




Fiche proposée par Hellspawn
Le participe passé sans auxiliaire (à valeur d'adjectif) s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte :
Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire “être” s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe :
Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire “avoir” s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct (COD), si celui-ci est placé avant :
Si le complément d'objet direct est placé après ou s'il n'existe pas, le participe passé conjugué avec “avoir” reste invariable :
Notez
Cette règle générale présente de nombreuses exceptions et quelques “finesses” que beaucoup jugent superflues. Il est conseillé de consulter les différents chapitres qui traitent de l'accord du participe passé.
Les participes passés “attendu, compris, non-compris, y compris, entendu, excepté, ôté, ouï, passé, supposé, vu” sont invariables quand ils sont placés devant le nom ou le pronom, ils sont alors considérés comme des prépositions.
Ces mêmes participes, placés après le nom, s'accordent normalement.
Notez
Si la position du participe résulte d'une simple inversion, il faut l'accorder:
”Ces sommes, déjà comprises au compte précédent, ne figurent pas ici.”
L'inversion du membre de phrase entre virgules, n'a aucune influence sur l'accord.
”Déjà comprises au compte précédent, ces sommes ne figurent pas ici.”
Les expressions “ci-annexé, ci-joint, ci-inclus” varient en genre et en nombre si elles sont en position d'épithète ou d'attribut :
Elles sont invariables quand on leur donne une valeur adverbiale (elles se rapprochent alors de l'emploi de “ci-contre, ci-dessous”, etc.).
La règle est assez floue et on rencontre souvent l'accord ou l'invariabilité selon que le scripteur pense l'expression comme un adverbe ou une épithète.
Toutefois, on laisse, habituellement, invariables ces expressions, si :
Les participes passés “coûté, valu, pesé, marché, couru, vécu, dormi, régné, duré…” sont invariables avec un complément circonstanciel de mesure. Le complément circonstanciel n'est pas l'objet direct. Il ne répond pas aux questions “quoi ?” ou “qui ?” mais à la question “combien?”.
Il faut prendre garde au fait que certains de ces verbes peuvent aussi être employés transitivement et avoir un véritable complément d'objet direct qui oblige à l'accord. Souvent, leur sens varie et permet de déterminer la nature du complément. On fera l'accord avec les verbes suivants, lorsqu'ils ont le sens précis de :
“Peser” s'il signifie “constater un poids” ou, au figuré, “examiner” : Ses propositions, je les ai pesées avec attention.
“Courir” dans le sens de “poursuivre” ou “s'exposer à” : Les dangers qu'il a courus l'ont épuisé.
“Valoir” dans les sens de “valoir à quelqu'un” : Les nombreuses critiques que m'ont values mon article.
“Coûter”…à quelqu'un, dans un sens figuré : les efforts que ce travail m'a coûtés.
“Vivre” lorsque le complément n'exprime pas la durée. Comparez : “Les trente ans qu'il a vécu.” et “Ses rêves, il les a vraiment vécus.”
Les temps surcomposés sont les temps ou le verbe est conjugué avec un double auxiliaire. Ces temps marquent des faits antérieurs et déjà accomplis par rapport à des faits, qui eux-mêmes antérieurs, s'exprimeraient par les temps composés :
Dans les temps surcomposés, il est conseillé de n'accorder que le dernier participe.
Mais l'accord des deux participes n'est pas fautif.
Les participes “dit, dû, su, voulu, cru, pu, pensé, permis, prévu…” restent invariables lorsque l'objet direct est un infinitif (ou une proposition) à sous-entendre après eux. Le pronom relatif “que” est alors COD du verbe sous-entendu et non du participe passé :
Il faut faire attention au sens de la phrase. Parfois le verbe peut avoir un complément d'objet placé avant et l'accord doit se faire.
Ici, le sens sous-entendu n'est pas “que nous n'avons pas cru qu'il nous dirait” mais ”…nous n'avons pas cru ces choses là”.
Le participe passé est toujours invariable lorsqu'il est précédé de “que” et suivi du pronom relatif “qui”. Dans cette construction, l'objet direct est la proposition relative complète avec son sujet, auquel renvoi “qui”.
Ce ne sont pas les hommes…que j'avais prévu mais qui viendraient la proposition avec son sujet les hommes auquel renvoie qui.
Lorsque le participe passé est encadré par deux “que”, il est invariable si le premier “que”, le pronom relatif (le second est une conjonction), est objet direct du verbe qui vient après le participe.
J'ai entendu quoi? que vous chantiez “que” = l'air.
Il a espéré quoi? qu'on lui donnerait “que” = la note.
Si le pronom relatif “que” (le premier), est complément d'objet direct du participe, l'accord se fait normalement.
Tu as prévenu qui? que = les personnes = COD.
Tu les as prévenues de quoi? que je viendrais = COI.
Un nom collectif est un nom constituant une collection (un groupe, une foule, une multitude, etc.). Lorsqu'il est suivi du nom qui représente les éléments de cette collection (un groupe de soldats, une foule de manifestants, une multitude d'oiseaux, etc.), le participe passé s'accorde, selon le sens, tantôt avec le nom collectif, tantôt avec son complément.
C'est la multitude qui est vue.
Ce sont les soldats qui sont vus.
L'usage est très variable mais quelques règles, à peu près observées, peuvent aider à l'accord.
