Arcane Adeptio

Le Guerrier

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Tapie dans l’ombre, à l’abri de tout regard, Nine-Lives attendait patiemment après sa proie. Elle était accroupie depuis des heures sur une poutre du plafond de la salle de banquet, près de quinze mètres au-dessus d’un sol fait de pierres mal dégrossies et couvert de paille. Comme on le lui avait enseigné des années auparavant, elle avait régulé sa respiration, la réduisant au strict minimum et bougeait imperceptiblement chacun de ses muscles, un par un, pour éviter tout engourdissement. Toute son attention, chacune de ses pensées étaient pour l’instant focalisées sur sa cible, un mort en sursis.

Ce dernier, en contrebas, était avachi sur un vieux siège en bois et taffetas élimé, les jambes paresseusement croisées sur un large buffet empli de victuailles. Le festin était à présent fini et les reliefs abandonnés en pâtures aux rats, locataires permanents et immuables de la vaste demeure. L’homme se curait les dents avec un couteau de chasse et, de sa main libre, se tapota tendrement le ventre, libérant ainsi un rôt tonitruant qui raisonna dans l’immense séjour. “La Garde Impériale dans toute sa splendeur” jugea-t-elle dédaigneusement.

L’individu n’était qu’un simple sous-officier, un capellan dont le régiment avait investi et réquisitionné le vieux manoir en vue d’en faire un avant-poste. A priori, ce vulgaire soldat ne payait pas de mine et n’avait rien d’un héros. Pourtant, comme l’Homme au Grand Chapeau, son commanditaire, le lui avait expliqué, ce guerrier allait jouer un rôle déterminant dans une bataille qui n’aurait pas lieu avant une bonne décennie. Son décès pouvait changer le cours des choses. Il ne devait surtout pas survivre à cette nuit…

En cette heure avancée, il ne devait guère y avoir plus qu’une douzaine de gardes en faction dans toute la bâtisse. Le reste de la division dormait paisiblement, bercé de la douce illusion d’être d’invulnérables et justes conquérants. Le peu de soldats encore éveillés, mais sérieusement éméchés, se tenait dans ce hall, dont son objectif. Le militaire s’étira, baillant à s’en décrocher la mâchoire et s’extirpa péniblement de son fauteuil. “J’suis vanné. J’m’en vais me pioncer” annonça-t-il à l’assemblée qui l’ignora royalement.

L’instant fatidique était proche. Un frisson de pure excitation malsaine lui parcourut l’échine, elle aimait dispenser la mort, elle ne vivait même plus que pour ça. Lentement, très lentement, elle amorça une série de reptations pour rejoindre les combles poussiéreux qui surplombaient le dortoir improvisé dans une pièce voisine. Nine-Lives avait déjà repéré et aménagé les lieux à son avantage. La nasse était grande ouverte et il suffisait d’attendre encore quelques instants. C’en était délicieusement insoutenable.

Dans des moments pareils, et n’importe quel assassin, même de seconde zone, pourrait vous le dire : la plus grande des concentrations est de rigueur. Pourtant, avant l’hallali, Nine-Lives préférait laisser son esprit vagabonder, retourner à ses chers souvenirs.

Sa mère décéda en la mettant au monde. Son père, officier de la Garde Impériale, ne la voyait que très rarement, toujours en campagne quelque part dans la galaxie, et lorsqu’il mourut à son tour lors de la Purge Tarantienne, Nine-Lives devint pupille de l’Imperium et fut prise en charge par la Schola Progenium. On lui y inculqua les préceptes du credo impérial et la joie de servir Ses desseins.

Mais ces doctrines ineptes qu’elle fit semblant d’embrasser avec ferveur et dévotion n’avaient que peu d’influence sur elle : l’éducation que lui avait promulguée durant sa prime jeunesse sa gouvernante, une adepte insoupçonnée des Puissances de la Ruine, avait déjà fait son œuvre. Le ver était dans le fruit. Et tous n’y virent que du feu et lui accordèrent confiance. Les imbéciles !

