Silversurfer - Challenge d'écriture n°24

6ème au classement général.

  • Note finale : 13.3/20
    • Originalité : 7.1/10
    • Ecriture : 6.2/10

Rules of engagement

La rue entière puait la mort et la chaire calcinée, je tombai au sol et me relevai difficilement tout en pataugeant dans la mare de sang. Cela faisait trois jours que le régiment était entré dans cette foutue ville et la progression était ralentie par les attaques incessantes des troupes de défense planétaire qui avaient rejoint les forces de l’entropie. Au moins, il n’y avait pas trop besoin de réfléchir, la mission du peloton était simple : reconnaître le carrefour du point côté 125 en echo – quebec 612-264, s’y installer et porter un coup d’arrêt à la progression ennemie. Forçant l’allure, je repris place au sein de mon escouade. L’atmosphère n’était pas vraiment à la plaisanterie et pas un homme ne prit la peine de me railler pour ma subite perte d’équilibre.

Le carrefour et ses alentours étaient déserts et le lieutenant mit en place rapidement un dispositif défensif. J’installais rapidement mes hommes dans les décombres de ce qui avait dû être un véhicule de transport en commun. Le lieu offrait une vue sur toute la zone et une protection relative aux coups de l’ennemi. Nous savions tous qu’une contre-attaque allait se produire sous peu et tous les soldats étaient maintenant crispés sur leurs armes. Les hommes sentaient arriver l’affrontement et les pertes inévitables qui en découlaient comme on sent arriver l’orage par une nuit chaude d’été quand le vent se lève et personne n’osait prononcer un seul mot. Tout le monde était concentré à scruter les abords immédiats ou encore à vérifier l’état de charge de la cellule énergétique de son fusil laser. D’autres priaient simplement l’Empereur de leur laisser le bonheur de voir le prochain carrefour et qui sait, peut être verraient-ils un nouveau jour se lever sur cette maudite planète. Pour ma part, je tentais de comprendre par où allaient arriver les hérétiques et de deviner si nous allions pouvoir disposer d’un appui blindé comme l’avait demandé le lieutenant. Trois bombardiers marauders passèrent au dessus de nos têtes et firent vibrer de leurs puissants moteurs les tôles défoncées qui nous servaient de piètre protection. En s’éloignant, les traînées blanches filantes des statoréacteurs nous laissèrent encore plus seuls que nous l’étions avant et le moral de la troupe s’amenuisait dangereusement.

Soudain, l’impensable arrivât. Une dizaine de démons rouge sang et aux flammèches rebelles se matérialisa juste devant mon escouade. Aussitôt je criai :

« Escouade bravo, feu à volonté ! »

Le lieutenant ordonna aussitôt :

« Cessez-le-feu immédiatement ! »

Interloqué, je me tournai vers le trou-du-cul qui avait osé donner un tel ordre et ce dernier me tançât vertement :

« Sergent ! Nous sommes pendant le tour adverse, vous n’avez donc pas le droit de tirer ! Enfin … vous devriez savoir que les règles de mise en alerte n’ont plus cours depuis la V3. Quand nous serons de retour au QG, il y aura une sérieuse mise à niveau à faire !»

Abasourdi, je secouai la tête et je regardai mon escouade. Les propos du lieutenant ne semblaient choquer personne. L’armée refaisait-elle des tests sur le LSD ? Ou étais-je en train de basculer dans un monde irréel que mon esprit dérangé par ces années de service en première ligne était en train de créer ? Ce doute grandit encore quand je m’aperçus que les démons ne chargeaient pas directement ma position mais couraient à un pas de nous comme bloqués par un mur invisible. Ils venaient tous juste d’apparaître à quelques mètres devant nous et nous aurions déjà dû subir l’assaut de ces bêtes féroces. Pourquoi diable s’arrêtaient-ils à cette distance fatidique, à un pas de charge … Que se passait-il ? Quel était donc ce monde absurde qui semblait être sous le contrôle de règles absconses et irréelles ?

