Terre de Légende

Les longs mouvements chaotiques du vieux bus mal entretenu qui m’emmenait vers ma destination s’arrêtèrent enfin. Me saisissant de mon sac à dos, je me suis instantanément dirigé vers la porte, les mains moites de sueur autant à cause de la chaleur écrasante que de l’émotion. Le chuintement hydraulique maintenant familier m’annonça l’ouverture et je descendis les deux petites marches qui menaient jusqu’au sol.

Lorsque mes pieds touchèrent le sable fin, je pris une grande respiration, emplissant mes poumons de l’air désertique de ce lieu mythique. Posant ma main droite sur mon front pour me protéger les yeux des aveuglants rayons du soleil, je pu enfin contempler la raison de ces longues heures de routes.

Devant moi, à quelques centaines de mètres, se dressaient, aussi majestueuses qu’il y à cinq mille ans les trois colossales masses de pierres qu’étaient les grandes pyramides. Le plateau de Gizeh était fourmillant de touristes, de gardes et de guides en tous genres. Autour de moi, on parlait anglais, français, allemand, arabe mais mes yeux n’arrivaient pas à se détacher du majestueux sommet de ce qu’on appelait la grande pyramide de Kheops.

Malgré l’altération irrémédiable des siècles, je n’avais aucun mal à imaginer cette merveille du monde au temps de sa splendeur. Ses côtés couverts de chaux blanche et sculptés de milliers de hiéroglyphes, sa pointe rehaussée d’or qui étincelait sous la force de Râ, le dieu solaire et des pléthores d’esclaves, de notables et de dignitaires égyptiens déambulant sur la plaine aride.

Une terre de culture, une terre de légende, une terre de mythes mais avant tout, une terre de rêve qui fit naître sur mon visage ce jour la un intense sourire.

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