sang allait couler à la gloire de son chapitre. Mais avant chaque combat, il espérait que peut être, quelqu’un allait enfin être assez fort pour le tuer et le libérer ainsi d’une souffrance éternelle.

– Force et Honneur, murmura-t-il avant de se laisser tomber, sa robe de bure claquant au vent comme le bruit d’un marteau qui allait bientôt s’abattre sur ses adversaires.

Cette entrée a été publiée dans Rendarthon, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.