Retour à la dure réalité du présent. Le capellan était maintenant assoupi, ronflant plus fort qu’un Grox asmathique. Le pauvre bougre ne se doutait de rien. Comment aurait-il pu d’ailleurs ? Avec d’infinies précautions, Nine-Lives fit dérouler un filin de simili-soie jusqu’à peine quelques centimètres de la bouche entrouverte du malheureux. Une, deux, trois gouttes de poison descendirent le long de la fine cordelette pour finir au fond de la gorge du soldat. Il n’eut qu’un râle étouffé et s’éteignit aussitôt. Presque trop facile.

Son œuvre accomplie, elle disparut sans laisser aucune trace.
Au suivant…

le Guerrier : “ignore toute pitié”
l'Assassin : “une mort inattendue, silencieuse et rapide”
le Commandant : “aie confiance en tes dirigeants”
le Space Marine : “n'oublie rien et ne pardonne jamais”



L'Assassin

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“Malédiction ! Où cette garce peut-elle être ?”

L’orage était passé aussi vite qu’il était venu, laissant place à un soleil brûlant dont les rayons dardaient maintenant à travers l’épaisse frondaison. Les cieux étaient bas et jaunâtres, l’atmosphère lourde et épaisse, chargée d’une odeur nauséabonde de pollen.

Sautant d’arbre en arbre avec l’aisance et la discrétion d’un félin, Nine-Lives cherchait son gibier. Son cœur battait la chamade. Elle devait impérativement recouvrer calme et sérénité avant tout. Inspiration, expiration. Voilà qui était mieux.

La Callidus s’était évaporée comme par enchantement, sans laisser la moindre trace, ce qui n’augurait rien de bon : pas de doute possible, elle s’était faite repérer. La renégate se mordit la lèvre inférieure jusqu’au sang. Comment avait-elle pu être aussi stupide et sous-estimée ainsi son adversaire ? La polymorphine ne sert évidemment pas seulement pour se déguiser, mais bien aussi pour se camoufler et se fondre dans le paysage.

Nine-Lives aurait dû abattre l’assassin impérial dès la première occasion, sitôt l’exécution du Chancelier Elder effectuée. Non pas qu’elle aurait dû empêcher la mort du félon, ce dernier n’était plus d’aucune utilité pour ses clients et sa mort les arrangeait même, néanmoins, il ne fallait jamais laisser passer la moindre opportunité avec un membre aguerri de l’Officio Assassinorum. Au lieu de cela, par goût du défi, elle avait voulu jouer au chat et à la souris. Les rôles étaient peut-être inversés à présent…

Méfiance. En équilibre précaire sur un branchage noueux, elle posa la main sur la garde de son katana énergétique. Grand bien lui en prit : à cet instant précis, la Callidus qu’elle n’avait même pas entendue, surgit dans son dos et tenta de l’étrangler avec sa natte. Nine-Lives bascula immédiatement en avant, faisant passer son assaillant par-dessus elle et la maintenant dans le vide par les cheveux.

L’agent impérial ne s’en laissa pas compter, et, de son épée, trancha sa tresse pour se laisser choir en douceur au sol et plonger promptement dans un fourré. D’un geste sec, comme s’il s’agissait d’un fouet, Nine-Lives enroula la natte autour d’une branche et se jeta à la poursuite de sa cible. Elle reviendrait chercher son trophée plus tard.

L’ennemi l’attendait au milieu d’une clairière, prêt à en découdre. Oh ce qu’elle pouvait mépriser les mignons de l’Empereur et leur exaspérante insolence ! Et dire qu’elle aurait pu être de ces imbéciles aveugles et fanatiques…

“Ton arrogance causera ta perte !” Railla Nine-Lives en se précipitant lame au clair.

Elle para, se fendit, frappa hargneusement de taille et d’estoc, puis soudainement, d’une feinte dont elle seule a le secret, tenta de percer le cœur de son adversaire mais la Callidus bloqua l'assaut avec aisance et grâce. Les épées s’entrechoquèrent bruyamment, provoquant parfois des arcs électriques bleutés.

Nine-Lives attaqua, encore et encore, portant ses coups avec une vivacité et une dextérité qui dépassaient l’entendement humain, transcendée par sa haine. Puis, à la fin de l’envoi, roula sur le côté et planta un stylet à la pointe empoisonnée dans le flanc droit de l’assassin qui chancela et tomba à genou. Malgré les modifications apportées à son organisme, la Callidus ne pourrait résister très longtemps à la toxine virulente. Elle n’en avait plus pour longtemps. Pourtant, elle trouva la force de parler.

