Scarecrows – Nouvelle fondation

Cher I, voilà bien des années maintenant que nous avons rompu tout contact et, comme convenu par le passé, il est grand temps pour moi de refaire surface à dessein de vous rendre rapport des évolutions du projet Entrave.

Je me souviens encore de ce jour, pas si lointain finalement, où vous m’aviez convoqué sur Talasa Prime pour soumettre à mon attention deux documents d’importance. L’un était un cristal de données xénos qui témoignait de la peur indicible et effroyable, presque viscérale même, que pouvaient ressentir les eldars, et surtout leurs psykers, vis-à-vis de l’assassin Culexus [cF. réf : Assassinorum.Culexus.Influences]. L’autre était un message du Major-Genitor Clelland relatant la création du chapitre Space Marines des Exorcists dont les membres, d’abord volontairement soumis à une possession démoniaque puis exorcisés, s’avéraient ensuite être d’excellents, voire meilleurs, éléments contre les mignons des Puissances de la Ruine [cF. sous-réf : Astartes.Fondations.Exorcists].

Vous m’aviez alors exposé cette incroyable et ambitieuse entreprise : à l’instar des Exorcists, spécialisés contre les horreurs et créatures du Chaos, créer une nouvelle force Astartes dont la vocation première serait l’élimination des puissances ennemies à forte proportion psyker.

Force m’est d’avouer, qu’à l’époque, cet objectif bien que séduisant me paraissait hautement insurmontable mais l’idée a toutefois fait son petit bonhomme de chemin dans mon esprit et, comme vous le savez évidemment, je vous ai apporté mon soutien. J’aime d’ailleurs à croire que l’évocation de mon nom aura un temps soit peu contribué aux rudes négociations que vous avez dû alors mener avec l’Administratum afin d’obtenir toutes les autorisations et sauf-conduits vitaux pour la mise en branle d’une telle étude.

C’est donc à bord d’un Vaisseau Noir spécialement affrété pour l’occasion que je partis sillonner l’Imperium pour rassembler le meilleur et le plus gros cheptel possible nécessaire à notre expérience. J’étais accompagné d’une véritable cohorte de conseillers triés sur le volet : lexmécaniciens, sages, calculus logis, etc… quelques acolytes de confiance pouvant prestement répercuter mes ordres, ainsi que d’éminents scientifiques de l’Adeptus Mechanicus sous la tutelle du très vénérable Magos Primus Christo Ganz. Le reste de notre équipage était constitué d’une foultitude de serviteurs décérébrés et un contingent de Troupes de Choc qui devaient prêter main forte aux unités conventionnelles que l’on peut trouver sur un navire de ce type.

L’essentiel des premières années s’est déroulée somme toute de façon méthodique, à la limite du monotone même : nous voyagions d’un système à l’autre, les passant sous une batterie de scans (thermiques, émissions gazeuses, sonores, etc…) couplée à l’analyse fine menée par un chœur d’astropathes pour détecter, identifier et repérer tout être humain répondant aux critères classiques requis pour la création d’un Culexus [cF. réf : Assassinorum.Culexus.Genèse]. Au passage, je vous recommanderai de privilégier tout particulièrement les planètes-goulag pour les prochains embrigadements.

Il n’est d’ailleurs pas sans intérêt de constater que l’accumulation de telles choses dans nos soutes-prisons a progressivement pesée sur nos psykers, leur mal-être et leur angoisse allant toujours plus croissants. Bien évidemment, c’est avec un savant mélange de sévérité et de diplomatie que j’ai su garder autorité sur eux tout au long de notre périple. Cette aura avait bien sûr une certaine influence sur nous tous, mais restait néanmoins supportable.

Au terme de ce long et fastidieux voyage donc, nous avons atteint les quotas que nous nous étions fixés : pas moins de dix milles jeunes hommes. Comme vous l’avez si justement prévu, nous avons connu de grosses pertes dans les premiers temps car en effet, nombre de ses psychopathes, parqués et matés par nos gardes-chiourmes, s’entre-tuèrent ce qui assura un bon nivellement par le haut (par contre, le taux de suicidés aura toujours été extrêmement bas, l’instinct de survie primant). Mais encore une fois, vos estimations s’avérèrent justes, puisqu’après avoir atteint notre ultime destination secrète, et alors que nous avions déjà entamé les premières sélections sur exercices, il nous en restait un peu plus de cinq milles.

