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Capella Secundus

Une grande aventure flamboyante où l’on découvre un personnage attachant et tout un univers propre à ses auteurs.

L’inquisiteur DeSaintes est confronté aux pires horreurs de la galaxie.

A l’origine, j’avais rédigé un petit texte sans prétention, juste pour le plaisir. c’était mon tout premier coup d’essai. L’histoire a bien plu à l’ami Rendar qui m’a alors proposé une suite sympa. Le doigt était mis dans l’engrenage…

Baal-Moloch

Lire un texte et sentir une idée germer dans son esprit…

La proposer… Et c’est le début d’un partenariat, d’une saga inquisitoriale et de la découverte d’une personne discrète mais très talentueuse : Baal-Moloch

Je le remercie d’ailleurs car laisser quelqu’un jouer dans ses idées n’est pas toujours aisé.

Les yeux de l’Empereur sont sur vous cher lecteur…

Rendar

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Sha’eil Taan

1

Tel un requin fendant les flots, l’imposant croiseur de guerre impérial de classe Vengeance filait gracieusement dans l’espace. Assis sur le trône de commandement du Médusa, l’Amiral Narkins prenait connaissance des rapports en provenance des vaisseaux placés sous ses ordres. Les diodes de sa couronne de contrôle, profondément enfoncée dans les implants cybernétiques greffés autour de son crâne, scintillaient alors que l’appareil convertissait les courants électriques en données lisibles par un cerveau humain.

Gorgone – Cdt Sharek – Rien à signaler Basilik – Cdt Palleon – Rien à signaler Manticore – Cdt Riskin – Rien à signaler

Le nom des vaisseaux suivis de celui de son commandant et de son statut s’imprimaient dans son cortex aussi clairement que s’il lisait une feuille de transplast.

Hydra – Cdt provisoire : Major Iokas – Nettoyage en cours.

Narkins soupira en voyant la dernière ligne du rapport. Une partie de l’équipage de l’Hydra avait fomenté une mutinerie au début des troubles sur Capella et il avait été forcé de se séparer personnellement et de manière définitive du Commandant Sarkis visiblement en forte dissension avec le credo sacré.

Une délégation envoyée par l’Inquisiteur Ezekiel purgeait en ce moment même l’équipage de ce vaisseau et, de toute évidence, peu des fiers marins qu’il avait autrefois eus sous ses ordres s’en sortiraient vivants. De ce fait, l’Hydra était loin d’être opérationnel et il faudrait malheureusement plusieurs années avant qu’un nouvel équipage vienne remplacer les malheureux qui subissaient en ce moment même le juste courroux des serviteurs de l’Empereur.

Après tout, peu importait. La flotte de défense de Capella Secundus ne pouvait rien faire pour aider les hommes au sol et, il faut bien le dire, l’inactivité l’exaspérait au plus haut point. Une guerre faisait rage plusieurs kilomètres sous ses pieds et il se sentait tout simplement inutile.

Médusa – Tous les systèmes parés. Armes prêtes, torpilles Cyclone chargées. Chasseurs en niveau d’alerte deux – Rien à signaler.

Ne pouvant réprimer un léger sourire en voyant apparaître le statut de son propre bâtiment, il retira sa couronne ointe d’onguents sacrés, déconnectant son esprit de celui de la machine. Comme à l’accoutumée, la sensation fut désagréable. Une sorte de pincement aussi bien physique que psychique qui lui laissait toujours l’impression de s’être fait enlever une partie de lui-même. Récitant une brève prière, il rendit hommage à l’Empereur de lui donner un outil si performant afin d’accomplir Sa volonté.

L’Amiral récapitula mentalement les données qu’il venait de recevoir. Pour autant qu’ils pouvaient l’être, ils étaient prêts. Seuls les vaisseaux Astartes, croisant de l’autre côté de la planète, n’avaient pas répondu à sa demande d’information. Cela ne l’étonnait guère, les Space Marines n’ayant eu aucun contact avec les vaisseaux de la garnison capellanne depuis leur arrivée. Malgré tout, ce silence l’inquiétait quelque peu. Avec les récents évènements survenus sur l’Hydra, qui pouvait savoir ce qui se tramait dans l’esprit de ces guerriers surhumain dont la légendaire vocation était de faire couler le sang ?