“J’ai tué tant de gens en Son nom, j’ai puni tant d’infidèles, et je succombe aujourd’hui. Montre-moi ton visage, que je contemple celle qui m’a vaincue.”

Nine-Lives obtempéra à cette dernière volonté et ôta sa cagoule, dévoilant ainsi une fleur de lys tatouée sur sa joue gauche.

L’agent impérial se crispa à la vue du symbole et cracha : “Traîtresse !”

“Si tu le dis…” Susurra la renégate en lui brisant les vertèbres d’un mouvement brusque.

Ceci fait, elle alla récupérer le scalp.
Au suivant…

le Guerrier : “ignore toute pitié”
l'Assassin : “une mort inattendue, silencieuse et rapide”
le Commandant : “aie confiance en tes dirigeants”
le Space Marine : “n'oublie rien et ne pardonne jamais”



Le Commandant

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Nine-Lives avait été débarquée peu avant le crépuscule. Cela faisait maintenant une bonne heure qu’elle cheminait à vive allure dans le froid, mais peu lui importait. Se dégourdir enfin les jambes au grand air, après avoir passé clandestinement près d’une semaine dans la soute d’un vaisseau-cargo, était des plus agréables et revigorants.

Non pas que le voyage fut si pénible, néanmoins, rester confinée des jours entiers dans un container n’avait jamais rien de confortable pour qui ce soit. Elle avait pourtant connu bien pire dans sa prime jeunesse au sein du Couvent Sanctorum sur Ophelia VII, recluse parfois des mois entiers dans sa cellule du cloître. Une simple paillasse, quelques vivres et de quoi boire.

Alors que les ombres s’allongeaient un peu plus et que le soleil rougeoyant dont les rayons dardaient à l’horizon, elle atteignit enfin le bourg halfling, un hameau aménagé à même des collines en pente douce, au voisinage d’un étang aux reflets d’argent. Il lui fallait à présent se cacher et attendre que sa première proie daigne pointer le bout de son nez. Elle remonta la fermeture-éclair de son lourd blouson de kevlar jusqu’au cou et glissa ses mains dans ses poches, puis patienta tranquillement, dissimulée dans une vieille grange quasi à l’abandon.

Il y avait quelques tensions actuellement sur cette petite planète car une partie de la population souhaitait s’émanciper de l’Imperium et déclarer son indépendance. Terra avait réagit de la seule façon qu’elle connaissait : elle dépêcha un contingent de la Garde Impériale, le 28ème Argonnien, pour calmer les ardeurs des séparatistes. Une poudrière qui ne demandait plus que son étincelle… Et c’est pourquoi l’Homme au Grand Chapeau l’avait envoyée ici.

Alors que la nuit s’était déjà installée depuis longtemps, Nine-Lives fut enfin récompensée pour sa patience. Une silhouette courtaude sortit en titubant de ce qui devait être une taverne. La tueuse s’en approcha à pas de loup. A n’en pas douter, il s’agissait bien là d’un Ratling loyaliste : il portait sur les épaules de sa vieille veste de treillis des Aquila dorées. D’un pas mal assuré, il se dirigeait vers l’arrière de l’auberge tout en marmonnait une chanson paillarde.

Il s’arrêta devant un muret. A peine avait-il libéré son ceinturon pour soulager sa vessie que Nine-Lives lui tomba dessus, lui injectant une drogue soporifique à la base du crâne. Elle traîna ensuite le corps inanimé vers un bosquet non loin avant de l’y abandonner pour un temps, non sans lui avoir auparavant volé son bandana. Ceci étant fait, elle passa à la seconde phase du plan : mettre la main sur un Argonnien.

Elle n’eut pas à chercher bien longtemps. Un soldat patrouillait à proximité, seul. Le Departmento Munitorum était décidément trop en confiance pour confier cette mission à une telle bande d’incapables. En quelques rapides enjambées, elle se retrouva derrière lui, et, d’un grand mouvement circulaire, le faucha au niveau des chevilles. Il atterrit lourdement sur le dos, assommé sur le coup. Elle n’eut plus qu’à l’étrangler avec le foulard du Halfling qu’elle prit soin de laisser sur son cadavre, tout en le délestant de son pistolet-laser. Une preuve indéniable…

Il ne restait plus qu’une heure avant l’aube, elle devait se hâter. Elle dû d’abord récupérer l’abhumain qu’elle transporta du mieux qu’elle put jusqu’à son ultime point de “rendez-vous” : cette barrique de bière devait peser une tonne. Elle prit position sur l’à-pic rocheux qui surplombait le campement de la Garde Impériale. De là-haut, l’air était encore plus vif et mordant, pénétrant jusqu’à l’os, à tel point qu’elle pouvait sentir les pores de sa peau se resserrer malgré son épaisse cagoule.