En sueur, tremblant, fou de terreur et d’incompréhension, je criai à nouveau d’une voix étranglée :

« Par pitié, faites feu … »

Le lieutenant confirma d’une voix assurée et professorale :

« C’est maintenant notre phase de tir, vous pouvez vous faire plaisir ! »

Les enfers se déversèrent alors depuis le peloton sur les démons et plusieurs d’entre eux furent réduits en bouillie. Passablement énervés, ils chargèrent finalement nos lignes comme si le mur invisible avait soudain cédé.

Le coup fut brutal et presque indolore étonnamment. Je flottais maintenant à côté de mon corps décapité et le sanguinaire me foudroya de son regard de braise tandis que ses acolytes poursuivaient les fuyards qui n’avaient pas eu la chance de succomber aux premiers instants de l’assaut. D’une voix sombre et gutturale, il soupira en me disant :

« Tu vois, humain, les règles ne sont pas très réalistes mais le résultat final est le même. L’Imperium finira par tomber sous les coups incessants des puissances de la Ruine, tout comme votre misérable tentative de récupérer cette planète se soldera par un échec. Mais effectivement, tu aurais dû pouvoir ouvrir le feu dès qu’une cible se présente tout comme j’aurais dû pouvoir charger et ne pas devoir m’arrêter à quelques pas de tes positions pour d’obscures raisons. On aurait pu économiser un tour et rentrer plus tôt à la maison. Mais dans ton malheur tu as de la chance : ce soir sur TV666 c’est une spéciale Roue de la fortune de Tzeentch et le gagnant aura le droit de tourmenter Alessio Cavatore pour le reste de l’éternité. »

Certaines phrases sont un peu trop alambiquées. Il y a des répétitions et des problèmes de cohérence de temps. Le texte est très original et bien mené mais certains termes choquent. la notion de “pas” en distance ne devrait pas apparaitre même si je devine que l'auteur a voulu faire référence aux expressions telles “à quelques pas de …”

Une faute sur chair alors que le mot est juste à reprendre, fatal ! Des phrases longues, trop longues. Un texte sur la dualité jeu/réalité. Pas plus convaincu que ça, trop “private joke”. La phrase de début n'est qu'un prétexte et ne sert pas le récit.

Style lourd, mots parfois peu pertinents, phrases longues… Mais idée vraiment très bonne est bien menée. La chute marche, mais le reste est un peu long et parfois mal écrit, à mon goût.

L'idée est sympa et la réalisation correcte, mais peut être que ça aurait pu être poussé plus loin.

Je reconnais que le texte est original mais ce filon de la description d’un champ de bataille de 40k (le jeu) a déjà été faite. Je le sais, c’était de moi ! (la frime ! hèhè ! ) Du coup, ça perd en originalité. J’ai aimé, par contre, cette insistance très « private joke » sur le caractère incongru de certaines règles. Même si ça rend le texte inaccessible aux non-joueurs, voire aux néophytes.

Un texte en deux parties, une première partie assez classique, et une seconde originale où on bascule dans l'absurde d'une table de jeu. Quelques fautes grossières ( arrivât, tançât), quelques lourdeurs (la métaphore de l'orage) ou tournures étranges (concentrés à scruter, indolore étonnamment,…) . On sent bien en tout cas que le “je tombai” de la phrase d'intro n'a pas spécialement inspiré l'auteur qui l'a traité juste comme un “faux pas” du personnage ;)

Bien joué. Un texte fantastoque dans les trois sens du terme. L'absurdité de la situation et son étrangeté nous prend petit à petit, comme le sergent. Seul bémol : la mise au point finale du sanguinaire n'était pas forcément nécessaire.

Le texte commence par quelques clichés “GW”, le 2e paragraphe donne une ambiance réussie, mais il est truffé de maladresses qui nuisent à la lecture. La rupture humoristique m'a bien plu mais la chute est très décevante en comparaison.