Nous avons donc pris nos quartiers sur l’unique lune de la géante gazeuse Tarsis dans le Segmentum Solar. Je n’ai bien sûr pas porté mon choix sur cet endroit par pure fantaisie, non. Elle présentait plusieurs nombreux avantages : assez éloignée de Terra la Sainte et des frontières de l’Imperium (limitant ainsi au maximum tous risques potentiels), mise en quarantaine suite à l’application de l’Exterminatus il y a plusieurs décennies [cF. sous-réf : Inquisition.Excommunicate.Listing/379], partie de l’espace très peu habitée et fréquentée, proximité de la tempête Warp nommée le Mur des Larmes (nous occultant psychiquement aux yeux de tous).

Bien avant d’entamer toute manipulation sur l’organisme de nos cobayes, nous avons d’abord dû procéder à une longue et fastidieuse sélection de nos effectifs-tests telle que vous l’aviez recommandé dans les protocoles, les réduisant ainsi de moitié. Ce n’est qu’alors que nous avons procédé aux psycho-endoctrinements. La nature de nos sujets étant ce qu’elle est, nous n’avons voulu courir aucun risque : les drogues d’asservissement ont été utilisées en doses massives [cF. diagrammes 7.a et 7.b] et la durée des sessions a été tout simplement doublée par rapports aux démarches habituelles [cF. réf : Astartes.Initiations]. Par souci d’efficacité, nous avons très rapidement intégré les enseignements de l’Index Astartes lors des séances de suggestion.

C’est alors que c’est produit un événement tout à fait particulier parmi la majorité des survivants (un peu moins de deux milles) : une prise de conscience collective (elle s’est en tout cas répandue telle une traînée de poudre) de l’horreur de leur être et de leurs actes passés, ainsi qu’un ardent désir de rédemption. Toutefois, et pour une raison que je ne pourrai toujours pas expliquer, ils ne se considéraient pas comme dignes de l’Empereur et se sont alors tous confectionnés, en signe de contrition, des cagoules à partir de tous les vieux tissus qui pouvaient leur tomber sous la main.

Vous pouvez me croire, le spectacle était tout bonnement ahurissant et irréaliste. Imaginez, deux milles individus, la tête couverte d’un patchwork d’étoffes sales, tous en prière. C’est le Magos Ganz, par inadvertance, qui a achevé l’œuvre. Voulant faire un bon mot, il les a qualifié d’épouvantables épouvantails en la présence d’une poignée d’entre eux et du coup, ils se sont spontanément baptisés Scarecrows, chapitre de notre divin Empereur chargé de faucher en Son nom les mutants et les hérétiques.

Le processus qui suivit alors s’en est trouvé particulièrement facilité : ils se laissèrent faire pareil des agneaux menés à l’abattoir. Afin de mettre toutes les chances de réussite de notre côté, nous avons opté pour le patrimoine génétique le plus pur qu’il soit, celui des Ultramarines [cF. sous-réf : Astartes.Fondations.Ultramarines]. Je vous ferai grâce des années d’instruction qui s’en suivirent, vous connaissez les principes aussi bien que moi si ce n’est plus. Pour résumer, après une formation de longue haleine, nous obtenions un résultat positif d’un peu plus de 12% de novices indemnes, soit l’équivalent de deux compagnies !

Cher I, la première phase du projet Entrave est à présent accomplie et, sans modestie aucune, est bel et bien couronnée de succès. Nous nous apprêtons à entamer la seconde partie de notre expérimentation, essentiellement basée sur des tests-terrain. Notre action devant bien sûr se dérouler toujours dans l’ombre, nous avons l’intention d’agir sous le couvert de certaines rumeurs et légendes non accréditées mais néanmoins très répandues à travers l’Imperium [cF. sous-réf : Inquisition.Astartes.21.Légion_des_Damnés].

Je ne manquerai pas de vous tenir au tenir au courant de nos avancées et d’ici là, je vous prie d’agréer mes plus sincères salutations.

Votre très dévoué,
Pâris FORSYTHE

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