Méthodiquement, elle prépara son fusil de sniper. Le viseur laser était exclu : le risque de se faire repérer était trop grand. Elle colla son œil à la lunette, l’index déjà crispé sur la gâchette. En contrebas, un garde en faction se frottait et se réchauffait les mains auprès d’un vieux baril rouillé transformé en brasero de fortune. Il bailla à s’en décrocher la mâchoire et se gratta avec grâce l’arrière-train.

Un second fantassin vint en courant depuis le village dans sa direction et sembla lui dire quelques mots. Manifestement, la dépouille de leur petit copain avait été découverte. Timing parfait. Il se précipitèrent vers l’unique bunker de l’avant-poste d’où surgit un officier, sa véritable cible. Ce dernier rabattit sur sa nuque le col de son ciré en oliphant bordé de fourrure, puis, du bout des doigts, ajusta la visière de sa casquette arborant l’héraldique des Argonniens. Ses joues creuses portaient les cicatrices d’une acné qui avait dû être particulièrement virulente dans son adolescence.

Par tous les démons ! Comme il ressemblait à son défunt père ! Son estomac se noua un bref instant, un instant d’hésitation. Mais elle se ravisa très rapidement : tuer l’image du père, voilà qui lui plaisait beaucoup… Elle le plaça dans sa ligne de mire, puis retint sa respiration avant de presser la détente. Une balle entre les deux yeux. Le Commandant s’écroula, alors que les deux soldats faisaient déjà feu à l’aveugle dans sa direction.

Plus qu’un petit détail à régler : elle glissa le fusil dans les mains du Halfling qu’elle exécuta à l’aide du pistolet-laser qu’elle avait dérobé. Les Gardes Impériaux retrouveraient son cadavre et les représailles seraient terribles…

Elle n’avait plus qu’à rejoindre son lieu d’extraction.
Au suivant…

le Guerrier : “ignore toute pitié”
l'Assassin : “une mort inattendue, silencieuse et rapide”
le Commandant : “aie confiance en tes dirigeants”
le Space Marine : “n'oublie rien et ne pardonne jamais”



Le Space Marine

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Tarantis. Le Pic du Corbeau.

Jamais, ni dans ses rêves, ni dans ses cauchemars, Nine-Lives n’aurait espéré pouvoir fouler un jour le sol de cette planète maudite où son père avait été exécuté au nom de cette momie putride qu’est l’Empereur.

Le Pic du Corbeau… Tout là-haut trônait une citadelle-relais des Dark Exorcists. Cette base pouvait accueillir jusqu’à deux Compagnies entières. Aujourd’hui pourtant, seuls cinq Astartes gardaient l’immense fortin de plasbéton et, parmi eux, sa prochaine proie.

Cette mission, que lui avait confiée l’Homme au Grand Chapeau, elle l’aurait accomplie gratuitement et elle se moquait éperdument des raisons de ce contrat. Néanmoins, autant allier l’utile à l’agréable : elle supprimerait le Space Marine et encaisserait la récompense.

Alors que le jour ne s’était pas encore levé, elle avait entrepris l’ascension par la face nord à mains nues, sans s’assurer. Une fois encore, l’ombre serait l’un de ses principaux atouts et elle s’était contentée d’un peu de résine de pin afin d’améliorer l’adhérence sur ses prises. La tueuse progressait à vue, elle n’avait pas eu le loisir d’étudier la meilleure voie possible à emprunter, il s’agissait d’un luxe de temps qu’elle ne pouvait s’offrir : les rites journaliers des Astartes étaient réglés comme du papier à musique, il ne lui restait guère plus qu’une heure environ.

