Rendar, Maître des Knights of Justice

Rendar, Maître des Knights of Justice – KAYA

Les apothicaires appelaient ça une ‘douleur fantôme’. Juste un souvenir ne collant plus à la réalité et entraînant une forte et désagréable démangeaison un peu plus haut que son coude.

Lentement, il ouvrit les yeux. Sa main droite vint instinctivement caresser le métal froid qui lui faisait désormais office de bras gauche. Il essaya de bouger les membres de sa prothèse. Un bruit, mélange d’électrique et d’hydraulique, s’éleva dans la pièce. Le pouce, l’index, le majeur… Tout répondait à merveille. Plongeant son regard dans celui du frère Afyon, maître apothicaire du chapitre, il pu y lire toute sa satisfaction. Inutile pour lui de se demander si tout s’était passé comme prévu, il en avait la preuve devant ses yeux.

– ‘Avez-vous capturé les chefs rebelles comme prévu ?’

S’enquit-il simplement. Car qu’importe qu’il ait perdu un bras lors de l’affrontement, la mission était trop importante pour être ignorée et passer en second plan.

– ‘Oui maître’, répondit Afyon calmement, tout en contrôlant les voyants lumineux de sa console.

– ‘Parfait’. Ont-ils parlé ?

– ‘Oui, nos talentueux frères investigateurs ont fait des miracles. Ils ont avoué tout ce que nous voulions savoir… Et même plus’.

– ‘Bien’. Rendar se releva doucement laissant sa toge blanche retomber sur ses puissantes jambes et ses manches glisser le long de sa prothèse. ‘Je veux les voir’.

Quelques dizaines de minutes plus tard, la lourde porte d’une des nombreuses geôles de la citadelle noire s’ouvrait sur une pièce sale, froide et occupée par une dizaine d’humains aux traits tirés et à la peau pâle qui frissonnaient recroquevillés dans le fond de la cellule.

La large silhouette de Rendar se découpa dans la faible lumière provenant du couloir. Toujours vêtu de sa toge, il entra calmement dans la pièce, jaugeant du regard les misérables âmes dont le corps et l’esprit avaient été brisés par les tortures qu’on leur avait infligés.

– ‘Qu’on leur donne des armes !’, ordonna le maître de chapitre.

Une poignée d’épées fut jetée sur le dallage froid de la cellule. Rendar en dégaina deux. Une dans chaque main, même s’il ne pouvait pas sentir le cuir souple de la poignée de l’arme qu’il portait à sa gauche, il ressentait son poids, sa position et la prise qu’il exerçait.

– ‘Levez vous chiens !’, lança-t-il aux hères ébahis. ‘Levez vous et battez vous si vous en avez le courage !’.

Neuf hommes se saisirent d’une arme. ‘Bien’, pensa Rendar. Il avait besoin de passer ses nerfs et de tester son nouveau bras. Les prisonniers savaient certainement qu’ils seraient exécutés une fois les interrogatoires achevés. Mais, qui aurait cru qu’ils subiraient la sentence de l’Empereur des mains du maître de chapitre en personne. Lui, qu’ils avaient laissés pour mort sur le marbre du mausolée.

Dans un bruit lourd, la porte se referma…

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