Le Médusa orbitait autour de l’hémisphère nord de la planète. Même depuis l’espace, il pouvait voir le déchaînement des vents et des orages couvrant l’entièreté de Capella Secundus. La lourde chape de nuages noirs zébrés d’éclairs était impénétrable. Narkins n’avait jamais vu ça et, bien que le spectacle ait quelque chose d’hypnotisant, il savait que le sort de ce monde était en train de s’y jouer.

– Amiraaaaaal.

La voix traînante d’un serviteur mécanisé le tira de ses profondes réflexions. Il lui fit un signe de la tête, l’incitant à continuer.

– Amiraaaaal, le cœur astropathique a dééééééééétecté une fluctuatioooooon dans le Waaaaaaaarp.

Une perturbation ? Cela ne pouvait signifier que peu de choses et la sortie d’un nouveau vaisseau depuis l’Empyrean était la plus probable. Ils n’attendaient pourtant personne.

– En visuel. Se contenta-t-il de répondre.

Instantanément, la passerelle du vaisseau s’anima et l’équipage s’empressa de positionner le navire afin d’orienter la baie de transpacier vers le flot d’énergie scintillante qui se formait aux alentours d’une des lunes du système.

– Amiraaaaaaaaal, le scanner détecte plusieurs vaisseaaaaaaux. – Origine ? – Inconnuuuuuue monsieuuuuuur.

Narkins frissonna. Sur la console de navigation, un agrandissement longue distance lui montrait les images déformées de plusieurs navires de guerre. Des cuirassés de classe Executor et Repulsive. D’anciennes nobles constructions impériales aujourd’hui sous la tutelle de ses plus abjects détracteurs.

Et ils arrivaient à pleine vitesse !

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Newborn

La pièce, sur éclairée par des néons diffusant une lumière froide, était d’une pâleur presque déprimante. Les murs, le sol, le plafond, tout était de ce blanc blafard caractérisant toutes les chambres d’hôpital de l’Impérium, aseptisée, impersonnelle, triste.

Deux médecins s’affairaient en hâte autour d’un lit d’opération sur lequel une superbe jeune femme était étendue. Ses longs cheveux couleur de blés tombaient jusqu’au sol et son visage d’une finesse sans égale était déformé par un rictus de douleur presque noyé dans un océan de larmes. Ses minces mains étaient serrées à s’en fendre les phalanges sur les appendices de bois prévus à cet effet mais aucun son ne sortait pourtant de sa bouche entrouverte.

A travers une vitre fumée, un homme à la stature imposante regardait la scène d’un air faussement détaché. Son ample tunique noire n’arrivait pas à cacher ses épaules musclées et la cascade de cheveux gris, presque blancs, qui tombait jusqu’à ses omoplates contrastait avec la sobriété du riche tissu dont il était vêtu. A ses côtés, un autre homme, légèrement voûté mais à l’allure patibulaire se tenait respectueusement à quelques pas derrière lui chipotant nerveusement le cuir sale de son blouson élimé.

– Allez y Milady, vous y êtes presque. Encore un petit effort.

Le plus grand des deux médecins ne cessait de répéter les mêmes mots d’encouragement d’une manière tellement automatique que cela en devenait risible. Sous son masque, recouvrant presque la totalité de son visage, on pouvait presque deviner ses lèvres pincées de lassitude.

– Voila madame, je vois la tête, poussez Madame. Une dernière fois.

Dans un cri de délivrance, la femme libéra le nouveau né entre les mains de l’accoucheur. Le front en sueur, les membres tremblant et un mince filet de sang coulant de sa lèvre inférieure qu’elle s’était inconsciemment mordue, elle s’affaissa comme libérée d’une incroyable tension

Relevant les bras, le médecin portait un nourrisson couvert de sang et de placenta, le nombril, toujours relié au cordon ombilical. D’un geste rapide et sec, il lui tapa sur les fesses, le forçant à inspirer et à remplir, pour la première fois, ses poumons de l’air recyclé qui flottait dans la salle d’accouchement.

Le nouveau né hurla à en vriller les oreilles des gens présents. Accompagnant ce cri, les ustensiles posés sur les tables de métal se mirent à trembler, même le vieux lit à roulette que le deuxième médecin venait d’apporter se déplaça légèrement comme sous l’effet d’un presque imperceptible tremblement de terre. Les deux docteurs se regardèrent incrédule.

