




L’ascendance de la Royal Guard reste particulièrement obscure et incertaine. D’après la livrée du chapitre, l’armure standard étant métallisée et patinée, l’Inquisition suppose que cette force pourrait être issue des Steel Marines. En effet, l’intégralité de ce chapitre codex descendant des Ultramarines aurait disparu corps et bien à bord du Justice Divine, un croiseur Avenger réquisitionné pour l’occasion, au cours d’une croisade de rédemption (dont les raisons restent indéterminées à ce jour) dans le Segmentum Pacificus, lors des sombres heures de l’Age de l’Apostasie.
L’existence de la Royal Guard fut révélée grâce à une expédition inopinée d’explorateurs de l’Adeptus Mechanicus, il y a près sept cent ans de cela, lorsque la tempête Warp appelée le Cœur Tourmenté s’estompa enfin, libérant les systèmes de Castelmore, de Montory et d’Elebore de cinq millénaires d’obscurantisme loin de la lumière de l’Empereur et de ses bienfaits.
Les adeptes de l’Omnimessie découvrirent avec surprise sur la quatrième planète de Castelmore, Castel δ, un peuple archaïque secrètement gouverné par un chapitre de Space Marines non répertorié jusqu’ici. A priori, la Royal Guard, prise dans les remous du Warp, se serait écrasée et retrouvée coincée sur Castelmore, coupée de l’Imperium pour une période qui allait s’avérer extrêmement longue.
Dans les premiers temps, la Royal Guard, dont la majorité des troupes et du petit matériel avaient été heureusement évacuée juste avant l’incident, transforma rapidement les lieux du crash, situés dans une chaîne de montagnes inhabitée du pôle sud, en une puissante base fortifiée (qu’on nommera plus tard Navarre), récupérant et recyclant sous la houlette des Techmarines la carcasse de leur énorme vaisseau de transport.
Parallèlement, plusieurs missions de reconnaissance furent lancées sur Castel δ afin de déterminer les ressources disponibles, les risques potentiels et tout moyen de communication interstellaire possible. Les patrouilles rapportèrent bientôt l’existence d’une population humaine essentiellement laborieuse et superstitieuse, techniquement peu développée et axée sur un système politique féodale.
Manifestement, la populace était en proie à l’inquiétude et à la méfiance. De fait, de nombreuses rumeurs circulaient quant à la présence de monstres humanoïdes et reptiliens qui erraient à proximité des villages et des bourgs. L’existence de telles créatures n’étaient pas officiellement reconnue par les autorités locales, mais elle semblait toutefois correspondre à une vieille légende évoquant des Petits Dragons.
Afin de prévenir et d’éradiquer tout danger, le maître de chapitre (dont l’identité a hélas été perdue dans les limbes du temps) décida alors de dépêcher plusieurs détachements d’élimination à travers la planète. Les quelques rares rapports existant encore à ce jour font état d’accrochages sporadiques contre des xénos à la peau écailleuse et à l’armement étrange.
Ces événements remontent à plusieurs siècles maintenant et aucune référence à d’autres affrontements contre les Petits Dragons n’a pu être découverte. Néanmoins, on pouvait trouver jusqu'à peu encore le squelette de l’un de ces êtres dans le Hall des Héros, situé au cœur de Navarre. Ces ossements ont été confié à l’Adeptus Mechanicus qui souhaitait pouvoir les étudier. Mais depuis, celle-ci refuse de les restituer, allant même jusqu’à nier ces faits d’où un grand ressentiment de la Royal Guard vis à vis de cette institution.
Par la suite, ayant réalisés et acceptés qu’ils étaient isolés de l’Imperium pour une période plus qu’incertaine à cause de la tempête Warp, les frères de bataille firent alors le choix de se mélanger discrètement à la population locale, de noyauter le pouvoir en place et adoptèrent ainsi nombre d’us et coutumes. L’exemple le plus flagrant, à l’instar du nom du chapitre, est le port par-dessus l’armure d’une casaque bleue arborant une croix cathare blanche ou argentée (ce même symbole est d’ailleurs l’héraldique du chapitre).
Ainsi, la Royal Guard exploita à bon escient l’ignorance et les croyances des Castellans, prélevant régulièrement parmi eux de nouveaux membres et assurant sa survie dans l’attente et l’espoir de pouvoir rejoindre un jour le giron de l’Empereur. En contrepartie, les Space Marines assuraient la sécurité du peuple, bien que ce dernier l’ignorait totalement. Cette protection était difficile à conduire : le chapitre avait perdu la plupart de ses véhicules et vaisseaux, ne pouvait pas installer une défense orbitale digne de ce nom et presque tous les Dreadnoughts avaient été malheureusement détruits (ce dernier fait implique une perte considérable de l’historique et du passé du chapitre au fil du temps).
Toutefois, leur force, leur ingéniosité et leur volonté étaient suffisantes pour pouvoir tenir tête aux quelques pathétiques tentatives d’incursion des orks de Montory, appartenant au clan Deathskull du Big Boss Gol Uzul Moabig et de ses successeurs, ou aux récents raids d’Albatork le Kapitaine Korsair. On notera aussi quelques attaques tyranides menée par une avant-garde de la Flotte-Ruche Scylla très certainement prise au piège aussi dans le Cœur Tourmenté.