Des falaises, des montagnes, elle en avait gravit des centaines, des milliers, surtout sur Ophelia VII. Elle connaissait parfaitement les principes de l’escalade et les positions idéales : les jambes fléchies afin d’utiliser leur force au lieu de fatiguer les bras qui doivent généralement rester tendus ; garder le centre de gravité au-dessus des appuis, le bassin le plus près possible de la paroi. Elle pouvait donc laisser vaquer ses pensées car elle avait pleinement confiance en ses réflexes conditionnés.

Elle se souvenait de ce terrible moment où sa nourrice lui avait appris le décès de son paternel, cet homme austère et pieux qu’elle avait si peu connu mais qu’elle aimait. La gouvernante n’avait pas pris de gants pour lui annoncer la tragique nouvelle et en avait même bien rit : “Tu ne devrais pas t’apitoyer sur un pareil fantoche, ni même le pleurer, toi qui a tué ta mère en naissant. Tu as le mal en toi, tu es une mauvaise fille et tu devrais te réjouir d’une telle bénédiction.”

Ces propos avait plongé Nine-Lives dans une rage folle et elle avait aussitôt sauté à la gorge de la vieille femme. Tandis qu’elle l’étranglait de toutes ses forces, la nourrice souriait et son regard plein de satisfaction semblait dire “ton acte me donne raison”. C’était le premier meurtre de Nine-Lives, et elle n’avait que douze ans alors…

Elle prit conscience trop tard que sa dernière prise était une croûte et, pour ne pas dévisser complètement lorsque que la roche friable éclata sous sa main, elle opta pour le jeté et poussa violemment sur ses pieds pour se retrouver quelques centièmes de seconde dans le vide avant d’agripper plus haut une réglette du bout des doigts. C’était moins une.

La félonne atteignit finalement une bouche d’évacuation des eaux usées et s’octroya un moment de répit pour masser ses membres et articulations engourdis. A cet endroit, il n’y avait aucun système de sécurité. Qui aurait franchement pu penser que quelqu’un oserait tenter de s’infiltrer par-là ? Elle rampa ensuite sur plusieurs mètres pour parvenir finalement à une grille. Un rapide coup d’œil sur l’Auspex : une seule forme de vie. Bien. Sa cible était au rendez-vous.

Elle se trouvait juste sous la salle d’entraînement, comme prévu. Elle s’extirpa de sa cachette quand, d’une pièce voisine, sortit un Space Marine, torse nu, une serviette-éponge ceignant ses hanches. Il venait tout droit du sauna où il avait prié de longues heures durant, dans le but de se purifier le corps et l’esprit. Il se figea à la vue de la renégate. “Quo vadis ?”

Ses traits nobles, son étrange ossature, ses muscles hypertrophiés roulant sous sa peau ruisselante. Elle le trouvait appétissant, excitant même. Oh comme elle aurait voulu pouvoir l’étriper de ses propres mains, lui grimper sur le dos tel un étalon sauvage et le dompter, lui labourer de ses ongles ses épaules et sa nuque !

Pour toute réponse, elle braqua vers lui un Graviton Pulsar et l’actionna. L’onde de l’arme entra aussitôt en résonance avec la Membrane Noire qui se contracta subitement. Le Dark Exorcist se crispa sous l’immense pression et la douleur fulgurante. En quelques instants et dans un formidable bruit de craquements, son squelette s’émietta et ses organes internes explosèrent.

Elle s’approcha de l’Astartes gisant maintenant à terre pour se délecter un peu plus de son dernier souffle et vit poindre au fond de ses yeux un sentiment que le pyscho-endoctrinement n’avait que partiellement masqué et que l’imminence de la mort faisait remonter à la surface de son esprit : la peur.

Il ne resta bientôt de lui qu’une pulpe sanguinolente qu’elle ne prit pas la peine de dissimuler. Son horrible dépouille laisserait, du moins l’espérait-elle, ses Frères dans le désarroi le plus total.

Nine-Lives avait assez traîné ici. Elle rebroussa chemin et, à la sortie du soupirail, transforma sa combinaison en wing suit pour après se catapulter au-dehors.
Au suivant…

le Guerrier : “ignore toute pitié”
l'Assassin : “une mort inattendue, silencieuse et rapide”
le Commandant : “aie confiance en tes dirigeants”
le Space Marine : “n'oublie rien et ne pardonne jamais”