Toujours posté derrière la vitre, l’homme aux cheveux d’argent secoua tristement la tête. Il nourrissait un mince espoir que l’enfant échappe à l’inévitable mais, de toute évidence, ce n’était pas le cas et il devait donc prendre les mesures qui s’imposaient. Les pires qui soient.

– Fais ce que tu as à faire. Dit il à son acolyte. Ramène-moi l’enfant. Je ne veux aucun témoins. – Bien monseigneur. Répondit simplement l’homme au blouson de cuir en se glissant silencieusement hors de la petite pièce sombre où ils se trouvaient.

Maintenant seul, l’homme ne pouvait détourner les yeux du visage aux traits tirés qui, malgré l’effort qui se lisait sur ce dernier, conservait une beauté presque sans âge. La femme tourna la tête vers lui, ses yeux émeraude semblant regarder droit dans les siens malgré le fait qu’elle ne voyait qu’un miroir. Une tristesse déchirante pouvait se lire dans le fond de ses pupilles mais, étonnement, elle sourit timidement.

Un bruit hydraulique se fit entendre et détourna le regard de la femme. Un homme légèrement bossu au visage couvert de cicatrices venait d’entrer dans la salle d’un pas lourd.

– Monsieur, vous ne pouvez pas entrez ici, c’est une salle stérile, veuillez…

Le plus petit des docteurs n’eut pas le temps de terminer sa phrase, il s’écroula au sol sans un bruit, les mains crispées sur sa poitrine maintenant ornée d’une tâche écarlate.

Le canon de son silencieux encore fumant, l’inconnu braqua son arme sur le deuxième homme qui, avant de se retourner vers lui, nettoyait consciencieusement ses longues mains osseuses. Son regard terrorisé fut pulvérisé, en même temps qu’une partie de sa mâchoire par le deuxième tir du bossu qui s’approchait maintenant du lit où était toujours allongée la jeune femme.

Cette dernière tourna doucement la tête, ce même sourire toujours flottant sur ses lèvres et replongeant, ses yeux dans ceux de l’homme qu’elle savait derrière le miroir.

– Mon amour.

Elle n’avait pas bougé les lèvres pourtant, il l’avait entendu aussi clairement que si elle avait été à côté de lui. Un lien psychique empreint de tendresse et d’une intense mélancolie vint lui caresser la conscience. Il s’en servit pour remonter jusqu’à elle.

– Lydéha… Je suis désolé. Lui transmit il en fermant les yeux.

Deux violents éclairs traversèrent ses paupières closes alors que la connexion se rompait abruptement. Une mince goutte étincelante sembla perler au coin de ses yeux mais il n’en restait aucun vestiges lorsqu’il les rouvrit pour accueillir à nouveau l’assassin qui venait de faire son sinistre office.

Ce dernier portait précieusement un petit paquet emmitouflé dans un tissu cotonneux. Il le tendit vers l’homme à la tunique noire qui s’en saisit avec délicatesse. Ecartant avec une douceur insoupçonnable pour des mains si musculeuses la fine étoffe qui voilait le visage du nouveau né. L’homme contempla un bref instant la petite tête ronde déjà couverte de cheveux blonds légèrement bouclés et dotée d’énormes yeux bleu océans grands ouverts semblant plonger droit de le regard acier de celui qui le tenait dans ses bras.

Il semblait si fragile, si innocent. Pourtant la puissance qui se dégageait de ce minuscule être était déjà terrifiante. Il devait se hâter. Une cérémonie de purification complexe allait être nécessaire pour lier à sa force psychique l’esprit de l’enfant et l’empêcher de développer une déviance quelconque ou un trop grand pouvoir.

Se tournant vers son acolyte, il hocha la tête solennellement.

– Merci pour ta dévotion Rysho. Tu peux maintenant terminer ta mission. – A vos ordres Seigneur Ezekiel, répondit-il.

Sans autres mots, le bossu s’agenouilla calmement et braqua son arme contre sa tempe avant d’appuyer sans hésiter sur la détente du pistolet. Le corps n’était pas encore retombé lourdement au sol que l’homme en noir était déjà presque sortit de l’hôpital sans un regard derrière lui.

– Je fais sans doute une des pires erreurs de ma vie en te gardant mon fils, murmura-t-il pour lui-même. Mais tu seras peut être également mon salut, rajouta-t-il en caressant de son index la petite joue rose du nourrisson. Je vais t’appeler du nom que ta mère aurait aimé te donner. Bienvenu au purgatoire… Hélion.

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