Depuis sa “libération”, la Royal Guard n’a de cesse que de rechercher les actions d’éclat et de pourfendre tous les ennemis de l’Empereur.
Si l’on s’amusait à tirer un trait passant par Terra et Hydraphur, on trouverait Castelmore à la frontière du Segmentum Pacificus, au nord-est galactique de la mystérieuse et redoutée région du Halo. Ce système est composé de six planètes dont deux géantes gazeuses et trois non-viable (absence d’atmosphère, températures extrêmes). La dernière, Castel δ, est dix fois plus petite que la très Sainte Terra et connaît sur sa quasi-totalité de la surface un climat continental.
Castel δ est classé comme un monde de type μ : société féodale ayant à peine atteint le niveau technologique de la poudre noire et dont la population est estimée à environ soixante millions d’âmes. La Royal Guard n’y exerce que peu de droits : pas de prélèvement de dîme ou de tout autre impôt, le siège du chapitre reste en autarcie et en auto-suffisance tandis que la majorité des frères de bataille vivent en parfaite harmonie avec les autochtones. La seule exigence (pour peu qu’on puisse utiliser ce terme) est la possibilité de pouvoir incorporer de nouvelles recrues issues de la planète.
La Royal Guard privilégie le duel au corps à corps plutôt que le tir, les Space Marines cherchant toujours à prouver leur valeur au combat et leurs prouesses techniques. Si nécessaire, la Royal Guard peut organiser et engager rapidement la lutte en déployant ses forces avec des motos ou des réacteurs d’assaut et ainsi frapper de plein fouet le front ennemi.
Ainsi, au niveau de l’organisation, les préceptes de Roboute Guilliman ne sont pas suivis à la lettre, contrairement aux tactiques que l’on peut trouver dans les saintes pages du Codex Astartes.
Bien entendu, depuis la fin de l’isolement, la Royal Guard est disséminée à travers l’Imperium afin de défendre les domaines de l’Empereur. La structure du chapitre est assez standard, malgré quelques entorses au Codex Astartes. En effet, les 2nde et 3ème compagnie, appelées respectivement Compagnie Grise et Compagnie Noire, n’ont pas d’escouades Devastator en leur sein. Par contre, en matière d’équipement, elles ont un accès illimité aux motos et réacteurs dorsaux.
Le reste du chapitre suit scrupuleusement les prescriptions de Guilliman, avec les 4ème et 5ème compagnies formant les traditionnelles compagnies de combat ; les 6ème, 7ème, 8ème et 9ème compagnies composées toujours des compagnies de réserve, la 1ère correspond aux Vétérans et la 10ème aux Ecuyers (Scouts).
Quelques noms de grades divergent aussi : le Capitaine est communément appelé Maréchal ; le Sergent, Brigadier ; le Techmarine, Forgeron et le Champion de Compagnie, Maître d'Armes. De même, une escouade de commandement est généralement dénommée Maison Rouge (la couleur de leur casaque étant écarlate). On remarquera aussi que les Chapelains font aussi office d’Archivistes pour mieux exploiter les superstitions castellanes.
La foi des frères de bataille envers l’Empereur a été mise à rude épreuve lors de cette longue période d’isolement et la conviction de la Royal Guard est en finalement ressortie plus forte. Le désir de démontrer leur fidélité et le respect de leur vœu au Père de l’Humanité est resté intact. Se battre en Son nom et pour Son nom passe au-dessus de tout, même de leur propre vie si nécessaire.
Comme de nombreux autres chapitres, la Royal Guard prône l’honneur martial et une discipline indéfectible que l’on peut retrouver dès l’enseignement et l’éducation des enfants de Castel δ. La loyauté et l’amitié sont des vertus tout aussi importantes pour ce chapitre qui considère la confiance comme un élément indispensable à sa cohésion.
L’atavisme de la Royal Guard, si le chapitre s’avère bien descendre des Steel Marines, serait directement issu de celui du vénérable chapitre des Ultramarines, dont la pureté et la stabilité ne sont désormais plus à démontrer. De plus, les qualités géniques du peuple de Castel ne manifestant que peu d’inclinaison à la mutation, on ne constate que très rarement d’anomalies ou dommages sur les organismes modifiés. La tendance aux coups de sang dont peut faire preuve les frères de bataille n’a rien à voir avec l’ADN, mais correspond plus aux traditions castellanes.
L’origine du chapitre n’a pas été et ne sera sûrement jamais clairement déterminée. En effet, les relations tendues avec l’Adeptus Mechanicus ont entraîné une certaine défiance envers les disciples du Dieu Machine, ce qui leur interdit toute ingérence directe. Ironiquement, c’est l’Inquisition, peu coutumière de la diplomatie, qui intervient pourtant en tant qu’ambassadeur entre eux.
La Royal Guard n’a pas particulièrement de cri de guerre avéré bien qu’on constate la récurrence de “Pour mon Empereur !”. La plupart de Space Marines ont pris pour habitude de crier durant les combats soit la devise de la maison noble ou la région dont ils sont issus, soit leur propre nom afin que l’ennemi sache bien qui l’aura mener de vie à trépas.