Les noms de fractions “la moitié, le tiers, le quart, une partie de, une fraction de” obéissent au même usage : accord avec le premier mot ou avec le second, selon que l'esprit s'attache à l'un ou à l'autre :
Lorsque le complément d'objet direct est le pronom personnel “en”, le participe passé peut être accordé ou laissé invariable.
Dans le premier exemple, “en” n'est pas senti comme un pluriel. Il représente plutôt une substance “massière”, presque indivisible, abstraite : Des fruits, j'en ai mangé, c'est la “substance fruit” qui est mangée.
Dans le second exemple, “en” représente les fruits et plus spécialement “tant de fruits mangés”.
On pourra se passer avantageusement de ces finesses et laisser le participe passé toujours invariable lorsque l'objet direct placé avant est le pronom “en”. Cette règle est valable même si “en” est associé à un adverbe de quantité (Des films, j'en ai beaucoup vu).
Le participe passé des verbes impersonnels ou pris impersonnellement est invariable.
etc.
Lorsque le participe passé est en rapport avec un pronom relatif, soit que celui-ci représente le sujet (la femme qui est tombée), soit qu'il représente le complément d'objet direct (la femme que j'ai vue), le participe passé s'accorde, selon la règle générale de l'accord du participe passé, avec l'antécédent du pronom relatif (la femme, dans nos deux exemples).
Il peut y avoir un problème si le pronom relatif renvoie à plusieurs antécédents (l'homme et la femme que j'ai vus).
Il faut alors savoir si les antécédents s'ajoutent ou ne s'ajoutent pas. Avec les coordinations qui habituellement ajoutent un terme à l'autre (et, virgule) l'accord se fait au pluriel. Mais la coordination ne comporte pas toujours cette idée d'addition, en particulier, avec :
- les conjonctions de comparaison “comme, ainsi que, autant que, moins que, plutôt que”, etc. Lorsque les antécédents s'ajoutent, l'accord se fait sur les deux. Lorsqu'ils ne s'ajoutent pas, on fait l'accord avec le premier.
Ne s'ajoutent pas.
S'ajoutent.
s'ajoutent.
Ne s'ajoutent pas.
- les coordinations “ou, ni”. Lorsque les antécédents s'ajoutent, l'accord se fait sur les deux. Lorsqu'ils ne s'ajoutent pas, on fait l'accord avec le dernier.
Le participe passé conjugué avec “avoir” et suivi d'un infinitif, s'accorde si l'objet direct qui précède se rapporte au participe.
Si l'objet direct se rapporte à l'infinitif le participe passé reste invariable.
Il n'est pas toujours facile de savoir si l'objet direct se rapporte au participe ou à l'infinitif. Quelques procédés pratiques permettent parfois de trancher.
- Intercaler l'objet direct entre le participe et l'infinitif (j'ai vus les manger) puis remplacer l'infinitif par l'expression “en train de + infinitif” (j'ai vus les en train de manger). Si la phrase garde son sens, faire l'accord. Que donnerait le second exemple ? (Les élèves que j'ai envoyé chercher. J'ai envoyé les élèves chercher. = J'ai envoyé les élèves en train de chercher : pas d'accord).
- Si l'infinitif peut être (ou est) suivi d'un complément introduit par la préposition “par”, il est invariable (Les portes que j'ai vu repeindre. Suite possible …par les ouvriers.
- Si l'objet direct est l'être qui fait l'action exprimée par l'infinitif, il faut accorder le participe. Comparer: Les hommes que j'ai vus déménager et Les meubles que j'ai vu déménager.
- Si l'infinitif a lui-même un complément d'objet direct, il faut accorder le participe (Ces soldats, je les ai entendus fredonner des chansons).
Notez
“Fait” suivi d'un infinitif est toujours invariable.
Les verbes pronominaux se conjuguent avec l'auxiliaire “être”. Mais certains pronominaux dits “réfléchis” (le sujet fait l'action sur lui-même : Il se lave) et “réciproques” (plusieurs sujets font l'action les uns sur les autres : Ils se réconcilient) sont parfois transitifs directs et assimilés avec les verbes se conjuguant avec l'auxiliaire “avoir” (accord avec le complément d'objet direct si celui-ci précède).
Devant les pronominaux réfléchis et réciproques il convient de chercher et de situer le complément d'objet direct. Celui-ci peut être :
- le pronom réfléchi : Elle s'est blessée = Elle a blessé qui? (souvenez-vous : le verbe est traité comme s'il était conjugué avec “avoir”, donc la question se pose avec l'auxiliaire “avoir”), elle a blessé qui? = “se” mis pour elle-même = COD placé avant = accord.
- un élément autre que le pronom réfléchi : celui-ci peut être placé après et il n'intervient pas dans l'accord (Elle s'est blessé la main). Mais il peut être placé avant et force l'accord (La main qu'elle s'est blessée).
S'il n'y a pas d'objet direct le participe est invariable (Ils se sont succédé, par exemple, répond à la question “à qui?” c'est un objet indirect).
Notez
les règles et les exceptions concernant l'accord du participe passé conjugué avec “avoir”, s'appliquent pour les pronominaux réciproques et réfléchis : en particulier, lorsque le verbe est précédé d'un collectif ou nom de fraction, lorsqu'il est en rapport avec “le peu”, précédé de “en”, suivi d'un infinitif, etc.
En dehors des cas ci-dessus qui concernent les réfléchis et les réciproques, le participe passé des verbes pronominaux s'accorde avec le sujet. Soit que le pronom réfléchi ne soit pas analysable, soit que le verbe soit transitif indirect ou intransitif.
etc.